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 Why can't we overcome this wall? Maybe it's just because I didn't know you at all.

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Baxter Madden
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MessageSujet: Why can't we overcome this wall? Maybe it's just because I didn't know you at all.   Mer 11 Déc - 19:29


Don't let me know if it hurts, if it hurts you. I don't want
to be your friend that you turn to, that you won't pull me
close. But you can't let me go.

« Je dois m’absenter une heure ou deux, reste au lit et attends-moi ici. »

En recevant le baiser sur le front qui allait de paire avec ces paroles, Baxter émit un gémissement endormi sans effectuer le moindre mouvement. Même sa bouche resta fermée pour le coup, créant ainsi un son étouffé au bord de ses lèvres charnues. Bien que s'étant partiellement exprimé verbalement, le jeune professeur n'était pas pour autant éveillé. Lui qui avait un sommeil lourd et surtout très long, il privilégiait les grasses matinées la plupart du temps, quand il le pouvait à dire vrai. Autrement dit les week-end et vacances scolaires, et ne pas se trouver chez soi permettait de ne pas réfléchir aux tâches quotidiennes à effectuer. De cette manière, il pouvait dormir paisiblement dans le grand lit de Carson sans se soucier de l'heure qu'il était. Cependant l'information transmise fut tout de même assimilée par son cerveau encore en veille, pensant que son amant s'apprêtait à aller courir dans le parc non loin de chez lui ; raison pour laquelle il ne réagissait pas plus que cela, ne souhaitant même pas savoir où il se rendait. Selon lui cela coulait de source, l'habitude parlait sûrement, car il n'existait pas de nombreuses destinations où Haynes pouvait se rendre de si bonne heure. Techniquement il n'était pas si tôt que cela mais Baxter s'imaginait qu'il devait être près de sept heures ou quelque chose comme cela. Et n'ayant pas eu le courage d'ouvrir un œil pour juger un minimum la situation, seul, il s'était tout simplement rendormi sitôt le propriétaire des lieux absent de son domicile redevenu silencieux.

Avait-il rêvé le départ de celui qu'il se voyait déjà appeler son 'homme' ? Ce fut la question qu'il se posa une bonne partie de la matinée alors qu'il tournait en rond tel un lion en cage entre les murs qui délimitaient la maison. Dix heures, onze heures, midi... puis treize heures. Toujours rien. Malgré les nombreux coups de téléphone qu'il lui passa, il tomba systématiquement sur la messagerie vocale, ce qui s'avérait d'autant plus frustrant et stressant. Même en sachant que le portable était éteint, il s'obstinait à envoyer des textos comme si les SMS et les appels représentaient deux choses complètement distinctes, utilisées sur des réseaux différents.
« Où es-tu, bon sang ?! » s'emporta-t-il alors que personne ne pouvait l'entendre. Pouvait-il être allé passer du temps avec ses parents en dehors de Chicago ? Il l'aurait forcément prévenu avant de partir et ne l'aurait sans doute pas laissé seul chez lui, une manière propre à Carson destinée à ne pas lui faire oublier qu'ils n'étaient rien l'un pour l'autre. La nuit dernière était assurément la meilleure de toutes et ce de très loin, néanmoins il ne se faisait pas de fausses illusions pour autant. Le professeur de sciences était au moins autant lunatique que lui à certains niveaux. Un jour il acceptait leur promiscuité et ce que celle-ci amenait de plus et le suivant il râlait au moindre contact jugé trop affectueux. La colère laissa rapidement place à l'inquiétude lorsqu'il réalisa finalement que sa voiture se trouvait toujours garée devant la maisonnée. Il n'avait pas pour habitude de se déplacer sans son véhicule, ce qui rendait l'instant plus qu'étrange. D'une nature nerveuse, il n'aimait vraiment pas la tournure que prenaient les événements actuels. Carson était peut-être en danger quelque part, voire même déjà à l'hôpital et il l'ignorait complètement. La panique le submergea grandement au fil des heures qui s'égrenaient silencieusement dans cette partie plutôt calme de la ville. Pour s'éviter du stress inutile il s'occupa avec les moyens du bord, autrement dit en allant promener le chien plusieurs fois dans la journée, passant et repassant dans les rues qu'il devait probablement fréquenter. En fin d'après-midi il ne tint plus et se saisit de son téléphone pour appeler les services d'urgence des hôpitaux alentours dans le but de savoir si une personne au nom de Carson Haynes avait été admise dans la journée. Ses recherches n'aboutirent à rien du tout car toutes les réponses furent négatives. C'était en partie rassurant mais le mystère demeurait toujours intact et il n'avait aucun moyen de joindre les proches de son collègue car il ne connaissait pas ses parents et ne possédait aucunement le numéro de ses amis qu'il avait pu croiser lors de soirées collectives, pas un seul. Triste manière de réaliser qu'il ne faisait pas véritablement partie de sa vie, hélas il n'était personne pour lui. Il devait se contenter d'attendre que les nouvelles arrivent d'elles-mêmes, voilà tout.

