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 I live here on my knees as I try to make you see that you're everything I think I need here on the ground.

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Baxter Madden
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MessageSujet: I live here on my knees as I try to make you see that you're everything I think I need here on the ground.   Jeu 9 Mai - 22:45


(c) tumblr

Look at this heart shaped wreckage. What have we done?
We've got scars from battles nobody won. We can start over, better.
Both of us know if we just let the broken pieces, let the broken pieces go.

Une nouvelle semaine venait de s'écouler et une nouvelle fois il remettait en doute les choix qu'il pouvait parfois faire. Était-ce réellement une bonne idée de rester à Chicago alors que plus rien ne le retenait désormais dans cette ville ? Pourquoi persistait-il à s'accrocher à cette vie qu'il n'avait tout bonnement pas souhaité et encore moins demandé ? Son esprit n'était à présent plus sûr de rien. Et les 'nombreux' problèmes qu'il rencontrait récemment avec l'un de ses collègues ne faisait qu'accroître ce sentiment de mal-être croissant. Il ignorait, par ailleurs, s'il lui était encore permis à ce jour de l'appeler son ami car leur amitié avait volé en éclats en un temps affreusement rapide. Le comportement de Carson était, à ses yeux, intolérable et irrespectueux envers lui. Ce dernier l'avait sincèrement blessé dans son for intérieur et le pire dans toute cette histoire c'était qu'il n'en avait probablement même pas conscience. Le jeune professeur de sciences possédait cette pénible manie de balancer des mots ou des répliques qui lui restaient douloureusement bloquées en travers de la gorge. Bien souvent il ne réalisait pas sa faute et ne comprenait même pas ce qui lui était reproché. Autant dire que Baxter en avait sacrément rajouté une bonne couche pour lui faire remarquer ses impairs, quitte à y aller un peu trop fort. C'était tout lui ça. Faire toujours pire que les coups encaissés à son encontre. Il estimait avoir suffisamment souffert ces derniers mois – ou plutôt années – donc il pensait mériter un peu plus que d'être durement renvoyé chez lui à cinq heures du matin, autrement dit au milieu de la nuit selon lui. Il n'était pas sa poupée gonflable, ni son sex-toy et encore moins son gigolo – pour employer des termes polis – qu'il pouvait sonner ou appeler quand bon lui semblait. Car visiblement, c'était ce qui se produisait depuis qu'ils avaient pris la décision commune de coucher ensemble, et ce régulièrement, Haynes avait pris cette habitude de lui envoyer des messages pour lui demander de venir chez lui quand cela le titillait un peu trop. Bien sûr il avait pris goût à ces petits jeux coquins entre eux, car en tolérant les coups de fil inopinés de son collègue il acceptait cette relation ambiguë qui les liait. Il ne niait pas non plus prendre du plaisir à lui rendre visite de jour comme de nuit, tout simplement car sa compagnie lui plaisait véritablement et le sexe avec lui était bon, très bon même, il ne pouvait se voiler la face là-dessus. Les mois se succédaient doucement et il lui était désormais un peu pénible de poursuivre sur cette lancée. A dire vrai, il n'était même pas en mesure de mettre le doigt sur le détail qui le chiffonnait le plus dans toute cette affaire, beaucoup trop de pensées se bousculaient en même temps dans sa boîte crânienne pour qu'il fut capable de résoudre l'énigme lui-même. Néanmoins il était conscient de certaines choses et pouvait dire avec certitude que plusieurs éléments n'allaient de toute évidence pas dans leur relation. Si Carson désirait partager à nouveau des moments avec lui et s'il voulait faire fonctionner ce qu'ils possédaient depuis quelque temps, une mise au point était nécessaire. Étant donné le silence radio qui régnait entre les deux enseignants depuis deux semaines maintenant, envisager des explications semblait un tantinet compliqué.

Pour l'heure la situation était au point mort. Baxter avait pris la lourde décision, probablement pour deux, d'arrêter de se voir depuis ce fameux matin où le grand jeune homme lui avait 'gentiment' demandé de rentrer chez lui juste après avoir profité une dernière fois de sa souplesse au petit matin. La pilule était tellement mal passée que les deux gaillards ne se parlaient pour ainsi dire plus du tout, si ce n'était pour se dire vaguement bonjour au détour d'un couloir ou dans la salle des professeurs. Le petit anglais consentait à ne pas totalement l'ignorer simplement pour faire tenir le maigre équilibre de leur amitié aux yeux des autres afin de ne pas être questionné sur leur éventuelle altercation. Mais une fois de plus, il se pliait aux exigences de Carson car c'était avant tout pour le satisfaire lui et lui seul qu'il continuait de garder un semblant de contact avec lui. Seulement aujourd'hui la coupe était pleine. Il fallait remédier à la situation et réparer les brèches pas totalement fissurées avant qu'il ne soit trop tard. Samedi, en fin d'après-midi, Baxter venait de passer plusieurs heures consécutives littéralement accroché à son piano mais curieusement il n'était parvenu à rien de glorieux ce jour-là. C'était toujours comme cela quand il avait la tête un peu trop pleine et les idées embrouillées, soit sa tourmente se ressentait agréablement dans son travail soit rien de concluent ne se produisait. Aujourd'hui seule la seconde proposition s'était offerte à lui.

Ce fut donc sans réfléchir et plus que confus qu'il sortit de chez lui avec seulement les vêtements qu'il portait sur le dos, une chemise blanche coincée à l'intérieur de son pantalon lui-même retenu par des bretelles un peu vieillottes d'un beige foncé triste, avant d'héler un taxi. Il n'avait pas vraiment bonne mine, les repousses de sa barbe se voyaient de plus en plus et les cernes autour de ses yeux ne pouvaient plus être dissimulées à ce stade avancée de fatigue. Cela faisait une bonne semaine que son sommeil n'était pas régulier et même s'il s'était juré de ne plus toucher à ces merdes, il avait fini par craquer la veille et avait pris plusieurs antidépresseurs, les mêmes qu'on lui avait prescrit lors de sa rupture avec Troy. Ses efforts étaient désormais gâchés et il s'en voulait horriblement, pas une seule fois depuis la rentrée scolaire il n'avait ressenti le besoin d'en prendre mais cette fois l'envie était plus forte que sa volonté. L'idée d'entamer le week-end l'avait fait inexplicablement paniquer et ne souhaitant pas rester seul, il avait comme à son habitude agi bêtement avant de réfléchir. Et c'était d'ailleurs peut-être ce qu'il était actuellement en train de faire. Carson ne souhaitait pas le voir, il en était persuadé, autrement il aurait cherché à lui faire comprendre que sa présence lui manquait. De toute évidence il était le plus faible des deux, même s'il n'en avait jamais douté une seule seconde. Qu'y pouvait-il, lui, si le souvenir de son toucher délicat lui revenait en mémoire lorsqu'il se mettait au lit ? Il fallait qu'il le voie, cela était devenu plus qu'une nécessité pour Baxter. Ne serait-ce que pour écouter ce qu'il avait à dire sur les récents événements, n'importe quoi, ils ne pouvaient tout simplement pas rester ainsi. Il devait être près de dix-huit heures lorsque le taxi de Madden le déposa devant la petite maison de son collègue. Sa démarche était incertaine, ses pas le guidèrent donc très lentement jusqu'à sa porte à laquelle il toqua vivement. Visiblement ses mains étaient plus éveillées que ses deux pieds.
« Carson ? » demanda-t-il d'une voix étranglée après avoir frappé une bonne dizaine de fois. « Ta voiture est garée devant chez toi, je sais que tu es là... » râla-t-il ensuite, commençant à devenir légèrement nerveux. « Arrête de faire l'enfant et ouvre cette porte ! » Son esprit lui jouait peut-être des tours mais il était presque certain d'avoir aperçu une ombre se déplacer à l'intérieur de la maison lorsque son regard s'était porté vers la fenêtre la plus proche. « Bien... Je vais attendre que tu te décides. » soupira-t-il fortement en s'asseyant sur la petite marche devant la porte. Il n'était pas un psychopathe, un harceleur ou un malade mental qui cuisait sa gentille victime à feu doux. D'accord il n'était pas très raisonnable de sa part de faire un sitting sur le seuil de sa maison mais peut-être était-il finalement fou dans le fond ? Du moins suffisamment dérangé pour croire que Carson puisse tenir à lui comme il le souhaiterait.

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Carson Haynes
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MessageSujet: Re: I live here on my knees as I try to make you see that you're everything I think I need here on the ground.   Jeu 9 Mai - 23:36


(c)
You said we were born with nothing
And we sure as hell have nothing now

« Tu ne vas même pas me laisser ton numéro ? » Carson terminait de reboutonner sa chemise lorsque la voix endormie fit irruption dans son dos. Il ne se retourna pas, continuant sa tache qu’un début de migraine rendait périlleuse. « J’ai clairement annoncé que ce n’était qu’une histoire d’un soir… » Il chercha dans sa mémoire le prénom de l’homme encore allongé dans le lit mais ne parvint à mettre le doigt dessus. Oh, tant pis. « Mais c’était avant de partager ce qu’on a vécu cette nuit et… » Il entendit le froissement caractéristique de draps que l’on ouvre et fit volte-face, index levé, pour faire taire son amant de passage. Il conserva un sourire, histoire de ne pas passer pour le salaud de service, même si cela ne changerait pas grand-chose à son statut, au final. « Ce qu’on a vécu cette nuit n’était qu’une partie de jambes en l’air, certes très agréable mais ça s’arrête là. Il n’y aura pas de second round pour toi et moi, comme il était convenu quand tu m’as ramené chez toi. » Il fit quelques pas en direction du lit, sur lequel était installé en tailleur le semi-inconnu, un regard blasé levé vers lui. Carson glissa une main dans ses cheveux blonds pour lui tirer légèrement la tête en arrière et avoir ainsi le champ libre pour déposer un rapide baiser d’adieu sur ses lèvres. Le propriétaire des lieux ferma les yeux durant l’échange, contrairement au professeur qui ne mit aucun cœur à l’ouvrage ; il faisait simplement preuve de politesse, beaucoup de conquêtes lui avait reproché son manque de considération, il cherchait à s’améliorer un peu quant au traitement dont il les gratifiait au petit matin. Il était encore loin du compte mais l’effort était là, un bon point en sa faveur. Il ne demanda pas son chemin pour retrouver l’entrée, il avait peut-être abusé sur l’alcool la veille, il n’en demeurait pas moins très consciencieux de ne jamais perdre sa porte de sortie. Il ignora volontairement l’appel de son compagnon qui, déjà, n’en était plus un et qui lui proposa de rester pour un café. L’offre était tentante, cependant il détestait tout ce qui ressemblait à un petit-déjeuner avec ses coups d’un soir. Cela allait à l’encontre de ses principes. Dégager vite et bien, tel était son credo.

Le soleil dardait à peine ses premiers rayons lorsqu’il se mit à la recherche de sa voiture, garée à deux rues de là, non loin du bar dans lequel il avait passé plusieurs heures le soir précédent. Il jeta un rapide coup d’œil à sa montre qui indiquait six heures passées de deux minutes. La nuit avait été longue, songea-t-il dans un bâillement en accélérant l’allure une fois son véhicule repéré. Il profita de la circulation fluide du samedi matin pour vite rentrer chez lui, où Darwin lui fit la fête, toujours heureux de le voir même après les nuits découchées – il en fallait bien un. Il s’occupa de l’animal avant de se laisser tomber comme une masse dans son canapé, ne trouvant le courage de se traîner jusque dans sa chambre, et y passa toute la matinée, oscillant entre des phases de sommeil et de visionnage de télévision, juste de quoi reprendre les forces dépensées durant la nuit. Il n’émergea de son demi-coma que dans l’après-midi, lorsque son estomac lui intima qu’il était plus que temps de le remplir d’autre chose que de liquide à forte teneur en alcool. Il avait conscience de ruiner son début de week-end, en ne profitant pas du beau temps pour, disons, sortir son chien ou encore aller au cinéma, il n’en avait toutefois pas grand-chose à faire. Son agenda était pour une fois vide et il appréciait de n’avoir aucun rendez-vous, aucune soirée prévue à l’avance ; cela le faisait se sentir libre, quoiqu’un peu seul aussi, mais cela était devenu une habitude. Il était celui qui se fermait aux autres, qui refusait de se livrer suffisamment pour donner aux gens l’envie de rester en sa compagnie ; il s’était métamorphosé en coquille vide dès son arrivée à Chicago, dès que toutes ses connaissances remontant depuis l’enfance lui avaient tourné le dos, l’avaient oublié comme on oublie une vieille chaussette dans le tambour de la machine à laver. Son absence avait dû créer un manque au début, puis ils avaient fini par jeter les souvenirs qu’ils avaient de lui. Il ne les blâmait pas, il n’avait fait aucun effort pour garder le contact et les avait passés à la trappe également, parce qu’il refusait d’être jugé pour un crime qu’il n’avait pas commis. La seule personne qui avait eu droit à un aperçu de son « véritable lui », qui partageait son plus grand secret ainsi qu’une bonne partie de ses nuits, n’avait pas été en mesure de supporter son tempérament certes un peu spécial. Il l’avait fait fuir, comme tous les autres, et il lui semblait que leur relation – si relation il existait – avait atteint un point final. Le rideau était tombé. Il ignorait ce qui l’attristait le plus dans cette histoire, le fait d’avoir perdu un amant ou bien un ami ?

Ce fut avec un tas de pensées moroses malvenues qu’il sortit de sa douche et se rhabilla, prêt à passer une nouvelle soirée à l’extérieur, en boîte cette fois, avec ce qui se rapprochait le plus d’un groupe d’amis même si ses derniers ne savaient au final que peu de choses à son sujet, si ce n’était son emploi et son âge – et encore. Il détestait se sentir au plus bas, la négativité était un trait qui ne lui ressemblait guère, il se targuait d’être un optimiste malgré les nombreux obstacles de son quotidien. Il ne comprenait pas pourquoi il s’en faisait autant, il voulait que ça s’arrête. Des coups frappés à la porte, suivis par les aboiements de Darwin, le tirèrent de sa torpeur. Il prit connaissance de l’heure, il était encore un peu trop tôt pour que ce fût l’une de ses connaissances ; d’autant plus qu’il avait été convenu qu’ils se retrouvent au night-club, pas chez lui. Il recoupa toutes les personnes susceptibles de se trouver sur son seuil à cette heure et ne lui vint que le visage de sa voisine, qui venait réclamer des œufs ou lui offrir un gâteau fait-maison. Sa voisine était une vieille femme adorable, de ces clichés que l’on voyait dans les séries, et il était plus que ravi de l’avoir. Ce fut pourquoi il ne se posa pas mille et une questions en s’avançant dans l’entrée. Il discerna des paroles étouffées par les doubles-vitrages et les glapissements du chien mais fut bien incapable de reconnaître leur propriétaire. Il lui semblait reconnaître un ton masculin, cependant. Il tourna la cliche, ouvrit la porte et, en l’espace de quelques secondes seulement, son regard se posa sur la rue vide, puis à gauche, à droite avant de descendre sur la silhouette installée là.
« Bordel de m… » Il referma aussitôt la porte, espérant naïvement que l’homme ne l’ait pas entendu. Sur l’échelle des gens que Carson ne souhaitait pas voir ce jour-là, Baxter Madden devait se tenir sur le plus haut barreau. Et il s’y trouvait depuis une semaine et demie. Dans un soupir, il s’adossa contre la porte et fit taire Darwin d’un signe de la main accompagné de gros yeux. Une fois certain de pouvoir être entendu de l’autre côté, il inspira profondément. « Fiche le camp, Baxter, je n’ai vraiment pas le temps ni l'envie de te voir ce soir. » Ou n’importe quel autre soir. Il savait sa réaction puérile, refuser de lui adresser la parole comme un enfant qui faisait du « boudin » dans son coin le rendait aussi mature que ses élèves dont il se moquait ouvertement. Mais il avait sa fierté. Et celle-ci avait été cruellement entachée par le professeur de mathématiques.