En début de soirée, enfin, Carson ouvrit la porte non verrouillée du domicile et fut aussitôt accueilli par son chien dont la queue frétillait joyeusement.
« C'EST MAINTENANT QUE TU RENTRES ? » cria-t-il depuis la cuisine avant de marcher à grandes enjambées jusqu'à l'entrée. La gorge serrée, il observa attentivement le visage bleui de son ami et conserva le silence, sous le choc. Il ne s'attendait pas le moins du monde à le trouver dans un tel état. « Que s'est-il passé ? » s'enquit-il finalement d'une voix soucieuse. Un bus lui était passé dessus ou quoi? Il s'approcha de plusieurs pas jusqu'à faire disparaître les quelques mètres qui les séparaient. Dans une longue expiration, il leva une main timide pour lui effleurer un côté de la joue moins touché afin de ne pas lui faire mal.

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Carson Haynes
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MessageSujet: Re: Why can't we overcome this wall? Maybe it's just because I didn't know you at all.   Mer 11 Déc - 21:26

« Allo, Papa ? C’est moi, Carson. Je… Je t’appelais juste pour te dire… Bon sang, je me sens stupide et tu vas sans doute t’inquiéter mais tout va bien, rassure-toi. J’ai simplement l’impression de ne pas vous avoir vus depuis des lustres, avec Maman et Lisa, vous me manquez et je m’en veux. Je… Je t’aime, Papa. »

Délire dû au choc reçu moins d’une heure auparavant ou volonté d’être réconforté, Carson aurait juré avoir entendu la voix de son père lui répondre qu’il l’aimait en retour, à l’autre bout du fil ; mais cela ne pouvait être le cas puisqu’il était tombé sur son répondeur. Adossé contre la devanture d’un magasin, il était l’objet des regards des quelques curieux qui se promenaient en cette heure qu’ils auraient en théorie dû passer à table. Lui qui d’ordinaire craignait les jugements des inconnus, il se fichait pas mal d’être dévisagé, ce jour-là, la douleur le libérait de ses inhibitions habituelles. Il se traîna sur de nombreux pâtés de maisons, sans savoir vers quelle direction se dirigeait ; il ignorait s’il existait sur cette planète un endroit où il se sentirait le bienvenu, en dehors du domicile de ses parents, malheureusement hors d’atteinte vu que le stupide qu’il était avait jugé malin de se déplacer à pieds et non en voiture ce matin-là. Contrairement à ce qu’il avait pensé, naïvement, en se réveillant quelques heures plus tôt, il n’appartenait à personne, n’avait sa place nulle part. Il était destiné à chercher encore un peu le but de son existence, puisqu’il n’était décidément pas fait pour la partager avec un autre individu. Ou en tout cas aucun individu qu’il lui avait été de rencontrer jusqu’à présent. Cela était d’un pathétique qui l’aurait sans doute fait rire si le moindre mouvement de visage ne lui faisait pas un mal de chien. Il n’était pas une lopette qui pleurnichait sans cesse sur son sort, il allait s’en sortir et faire face, comme toujours. Cela arrivait fréquemment, à beaucoup de personnes, de se faire taper dessus sans aucune raison – nombreux étaient ceux qui auraient argumenté que Carson Haynes méritait plus que quiconque de se faire lyncher – et tous, ou presque, s’en remettaient. Pour ce qui était du reste, il commençait déjà à se persuader qu’il n’y avait rien d’étonnant dans toute cette situation, qu’il aurait dû le voir venir depuis fort longtemps, qu’une partie de lui s’était préparée à cette éventualité depuis le premier soir où il s’était rendu compte que même un individu aussi émotionnellement fermé que lui était capable d’éprouver de l’affection pour un autre homme.

Toutefois, avant de réparer ses blessures psychologiques, il devait panser ses plaies physiques, et pour cela il n’existait rien de mieux qu’une bonne vieille pharmacie. Les hôpitaux le répugnaient au plus haut point, il était par conséquent hors de question d’y mettre les pieds, d’autant plus qu’il n’avait besoin que d’un rapide nettoyage et d’une bonne dose d’aspirine, rien de plus. Les Etats-Unis regorgeaient de magasins utiles, Chicago ne se démarquait pas en ce point, et il lui fut aisé de trouver un établissement tranquille dans lequel il put se présenter. La pharmacienne, une sympathique brunette dans sa trentaine, le dévisagea tout d’abord avec inquiétude mais il inventa une histoire d’accident de travail manuel qu’elle goba assez vite. Elle devait en avoir vu d’autres avant lui, meilleurs menteurs, elle n’en laissa toutefois rien paraître et lui sortit ce qu’il requérait. Il la remercia avec un sourire qui prouvait qu’il allait déjà mieux puis disparut dans le fast-food accolé à la boutique, comme il était coutume dans ce pays. Il s’enferma dans les toilettes le temps nécessaire au nettoyage complet de son visage, qui resta cependant marqué par les coups au niveau de son nez, de ses pommettes et de son œil gauche, sur lequel se formait déjà un joli cocard. Voilà qui lui donnait un air viril, au moins. Lorsqu’il ressortit à l’air libre, les rues se remplissaient, signe que l’après-midi débutait, que la foule commençait à sortir de table de leur déjeuner. Il chercha son téléphone dans toutes ses poches afin d’obtenir une idée plus précise de l’heure mais il ne le trouva pas. Il revint sur ses pas, d’abord dans le fast-food puis à la pharmacie, aucune trace de l’appareil. Il se souvint alors d’un bruit suspect, au moment de le ranger après son appel à son père, et réalisa qu’il avait certainement terminé sa vie contre le macadam du trottoir. RIP. Reprenant sa route vers nulle part, Carson éclata d’un rire nerveux. La journée ne faisait qu’aller en s’améliorant, il avait hâte d’arriver à la soirée.

Le soleil entamait sa descente paresseuse vers l’autre côté du globe lorsque Carson reconnut les devantures de ses voisins. Il rentra chez lui, ne remettant même pas en question le fait que sa porte fût ouverte mais sursautant lorsqu’une voix féroce l’accueillit. C’était pourtant logique. Il se pencha pour caresser la tête de Darwin, dont l’entrain était tel qu’il lâcha un jappement affectueux. Il y en avait au moins un qui serait toujours content de le voir. Il releva les yeux sur Baxter et grimaça sans s’en rendre compte. Il le laissa approcher, incertain de savoir comment réagir avec lui, même si la perspective de l’attraper par les épaules et le foutre sans ménagement dehors avait de quoi plaire.
« Quelqu’un m’a cassé la gueule, ça t’étonne ? » lâcha-t-il d’une voix neutre. Baxter lui-même devait avoir voulu le faire au moins une fois depuis qu’ils se connaissaient. Il renifla bruyamment en le fixant droit dans les yeux puis recula d’un pas afin de s’éloigner de lui. Il se dirigea vers la cuisine pour se servir un verre d’eau, il en avait besoin puisqu’il n’avait rien ingurgité depuis la veille au soir. Il le but d’une traite. « Je vais bien, cela dit, » poursuivit-il après un long silence, sur le ton de la conversation. « Même si je suis un peu frustré d’avoir pris à la place d’un autre, pour une fois que je n’avais rien fait… » Il se passa une main dans la nuque pour la masser, il n’avait pas réalisé qu’elle aussi lui était douloureuse. « Au fait, j’ai appris pour Ana et toi, c’était une bonne expérience ? » S’il était éparpillé en milliers de morceaux à l’intérieur, son visage n’en laissait rien transparaître, il paraissait même un peu trop enjoué pour être honnête. Il n’était pas en état de tenir pareille conversation, surtout avec Baxter dont les bras auraient été un parfait refuge dans un autre contexte, néanmoins il ne pouvait s’en empêcher. Il fallait battre le fer tant qu’il était encore chaud, et là il se sentait diablement remonté niveau température.