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Baxter Madden
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MessageSujet: Re: I live here on my knees as I try to make you see that you're everything I think I need here on the ground.   Dim 12 Mai - 19:02

Toujours assis sur la petite marche tout juste large pour y déposer une fesse et demi – étant donné la dimension des siennes, les deux tenaient facilement – Baxter observait la rue tristement déserte qui s'offrait à ses yeux démunis. Le silence total perdura deux minutes supplémentaires puis l'action suivante se déroula bien trop vite pour ses réflexes désormais endormis. Il eut à peine le temps de réagir et comprendre ce qui venait de se produire au moment où Carson ouvrit que déjà il se retrouvait penché vers l'arrière, une main en appui sur le mur, et le visage légèrement crispé par une douleur soudaine qui venait de le frapper brusquement dans le dos. En effet, ignorant sa présence au sol le propriétaire des lieux lui avait littéralement refermé la porte dessus, sans se soucier un seul instant de sa promiscuité certaine. En plus de cette moitié d'insulte qu'il avait gentiment reçu, le professeur de sciences poursuivit sur sa lancée en lui adressant des paroles d'une amabilité rare. De quoi se sentir davantage rabaissé, si cela était possible de l'être un peu plus dans son cas. Il était revenu vers lui, il se tenait par terre devant sa maison, il n'avait pas une allure des plus attrayantes, son énergie n'était pas débordante, et pour finir il le bousculait gratuitement. Pouvait-on seulement faire plus misérable que lui à cette seconde précise ? Plus il se massait douloureusement le bas du dos, plus il en doutait fortement. « Le temps, tu vas le trouver ! » maugréa-t-il en se remettant doucement debout. « Pour l'envie, je ne peux rien faire. » Et il était plus qu'évident que cette dernière ne risquerait désormais plus de le parcourir plus l'échange entre eux allait évoluer. D'un geste instinctif, il déposa à plat sa main contre la porte et soupira doucement, la tête baissée vers ses pieds, comme s'il pouvait sentir la présence de son ami, là, juste derrière. Si proche et pourtant si loin de lui. Il comprenait parfaitement sa position actuelle, lui-même ne voudrait pas se voir si les rôles étaient échangés, mais il n'en pouvait tout simplement plus de cette foutue situation qui le rongeait de l'intérieur. Ils n'étaient en conflit que depuis deux semaines environ mais sa présence venait déjà à lui manquer comme si leur différend remontait à plus d'un mois. A dire vrai, il ignorait réellement ce qui lui manquait le plus justement dans toute cette histoire. Pourquoi se sentait-il à ce point attiré par un être qui n'en avait qu'après son petit postérieur bien rebondi ? Car il fallait bien l'avouer, Carson ne semblait pas tenir à grand-chose le concernant si ce n'était leur amitié qui s'était considérablement effritée avec le temps. Principalement depuis leurs premiers ébats sexuels. Et comme ceux-ci n'avaient fait que prendre de l'importance dans leur quotidien, se produisant de plus en plus souvent, ils avaient lâchement négligé leur complicité du début, ce qui n'était en rien un bien. Il le réalisait seulement aujourd'hui, maintenant que sa porte lui était ainsi fermée alors qu'il ne demandait qu'à s'entretenir avec lui. Comment en étaient-ils arrivés à ce stade ? Bien sûr il avait conscience de ne pas toujours bien se comporter quand une situation lui échappait, mais il n'avait pas l'impression d'être un monstre pour autant. Il pensait au moins mériter des explications, corsées ou non cela l'importait peu, mais Haynes venait de lui rappeler violemment qu'ils n'étaient strictement rien l'un pour l'autre dans le fond. « Je veux seulement m'excuser... » souffla-t-il d'une voix brisée dans un murmure intime à peine audible, qui ne fut probablement pas entendu d'ailleurs.

Le visage quelque peu dépité, il se tourna dos à la porte et suivit du regard une vieille dame qui marchait sur le trottoir dans sa direction.
« Bonsoir Madame Price ! » s'exclama-t-il d'une voix beaucoup plus forte que précédemment, avec un entrain feint mais dignement accompli. Malgré des traits tirés à l'extrême et une fatigue apparente, on ne pouvait douter de sa bonne humeur. « Bonsoir, » lui répondit poliment la voisine sans le quitter des yeux. Visiblement le visage de Baxter ne l'avait pas marqué car elle ne semblait pas parvenir à le resituer, même lorsqu'elle arriva à sa hauteur au niveau de la boîte aux lettres. « Besoin d'aide avec vos courses ? » lui demanda gentiment l'enseignant en dirigeant son regard vers les sacs qu'elle tenait. Bien évidemment il n'était pas contre l'idée d'aider cette vieille femme mais son but premier était avant tout d'être entendu de Carson, d'où la voix forte qu'il utilisait pour s'exprimer clairement à elle. « Vous êtes bien aimable mais je vais me débrouiller, merci beaucoup. » Le petit anglais lui adressa un signe de la main alors qu'elle poursuivait son chemin pour regagner sa maison tandis que la porte s'ouvrait une nouvelle fois derrière lui. Il ne réfléchit pas davantage et sauta sur l'occasion, bondissant au sens propre comme figuré par ailleurs. Une fois à l'intérieur, il referma la porte derrière lui et vint s'y adosser aussitôt comme pour empêcher son collègue de le mettre dehors sans son accord. « Est-ce qu'on peut parler au moins ? » demanda-t-il d'une voix lente, sans se rendre compte que l'une de ses bretelles s'était abaissée durant la bataille. « Je ne suis pas venu pour me battre avec toi... » Bon d'accord, en apparence il donnait légèrement l'impression du contraire mais il était tellement à cran qu'il ne cherchait même plus à soigner ses paroles car lui mettre de la pommade était inutile. « Tu comptes me faire la tête encore longtemps ? Car je commence à trouver le temps long. » Il fit un pas discret en avant dans sa direction puis tendit une main vers lui afin d'effleurer le tissu de sa chemise repassée. « Tu sors ce soir ? » s'enquit-il d'une voix involontairement mélancolique et presque déçue en humant son parfum agréable. Et puis son allure le montrait clairement, il était habillé comme quelqu'un qui s'apprêtait à profiter de son samedi soir.

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Dernière édition par Baxter Madden le Dim 12 Mai - 22:53, édité 1 fois
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Carson Haynes
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MessageSujet: Re: I live here on my knees as I try to make you see that you're everything I think I need here on the ground.   Dim 12 Mai - 21:23

Refermer la porte ainsi au nez de quelqu’un aurait sans aucun doute valu à Carson de sacrées réprimandes de la part de sa mère qui lui aurait rappelé à quel point la politesse était importante, que ce n’était pas la façon dont elle l’avait élevé et qu’elle avait honte de son comportement. Toutefois, il était quasiment certain qu’elle serait plutôt restée bouche bée si elle avait su les liens étroits et très intimes qu’il entretenait avec ce quelqu’un en question. Son flegme britannique en aurait pris un coup, pour sûr. Une main toujours en coupe autour de la cliche, l’autre posée contre le bois de la porte, il tendit l’oreille pour percevoir les réponses, pour le moins peu discrètes, de Baxter qui semblait énervé. On pouvait le comprendre. Le professeur de sciences n’avait jamais été un ange avec ses conquêtes, mais c’était bien la première fois qu’il claquait la porte face à l’un de ceux avec qui il avait partagé des instants torrides. Cela prouvait bien que Baxter Madden n’était pas un amant comme les autres, pour la simple et bonne raison qu’avant de détenir ce statut, il avait obtenu celui d’ami et c’était ce dernier qui prévalait sur tous les autres. Il n’était pas non plus dans ses habitudes de mettre dehors ses amis ; là encore, le jeune Anglais faisait exception. Et c’était bien tout le problème. Baxter n’entrait dans aucune case et Carson ne savait que faire de lui. Pour l’une des rares fois de son existence, il s’inquiétait du sort de l’un de ses compagnons de jeu et, même s’il refusait de se l’avouer, de ses fréquentations. Il était conscient que cela était simplement dû au fait qu’ils avaient été – et étaient toujours – amis bien avant de coucher ensemble, ce qui était inédit pour Haynes. D’ordinaire, il fréquentait des inconnus ou des connaissances de connaissances, il n’était jamais émotionnellement impliqué, même à petites doses comme ce pouvait être le cas ici. Dans un grognement rageur mais contenu pour éviter d’être entendu de l’autre côté de la porte, il se retourna pour faire face à un Darwin qui remuait la queue, tout heureux d’avoir reconnu une voix familière en provenance de l’extérieur. « Arrête ça, il ne rentrera pas, » le gronda-t-il comme pour l’empêcher de prendre le parti de Baxter. Il n’avait pas besoin qu’un foutu animal le fasse culpabiliser par-dessus le marché. D’un nouveau geste de la main, il l’envoya dans son panier et reporta son attention vers le seuil de sa maison, d’où s’élevaient désormais deux voix. Voilà qui ne présageait rien de bon pour lui et sa réputation au sein de son quartier.

Il n’y réfléchit pas à deux fois et ouvrit la porte à la volée, prêt à s’excuser auprès de sa voisine – qui, le Ciel soit loué, était la seule personne de la rue à être au courant de sa « condition » - et de traiter le professeur de tous les noms d’oiseau qui lui passaient par la tête. Ce dernier fut cependant plus rapide puisqu’avant que Carson n’ait eu le temps de dire ouf, ils se retrouvaient tous deux à l’intérieur de son domicile, la porte fermée derrière eux leur conférant une intimité non désirée. Il ouvrit de grands yeux choqués à la fois par la témérité dont faisait preuve le professeur de mathématiques mais également par sa mine déplorable. Il ne devait pas avoir fait de nuit complète depuis au moins cinq jours à en juger par la taille de ses cernes, et sa tenue vestimentaire d’habitude tirée à quatre épingles laissait ce soir à désirer. Il faisait presque peur, ou peine, à voir.
« Je ne fais pas la tête, » grimaça-t-il. Ils avaient quoi, douze ans, pour utiliser ce genre de termes ? « Je n’ai simplement rien à te dire et j’ai trouvé de la compagnie ailleurs… » Comme toi tu as pu le faire, finit-il en pensées, sans le regarder dans les yeux. Il ne lui avait toujours pas pardonné le spectacle qu’il avait donné avec Samuel Praeger, devant l’ensemble du corps enseignant du lycée, et n’était pas prêt de le faire. La simple image de ces deux là en train de s’embrasser le rendait malade ; cela n’avait rien à voir avec de la jalousie, il ne pouvait se permettre ce genre d’émotion vis-à-vis d’un autre être humain, mais témoignait du profond dégoût qu’il éprouvait à l’égard du professeur d’histoire. Il eut un imperceptible mouvement de recul au moment où Baxter se rapprocha et il lui attrapa la main sans douceur pour interrompre son geste, le fixant cette fois droit dans les yeux. Il dut faire un effort colossal pour ce faire, le regard de Madden ayant cette particularité de tirer sur sa corde sensible. Même dans un état de fatigue avancé, il restait injustement attirant. « On est samedi soir, bien sûr que je sors, » répliqua-t-il sur le ton de l’évidence. Tous les gens non mariés de leur âge possédaient le même programme quand arrivait le week-end. Certes, il leur était déjà arrivé de passer leurs deux jours de repos ensemble, principalement au lit, mais cela semblait désormais très lointain et inenvisageable. « A te voir ici et dans cet état, je suppose que tu n’as aucun plan, toi, c’est dommage. » Il lui relâcha la main et se chargea de remonter sur son épaule la bretelle qui tombait jusque là nonchalamment sur sa hanche. Il plissa les yeux avant de faire un pas en arrière, passant une main sur son menton volontairement mal rasé. « Tu as cinq minutes pour dire ce que tu es venu dire, après ça, tu devrais rentrer chez toi, prendre une douche et dormir dix heures d’affilées. » C’était au moins ce dont il avait besoin. Il ignorait ce qui l’avait mis dans une telle condition, ce ne pouvait être de son fait, ils n’étaient pas suffisamment proches pour influencer autant leur bien-être. Cette réalisation adoucit son regard. Baxter avait peut-être besoin de parler de quelque chose qui n’avait rien à voir avec eux. Qu’il était égoïste de lui refuser le droit d’expression sous prétexte qu’il était un peu vexé.

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MessageSujet: Re: I live here on my knees as I try to make you see that you're everything I think I need here on the ground.   Dim 12 Mai - 23:05

Se tenir là, debout en face de lui, à son domicile de surcroît, le rendait quelque peu nerveux et le renvoyait inexorablement à des souvenirs en apparence agréables, mais qui au fur et à mesure des jours étaient devenus pénibles. La faute à cette querelle stupide, bien entendu. Aujourd'hui plus que les autres jours de la semaine il se sentait faible et l'avoir si proche de lui ce soir le faisait doucement paniquer alors qu'il n'y avait aucune raison à cela. Du moins il s'en persuadait jusque là. Mais arriver à un tel seuil de vulnérabilité sans raison apparente, et aussi rapidement, lui semblait quasiment impossible. Il n'était pas dans ses habitudes de déprimer pour un oui ou pour un non, il se pensait d'ailleurs plutôt fort lorsqu'il était question d'encaisser des coups physiques comme mentaux. Il en avait hélas déjà fait la douloureuse expérience aux côtés de Troy qui ne l'avait pas vraiment ménagé niveau coups bas affligeants. Il n'était pas aveugle et encore moins inconscient, il savait pertinemment qu'il n'avait rien du conjoint idéal. Enfin, il se situait bien loin du compagnon rêvé que tout le monde souhaiterait s'arracher. Carson le pensait sans nul doute un peu – beaucoup ? – imbu de sa personne et il avait entièrement raison de croire une telle chose. Les apparences, toujours les apparences. Après avoir passé un temps conséquent auprès d'un homme dont il était bien souvent difficile de tirer un quelconque compliment, il en était indéniablement venu à se congratuler lui-même étant donné que personne ne daignait vouloir le faire pour lui. Bien au contraire, car même de l'autre côté de l'océan il existait des individus se disputant sa carcasse, certains partageant le même nom que lui, et vociférant mille et une paroles tellement élogieuses le concernant. Chaque fois qu'il y repensait, une nausée virulente le secouait violemment. Alors pourquoi exactement se tenait-il entre ces quatre murs aujourd'hui ? Pourquoi se donner autant de mal pour se confronter à une personne qui ne pensait rien d'agréable à son sujet ? Était-ce pour assouvir une quelconque envie masochiste ? La discorde combinée à une certaine forme de souffrance physique étaient-elles tout ce qu'il connaissait ? Peut-être pas, non, mais il maîtrisait le domaine à la perfection. Plus, en tout cas, que le spécimen incontestablement très grand qui lui faisait face actuellement.

Ses premières paroles l'amusèrent grandement, même s'il s'agissait davantage d'un rire nerveux incontrôlé. Il essayait avec le peu de moyens qu'il possédait de réparer les pots cassés avec Carson mais visiblement le professeur de sciences ne l'entendait pas de cette oreille. Au moins il essayait, lui. Il n'y mettait peut-être pas les bonnes formes en plus de s'y prendre comme un pied, mais pour sa part il ne cherchait aucunement à le casser à coups de réparties blessantes. Car oui, c'était assurément ce qu'était en train de faire son ami. Un ami, ça ? Vexé ou non, il n'avait pas à s'adresser à lui sur ce ton suffisant comme si Monsieur maîtrisait la situation et le gérait comme il le voulait, quand il le voulait.
« J'espère que cette compagnie a été à la hauteur de tes foutues exigences, » souffla-t-il entre ses dents avec un sourire condescendant qui attestait de son amertume certaine. S'était-il donc finalement fourvoyé ? Quand Carson lui annonçait qu'il n'avait strictement rien à lui dire, il ne s'agissait pas d'une forme tordue de psychologie inversée pour lui faire comprendre le contraire ? Il n'avait réellement rien à lui dire ? Pour lui il avait fait l'effort de taire sa fierté plus grande que son mètre soixante-quinze et il osait lui balancer en pleine face que son contact charnel était le seul vide à combler depuis son absence dans sa vie ? Le sous-entendu était bien trop gros pour y déceler un autre sens. Qu'avait à voir dans cette histoire le fait de partager les draps d'un autre que lui ? Ne mesurait-il pas la portée de ses paroles comme souvent ou bien s'agissait-il d'un énième jeu de sa part destiné à le blesser en retour ? Dans tous les cas plus les secondes s'égrenaient, moins Baxter se sentait dans son élément et plus il perdait confiance en lui. En imaginant qu'il en avait un minimum à son arrivée.

Pourquoi réagissait-il ainsi ? Outre la déception et le dégoût que son petit corps frêle lui inspirait. Des disputes ils en avaient connu un sacré paquet depuis leur rencontre mais quand Carson se renfrognait et lançait à tout va des attaques offensantes, il était à chaque fois touché à l'endroit le plus douloureux.
« C'est dommage, oui. » répéta-t-il d'une voix traînante en récupérant sa main dont il tourna lentement le poignet suite à cette 'agression' physique. Il agita ensuite son épaule lorsqu'il replaça sa bretelle avant de grimacer sans aucune retenue. « Tu n'as pas à me dire ce que je dois faire, Carson. » Parce qu'il était frais, apprêté et beau comme un ange, il pensait avoir le droit de lui donner des directives, des ordres ou même des conseils ? Sa taille imposante ne faisait vraisemblablement pas sa grandeur d'âme, c'était évident. Cela le répugnait même de le voir agir ainsi avec lui, comme s'il n'était qu'un moins que rien, un vulgaire insecte écrasé sous la chaussure d'un petit con dont il savait revêtir les traits à la perfection. De ses capacités à se comporter tel un rustre personnage, il n'avait jamais douté. « Monsieur est suffisamment généreux pour m'offrir cinq minutes de temps de parole ? » soupira-t-il en reculant progressivement jusqu'à heurter la porte sans trop de douceur, comme s'il avait oublié qu'elle se trouvait là. « Tu sais quoi ? » lui demanda-t-il en se massant la gorge, autour de laquelle il passa ses doigts. « Je vais plutôt repartir tout de suite. » Et gâcher tous les efforts entrepris pour arriver jusqu'à cette pièce ? Oui, il était assez idiot pour commettre une erreur aussi stupide. « Je ne te souhaite pas bonne chance pour ce soir car la pêche sera forcément bonne. Elle l'est toujours, non ? » Il resta dos contre la porte mais tendit sa main vers la poignée qu'il agrippa fortement. Néanmoins il demeura quelques secondes silencieux, les doigts de sa main moite crispés sur la cliche et le regard malgré lui brillant. Il s'était pourtant promis d'arrêter de se donner inutilement en spectacle depuis l'épisode Troy. Mais il avait le chic pour se rendre ridicule aux yeux de gens qu'il affectionnait, à croire qu'il n'était qu'une bête de foire. Un nigaud pour son ex-compagnon et un trophée risible pour Carson. « J'étais simplement venu te dire que je regrettais ce qui s'est récemment passé entre nous. » Le mal qu'il a pu lui causer inconsciemment ou toute leur histoire ? Une phrase à double sens qu'il n'était pas en mesure d'expliquer et qu'il ne voulait pas éclaircir. Lui aussi il lui arrivait de ne pas vouloir faire ou dire certaines choses. « Tu vois, je n'avais même pas besoin de tes cinq minutes. » conclut-il sans aucune émotion dans la voix. Il traça le contour des cernes sous son œil gauche et se tourna dans un profond soupir vers la porte qu'il ouvrit d'un geste presque rageur.

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Carson Haynes
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MessageSujet: Re: I live here on my knees as I try to make you see that you're everything I think I need here on the ground.   Lun 13 Mai - 12:33

La réputation de Carson sur son lieu de travail était d’être un détestable personnage, qui se croyait au-dessus de tous et qui méprisait l’ensemble de ses collègues. Il ne niait nullement ce fait, il l’assumait même en totalité car il était vrai qu’il n’avait aucun atome crochu avec la plupart des enseignants du lycée – sauf rares exceptions qu’il n’était plus nécessaire de présenter. Toutefois, ce qui se savait moins était qu’il était loin d’être ce triste individu dans son quotidien. Il était même plutôt sociable, souriant et facile à vivre, puisque doté d’un optimisme à toute épreuve. Il avait appris à dissimuler son mal-être derrière une façade positive, communicative ; il ne le réalisait pas toujours mais beaucoup appréciait sa compagnie parce qu’il était simple, ne semblait pas se poser mille et une questions et était toujours partant pour faire la fête. C’était grâce à ce trait de caractère qu’il était parvenu à ne pas rester seul, dès son arrivée dans cette ville où il ne connaissait personne. L’inconnu ne lui avait pas fait peur, il s’était ouvert à Chicago dans une certaine mesure, ce fut ainsi qu’il se créa un petit réseau de connaissances qui lui avait évité de devenir fou et de regretter sa mère patrie. Ses discussions étaient pertinentes, son calme légendaire lui était envié par ses amis à cent pourcents américains et rares étaient les fois où il était vu en colère. La façon dont il tenait désormais tête à Baxter ne lui ressemblait par conséquent pas. Il le traitait comme s’il n’était qu’un simple collègue qu’il n’appréciait guère alors qu’il était évident que tel n’était pas le cas. Il avait prouvé à maintes reprises par A+B que leur relation lui tenait à cœur, la preuve la plus flagrante étant que Madden était le seul et unique individu à avoir passé plus d’une nuit dans son lit. Cela pouvait paraître normal aux yeux du professeur de mathématiques mais ça ne l’était pas. Il était spécial et c’était justement cette particularité qui faisait réagir Carson aussi vivement à son retour dans sa vie après deux semaines de silence radio. S’il avait un temps songé à l’appeler pour convenir d’un rendez-vous, l’histoire avec Samuel l’avait considérablement refroidi et il avait été à deux doigts de purement et simplement supprimer son numéro de son répertoire afin de ne point céder à la tentation. Il ne l’avait pas fait, bien évidemment, il ne pouvait se le permettre. Pourtant, à le voir aussi remonté contre lui, il se disait que cela n’aurait pas été une si mauvaise idée ; le sortir définitivement de son existence, pour arrêter les drames inutiles, faire une pause indéterminée avant qu’ils ne finissent par se détester cordialement. Carson n’avait pas envie de perdre l’amitié de Baxter, il s’était habitué à sa compagnie et à leurs conversations, il n’avait toutefois pas la force de supporter ses nombreux états d’âme qu’il ne comprenait pas.

Ce soir encore, le jeune Britannique attestait qu’ils ne se trouvaient pas sur la même longueur d’onde. Chacun savait que leur relation n’avait rien d’exclusif, cela tombait sous le sens puisqu’elle n’existait que sur un point de vue charnel, et pourtant l’énervement de Baxter sembla exacerbé par l’affirmation de Carson sur sa vie sexuelle qui ne s’était pas mise entre parenthèses depuis le début de leur froid. Il était vrai qu’il préférait, et de loin, partager la couche du professeur de mathématiques mais cela ne signifiait pas qu’il devait s’arrêter d’aller voir ailleurs. Il l’avait suffisamment fait lorsqu’ils s’entendaient encore bien.
« Ce n’était qu’un conseil, Baxter, je ne t’ordonne rien et je me fiche pas mal que tu le fasses ou non. » Il était conscient qu’il devait descendre d’un ton pour apaiser la situation mais les propos échangés l’agaçaient au plus haut point, il lui était bien difficile de faire la part des choses et de faire preuve de maturité. Il se sentait désemparé par tant d’animosité alors qu’il ne cherchait que la simplicité à son contact, ce qu’ils avaient réussi à partager durant des mois avant que quelque chose ne se brise. Mais quoi ? Il avait dû louper un épisode. « Bien ! » répondit-il simplement à sa proposition de repartir dans l’immédiat. Il lui avait fait perdre son temps, s’était ridiculisé devant sa voisine et devant lui sans raison, il voulait désormais partir. Très bien, Carson ne le retiendrait pas. Il ne s’attachait pas aux causes perdues, il ne leur courait pas après, il avait bien assez de soucis comme ça. Il se mordilla l’intérieur de la joue comme à chaque fois qu’il se trouvait dans une situation sujette à anxiété en fixant un point au-dessus de la tête de Baxter pour éviter de le regarder dans les yeux, recevant ses remarques passives-agressives sans broncher jusqu’à ce qu’il exprimât tout son regret. A quel niveau ? Depuis le silence pesant qui s’était installé entre eux ? Ou dès l’instant où leurs lèvres s’étaient scellées dans les toilettes de ce bar ? Si Carson détestait ce qu’ils étaient devenus, il ne demanderait jamais pardon pour ce qu’ils avaient partagé jusqu’à présent. Que Baxter envisage cette possibilité l’écœurait davantage encore que ce qu’il avait pu faire auparavant. Il regarda la porte s’ouvrir, clignant des paupières à cause du rayon de soleil qui s’immisça du même coup à l’intérieur. Tout pouvait prendre fin à cette seconde précise. Ils pouvaient se débarrasser de tous les problèmes qu’ils se causaient, des maux qu’aucun ne désirait. C’était facile, il n’avait qu’à le laisser franchir le seuil et ne jamais revenir. Facile, cependant inenvisageable.

En deux pas, il avala la distance qui les séparait et plaqua sa paume sur le haut de la porte pour la refermer, repoussant le bras de Baxter pour ne pas que ses doigts se retrouvent coincés. Il lui avait donné cinq minutes, il allait les avoir.
« La dernière fois que tu es sorti d’ici, tu me traitais de tous les noms parce que j’avais agi comme un con insensible. » Alors que tous deux savaient que Carson avait du mal avec les matins, surtout ceux en pleine semaine, quand n’importe qui pouvait voir le jeune Anglais en sa compagnie à une heure peu orthodoxe. Il se dissimulait, cela n’était pas sain, mais ça faisait partie de son quotidien. C’était à prendre ou à laisser. Madden avait alors clairement exprimé qu’il préférait passer son chemin, Carson l’avait compris et laissé faire. « Quelques jours plus tard, tu t’exhibes avec un autre homme au beau milieu de la salle des profs, comme si c’était la chose la plus normale du monde... » Alors que ça ne l’était pas, la preuve, lui était obligé de se cacher et être témoin d’une telle scène l’avait rongé de l’intérieur. « Je ne vais pas relever le manque flagrant de goût dont tu as fait preuve ce jour-là, je n’ai pas à te juger sur tes fréquentations. » Il se tenait toujours dans son dos, le coinçant contre la porte, le tissu de sa chemise effleurant son dos, son menton caressé par le haut des cheveux de son collègue. Sa voix ne transpirait plus l’énervement, juste une certaine résignation. « Tu croyais pouvoir débarquer chez moi la bouche en cœur, en m’affichant devant ma voisine, pour que je t’accueille à bras ouverts ? » Il n’avait jamais dit à Baxter que Mrs.Price était au courant de sa sexualité, il aurait très bien pu le mettre en danger en agissant de la sorte. Et c’était bien cela le plus impardonnable parmi toutes les crasses qu’il avait pu lui faire jusqu’à présent. « Tu sais que j’apprécie beaucoup ta compagnie, mais même quelqu’un comme moi a ses limites... » Il se redressa et recula d’un pas, rompant ainsi leur promiscuité, le visage assombri par l’inquiétude et la déception. Les cinq minutes étaient écoulées, il pouvait s'en aller maintenant.

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Baxter Madden
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MessageSujet: Re: I live here on my knees as I try to make you see that you're everything I think I need here on the ground.   Lun 13 Mai - 22:52

S'étaient-ils déjà une seule fois expliqués calmement lors d'une dispute ? Étaient-ils parvenus dans le passé à étouffer l'atmosphère un peu trop lourde sans hausser la voix ? Non, Baxter n'avait pas le souvenir d'avoir un jour quitté sa maison en ayant le sentiment d'avoir pu discuter à cœur ouvert avec son ami à propos de choses qui pouvaient éventuellement déranger l'un ou l'autre, sans passer par l'étape cris et gestes énergiques désordonnés. Lorsqu'un obstacle se présentait à eux, le petit anglais avait pris la fâcheuse habitude de foncer dans le tas sans réfléchir à une quelconque stratégie auparavant. Résultat la chute était pratiquement inévitable à chaque fois. S'il ne butait pas maladroitement contre le mur de sa rancœur, il s'emmêlait obligatoirement les pieds dans les méandres de sa susceptibilité maladive. Leur relation n'était qu'un labyrinthe sinueux et immense, aujourd'hui encore ils continuaient de chercher la sortie la plus proche. Avec le temps, Madden avait fini par abandonner tout espoir dès lors qu'il s'était perdu dans le dédale de ses propres ignorances, et elles étaient pour ainsi dire nombreuses. Mais sa présence à son domicile, ce soir, prouvait plus ou moins qu'il refusait l'échec cuisant que représentait leur histoire ambiguë et certes instable. Il avait dernièrement très mal agi et même s'il ne regrettait absolument pas son rapprochement avec Samuel, un être mature normalement constitué aurait eu le bon sens de faire ses affaires loin du regard de son amant, par principe mais surtout pas respect. Ses erreurs, il en avait entièrement conscience, et c'était aussi en partie à cause de cette faute grave que ses pieds l'avaient entraîné jusqu'à ce quartier de Chicago. Sa culpabilité venait assurément du fait qu'il l'appréciait bien plus qu'il n'osait l'avouer à Carson, et ce simple détail le dérangeait en plus de le mettre mal à l'aise. Même s'il donnait l'impression du contraire, il avait encore en mémoire les termes du contrat de leurs rapports et l'attachement émotionnel était la première chose à bannir. Sauf que la faiblesse légendaire de Baxter était une nouvelle fois venue faire des siennes, écrasant leur quotidien de ses gros sabots malhabiles. Il savait pertinemment que son collègue ne lui devait rien – tout comme il n'avait aucun compte à lui rendre non plus – mais ils n'étaient pas que des amants bloqués au statut de simples connaissances. Ils étaient amis avant tout et se voyaient pour ainsi dire pratiquement tous les jours, même quelques secondes au détour d'un couloir. Dans tous les cas, il avait l'opportunité et la chance d'apercevoir son doux visage aux traits canins quotidiennement, ne serait-ce que de loin. Peut-être s'agissait-il d'arrogance mal placée mais Baxter avait le sentiment de valoir bien plus que les quelques conquêtes qui passaient dans le grand lit du professeur de sciences et qu'il ne souhaitait même pas revoir. Leurs liens étaient uniques et au nom de leur amitié – désormais brisée ou non – il avait entièrement le droit de réclamer cette entrevue avec lui.

Surpris par le geste de Carson, il demeura immobile lorsque ce dernier referma la porte avant de venir se placer dans son dos, désormais proche, bien trop proche compte tenu de la situation actuelle dans laquelle ils se trouvaient tous les deux. Utilisait-il le terme 'con insensible' pour qualifier son comportement ce matin-là ou reprenait-il simplement les mots qu'il avait utilisés pour le décrire ? Silencieux, il l'écouta parler attentivement, lui laissant son temps de paroles à lui aussi, la tête baissée vers ses chaussures. Dans une profonde expiration, il vint appuyer la paume de sa main droite à plat contre la porte comme s'il lui était à présent devenu pénible de supporter le poids de son propre corps, alors que sa confusion soudaine provenait simplement de cette promiscuité désarmante qu'il avait instauré entre eux sans même lui demander son avis. Ce n'était définitivement pas le moment de faiblir pour un contact aussi banal et innocent – en plus d'être totalement désintéressé – mais la pression de son corps contre le sien le renvoyait à tous leurs bons souvenirs, car oui ils en avaient une bonne poignée. Sa présence à ses côtés avait toujours eu ce petit effet indescriptible sur lui, comme s'il lui suffisait de venir se coller à lui pour le maîtriser totalement, car dès lors Baxter abandonnait volontairement les rênes de son organisme tout entier pour les lui offrir gracieusement. Il ignorait s'il s'agissait d'un petit jeu malsain de la part de son ami mais sa manière de le manipuler ne lui plaisait guère. Le professeur de mathématiques savait très bien ce qu'il perdait en s'éloignant ainsi de lui et en le décevant, nul besoin de le lui rappeler – presque méchamment – en se liant de cette manière à son échine déjà souffrante à cause de cette maudite porte.
« Qu'est-ce que je dois comprendre ? » souffla-t-il faiblement sans se retourner, le bout de ses doigts effleurant désormais l'encadrement de la porte. « Tu ne veux plus me voir, c'est ça ? » Jamais, jamais, songea-t-il intérieurement pour lui-même.