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Dernière édition par Carson Haynes le Dim 23 Nov - 18:37, édité 1 fois
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Baxter Madden
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MessageSujet: Re: Why can't we overcome this wall? Maybe it's just because I didn't know you at all.   Jeu 12 Déc - 22:19

Il n'était définitivement pas fait pour une telle dose de stress. Autant dire que son petit corps frêle n'avait ni l'habitude ni l'énergie suffisante pour encaisser pareil tourment intérieur. L'espace de quelques heures, les pires images possibles et imaginables avaient défilé à tour de rôle dans sa caboche déjà bien pleine. D'une nature nerveuse à la base, il n'avait vraiment pas besoin de s'ajouter des problèmes supplémentaires inutiles. Inutiles dans le sens où Carson aurait pu le prévenir de sa condition par un moyen ou un autre à un moment de la journée, au lieu de rentrer une fois le soleil couché comme si de rien n'était. Forcément, son état physique représentait une excuse valable mais cela n'atténuait en rien la douleur qui assaillait péniblement son organe vital. Il s'était fait un sang d'encre à son sujet durant tout ce temps passé seul entre ces murs et le propriétaire des lieux osait se montrer agressif envers lui ? Lui qui n'avait fait qu'attendre sagement ici comme l'aurait fait le meilleur des animaux domestiques. Peut-être lui avait-il souhaité une ou deux fois – ou un peu plus d'accord – du mal, cependant jamais il n'était parti aussi loin dans ses désirs déraisonnables. Il avait beau le détester par moment, souvent même, il n'en voulait pas pour autant à sa vie. Et pourtant, à l'entendre parler on croirait que Baxter avait attendu cet instant jubilatoire toute sa vie. Où était-il parti chercher une idée pareille ? « Je... » commença-t-il faiblement après sa première accusation sur le fait qu'il ne devait sans doute pas être étonné de le retrouver ainsi. Il le suivit attentivement du regard lorsqu'il s'éloigna en direction de la cuisine et resta comme un con planté dans l'entrée, ne sachant que faire de son corps devenu subitement si lourd. Après plusieurs secondes d'inaction, il effectua un petit pas en avant tandis que son sang se glaçait d'un coup d'un seul dans tout son organisme. Le coup bas. Il n'était aucunement préparé à cela. Oh que non. Il avait précédemment eu le temps d'imaginer dix millions de scénarios, excepté celui-ci il fallait bien l'avouer. Néanmoins il ne comprenait pas bien ce qu'Analeigh venait faire dans cette histoire. La jeune femme était certes bien en chair et semblait avoir une force certaine pour une femme mais de là à pouvoir mettre au tapis un gaillard comme Carson, il avait quelques doutes sur la question.

« Je te demande pardon ? » lâcha-t-il, sourcils froncés, en rejoignant finalement la cuisine dans laquelle il se trouvait. Il ne cherchait nullement à se justifier auprès de lui, encore moins à nier les faits mais cette critique tombait tellement de nulle part qu'il ne réalisait pas bien encore la portée de telles paroles et ce qui s'apprêtait sans doute à suivre. « Carson... » souffla-t-il en s'appuyant nonchalamment contre le chambranle de la porte. Il le connaissait suffisamment à présent pour savoir quand il faisait preuve de moquerie ou encore d'ironie, surtout quand cette dernière était mal placée. « Un problème à la fois, veux-tu ? » Non, il ne cherchait pas non plus à noyer le poisson mais simplement à agir en adulte responsable. Le contraire arrivant tellement souvent, il pensait pouvoir endosser au moins une fois le rôle du plus mature des deux. En y réfléchissant davantage, le choix précédent de mot ne fut pas des plus intelligents. Il venait d'admettre seul que coucher avec la jeune femme constituait un problème, il n'avait pas précisé à quel niveau ni dans quelle mesure mais il avouait volontiers qu'un obstacle se présentait désormais à eux. Autrefois le professeur de sciences était le premier à clamer qu'ils ne se devaient rien, strictement rien, et aujourd'hui il faisait une montagne d'un petit incident qui n'en était pas tellement un dans le fond. C'était Carson qui semblait donner de l'importance à l'événement, pas Baxter, ni Analeigh d'ailleurs, car les deux protagonistes avaient su garder le silence jusqu'à présent. Enfin, visiblement l'un des deux partis avait eu la langue bien pendue aujourd'hui. Et cela ne plaisait pas mais alors pas du tout au petit anglais qui fulminait doucement de l'intérieur plus l'information se répercutait contre les parois de son crâne. « La garce... » laissa-t-il échapper involontairement, plus pour lui-même qu'autre chose. Il avait fallu qu'elle ouvre sa grande bouche d'américaine ! C'était bien les femmes ça. Il les savait vicieuses et envieuses des autres mais celles de ce pays battaient définitivement tous les records. Elle était jalouse, jalouse de leur amitié ou de ce lien fort qui semblait unir Baxter et Carson. Dans son for intérieur, il avait toujours su qu'Analeigh ne l'aimait pas et dans ce cas de figure elle le prouvait magnifiquement, bravo. Était-elle suffisamment tordue pour inventer de toutes pièces un plan d'une telle fourberie ? Rien qu'en imaginant ses yeux sournois, il se trouvait présentement bien bête de ne pas avoir déceler son hypocrisie plus vite. Risquait-il d'apprendre prochainement qu'elle avait ouvert ses cuisses devant lui en se représentant un dénouement tel que celui-ci ? A ce stade, il était un peu sonné et voyait sans difficulté le mal partout.