Il ne pouvait décemment pas le forcer à le fréquenter alors que sa vue semblait le dégoûter à un point qu'il ne soupçonnait même pas. Seulement l'idée de ne plus avoir le droit de franchir cette entrée, de lui adresser la parole, de le regarder droit dans les yeux ou d'échanger un quelconque contact avec lui l'angoissait grandement et il ne pouvait s'y résoudre. Même avec la plus grande volonté du monde, il était certain de ne pas y parvenir. Il refusait catégoriquement de le perdre aussi bêtement et surtout pour si peu. Après tout, la situation n'était pas irréparable, non ? Leur relation avait mis plusieurs mois à vraiment se construire, la confiance n'était pas quelque chose qui s'accordait du jour au lendemain, il fallait la mériter. Et se quitter là, sur de telles paroles, serait totalement absurde de leur part.
« Je ne suis pas parfait, tu le sais ça... » Sans relever la tête, il se tourna lentement pour lui faire face et fixer par la suite sa chemise d'un regard vide. « Tu es bien placé pour savoir que j'agis la plupart du temps de manière stupide. » Et immature, et démesurée, et excessive, et idiote. Oui, surtout idiote. Au moins une fois dans l'année, il aimerait être en phase totale avec lui, qu'ils se comprennent un peu au lieu de se contredire continuellement. Parler de sa stupidité s'avérait donc être le sujet idéal qui promettait de les mettre d'accord rapidement. « Je suis désolé de t'avoir parlé comme ça l'autre matin. C'est moi le con insensible. » Ou plutôt le con bien trop sensible justement. Chacune des réactions de Carson le mettait dans un état pas possible, qu'elles soient positives ou négatives, il répondait toujours vivement en retour. Il était le seul fautif dans cette histoire. Il devait endosser cette lourde responsabilité déplaisante car c'était lui et lui seul qui manquait à ses promesses informulées du début de leur relation qui devait se contenter d'être charnelle et rien de plus. Mais il ne faisait pas exprès de se montrer à ce point émotif avec lui, il n'était pas supposé – à la base – s'éprendre de lui de la sorte et surtout à ce point. Les rôles devaient être échangés, voilà à quoi ressemblait son plan dans son esprit lorsqu'il avait rompu avec son petit ami. Il devait obtenir sa revanche sur Troy, c'était à son tour de blesser les sentiments d'un autre, il avait droit à son petit quart d'heure de méchanceté lui aussi. Sauf que son projet était tombé à l'eau en plus de se retourner contre lui. Au lieu de mettre à mal les émotions d'un autre individu, c'était les siens qu'il recevait violemment en plein visage, et le coup n'était définitivement pas facile à encaisser. « J'ai tendance à réagir excessivement lorsque je tiens sincèrement à quelqu'un... » Petite déclaration lâchée innocemment ? Peut-être bien, oui. Il était évident que Baxter ne faisait pas la part des choses mais ce qu'il ressentait était authentique, comme toujours, en plus d'être vrai. ; il pensait réellement ce qu'il venait de dire. Il ne faisait jamais les choses à moitié. C'était tout ou rien. Et avec Carson la question ne se posait même plus, il voulait tout. Visiblement calmé, il se passa nerveusement une main dans les cheveux qui vint aussitôt agripper sa mèche qu'il entortilla vigoureusement contre son front avec ses doigts. Il passa le bout de sa langue le long de ses lèvres charnues en relevant progressivement et timidement ses yeux clairs vers les siens, craignant d'être foudroyé au passage par son regard de braise. « Amis ? » demanda-t-il, incertain, en lui tendant une main maladroite. Peu importait ce que son collègue avait désormais à lui offrir ; un contact, un regard, un tendre toucher, une parole, il se contentera de ce qu'il consentira à lui donner à partir du moment où ce n'était pas le néant. Il se savait bien incapable de n'être qu'un simple ami pour lui, car il lui semblait maintenant impensable de revenir des mois en arrière lorsqu'il s'effleuraient à peine, même si à ce moment là les querelles n'avaient pas encore fait irruption dans leurs vies. Indirectement, il préférait continuer à s'engueuler avec lui plutôt que de perdre définitivement sa trace. Baxter et le masochisme ferait un excellent titre de livre.

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Carson Haynes
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MessageSujet: Re: I live here on my knees as I try to make you see that you're everything I think I need here on the ground.   Mar 14 Mai - 9:15

Les conflits n’étaient pas la tasse de thé de Carson ; il n’était par ailleurs pas exagéré d’annoncer qu’il les détestait cordialement, les fuyait. C’était sans aucun doute pour cette raison qu’il n’avait jamais trouvé le cran d’avouer à ses parents qu’il n’était pas le fils qu’ils attendaient, qu’il ne serait pas en mesure de leur offrir des petits-enfants ni un mariage en grande pompe comme avait pu le faire sa sœur avant lui. Évidemment, les frisques dont il était la plupart du temps l’instigateur au lycée ne comptaient pas, ce n’était là que des distractions dans son quotidien au travail qui aurait été morose le cas échéant. S’il avait su, dès le départ, que s’ouvrir un peu trop à Baxter aurait causé autant de problèmes, à lui aussi bien qu’à son ami, nul doute qu’il aurait fait machine arrière avant qu’il ne fût trop tard. Il ne souhaitait nullement faire du mal à Madden, il ne recherchait même qu’à lui faire plaisir – au moins sur le plan physique, il n’était pas doué pour le reste – mais force était de constater qu’il avait échoué sur toute la ligne, en attestait l’état dans lequel son collègue se trouvait à cet instant. Certes, les cris avaient cessé, ils avaient cependant laissé place à un calme et une gravité qui ne leur ressemblaient guère. Ils étaient faits pour la passion, la fougue, et malgré la bonne dose de flegme que chacun possédait, ils étaient incapables de rester placide l’un en face de l’autre. Carson n’aimait pas plus ce changement d’atmosphère que celle présente depuis son entrée fracassante. Il voulait revenir un mois en arrière, quand tout allait bien, qu’ils se prenaient la tête pour des conneries sans que ces dernières atteignent des sommets infranchissables. Il n’aimait pas se retrouver au pied du mur. Il était peut-être doué pour résoudre des problèmes, mais quand ceux-ci étaient purement théoriques. En pratique, ses mains étaient davantage habituées à disséquer, pas à réparer. Il secoua imperceptiblement la tête de gauche à droite lorsque Baxter suggéra l’idée de ne plus se voir. Bien sûr que non, il ne souhaitait pas cela. Quand bien même l’aurait-il voulu, cela aurait été impossible. Ils partageaient un lien trop fort et le même lieu de travail, ils étaient forcés de se croiser un jour ou l’autre et quelle torture cela aurait été de marcher dans le même couloir sans avoir le droit de se parler. Il ne pouvait se contenter de simples hochements de tête polis avec lui. C’était bien trop tard.

Les paupières tombantes dans un signe de tristesse, il fixa son doux visage quand il se retourna pour lui faire face. Baxter ne méritait pas d’être traité ainsi, de souffrir autant pour un autre être humain. Carson se détestait encore plus d’en être, au moins en partie, à l’origine alors qu’il avait connaissance de toutes les épreuves que le professeur de mathématiques avaient traversé avec son précédent compagnon. Lui-même ne possédait officiellement aucun « pouvoir » sur lui, et pourtant il avait déjà prouvé qu’il pouvait le blesser. Il eut un léger rire dénué d’amusement lorsque Baxter mentionna le fait qu’il avait mal agi. Il ne pensait pas ce qu’il disait, de ça Carson était certain. Peut-être qu’à cette seconde précise, il s’en voulait, d’accord, mais les mots qui avaient été dits ce matin-là avaient été réfléchis et honnêtes. Aurait-il su les conséquences de cette conversation à sens unique, Haynes l’aurait très certainement rattrapé pour lui demander de rester ; et encore, il était tellement borné qu’il aurait également pu hausser les épaules et lui ouvrir grand la porte pour le faire partir plus vite. Il le laissa s’exprimer, même si son temps de parole était écoulé depuis longtemps, sans l’interrompre, bien que l’envie fût parfois pressante. Il sut que son tour était revenu à son ultime question. Les sourcils froncés, il détailla la main tendue dans sa direction, s’humectant les lèvres pour gagner un peu de temps de réflexion. Finalement, après un long silence, il inspira profondément et secoua négativement la tête. Il ouvrit la bouche pour rétorquer qu’ils étaient beaucoup de choses mais pas de simples amis, ce n’était plus possible après ce qu’ils avaient traversé. Mais il craignait qu’un tel aveu n’ouvre les portes à tout un tas de suppositions ; d’un côté cela pouvait signifier que tout était terminé entre eux, de l’autre qu’il était prêt à passer au stade supérieur dans leur relation. Les deux hypothèses étaient fausses, archifausses.
« Si ça signifie que je ne perds pas les bénéfices de notre relation, amis, oui. » Il s’avança jusqu’à pouvoir attraper sa main dans la sienne et la serra de façon très solennelle. Non, il ne pouvait décemment pas le voir comme un simple ami alors qu’il était en mesure de dessiner la courbe de ses reins de mémoire. Il eut un léger sourire en coin dans lequel il était possible de lire à quel point il était désolé ; son visage exprimait ce que ses mots ne pouvaient pas. « Promets-moi seulement de tenir un peu moins à moi, pour éviter tout ça... » Il ouvrit son bras pour désigner la pièce, et donc la situation, avant de lâcher sa main, restant cependant là où il se trouvait, la tête baissée pour le regarder droit dans les yeux, se délectant de ce visage qui lui avait tant manqué.

Il se racla la gorge et se pencha en avant pour goûter à ses lèvres pleines dont le souvenir s’éloignait de plus en plus mais, attiré par le calme retrouvé dans la maison, Darwin choisit ce moment pour venir accueillir Baxter. Dans une grimace qu’il dissimula en tournant la tête, Carson se recula pour laisser sa place à l’animal. Il en était peut-être mieux ainsi. Ils commençaient tout juste à se réconcilier, il ne fallait pas placer la charrue avant les bœufs et attendre avant de tenter tout rapprochement physique. Même si cela le torturait de l’intérieur de l’avoir aussi près sans être en mesure de le toucher. D’aucun le savait, Haynes n’était pas friand des câlins et autres marques d’affection, pourtant, à cette seconde, il ressentait l’irrépressible envie de le prendre dans ses bras et de le serrer contre lui. De sentir ses cheveux contre sa joue, son torse contre le sien, ses lèvres sur sa peau. Il se détestait de se sentir aussi faible en face de lui alors qu’il jouait les gros durs à l’extérieur. Baxter devait certainement songé qu’il n’en avait rien à faire de leur histoire, qu’il n’en avait qu’après l’acte charnel, et cela avait été la vérité pendant longtemps. Seulement, la distance, le silence, lui avaient indiqué qu’il existait quelque chose de plus. Il ne pouvait pas mettre le doigt dessus, c’était quelque part à l’intérieur de lui, dans sa poitrine, dans ses veines, dans sa respiration qui se coupait quand il entendait son rire. Ce n’était pas de l’amour, oh que non, le cœur de Carson Haynes était bien trop aigri pour cela, mais s’il existait un mot pour décrire que l’on tenait énormément à quelqu’un tout en étant le plus grand de tous les idiots de cette planète, alors ce mot désignerait ce qu’il ressentait pour Baxter.
« Tu m’as manqué, » souffla-t-il d’une voix tellement basse qu’il doutât que l’information fût parvenue à son destinataire. Il voulait bien faire des efforts mais était encore loin de les assumer complètement.

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Baxter Madden
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MessageSujet: Re: I live here on my knees as I try to make you see that you're everything I think I need here on the ground.   Mer 15 Mai - 20:18

Tous deux savaient pertinemment qu'il leur était désormais impossible de redevenir de simples bons amis qui se croisaient de temps à autre dans un couloir du lycée ou se voyaient à la soirée d'une connaissance commune. Peut-être que tout ceci n'était qu'une erreur dans le fond. Leur relation n'était qu'une grande farce pour tous – si quelqu'un venait à être au courant – mais surtout pour eux. Des bêtises Baxter en commettait des centaines, peut-être même plus, et cette année la plus grosse demeurait sa rencontre avec l'enseignant qui lui faisait actuellement face. Pourquoi s'était-il très rapidement tourné vers cet individu en apparence peu agréable avec ses collègues ? Pourquoi devait-il constamment s'attacher à ceux qui ne l'aimaient pas, ou du moins pas suffisamment ? On lui avait un jour dit qu'on acceptait l'amour que l'on pensait mériter et l'estime que le petit anglais avait de lui-même était réellement très faible, pour ne pas dire inexistant. Alors sans doute était-ce la raison pour laquelle il se cramponnait ardemment à des histoires impossibles qui ne menaient généralement nulle part, si ce n'était dans un mur de béton. Comme celui contre lequel il se cognait fréquemment la tête lorsqu'il se confrontait à son ami. A ce moment précis, il se détestait plus que n'importe qui d'autre. Il se dégoûtait d'une manière qui lui était presque étrangère. Il parvenait même à cultiver une haine sans borne contre lui-même, cette dernière grandissant de jour en jour à présent et dépassant de loin celle que son propre père ressentait à son égard depuis des années. Oh oui, il s'en voulait cruellement de tenir à ce point à cet homme imposant et désirable. Pourquoi ne parvenait-il pas à attirer autre chose que son appétit sexuel, et certes sa sympathie ? Il voulait plus, toujours plus, c'était d'ailleurs le propre de Baxter Madden. Plus il le regardait, plus sa culpabilité prenait de l'ampleur et gagnait du terrain dans son petit cœur déjà suffisamment meurtri par les dernières intempéries sentimentales. Il refusait catégoriquement d'en venir à regretter ce qu'ils possédaient jusque là, voire même d'avoir fait sa connaissance, mais il fallait admettre la vérité, il n'aurait jamais dû le contraindre à l'embrasser dans les toilettes de ce bar ou encore dans sa salle de cours. Comme à son habitude le petit brun arrivait avec ses gros sabots, il imposait sa présence en plus de s'inviter chez les gens. Au final, leurs rapports ne se seraient jamais développés au-delà de quelques regards échangés de-ci delà s'il n'avait pas mis un coup d'accélérateur avant de foncer dans le tas sans aucune gêne ou sensibilité. La seule certitude qu'il avait était de ne pas vouloir le perdre, de ça il en était sûr à cent pour cent. L'unique solution qui s'était alors offerte à lui était le mensonge, prétendre qu'ils pouvaient revenir à une relation strictement platonique, où l'intensité n'avait plus sa place. Mais quand il apercevait ses petits yeux tendres et désormais presque tristes – spectacle qu'il n'avait jamais été amené à contempler – il réalisait qu'il ne pouvait tout bonnement pas renoncer à lui. Pas dans l'immédiat en tout cas. Il se sentait bien trop affaibli par la vie en générale à Chicago pour abandonner une épaule forte comme celle de Carson. A l'image de son physique imposant, il prenait énormément de place dans son quotidien et l'y déloger l'obligeait à faire un grand vide autour de lui car aussi affligeant que cela puisse paraître, le professeur de sciences représentait à ce jour ce qu'il avait de plus « cher » au sein de cette grande ville. En quittant son pays natal, il avait laissé volontairement derrière lui de nombreux amis qui lui étaient très importants, aujourd'hui les gens ne se bousculaient pas vraiment pour se disputer sa compagnie et son amitié. Sauf peut-être pour un détail en particulier. Partager sa couche semblait être la seule chose pour laquelle les américains désiraient réellement l'approcher, comme s'il n'était bon qu'à cela. Il fallait dire qu'avec le temps, Baxter avait fini par le croire. D'où le nombre plutôt impressionnant de conquêtes qu'il avait eu depuis le début de l'année scolaire et avec lequel il pourrait facilement remplir un petit carnet.

Les bénéfices de leur relation ? Était-il en train de sous-entendre que malgré la situation désastreuse dans laquelle ils se trouvaient tous les deux, ensemble, il désirait toujours coucher avec lui pour satisfaire ses pulsions plus nombreuses que le commun des mortels ? Il trouvait la démarche très étrange et ne préféra pas commenter cette partie de sa réponse.
« Je peux faire ça, » affirma-t-il en hochant doucement la tête, le regard certes perdu, comme s'il était capable de contrôler la portée de ses sentiments à son égard. Mensonge. Énorme mensonge. Mais si c'était ce que Carson voulait entendre, alors il continuerait de le dire. « Darwin ! » s'exclama-t-il joyeusement – autant que ses traits pouvaient le permettre – à l'arrivée de l'animal. Il se plaça aussitôt à genoux à même le sol et grattouilla vigoureusement le chien derrière l'oreille, avec un faible sourire aux lèvres. « Tu m'as manqué bonhomme, » lui confia-t-il comme s'il était en mesure de lui répondre en retour, par-dessus les paroles de Carson qu'il n'avait même pas entendues par ailleurs. Il poursuivit ses caresses quelques secondes supplémentaires avant de finalement se remettre debout. Ne voulant pas abuser des bonnes choses, il jugea bon de tirer sa révérence dès maintenant, avant qu'une nouvelle catastrophe ne se produise. Après avoir déposé un baiser sur la tête du chien, il se rapprocha du propriétaire des lieux pour lui embrasser la joue à son tour, contraint de se mettre sur la pointe des pieds pour l'atteindre. « Passe une bonne soirée, » lança-t-il sans se défaire de son petit sourire. Il pouvait parfois se montrer égoïste et avoir des comportements déplacés, il n'était pas fondamentalement méchant. Il lui souhaitait sincèrement de passer un agréable moment avec ses amis, et pour les avoir déjà vus pour la plupart, il était certain qu'il ne s'ennuierait pas. « Bye mon grand, » dit-il à l'attention du chien en lui adressant un petit signe de la main, auquel il répondit par un petit mouvement de queue amical.

Il quitta sans plus attendre le domicile de Carson pour rejoindre son appartement qu'il regagna en prenant un taxi comme il avait l'habitude de le faire depuis un petit bout de temps. Le reste de la soirée se déroula dans un silence que Baxter aurait jugé dérangeant s'il avait été dans son état normal. Sauf que ce n'était clairement pas le cas. Il essaya dans un premier temps de s'intéresser à un programme choisi au hasard à la télévision mais comme cela ne fonctionnait visiblement pas, il coupa tout. Vraiment tout. Les heures suivantes s'écoulèrent sans aucun bruit, pas un son ne vint perturber son habitat. Sans réaliser que le temps avait effectivement passé, il se tenait debout devant la fenêtre de son salon grande ouverte, une « cigarette joyeuse » à la main tandis que l'autre pianotait nerveusement sur l'écran tactile de son téléphone portable. Il porta l'objet à son oreille et écouta attentivement la tonalité de l'autre côté du fil. Après plusieurs sonneries, son ami répondit finalement mais le brouhaha qui l'entourait l'empêchait de distinguer convenablement ce qu'il disait. Tout comme il n'entendait apparemment pas non plus ce qu'il racontait alors qu'il était plongé dans un calme absolu.
« Je disais que j'ai envie de toi, » reprit-il une nouvelle fois et surtout beaucoup plus fort que précédemment. Un silence qui lui sembla extrêmement long poursuivit avant que Carson ne daigne répondre un banal « Ok » qui laissa le petit anglais perplexe et confus. Si bien que ce dernier lui raccrocha aussitôt au nez sans réfléchir davantage. Il était de toute évidence occupé et ne désirait pas entendre ses états d'âme, ce qui était normal étant donné qu'il se trouvait accompagné de ses amis ; davantage compréhensible si on prenait en compte le fait qu'il était légèrement défoncé à cette seconde précise. Ses yeux se posèrent sur la rue déserte et silencieuse à cette heure tardive, un peu plus de minuit, tandis qu'il terminait son joint avec nervosité et rapidité. Malgré tout le mal récemment fait, Troy ne s'avérait pas totalement inutile après tout. Il continuait de le fournir en Marijuana lorsque son stock était vide et de ça il lui en était sincèrement reconnaissant, du moins ce soir en tout cas. Quand il ne parvenait pas à se calmer et que tout le reste demeurait inefficace.

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Dernière édition par Baxter Madden le Jeu 16 Mai - 19:00, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: I live here on my knees as I try to make you see that you're everything I think I need here on the ground.   Mer 15 Mai - 21:59

Les vingt dernières minutes qui s’étaient écoulées l’avaient fait à une vitesse au-delà de celle de la lumière. Il lui semblait n’avoir cligné qu’une fois des paupières entre le moment où Baxter avait débarqué telle une furie et celui où il avait avoué l’apprécier un peu plus qu’il ne l’aurait dû. Beaucoup d’informations avaient été échangées en un laps de temps trop court, Carson n’avait pas encore bien saisi l’ampleur de la conversation, ni des promesses tacites qu’ils s’étaient alors faites. Quelque chose avait changé entre eux ; en pire ou en mieux, il l’ignorait encore. Cela lui était pour ainsi dire égal à partir du moment où il pouvait compter sur sa présence dans son existence. Et dans celle de Darwin, qui semblait plus que ravi par les gratouilles dont il le gratifiait. Cette vision fit sourire le professeur de sciences. Il aurait dû être jaloux à l’idée de partager l’affection de son chien qui, d’ordinaire, se méfiait des visiteurs, toutefois c’était le contraire qui se produisait. Comme quoi, Madden avait le don de changer les êtres qu’il touchait même s’il ne s’en rendait pas forcément compte. Il faudrait qu’il songe à lui confesser cela, un jour où il se sentirait un peu niais et d’humeur à complimenter. « Merci. N’en passe pas une trop mauvaise, » essaya-t-il de plaisanter, ses doigts caressant son bras durant son rapprochement, ses traits toujours étirés en un pâle sourire même après ce – trop – bref échange. Ils en étaient arrivés là ? A se contenter d’un pauvre petit bisou sur la joue pour se dire au revoir alors qu’un mois plus tôt ils avaient du mal à décoller leurs lèvres et à délier leurs langues ? Toute cette situation était bien étrange, voire déplaisante. Carson n’aimait pas avancer pour faire machine arrière par la suite ; il était pourtant obligé de se plier aux règles. Ils étaient redescendus au stade d’amis désormais, il allait devoir se réhabituer à cela pendant un temps avant d’espérer regagner des points dans son estime. Et que Baxter retrouve sa place de choix dans sa vie également – pour cela il devait taire sa fierté au moins aussi grande que lui, ce qui n’était pas une mince affaire. Il allait se rendre rapidement compte qu’en réalité, cela ne réclamait pas tant d’efforts que cela. Retenant Darwin par son collier, Carson referma prestement la porte derrière son ami, poussant un profond soupir mi-nostalgique mi-soulagé. « Et bien, ça aurait pu se passer bien pire, non ? » Il croisa le regard soupçonneux du bâtard qui le fit grimacer. D’accord, ça aurait aussi pu être bien mieux et ne pas impliquer le départ de Baxter, mais il avait encore des progrès à faire.

Quelques heures plus tard, un verre à la main et une brunette pendue à son épaule, Haynes profitait de la soirée comme il avait été convenu. Les fortes basses de la musique résonnaient à ses oreilles, l’obligeant à élever la voix pour poursuivre sa discussion d’avec ses voisins de table. Il lui était peu aisé de se concentrer sur le mini débat avec la demoiselle qui ne cessait de lui susurrer des mots doux, déposant de-ci de-là des baisers sur sa joue dans des tentatives, souvent vaines, de capter son attention. L’entraînement lui avait appris à ne plus grimacer de dégoût face aux femmes entreprenantes, il n’en était pas dérangé plus que ça, il savait faire abstraction car cela servait plutôt bien sa cause, même si cela impliquait également de laisser les pauvres créatures espérer pour rien.
« Tu vibres, mon chou, » souffla-t-elle en se séparant de lui et en sortant, sans gêne aucune, son portable de la poche de son pantalon. Carson lui reprit des mains dans un froncement de sourcils, il détestait les gens qui se mêlaient de ce qui ne les regardait pas ; son agacement fut encore plus grand lorsqu’il vit le nom de son interlocuteur. Il prit l’appel en se bouchant une oreille, tâchant de garder une attitude et un ton neutres. La musique était forte, hélas, la surprise aussi, et il fut contraint d’entendre par deux fois la confession de Baxter avant de l’imprimer. L’homme qui avait fait irruption chez lui en début de soirée était apparemment déjà en manque de sa compagnie. La conversation coupa court et il ne put constater l’état anormal de son collègue. Il raccrocha, prit quelques minutes de réflexion avant de se tourner vers la jeune femme qui jouait avec ses cheveux. « Je pense que tu devrais m’offrir un verre et m’inviter chez toi, » proposa-t-elle en croisant son regard, ce à quoi Carson répondit par un haussement d’épaules. « Désolé, je viens d’avoir une offre plus sûre. Mais tu peux finir mon verre, c’est cadeau. » Il lui sourit en se redressant d’un bond, tapota son épaule puis alla s’excuser auprès du reste de son groupe d’amis qui lui demanda la raison de son départ précipité. « Une ancienne conquête qui se rappelle à mon bon souvenir, » répliqua-t-il avec un sourire intéressé, ce qui lui valut une salve d’applaudissements non mérités. Il n’y avait rien de louable dans son mensonge, même si ce dernier était pour la bonne cause. Sa bonne cause.

S’il était resté un moment dans le club, l’enseignant n’avait pas énormément bu, il n’eut par conséquent aucun mal à récupérer sa voiture et à conduire jusqu’à l’immeuble où résidait Baxter – une adresse désormais bien connue. Après avoir trouvé une place où se garer, il demeura plusieurs instants dans son véhicule, mains sur le volant, à se convaincre qu’il ne faisait pas une erreur monumentale. Il s’était dit, plus tôt dans la soirée, qu’aller trop vite ne pouvait que leur porter préjudice, et voilà qu’il s’apprêtait à toquer à sa porte comme si de rien n’était. Comme si les deux dernières semaines ne s’étaient jamais passées. Au diable la pointe de douleur dans la poitrine, songea-t-il en ouvrant sa portière, il avait envie d’être là, de le voir, et trop y réfléchir signifiait donner trop d’importance à la situation, ce qu’il se refusait. L’appartement de Baxter était l’un des seuls encore allumés à cette heure – minuit passé – et il discerna sa silhouette sombre qui se découpait à la fenêtre. Est-ce qu’il l’attendait ou était-il en train de penser à mettre fin à ses jours ? Il ne prit pas le risque de patienter pour obtenir une réponse et se hâta à l’intérieur, grimpant deux par deux les marches des trois étages du bâtiment jusqu’à se retrouver face à la porte, ouverte, de chez Madden. L’option suicide n’avait pas été envisagée, ouf. Son entrée se fit d’un pas hésitant, presque timide. Il ne se sentait pas à sa place dans cet appartement, il avait le sentiment d’être une fraude, de ne jamais s’y trouver pour les bonnes raisons. Néanmoins ses doutes s’estompèrent sitôt que son regard croisa celui de Baxter, nonchalamment adossé contre un mur.
« Hé…, » murmura-t-il en se mordillant l’intérieur de la joue. Il resta un instant en suspens, des paroles banales telles que ‘tu m’as appelé’ ou encore ‘comment vas-tu ?’ lui vinrent à l’esprit mais aucune n’aurait eu l’impact de ce qu’il jugea préférable de faire. En une enjambée, il pénétra à l’intérieur de l’appartement, referma la porte derrière lui avant de s’avancer vers le maître des lieux ; ses mains puissantes entourèrent ses joues tandis qu’il scellait ses lèvres aux siennes dans de longs et lents mouvements. Il fit durer le baiser l’espace d’une minute avant d’éloigner son visage, sans écarter ses doigts. « Ta bouche a un goût de joint, » sourit-il en glissant un pouce le long de son menton mal rasé. Il ne se plaignait pas, même s’il aurait préféré le trouver dans un meilleur état que cela.

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MessageSujet: Re: I live here on my knees as I try to make you see that you're everything I think I need here on the ground.   Jeu 16 Mai - 18:59

Lorsque la silhouette familière de Carson se dessina dans la pénombre de sa rue, Baxter se dirigea aussitôt vers la porte d'entrée qu'il ouvra entièrement avant d'aller s'appuyer contre le mur le plus proche, ayant ainsi une vue quasi-totale sur le couloir plongé dans le noir. Puis la lumière s'activa la seconde suivante, signe que son ami n'était désormais plus très loin de lui. Il pouvait par ailleurs entendre d'ici ses chaussures claquer contre les nombreuses marches qui le conduisirent jusqu'à son palier. « Hé... » répondit-il à sa suite en l'observant attentivement quand il pénétra à l'intérieur de l'appartement. Il replia sa jambe droite et vint appuyer son pied nu contre le mur situé juste derrière au moment du baiser, plaçant l'une de ses mains par-dessus la sienne sur sa joue, l'autre allant se poser sur le haut de son torse au niveau de son cœur dont les pulsations rapides à cause des escaliers lui revenaient contre sa paume. Ses yeux se fermèrent un court instant, le temps de pouvoir profiter pleinement de ce bref échange qui lui avait grandement manqué. Il eut même un léger mouvement de lèvres quand il éloigna son visage du sien avant de se les humecter avec la pointe de sa langue. La bouche mi-ouverte, il appuya l'arrière de son crâne contre le mur avant d'incliner doucement sa tête afin d'être en mesure de le regarder dans les yeux. Des heures les séparaient désormais de leur dernière entrevue et il lui semblait que le temps s'était rapidement écoulé depuis qu'il était rentré chez lui. Un des nombreux effets de la drogue sur lui probablement. La tristesse avait définitivement quitté les traits de son visage à présent beaucoup plus détendu. Même s'il n'était clairement pas dans son état normal, il ne faisait plus autant misérable qu'en fin d'après-midi. Bien entendu, il portait toujours les mêmes vêtements que tout à l'heure, ceux dont le manque de couleur flagrant était presque étonnant venant de sa part. Néanmoins ses deux bretelles avaient abandonné leur emplacement initial sur ses épaules et tombaient désormais lâchement le long de son corps frêle.

Ses paroles l'amusèrent plus qu'il ne l'aurait cru car il lâcha ensuite un petit rire incontrôlé accompagné d'un large sourire s'étirant jusqu'aux oreilles. L'agrippant par un pan de sa veste, il l'attira davantage contre lui dans le but de pouvoir coller leurs deux corps un maximum l'un contre l'autre, remettant par conséquent son pied par terre. Sa seconde main relâcha la sienne puis dériva sur son poignet avant de longer son long bras jusqu'à remonter vers sa nuque qu'il enserra fermement entre ses doigts crispés. Après s'être mis sur la pointe des pieds, il appuya fortement ses lèvres contre les siennes dans un baiser transpirant la passion dans les moindres détails ; la manière dont sa bouche se pressait contre la sienne, la force avec laquelle il le retenait par la nuque, sa frustration qui visiblement s'évacuait sans aucune retenue, et maintenant la façon qu'avait sa langue de jouer avec celle de Carson, plus que suggestive d'ailleurs.
« Tu en veux un ? » lui demanda-t-il finalement entre deux baisers coupés pour en revenir à ce goût de joint qu'il avait mentionné juste avant. S'il n'était guère partageur humainement parlant – amis, conquêtes et petit-ami étant concernés dans cette catégorie – il était en revanche extrêmement généreux sur le plan matériel, et sur tout le reste en fait. Il pouvait sentir le peu d'inhibition qu'il possédait s'envoler loin de son enveloppe corporelle, tout comme sa déprime passagère avait décidé de lui laisser un semblant de répit le temps de souffler un petit peu, et si Carson désirait ne serait-ce qu'un minimum partager son état actuel il n'avait qu'à le lui dire. C'était toujours plus amusant et plaisant à plusieurs, néanmoins il ne l'obligeait aucunement à le faire. S'il n'était pas friand de ces choses-là, il pouvait parfaitement le comprendre. Mais cela serait vraiment dommage en un sens, car il était plus que capable de l'imaginer complètement stone et cette image ne lui déplaisait pas tant que ça dans le fond.