Prenant une grande inspiration, il s'approcha lentement de son ami et tendit un bras timide dans sa direction afin d'effleurer sa manche au niveau du coude.
« Est-on vraiment obligé de parler de ça ? » demanda-t-il d'une voix douce presque gênée. Carson était très bien placé pour savoir qu'ils ne s'étaient rien promis et surtout pas la fidélité. Il n'était pas bien certain de comprendre ce qui lui était actuellement reproché. Le fait d'avoir été voir ailleurs? Celui d'avoir couché avec sa meilleure amie ? Ou encore d'avoir fait cela avec une femme, connaissant son dégoût pour les bisexuels ? Ce matin encore tout se passait tellement bien entre eux que le souvenir lointain de la veille semblait provenir d'un univers parallèle, irréel désormais. « Je couche avec des femmes, oui, mais ce n'est pas un secret. Tu le savais déjà, Carson. » poursuivit-il de cette même intonation posée, sans agressivité, alors qu'il retrouvait peu à peu son calme. « Et ce n'est pas vraiment le problème là, » conclut-il en se postant bien devant lui. « Qui t'a fait ça ? » Et par ça, il entendait les marques bien présentes sur plusieurs parties de son visage qu'il mourait d'envie de caresser pour le soulager tout en sachant que l'effet inverse se produira. « Quelqu'un t'a agressé sur le chemin du retour ? Dis-moi ce qui s'est passé au moins ! » Il ne pouvait pas passer cette porte sans lui apporter ne serait-ce qu'une petite explication, non il ne pouvait tout simplement pas. Il avait besoin de savoir la raison pour laquelle il avait dû passer sa journée seul à se faire du souci pour lui. « Tu aurais pu m'appeler, je m'inquiétais... » Ses yeux plissés et sa mine déconfite prouvaient son inquiétude encore présente malgré son retour récent. Inconsciemment sa main se leva pour venir s'accrocher au pan de son vêtement supérieur, comme pour s'assurer qu'il était bien là en face de lui.

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MessageSujet: Re: Why can't we overcome this wall? Maybe it's just because I didn't know you at all.   Ven 13 Déc - 18:15