« Je sais ce qui te ferait plaisir... » souffla-t-il d'une toute petite voix comme s'il était important de conserver une part de mystère. Sauf que le professeur de sciences savait tout ce qu'il y avait à savoir sur Baxter et son anatomie, il en était de même pour le petit anglais qui connaissait chacune des courbes de son ami ; allant de son épaule musclée à la cambrure de ses reins. Il se jugeait même apte à énumérer le nombre de grains de beauté qu'il possédait dans le dos et à donner l'emplacement de chacun d'entre eux. Tous. Sans aucune exception. Pour avoir passé des heures entières à examiner cette partie de son corps qu'il ne cessait de lui montrer une fois qu'ils se mettaient au lit, il était désormais presque certain de connaître le physique de Carson plus que l'intéressé lui-même. « Suis-moi, » poursuivit-il en glissant sa main dans la sienne avant de l'entraîner un peu plus dans l'appartement. Il se dirigea vers le salon et vint s'asseoir sur le bord du canapé, relâchant alors la main de son ami après l'avoir incité à se placer juste devant lui. Il leva complètement la tête pour le regarder et sourit de manière coquine en se mordillant le coin de la lèvre inférieure. Haynes n'avait peut-être pas répondu favorablement à ses avances téléphoniques une demi-heure plus tôt mais sa présence chez lui prouvait qu'il avait clairement changé d'avis sur le sujet. Il le connaissait suffisamment bien pour savoir qu'il ne se déplaçait jamais pour rien, il y avait toujours une raison particulière, et celle-ci s'avérait principalement sexuelle. Il baissa le regard vers son bassin et se chargea de lui détacher son pantalon avec ses deux mains, faisant glisser sa braguette dans un geste intimement lent histoire de faire durer le plaisir, ou le faire monter, au choix. Étaient-ils seulement prêts l'un comme l'autre à entamer de nouveau des rapports charnels alors qu'une certaine rancœur et amertume habitaient les deux sujets principaux ? Le Baxter sobre aurait très certainement hésité quant à la bonne réponse à fournir alors que celui qui se tenait assis face aux hanches appétissantes du grand jeune homme ne s'était même pas posé la question un seul instant avant de s'attaquer à son vêtement. Il lui manquait horriblement – autant sa compagnie que sur le plan physique –, il avait sensiblement envie de sentir son corps nu contre lui, qu'il le fasse sien était devenu comme un besoin viscéral à ce stade avancé de la soirée, il savait exactement ce qui lui faisait plaisir et ce qui était nécessaire pour nourrir son appétit sexuel ; alors pourquoi batailler plus longtemps ? Il n'avait pas envie de perdre davantage de temps dans des explications bancales qui finiraient forcément par porter préjudice à leur relation à un moment ou à un autre, autant aller directement droit au but, ce soir tout du moins. Qu'avaient-ils à perdre alors qu'il n'était pas totalement sûr d'avoir récupéré l'ensemble de son amitié et tout ce qui allait de pair avec ?

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MessageSujet: Re: I live here on my knees as I try to make you see that you're everything I think I need here on the ground.   Jeu 16 Mai - 21:49

Les deux enseignants ne se connaissaient pas depuis si longtemps, pas même un an ; pourtant Carson ne comptait plus le nombre de fois où il avait franchi la porte de cet appartement et reçu un accueil semblable de la part du locataire des lieux. Evidemment, étant donnés leurs tempéraments hauts en couleurs, certaines entrevues s’étaient moins bien passées que d’autres, parfois n’était-il pas le bienvenue, souvent repartait-il comme un voleur au petit matin. Dans l’ensemble, cependant, ils n’étaient pas à plaindre, chacun en avait pour son argent et rares étaient les têtes-à-têtes qui les avaient laissés sur leur faim. Il s’agissait d’une des nombreuses raisons pour lesquelles Haynes se sentait bien sous ce toit, les souvenirs y avaient une saveur douce-amère qu’il appréciait tout particulièrement. A l’image des lèvres de Baxter, ce soir-là, qui virevoltaient contre les siennes en un sensuel ballet. Son éclat de rire, bien que dû à la substance inhalée, fut communicatif et tira un large sourire à Carson, ce dernier acceptant son invitation à se coller tout contre lui et à reprendre la course effrénée de leurs baisers. Deux semaines. Il avait tenu – seul le Ciel savait comment ! – deux interminables semaines loin de cette paire de lèvres charnues et il ignorait comment il était parvenu à supporter cette distance. Il secoua négativement la tête à sa proposition, il ne faisait plus dans la drogue depuis qu’il en avait étudié dans les moindres détails les effets sur les cellules du cerveau – et depuis qu’il avait fait don de sa semence à une banque de sperme contre un joli chèque, mais cette information était classée top secret. Il n’en avait de toute manière pas besoin, l’enthousiasme du mathématicien était suffisant pour lui couper toute réflexion trop poussée. Il n’avait guère besoin de plus qu’un corps contre le sien pour positionner son cerveau sur off, de toute façon ; il était ainsi fait, il était une créature faite de chair et de sang qui réagissait avec effervescence au contact d’autrui. Il était trop tard pour tenter de changer et il n’en avait pas la moindre envie. Surtout pas quand il avait un Baxter Madden aussi entreprenant que cette nuit-là en face de lui. Il plissa les yeux lorsqu’il l’invita à le suivre, précisant qu’il savait ce qui « lui ferait plaisir » comme si l’un des deux ignorait encore que ce qui le contenterait était en train de le conduire dans la pièce principale de l’appartement.

Il n’avait pas franchi son seuil depuis cinq minutes que déjà Baxter se chargeait de le débarrasser d’une partie de ses vêtements. C’était un peu rapide, même pour eux – et même s’ils avaient déjà fait pire, ou mieux, c’était selon.
« Attends…, » marmonna-t-il sans grande conviction tandis que les doigts experts de son compagnon se glissaient à l’intérieur de son sous-vêtement. Attendre quoi ? Que l’effet de la drogue se dissipe et qu’il réalise qu’il faisait une erreur ? Le cannabis et la marijuana avaient beaucoup d’effets nocifs, mais ils n’avaient pas le pouvoir d’obscurcir complètement le jugement du consommateur. Madden n’aurait rien entrepris s’il n’en avait pas ressenti l’envie primaire. Un peu d’inhibition, voilà ce que la drogue lui avait à la rigueur apporté, juste de quoi sauter le pas. Peut-être que Carson voulait réellement croire à cela, pour se dédouaner, pour ne pas avoir l’impression lui-même de plonger dans une piscine remplie de scrupules et de culpabilité. Dès l’instant où ses yeux s’étaient posés sur le Britannique, quelques heures plus tôt, il avait remarqué qu’il n’était pas dans son état normal, que des tracas divers l’empêchaient de réfléchir correctement, que la fatigue lui tiraillait le corps et l’esprit. Le joint fumé n’améliorait en rien sa condition. Accepter ses avances revenait à profiter de lui, de sa faiblesse, et cette idée aurait eu de quoi couper l’envie à n’importe qui. Oui mais voilà, Carson n’était pas n’importe qui. Carson était un individu influençable pour qui savait sur quelles manettes appuyer. En très peu de temps, Baxter s’était montré plus que capable de le contrôler, grâce à des mains chevronnées et des lèvres pour qui sa peau n’avait désormais plus aucun secret. Si à bien des égards, Haynes possédait le statut de « dominant » au sein de leur relation, il suffisait de se pencher un peu sur la question pour remarquer que le petit brun le tenait dans le creux de sa main comme un marionnettiste maîtrisait les fils de son pantin. Pour preuve, alors qu’il était supposé lui en vouloir à mort d’avoir offert ses faveurs à l’un de ses principaux rivaux du lycée, le voilà désormais presque prêt à le supplier de ne pas arrêter les mouvements de sa bouche entre ses cuisses, depuis peu mises à nu.

« Baxter, » parvint-il à articuler dans une grimace à la fois de douleur et de plaisir, au bout de plusieurs minutes. Sa main droite s’était enfoncée dans les cheveux de son partenaire sans qu’il ne se rendît compte de son geste et il en tira doucement une poignée pour le forcer à relever la tête. Il le fixa un long moment avant de se laisser tomber à genoux, remontant d’une main son boxer sur sa taille pour se rhabiller au moins un minimum. « Je sais que tu as dit avoir envie de moi, au téléphone et, crois-moi, c’est réciproque, » commença-t-il, ponctuant sa phrase d’une forte inspiration, comme s’il regrettait déjà la suite de son discours. Afin de gagner du temps, il se pencha en avant pour s’emparer une nouvelle fois de ses lèvres dans un baiser fiévreux. « Mais je pensais ce que je t’ai dit tout à l’heure, tu sembles avoir besoin de récupérer pas mal de sommeil. » Il glissa un index sous l’un de ses yeux pour dessiner le contour des cernes immenses qui assombrissaient son regard d’ordinaire si doux et lumineux. Sa proposition n’était nullement visée à le vexer, il ne refusait pas ses avances parce qu’il n’éprouvait aucun désir pour lui – cela ne pouvait être plus loin de la vérité – mais parce qu’une partie de lui s’inquiétait de son sort, et c’était hélas cette petite voix qui se faisait entendre par l’intermédiaire de ses cordes vocales tandis que sa soif de lui ne pouvait se lire que dans son regard pétillant de convoitise. Plus ou moins consciemment, et pour la toute première fois depuis qu’ils se fréquentaient, il lui proposait de passer la nuit en sa compagnie pour simplement dormir. Non sans l’arrière-pensée de profiter d’une crapuleuse matinée sous les draps à profiter pleinement l’un de l’autre lorsque leurs deux corps seraient reposés. Carson pouvait faire preuve de desseins louables, il n’en demeurait pas moins fidèle à lui-même et il était bien incapable de passer plusieurs heures aux côtés de Baxter sans tenter un semblant de rapprochement physique. L’attraction qui les liait l’un à l’autre était bien trop puissante. Il esquissa un pâle sourire tandis qu'il se concentrait sur tout un tas de pensées négatives pour calmer la tempête qui avait lieu dans son boxer et qui remettait en question son choix de chasteté.

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MessageSujet: Re: I live here on my knees as I try to make you see that you're everything I think I need here on the ground.   Lun 20 Mai - 18:01

En effet, personne n'obligeait le jeune professeur de mathématiques à agir de cette manière avec son collègue. De plus, il ne recevait aucune pression de sa part pour la simple et bonne raison qu'il n'avait même pas besoin d'insister pour que Baxter se montre à ce point docile et généreux. A dire vrai il n'avait pas non plus besoin de demander ou réclamer, car la plupart du temps le petit anglais le faisait de lui-même, lorsqu'il était d'humeur à un quelconque rapprochement physique bien entendu. Seulement un contexte bien particulier, comme celui d'aujourd'hui, pouvait parfois engendrer une situation extrêmement gênante, pour les deux. Même si visiblement, seul Carson percevra ce sentiment d'embarras ce soir, les idées de son ami n'étant déjà plus claires depuis plusieurs heures maintenant. La drogue altérait son humeur, ses sens, et sa sensibilité. Peut-être même ses envies qui n'étaient plus véritablement les siennes à cet instant précis. Bien sûr il ne s'agissait aucunement d'une contrainte à ses yeux de lui procurer un peu de plaisir simple et primaire, sans doute était-il question d'une forme de réflexe de sa part étant donné le nombre de fois où ce scénario s'était produit durant les derniers mois. Néanmoins on ne pouvait ignorer son mal-être de l'après-midi qui avait plus ou moins bousculé leur entrevue, tout ceci était encore bien trop frais dans leurs esprits pour être oublié. On ne pouvait se remettre aussi vite émotionnellement parlant, même pour un homme comme lui avec énormément de volonté à la base, l'hypothèse qu'éventuellement il se trouvait toujours plongé dans sa spirale déprimante n'était par conséquent pas à rejeter. Il était effectivement très vulnérable en plus d'être complètement stone, un mélange pour le moins toxique, surtout avec un petit organisme comme le sien. Alors oui peut-être que ses décisions étaient assombries par les substances illicites qu'il avait fumées toute la soirée, c'était même certain d'ailleurs, et que ces dernières le conduisaient obligatoirement vers des choix, tous mauvais. Le professeur de sciences avait probablement conscience de sa fragilité passagère divinement dissimulée derrière toutes ces gâteries généreusement offertes, ce qui l'obligea par la suite à l'interrompre en pleine action, un peu trop tard il fallait bien l'avouer. Un sentiment de culpabilité, peut-être ? Il avait bien raison de se sentir honteux d'accepter une telle chose de sa part alors qu'il n'était clairement pas dans un bon jour en plus de ne pas raisonner convenablement. Tout ce que Madden souhaitait, c'était retrouver leur complicité passée, celle qu'ils possédaient encore deux semaines plus tôt, celle qui n'existait plus certainement à cause de lui. Alors il essayait de se racheter comme il le pouvait mais dans son état seules les alternatives sexuelles pour le reconquérir s'offraient à lui. Tragique. Au fond de lui, il désirait seulement avoir une seconde chance et être pardonné de Carson afin de pouvoir repartir à zéro avec lui. Même si cela semblait désormais impossible pour tous les deux.

Se rabaisser était devenu une seconde nature pour Baxter, fait plutôt triste mais véridique. Encore une énième séquelle causée par sa rupture avec Troy qui n'avait fait que le réduire au rang de jouet cassé et délaissé. Son petit cœur déjà grandement piétiné pensait pouvoir se remettre facilement de cette querelle entre eux alors que l'organe en question s'était davantage brisé au cours de ces derniers jours. Alors qu'il n'avait aucune raison de le faire. L'enseignant était certes son ami mais il était avant tout son amant à présent et même si le mot pouvait sans doute sonner de manière similaire à l'oreille, il n'était pas amoureux, non. Pas Carson Haynes. Tomber aussi bas, pour si peu, était presque humiliant. L'américain n'était certainement pas l'unique responsable de sa condition présente mais les récents événements avaient nettement contribué à développer son malaise grandissant, mis de côté depuis la rentrée scolaire. Ses vieux démons resurgissaient du placard alors qu'il n'était pas encore prêt à les affronter à nouveau, d'ailleurs il ne l'était déjà pas la première fois. Ses gestes étaient presque mécaniques et instinctifs lorsqu'il l'interrompit et le contraignit à lever la tête pour le regarder. Ses yeux plissés le suivirent anxieusement, bien que son attention n'était pas totale à l'heure actuelle, et sa main vint aussitôt se plaquer sur sa joue quand il fut à sa hauteur, tandis qu'il s'avançait vers le bord du canapé pour se rapprocher de lui. Ses doigts se crispèrent sur sa peau durant le baiser passionné qu'il partagèrent une nouvelle fois avant de descendre le long de sa joue jusqu'à son torse, où ils s'accrochèrent presque désespérément au tissu de sa chemise. Un quart de seconde fut amplement suffisant à son visage pour changer radicalement d'expression. De vide et fatigué il passa à triste et anéanti, comme ça, sans crier gare. Ses yeux se remplirent d'une quantité impressionnante de larmes qu'il refusa catégoriquement de laisser s'échapper. Seulement il n'y voyait plus rien du tout, sa vue devenue trouble l'empêchait même de distinguer le magnifique visage de son interlocuteur.
« Mes lunettes, » lâcha-t-il simplement pour toute réponse, un sanglot étranglé finissant sa course dans le fond de sa gorge.

La dépression, le manque de sommeil évident, la drogue ; quel élément était responsable de ses réactions actuelles ? Sans doute un mélange des trois qui le rendait plus sensible encore qu'une femme enceinte. Il posa une main sur l'épaule de Carson et s'appuya sur celle-ci pour s'aider à se remettre debout.
« Je suis nul, je suis nul. » répéta-t-il deux fois consécutives en secouant négativement la tête avant de se mettre à la recherche de ses lunettes. Ces dernières reposaient sur un meuble du salon, il alla donc les récupérer, les mit sur son nez puis se laissa glisser contre le mur le plus proche dans un profond soupir. « Je suis désolé de ne pas parvenir à te donner ce que tu veux, » souffla-t-il, défaitiste, en relevant un regard toujours brillant vers lui. Mais que voulait exactement son amant ? Malgré leur récente dispute, il avait prouvé qu'il pouvait tout de même lui soutirer une certaine excitation, donc il ne pouvait s'agir de ça. Une amitié avec bénéfices charnels et sans prises de tête ? C'était déjà plus plausible. L'avait-il seulement bien regardé ? Lui qui le connaissait désormais un peu mieux et qui savait pertinemment qu'il se souciait de détails insignifiants pour lui mais importants pour Baxter. « Je ne voulais pas te décevoir toi aussi, » reprit-il d'une voix désolée avec une sincérité pure. Pour de nombreuses personnes, le petit anglais n'était rien d'autre qu'une grosse déception et reproduire ses erreurs passées représentait tout ce qu'il souhaitait éviter dorénavant.

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Carson Haynes
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MessageSujet: Re: I live here on my knees as I try to make you see that you're everything I think I need here on the ground.   Lun 20 Mai - 20:53

Carson était une personne que l’on pouvait caractériser comme étant très portée sur « la chose » ; il n’était pas un pervers ni un déviant sexuel, toutefois il aimait pratiquer, y pensait régulièrement – plusieurs fois dans une même journée, pour ne pas mentir – et, s’il ne tenait pas de comptes à ce propos, le nombre d’hommes qui étaient passés dans ses bras devait s’élever à une bonne centaine depuis son arrivée à Chicago. Il suffisait bien souvent de peu pour titiller sa curiosité et le reste de son corps, il était ainsi fait, il n’avait jamais cherché à remettre cette partie de son existence en questions et ne comptait pas le faire puisqu’il n’était plus possible, à son âge, de le changer. Il accumulait les conquêtes, les prenant et les jetant à un rythme impressionnant pour quelqu’un qui faisait attention de ne jamais se faire prendre en charmante compagnie par ses proches. Rares étaient ceux qui pouvaient se vanter d’avoir été rappelé plus d’une fois par le professeur, lorsqu’il disait au revoir, c’était en général pour le très long terme. Les choses avaient été différentes dès le départ avec Baxter parce que ce dernier lui collait aux basques tous les jours, tel était le fardeau qu’ils devaient tous deux traîner après avoir décidé de fréquenter un collègue. S’ignorer au lycée était très difficile, ils en avaient eu la preuve au cours des deux dernières semaines. Carson était forcé de le croiser tôt ou tard au détour d’un couloir ou de la salle des professeurs et, à chaque fois, même s’il savait que ce n’était pas bien, le simple fait de poser les yeux sur son visage ou sur la courbe de ses fesses moulées dans ses pantalons seyants lui donnait des pensées peu catholiques. Il avait essayé de combattre cet entichement mais avait vite réalisé que cela était vain. Madden lui plaisait des orteils jusqu’au sommet de ses magnifiques cheveux, c’était physique, l’attirance était indéniable. Il avait mis cela sur le compte des phéromones, pour justifier ce béguin digne d’un lycéen alors qu’il se répétait au quotidien qu’il n’avait besoin de personne, qu’il détestait avoir des compagnons réguliers. Carson aurait mis sa main à couper qu’il aurait été en mesure de le trouver désirable quelle que fût la situation ou son humeur, qu’il fût fâché contre lui ou contre le monde entier. Pourtant, Baxter réussit l’exploit de lui couper toute envie en l’espace d’une seconde. Ses lèvres et sa langue s’étaient très bien occupées de lui mais toute son excitation retomba dès l’instant où il croisa le regard rempli de détresse de son ami.

Qu’avait-il dit ou fait pour récolter un tel désarroi ? Aurait-il dû accepter ses avances et le prendre à même le canapé pour éviter ce drame ? Il ne le saurait désormais jamais.
« Baxter, » appela-t-il inutilement pour attirer son attention, mais l’intéressé regarda à travers lui, perturbé, à la recherche de ses lunettes qui ne devaient être bien loin. Haynes se remit à son tour sur pieds, remontant son pantalon et refermant sa braguette de manière définitive pour ce soir. L’idée même d’avoir droit à un round plus tard s’envolait à des milliers de miles de l’appartement. Il n’était plus question de sexe entre eux. Le professeur de mathématiques n’avait clairement pas la tête à cela, malgré sa tentative écourtée, et Carson comprit que son rôle venait de changer. D’amant d’une nuit, il retrouvait sa casquette d’ami présent et réconfortant. Il n’était pas très doué dans ce domaine, néanmoins il se sentait obligé de lui venir en aide, il ne pouvait le laisser s’empêtrer dans sa peine et son malheur alors qu’il l’avait appelé au secours. Alors qu’il n’avait personne d’autre. Il le suivit du regard jusqu’à ce qu’il retrouvât sa paire de lunettes et il sentit son cœur s’affaisser dans sa poitrine dans le même mouvement qui valut à Baxter de se retrouver assis à même le sol, dos contre le mur. Il fronça les sourcils en écoutant les stupidités qui s’extirpaient de sa bouche qui en perdait son caractère délicieux. Comment pouvait-il penser une seule seconde qu’il lui tenait rigueur d’une partie de jambes passée à la trappe ? Ce n’était pas la première fois que ça arrivait et ne serait sans aucun doute pas la dernière – tout dépendait de la suite des événements. Carson était peut-être un bel enfoiré, il n’était pas complètement sans cœur. Il s’était imaginé que cela était un acquis entre eux, depuis le temps. Il effaça la distance qui les séparait en quelques pas puis s’accroupit devant lui, une main serrée sur son épaule tandis que l’autre s’emparait doucement de sa joue.

Il refusait de le voir dans un tel état, ce n’était pas ce pour quoi il avait signé. Il était encore moins question pour lui d’être à l’origine de ses maux ou de ses crises existentielles.
« Arrête de dire n’importe quoi, » commença-t-il après avoir dégluti bruyamment. Son pouce caressait le bord de son menton dans un geste qui se voulait de réconfort. Haynes n’était pas doté d’une très grande empathie, il était rarement amené à jouer au psychologue avec des adultes et il pataugeait totalement. Pourtant, son désir de rendre à son compagnon un semblant de sourire était grand, il se devait de réussir, de trouver les mots adéquats. De ne pas ruiner définitivement ce qu’ils possédaient. « Je n’attends rien de particulier quand je suis avec toi, j’apprécie chaque minute en ta compagnie comme elles viennent, c’est tout. » Il esquissa un sourire en rapprochant son visage du sien. « Comment pourrais-je être déçu alors que ce que nous partageons est un bonus plus qu’estimable dans ma vie ? » Il n’attendait en effet rien de leur relation, il avait été clair à ce sujet dès le premier jour. Ils étaient collègues, ils étaient amis, ils couchaient ensemble. Cela ne réclamait aucune implication émotionnelle, aucune attache, en théorie, et Carson avait suivi cette règle à la lettre. Il comprenait aujourd’hui que ce n’était plus le cas pour Baxter. « Arrête de te torturer en réfléchissant trop, » poursuivit-il avant de déposer un baiser sur son front. Il prit ensuite ses mains dans les siennes et lui intima de se relever. Contrairement à ce qu’il pouvait croire – ou à ce qu’un autre lui avait inculqué – sa place n’était pas par terre mais debout, à affronter fièrement les difficultés et batailles à venir. Sans un mot de plus, il le fit traverser l’appartement jusque dans la chambre. Il lui intima par la suite de s’allonger pendant qu’il se chargeait de retourner éteindre la lumière dans le salon, il revint auprès de lui pour s’installer à ses côtés, se débarrassant de sa chemise pour ne pas la froisser. « Tu es quelqu’un de bien, Baxter Madden. Quiconque ose avancer le contraire a tort. » Il posa sa tête sur l’oreiller, tendit une main pour venir lui caresser tendrement l’avant-bras en inspirant profondément. Certes, ils étaient différents à bien des niveaux, ne s’entendaient pas sur tout et il était fréquent de les voir hausser le ton, cependant cela n’enlevait rien à l’estime que Carson lui portait. Ses propos n’étaient pas faits que pour lui remonter le moral, il pensait chaque mot qui sortait d’entre ses lèvres. L’unique aveu qu’il était incapable de formuler était qu’il était navré d’être l’une des causes de sa souffrance, ce soir-là, pourtant ses yeux exprimaient clairement son impuissance face à ce problème.

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Dernière édition par Carson Haynes le Dim 23 Juin - 22:33, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: I live here on my knees as I try to make you see that you're everything I think I need here on the ground.   Mar 21 Mai - 19:26

Son amitié lui manquait. Il s'agissait là d'un énorme problème qui venait s'ajouter à la longue liste d'autres obstacles fréquemment rencontrés par les deux jeunes hommes. Jamais il ne lui viendrait à l'esprit de se plaindre concernant les nombreuses galipettes qu'ils faisaient ensemble depuis plusieurs mois, car la connexion qui existait entre ces deux-là était indéniable, mais au fur et à mesure de l'évolution de leur relation Baxter avait commencé par ressentir un léger manque. Agir sans réfléchir et se laisser guider par des envies purement primitives avait du bon quand on savait gérer une telle situation. Le petit anglais avait tout d'abord pensé pouvoir se remettre de sa rupture avec Troy dans les jours qui suivirent, il s'en était d'ailleurs tellement convaincu lui-même qu'il avait fini par croire qu'il y était parvenu. Ce qui était parfaitement ridicule. On ne pouvait effacer quatre années d'une histoire passionnée et sérieuse simplement en claquant des doigts, tout comme il semblait impossible de balayer le passé de sa mémoire juste parce qu'on le souhaitait. La vie n'était hélas pas aussi simple et le professeur de mathématiques savait pertinemment qu'elle ne se montrait pas souvent clémente, pour ne pas dire jamais dans son cas. Son parcours personnel des dernières années n'était qu'une succession de mauvais choix et de bouleversements. La faute à pas de chance ? A ce stade de sa vie, il avait pleinement conscience que la raison allait au-delà d'une simple malchance. Soit les éléments aimaient grandement se déchaîner contre lui, soit il possédait un très mauvais karma. Peut-être les deux dans le fond. Même si sa vie anglaise lui manquait cruellement, il avait décidé de rester en Amérique en donnant une seconde chance à la ville de Chicago qui commençait pourtant très bas dans son estime. Il n'était d'ailleurs même pas encore arrivé ici qu'il pensait déjà du mal à son sujet. Car c'est ici-même, lors de nombreux rendez-vous professionnels, que Troy l'avait lâchement trompé à plusieurs reprises, croyant que ses crimes resteraient impunis. Se comporter en parfait connard à l'autre bout du monde faisait toujours de vous un salaud sur un autre continent. Personnellement il avait cru que son homme pourrait changer avec le temps et en côtoyant de nouvelles tête dans un nouvel environnement ; grossière erreur. En acceptant de déménager ici, il les avait tous les deux conduits dans l'antre de la tentation en personne. Tout ceci, Carson le savait. Il n'avait pas honte de son histoire, plus de lui probablement, mais pas des épreuves qu'il avait traversées ; ainsi il n'avait eu aucun mal à se confier à celui qu'il considéra très rapidement comme un ami. Il n'était qu'un abruti. Troy le lui répétait sans cesse auparavant mais il n'avait pas jugé bon de l'écouter. Pourtant il n'y avait que les idiots comme lui qui faisaient l'erreur d'amener ses amis fidèles sous ses draps. Amitié, amour ou sexe ; on ne pouvait avoir tout ça en même temps. Il fallait obligatoirement choisir mais à la mesure du physique de son collègue, Baxter avait indéniablement eu les yeux plus gros que le ventre. Arrivait forcément le moment où des décisions devaient être prises et au lieu d'assumer ses choix, le britannique n'avait fait qu'aggraver sa situation en refusant catégoriquement de trancher entre ces différentes propositions. Deux semaines plus tôt, il croyait encore pouvoir jongler indéfiniment entre ces trois opportunités sans jamais être obligé d'en sélectionner une seule. Seulement ce soir plus que jamais auparavant, il comprenait que sa propre bêtise l'avait amené à devoir effectuer un choix cornélien parmi tout ce qu'il chérissait le plus dans leurs rapports. Il ne désirait vraiment pas se séparer de lui, ni de son amitié, et encore moins de leurs petites sauteries privées. Que faire alors ? Comment soigner ses maux tout en résolvant ce cruel dilemme? Il n'avait de toute évidence pas la réponse à cette pénible question qui le taraudait et l'atrophiait au plus profond de son être. Et les belles paroles, sans doute passagères et éphémères, de Carson n'arrangeaient rien à la situation. Elles étaient plaisantes, oui, indiscutablement, mais elle causaient aussi énormément de torts dans un second temps.

Néanmoins sa promiscuité le rassurait et son toucher des plus tendres l'apaisait d'une manière visiblement indescriptible et incompréhensible. Il ignorait sincèrement ce qu'il voulait de lui ou ce qu'il attendait de lui, mais l'avoir là, à ses côtés, le contentait entièrement. De ça, il en était certain. Il y avait au moins une chose pour laquelle il était sûr. Comme quoi sa position n'était pas entièrement désespérée si on y regardait de plus près. Il avait conscience de tenir réellement au professeur de sciences, n'était-ce pas déjà un bon début ? Pas totalement si l'on savait que c'était justement cet attachement qui posait le plus problème récemment.
« Je suis un bonus pour toi ? » demanda-t-il naïvement d'une petite voix timide en retrouvant un semblant de sourire. Ne venait-il pas de sous-entendre que leur relation ne pouvait lui apporter que du positif ? Il n'avait pas rêvé, non ? Peut-être que Carson lui mentait car il jugeait son état déplorable et limite critique, alors pour le rassurer il essayait d'aller dans son sens en lui disant des choses agréables. Que ce fut ou non le cas, il appréciait vraiment l'effort et l'initiative. Il serra fortement ses mains dans les siennes lorsqu'il l'invita à se remettre debout et le suivit silencieusement jusqu'à la chambre à coucher. Alors qu'il prenait place au bord du lit, demeurant assis, son regard s'attarda sur la grande silhouette de son ami qui quittait désormais la pièce pour aller éteindre la lumière. Dans un faible soupir, il se laissa mollement tomber sur le matelas et s'allongea sur le côté avant d'être rejoint par son compagnon. « Pourquoi es-tu à ce point gentil avec moi ? » s'enquit-il sérieusement, son intonation perdant alors toute trace de sa précédente tristesse. « Je ne le mérite pas, et tu le sais très bien. » Il commettait des impairs à répétition même si on ne pouvait plus les qualifier de maladresse après tout ce temps. Et puis, lorsqu'on le connaissait un peu mieux, il était facile de constater que Baxter Madden n'était pas la définition même du mot naïf. Son corps d'anguille s'agita légèrement et en un mouvement il se retrouva plus près physiquement de son ami, ce qui lui permit de pouvoir faire traîner le bout de son index le long de sa clavicule saillante. Une idée lui vint alors à l'esprit. Une question plutôt. Devaient-ils se quereller à l'extrême pour avoir l'occasion de partager un tel moment d'intimité ? Pour accéder à une telle complicité avec lui, Baxter devait-il dépasser les limites du raisonnable et se montrer dépressif, presque suicidaire ? Si la réponse était positive, il était prêt à feindre la déprime dans le but de pouvoir recevoir son affection. « Je ne te crois pas quand tu dis ne rien attendre de notre relation, » souffla-t-il à mi-voix en levant ses grands yeux, toujours dissimulés derrière ses lunettes, vers les siens. « Toi et moi, nous ne sommes pas pareils. » annonça-t-il tout en posant à plat sa main sur le haut de son torse. « Je réfléchis trop, c'est comme ça. Et parfois, je dois avouer que j'aimerais bien que ça t'arrive aussi. » Son regard redescendit sur son nez, passa sur ses lèvres jusqu'à fixer son menton. « Que tu penses à... nous. » Car oui, il y avait un nous. Ce nous existait. Il n'était pas fou. Il ne l'avait pas inventé. Il ne sortait aucunement des tréfonds de sa déraison. Oui, vraiment, cela lui ferait énormément plaisir si Carson se posait au moins une fois les mêmes questions que lui.