Il ne l’avait pas vu venir. Il avait conscience de l’impact laissé par Baxter depuis le jour où il avait croisé son regard dans la salle des professeurs du lycée. Jour qu’il regrettait amèrement alors que jusqu’à présent, il aurait été prêt à tout pour le contenter et rendre son séjour américain le plus paisible possible. Il était passé par là avant lui, il savait ce que l’on ressentait lorsque l’on se retrouvait abandonné, seul, dans un environnement inconnu ; cela avait de quoi faire peur, c’était pour cette raison qu’il l’avait en quelque sorte pris sous son aile. L’expression n’était certes plus d’actualité, étant donné l’évolution de leurs rapports qui avait été pour le moins inattendue. Carson ne se serait jamais imaginé, un an plus tôt, entretenir une relation avec un britannique maigrelet d’un mètre soixante-quinze qui se trouvait aux antipodes de lui. Non seulement parce que son type habituel tapait plutôt dans les grands – un mètre quatre-vingt-cinq minimum – mais avant tout parce que la simple mention du terme « relation » lui refilait de l’urticaire. Il n’avait pas choisi, dans les premiers instants qui suivirent sa prise de conscience quant à son homosexualité, de rester dans le secret, de ne pas sortir du placard et de refuser de s’enchaîner à une seule personne de peur de devoir un jour révéler à ses proches ce qui, selon son esprit idiot, faisait de lui un être à part. Le temps s’était simplement écoulé à une vitesse folle et il avait ouvert les yeux un beau matin en réalisant qu’il agissait en parfait enfoiré avec ses conquêtes mais qu’il n’en avait strictement rien à faire. A partir du moment où ils étaient consentants et satisfaits, il estimait n’avoir rien à se reprocher. Jusqu’à présent, cela n’avait fait de tort à personne, ou tout au moins personne ne s’était directement plaint auprès de lui. Personne sauf le professeur de mathématiques qui lui faisait présentement face. Il l’avait bousculé, à de nombreux niveaux, et lui avait fait prendre conscience – sans doute trop tard – que son attitude vis-à-vis des liens intimes qui pouvaient exister entre deux êtres humains était mauvaise, voire ridicule. Il ne pouvait guère passer le restant de ses vies à enchaîner les histoires d’un soir, les bonheurs éphémères qui, au final, lui laissaient un arrière-goût amer en bouche. S’il avait réfléchi à cette partie de son existence, il n’avait jamais songé à créer quelque chose avec Baxter ; ils étaient trop différents pour cela, leur duo était explosif, bancal. Ou alors cette pensée s’était envolée sitôt la révélation lâchée par Analeigh.

« Bien sûr, c’est elle la garce, » maugréa-t-il dans sa barbe, haussant les épaules avec un rire dénué d’humour. Ana ressortait d’une longue histoire et même s’il ne connaissait pas tous les tenants et aboutissants de sa rupture d’avec Daniel, il la savait fragile, influençable. Il avait du mal à s’imaginer que c’était elle qui avait profité de Baxter. Même s’ils étaient tous les deux aussi tordus, au final, avec leurs sentiments à deux balles et leur incapacité à se contenter d’une vie en solo. Il serra le poing du bras dont se rapprocha le britannique et détourna la tête. Il n’avait pas envie de le voir, ni de l’écouter. Il souhaitait le voir déguerpir de sous son toit une bonne fois pour toutes, ou au moins le temps qu’il digère l’idée de ses deux plus proches amis ensemble au lit. Ce qui n’était pas aisé puisque son esprit le tourmentait dès le moment où il le regardait. « Nous ne sommes obligés de rien, Baxter. Surtout pas toi. » Il ne répondait apparemment à aucune règle et faisait ce que bon lui semblait, pourquoi lui demander à lui, maintenant, ce qui se faisait et ne se faisait pas ? Il fronça les sourcils et grimaça parce que son crâne lui faisait un mal de chien, l’effet de l’aspirine commençant à se dissiper. Il le laissa cependant parler, écoutant avec soin chacune de ses paroles même s’il refusait toujours de le regarder dans les yeux. Il acceptait déjà la main posée sur lui, ce qui était un exploit en soi. Il avait pourtant réclamé tant de fois le contact de sa peau contre la sienne auparavant. « Je n’ai plus de téléphone. » Son ton était grinçant, ses dents serrées. Il ne comptait pas s’éterniser dans le récit de ses aventures, cela ne le regardait en rien. Et il venait de les vivre, il n’avait guère besoin de se les remémorer lui-même. Il se redressa dans un raclement de gorge, le toisant de sa haute stature, les traits tirés sous la coloration rougeâtre qu’avait pris son visage. Néanmoins, il se décida à baisser son regard d’acier sur celui de Baxter et comprit dès lors qu’il ne lâcherait pas l’affaire avant d’avoir obtenu de lui un compte-rendu complet.