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MessageSujet: Re: I live here on my knees as I try to make you see that you're everything I think I need here on the ground.   Mer 22 Mai - 21:53

Si dans son attitude, Baxter paraissait plus proche du profil littéraire et artistique, il lui arrivait parfois de se trahir, d’échapper un indice qui attestait de son appartenance à la caste scientifique. Son cerveau de mathématicien traitait les informations de façon bien trop littérale, ce qui ne faisait pas forcément bon ménage avec les propos énoncés par Carson, qui ne tournait jamais sept fois sa langue dans sa bouche avant de parler. L’homme en lui-même n’était pas un bonus, leurs relations charnelles l’étaient, dans le sens où il aurait très bien pu se contenter de l’avoir auprès de lui en tant qu’ami. Toutefois les avantages en nature qu’ils partageaient étaient non négligeables, maintenant qu’il en avait profité à plusieurs reprises, il n’était pas prêt à revenir en arrière. Il ne chercha pourtant pas à rectifier sa phrase, il ne l’approuva ni ne la nia, il ne souhaitait pas alourdir le moral du jeune professeur qui était déjà bien assez bas ainsi. Il se trouvait à son domicile pour le faire aller mieux, au détriment de son humeur à lui, qui passait au second plan. Pour une fois qu’il se mettait à l’écart, cela ne pouvait pas lui faire de mal. Il serait encore temps de nier ou de revenir sur certaines paroles quelques jours plus tard, même si, pour l’instant, il n’avait rien à reprocher à ce qui sortait de sa bouche. Seules les hypothèses formulées par Madden étaient tendancieuses et pouvaient éventuellement lui porter préjudice. Après une bonne nuit de sommeil, ce dernier se réveillerait avec l’esprit moins embrumé et se rendrait compte de la stupidité de son fil de pensées. Du moins, c’était sur cela que comptait Carson. Avec nostalgie, il réalisa à quel point il se montrait égoïste, même lorsqu’il cherchait à aider son ami, ramenant ses problèmes à lui, espérant qu’il ne lui en causât pas davantage ou qu’il fît un transfert émotionnel sur lui. Comme si tout le monde était obligé de l’aimer dès lors qu’il se montrait, et bien, « aimable » - la phobie d’être trop apprécié par quelqu’un était effectivement bien présente chez lui, d’où sa tendance à constamment rejeté ceux qui s’immisçaient dans son existence, ceux qui cherchaient à connaître plus que ce qu’il voulait bien partager, ceux qui lui prêtaient un intérêt véritable au-delà de sa belle gueule, ceux qui franchissaient les limites qu’il avait instaurées des années auparavant. Ceux comme Baxter Madden, qui n’acceptaient pas un non pour réponse.

« Je ne suis pas gentil, je suis humain, » rétorqua-t-il avec un semblant de sourire aux lèvres. Sa réputation le précédait, même aux yeux de celui qui le connaissait le mieux en ville. Il était vu comme un bourreau mis sur Terre pour mener la vie dure à quiconque croisait son chemin, à coup de répliques cinglantes et de sarcasmes bien sentis. Sauf que Carson Haynes n’était pas fait que de cela. Il possédait bel et bien un organe vital capable de compassion et d’empathie ; il évitait simplement de s’en servir en ce sens, la plupart du temps. S’il ne montrait pas un tant soit peu de miséricorde, qui diable le ferait ? Il le connaissait assez pour savoir que Baxter ne se pardonnerait pas si personne ne le faisait avant lui, et il ne souhaitait guère le voir se torturer pendant encore des semaines pour une erreur de parcours causée par un autre. L’Anglais n’était en rien responsable de sa situation et du bordel dans lequel il se retrouvait empêtré, il devait tout à de la malchance, à des faveurs attribuées aux mauvais bougres. Carson se plaçait dans ce lot, il n’était pas une bonne fréquentation, il avait toutefois le mérite de le reconnaître, ce qui faisait de lui un salaud, mais un bon salaud – si telle dénomination existait pour les cas comme lui. Il méritait bien plus que des simples mots de réconfort, songea-t-il dans un soupir contenu, autre chose que des parties de jambes en l’air occasionnelles qui ne mèneraient jamais à rien. Lui confesser pareille chose aurait été signer l’arrêt pur et simple de leurs entrevues nocturnes – ou non – et, il le répétait assez, il ne pouvait envisager une telle extrémité. Pas encore. Il voulait profiter de lui un peu plus longtemps, jusqu’à ce que l’un des deux ne se lassât de l’autre, juste avant qu’ils n’en arrivassent à se déchirer et ne plus supporter la vue de leurs visages. Tel était le seul avenir envisageable pour eux. Ils n’étaient pas assez compatibles pour former autre chose qu’un duo explosif et, par conséquent, voué à l’échec.

Il glissa ses doigts le long du visage de son compagnon, ses petits yeux tristes accrochés aux siens, son torse soulevé au rythme de sa respiration désormais calme. Il se congratulait silencieusement de parvenir à conserver un tel sang-froid en dépit de la route hasardeuse que prenait la conversation.
« N’utilise pas des mots qui pourraient me faire fuir, Baxter. » Ils étaient bien, là, il ne fallait pas risquer de tout ruiner en essayant de soulever ce qui n’existait pas. Le professeur de mathématiques avait raison sur un point : ils n’étaient pas pareils, et c’était bien pour cela que l’utilisation du terme « relation », au singulier, pour décrire ce qu’ils partageaient était erronée. Carson était un homme qui vivait dans la dissimulation, caché derrière ses grands airs pour masquer le vide intersidéral qui l’entourait, seul dans cet immense placard dans lequel il s’enfermait depuis plus d’une décennie. Baxter était expansif, il aimait se montrer, en attestait le spectacle qu’il avait offert deux semaines plus tôt et qui les avait amenés là où ils se trouvaient maintenant. Carson se refusait à éprouver le moindre sentiment pour un autre individu. Baxter avait connu des amours qui l’avaient rongé lentement mais sûrement, faisant de lui un être qui en réclamait toujours plus et ne pouvait vivre sans un minimum d’affection. Ils étaient plus que différents, ils étaient aux antipodes l’un de l’autre. Il est de notoriété publique de dire que les opposés s’attirent, mais ils connaissent rarement une fin digne des contes de fée. « Je pense que nous sommes bien comme nous sommes. De bons amis qui profitent de quelques petits avantages en nature... souvent. » Il retira dans un geste lent les lunettes de Baxter pour les poser sur la table de chevet, passant temporairement au-dessus de lui pour ce faire avant de revenir dans sa position initiale. Il ne fallait pas lire à travers des lignes inexistantes, cela n’attirait que déception et peine, ce que Carson ne souhaitait pas à Baxter, il avait eu son lot avec son ex-petit-ami. Car s’il se mettait à trop réfléchir, comme tel était son souhait, apparemment, il prendrait à coup sûr la fuite. Il n’était pas fait pour la vie de couple, il n’était pas formaté pour supporter un autre être humain sur la durée. Madden devait intégrer cette information une bonne fois pour toutes, pour s’éviter un nouveau cœur brisé. « Je refuse de te faire du mal, » murmura-t-il en effleurant ses lèvres des siennes. « Or c’est ce qui arrivera si tu continues de te faire des fausses idées à mon sujet. Je suis tel que je me présente, avec mes failles et mes défauts à vif, ne cherche pas à me psycho-analyser pour me trouver des émotions qui n’existent pas. » Il inspira profondément, évitant son regard désormais bien trop près. « Tu es celui qui a le plus de chances d’être déçu, au final. » Il ne faisait preuve d’aucune fausse modestie. Il pensait sincèrement qu’ils devaient s’en tenir à ce qu’ils avaient présentement. Il ferma les yeux pour l’inciter à en faire de même, le sommeil étant ce dont tous les deux avaient le plus besoin à cette seconde précise. La conversation était bien trop pesante pour une heure aussi tardive et des esprits aussi peu réceptifs.

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Baxter Madden
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MessageSujet: Re: I live here on my knees as I try to make you see that you're everything I think I need here on the ground.   Dim 23 Juin - 20:12


You've been acting awful tough lately, smoking a lot of cigarettes lately.
But inside, you're just a little baby. It's okay to say you've got a weak spot.
You don't always have to be on top, better to be hated than loved for what you're not.

La situation le renvoyait péniblement à sa rupture avec Troy, des mois plus tôt, comme si cette année scolaire déjà bien entamée n'avait jamais existé, comme si tous ses efforts pour oublier et aller mieux n'avaient jamais fonctionné, comme s'il était toujours cet être misérable que l'on avait trompé plus d'une fois et qui continuait de revenir inlassablement vers son bourreau. Il était pitoyable. Oui, Baxter Madden était lamentable et bien entendu, il était le premier à le savoir. Son esprit marchait d'une manière différente et peu commune. On pouvait même, en un sens, le comparer à ces gens qui se faisaient kidnapper et qui, des années plus tard, finissaient tristement par tomber amoureux de leurs ravisseurs. On lui avait causé bien du tort depuis sa venue sur Terre il y avait de cela vingt-neuf ans, les dégâts sur sa personne étaient nombreux et la plupart des dommages s'avéraient être aujourd'hui irréversibles. Il en avait parfaitement conscience. Mais le peu d'estime qu'il avait de lui-même et ce manque flagrant d'amour qu'il avait cessé de recevoir très jeune l'avaient conduit sur cette voie et l'avaient hélas obligé à devenir cet homme tout simplement malheureux. Ce n'était pas ses propres actions qui l'avaient placé dans cette position délicate mais bien le monde impétueux extérieur. Par la faute de certains individus, il était pratiquement certain de ne plus jamais savoir ce que cela faisait d'être heureux et de se contenter des plaisirs simples de la vie. Ses souvenirs étaient tous, pour la plupart, raccrochés à un événement fâcheux de son existence, ce qui l'avait par conséquent un peu forcé à tous les oublier ou du moins à les mettre dans une partie de sa mémoire à laquelle il ne touchait désormais plus. La trahison de son ex-compagnon faisait probablement du jeune irlandais une personne infecte, à qui on ne pouvait vraisemblablement pas faire confiance, mais leur relation ne se résumait pas à cet échec blessant. Si tous s'accordaient à dire que Troy était un enfoiré de première qui n'avait pas su se satisfaire d'un homme tout ce qu'il y avait de plus aimant, Baxter leur donnait raison mais il ne s'arrêtait pas à cette description incomplète. Beaucoup ne comprenaient pas l'attachement qu'il lui portait, même après ce qu'il lui avait fait endurer des mois durant. Seulement le monde entier n'était pas là le jour de leur rencontre. Le monde entier n'était pas présent pendant l'évolution de leur histoire. Le monde entier n'avait pas suivi leur quotidien dès l'instant où ils avaient emménagé ensemble. Troy l'avait indéniablement soutenu et remis sur pieds à un moment très difficile de sa vie. A dire vrai le rejet violent et définitif de son père l'avait ébranlé et mis en pièces tout simplement, son ami et amant l'avait alors aidé à aller de l'avant. Et de cela, il lui en sera indéfiniment reconnaissant. On ne pouvait effacer quatre années de vie commune. On ne pouvait effacer CES quatre années de vie commune, plus précisément. Être de nouveau sur le marché ne lui réussissait pas. Cela ne changeait strictement rien à ses problèmes actuels. Ce genre de vie n'était pas pour lui, il était fait pour appartenir à quelqu'un, littéralement, cela lui conférait une certaine sécurité. Néanmoins il pensait pouvoir tenir plus longtemps que cela. Il était presque déçu de sa performance car cela prouvait clairement que jamais il ne serait en mesure de passer outre certains obstacles. Il n'était pas comme Carson, il ne possédait pas un bouton pour éteindre ses émotions et rester indifférent de tout. Il avait choisi d'aimer et même s'il en payait le prix fort présentement, il ne regrettait absolument pas sa sensibilité car elle lui permettait de rester humain. De quoi son ami venait justement de se qualifier. Pour un homme de science, il semblait oublier certaines définitions pourtant basiques. Il pensait avoir des réactions typiquement humaines alors que non, pas du tout. En décidant de ne pas laisser parler son cœur, son choix à lui fut justement d'éteindre son humanité. Il avait tout faux et il ne le voyait même pas. Lequel des deux était finalement le plus tragique, hein ?

Une nouvelle fois, Carson employait des termes et tournures de phrases qui ne l'aidaient définitivement pas à plaider sa cause. Il s'engageait sur une voie qui ne les mènerait certainement pas dans un endroit joyeux et calme. Il croyait sans doute bien faire, certainement même, alors que c'était tout le contraire qui était en train de se produire. Il le repoussait une énième fois et ne le réconfortait aucunement en utilisant des mots comme 'petits avantages en nature' qui le remettaient douloureusement mais efficacement à sa place. Peut-être était-ce son but dans le fond ? Il voulait mettre les choses au clair une bonne fois pour toutes avec lui et visiblement, cela fonctionnait à merveille. Baxter était dans un tel état de désespoir intérieur qu'il n'avait même plus la force de se battre contre lui. Il ferma un court instant les yeux lorsque Carson lui retira ses lunettes pour les placer sur la table de chevet. Lorsqu'il les rouvrit, sa vue avait nettement baissé et il dût plisser le regard pour bien discerner chacun des traits du beau visage qui lui faisait maintenant face. Ce n'était sans doute pas plus mal de ne pas distinctement le voir, cela rendait assurément la situation moins pénible pour lui et c'était tout ce qu'il espérait ce soir ; faire taire sa peine. Constater encore et toujours de sa beauté ne l'aidait pas vraiment à faire le deuil de ses sentiments pour son ami. Après un long moment de silence, il leva une main qu'il vint déposer sur sa joue mal rasée, la caressant doucement du pouce. « Je te pensais différent, » dit-il finalement, les yeux toujours empreints d'une tristesse marquante. « Je me suis trompé, » conclut-il alors d'une voix posée, pour en finir avec cette conversation qui ne menait nulle part. Il choisissait d'aller dans son sens et lui donnait raison, acceptant le fait qu'il le voyait clairement d'une manière totalement erronée, il devait donc se sentir rassuré et satisfait de lui-même. Ses efforts pour le repousser avaient enfin fini par payer. Baxter abdiquait, non sans regrets bien sûr, et consentait à lui offrir cette simplicité charnelle qu'il souhaitait tant. Il ne voulait pas être un fardeau pour Carson, il l'était pour suffisamment de personnes comme cela, et compte tenu des récents événements il n'était rien de plus qu'un boulet pour son ami. « Pardon, » s'excusa-t-il encore une fois quand son ami ferma les yeux avant de se retourner pour se mettre dos à lui, ce que le jeune professeur de sciences attendait chaque fois qu'ils partageaient le même lit. Il glissa une main sous son oreiller et enfonça une partie de son visage dans le tissu pour laisser un nouveau flot de larmes s'y écouler silencieusement. Il était prêt à s'attacher et se donner entièrement à un homme qui ne s'assumait pas et qui n'oserait probablement jamais se montrer en sa compagnie et c'est lui qui obtenait le mauvais rôle de l'histoire ? Celui de l'emmerdeur qui ne savait pas se contenter de ce qu'il avait ? Ou mieux encore, visiblement le névrosé qui voyait des choses qui n'existaient pas ? Carson le faisait passer pour un grand malade alors que sa seule erreur fut d'éprouver un semblant de sentiments pour lui, alors qu'aucune autre personne n'avait jamais pris le temps de s'intéresser réellement à lui ou cherché à entrer dans sa vie. Malgré toute l'affection qu'il portait à son collègue, il comprenait désormais un peu mieux toute l'animosité qui régnait autour de lui à la simple évocation de son prénom. Un plan cul de perdu, dix de retrouvés. Était-ce là sa triste philosophie de vie ? Fort probable. Ce ne serait pas la première fois qu'on le remplacerait si facilement après tout. Si la solitude le contentait à ce point, bien, Baxter promettait de ne plus jamais l'embêter avec cela. Il souhaitait rester à jamais coincé dans cette impasse et avancer seul ? C'était son choix et son droit. Mais il arrivera forcément un moment où Carson se retrouvera définitivement seul. Il sera alors âgé et regrettera de ne pas avoir profité davantage de son existence. En tant qu'ami, il respectait sa décision mais il ne pouvait décemment pas partager ses choix. Non, il refusait de passer à côté de sa vie, lui.

(topic terminé.)

_________________

You have your doubts the same way I do. When you're wrapped safe in my love, that's the truth.

We give, we take, we mend, we break and so the cycle goes. We're doing well, we've been through hell, and only heaven knows how far we get to. Thank God I met you though, and if you don't know, just put your hand on my heart. Put your hand on my heart, and I don't have to say it, and I don't have to think it. Just put your hand on my heart, you'd know.
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