Il inspira un grand coup.
« J’étais tranquillement chez Ana, en train de lui annoncer mon homosexualité, quand ce fou furieux de Daniel a débarqué et m’a refait le portrait. » Il renifla bruyamment, le nez retroussé au souvenir de ses poings contre sa face. « Je ne le blâme pas, il a cru défendre ce qui lui était cher, il a été jaloux. » Bien sûr qu’il lui en voulait, tant et si bien que le non-violent qu’il était d’ordinaire songeait à se recycler en boxeur professionnel juste pour lui rendre la monnaie de sa pièce. Toutefois, c’était Baxter qu’il avait sous les yeux et souhaitait atteindre à cette seconde. « Je ne peux pas prétendre savoir ce que ça fait, évidemment, je n’ai jamais connu quelqu’un qui méritait qu’on se batte pour lui... » Cette fois, il eut un mouvement brusque de recul pour se libérer de l’emprise des doigts de son collègue. Il se rendit compte de la nervosité de ses gestes et cligna plusieurs fois des paupières, esquissant un sourire qui sonnait faux. Il glissa une paume le long du bras de Baxter et l’enserra au niveau du coude, de ses doigts tremblotant d’anxiété et de colère. « Maintenant que je t’ai raconté mon histoire. Pardon, mon ‘problème’... C’est à ton tour de tout me dire ! » Si ses lèvres esquissaient une expression sympathique, ses yeux étaient tels des éclairs, le fusillant et cherchant à découvrir jusqu’à son secret le plus profondément enfoui. Il eut un rire, comme s’il se souvenait d’une vieille blague pas forcément drôle : « Au fait, tu peux garder tes conneries de bisexuel qui aime tout le monde, je n’en ai strictement rien à foutre. » Sa carapace distante et froide commençait à se craqueler, il sentait le feu qui le rongeait se faire de plus en plus pressant contre ses doigts et contre ses lèvres, ne demandant qu’à se faire entendre. Il était encore trop tôt, Baxter avait son droit de réponse avant d’être jugé, même si tous deux savaient qu’il n’avait rien d’un innocent et que la sentence serait la même : l’exil. Hors de sa maison. Hors de sa vie.

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MessageSujet: Re: Why can't we overcome this wall? Maybe it's just because I didn't know you at all.   Ven 13 Déc - 22:04

Qu'elle était loin cette magnifique – mais néanmoins rare – nuit passée dans ses grands bras réconfortants. Carson ignorait probablement, c'était même sûr en fait, le pouvoir de ces derniers sur sa personne et sur le reste de la population terrestre par ailleurs. Ce dernier cas de figure ne pouvait être vérifié à cause des problèmes de sociabilité du professeur de sciences qui ne laissait pas grand-monde l'approcher de trop près. Même lui n'avait jamais obtenu directement le droit de le faire, il se l'était donné seul pour mieux pouvoir passer les barrières de sécurité de son petit équilibre à priori précaire. Après de nombreux mois de bataille acharnée, qui avait failli causer leur perte, Haynes avait finalement consenti à l'accueillir dans ses bras et dans son foyer avec la plus grande des sincérité et générosité. Encore aujourd'hui il ne comprenait pas bien un tel revirement de situation de sa part mais l'invitation explicite fournie dans son texto l'avait contraint à ne surtout pas réfléchir. Alors il avait sauté le pas ou plutôt parcouru en taxi les quelques kilomètres qui séparaient leurs domiciles respectifs pour le retrouver. Oui, retrouver était vraiment le mot exact dans cette situation. Cette nuit, il avait véritablement eu la sensation de redécouvrir une chose perdue depuis des siècles alors que leur froid ne remontait pas à si longtemps que cela. Toutefois la chaleur de son corps robuste lui avait horriblement manqué durant ces nombreux jours passés loin de lui. Le message qu'il lui avait lui-même envoyé la veille prouvait clairement son attachement profond pour lui. Il ne mentait définitivement pas quand il avançait de telles paroles, il l'aimait pour de vrai comme on aimait un individu avec qui on envisageait aisément de se projeter. Pourtant Carson n'était pas le partenaire idéal, il était loin de remplir les critères nécessaires pour être un compagnon respectable. Pour sa défense, il ne cherchait aucunement à être « le quelqu'un » d'une autre personne, par conséquent il était impossible pour Baxter de le critiquer là-dessus étant donné qu'ils n'avaient jamais partagé un seul avis commun concernant la vie quotidienne, sauf peut-être ces envies charnelles sur lesquelles ils semblaient rapidement se mettre d'accord. Mais ce qui jadis était extrêmement plaisant s'avérait désormais pénible aux yeux du jeune britannique. Ne serait-il jamais rien de plus pour lui ? Était-il condamné pour toujours à ce statut de jouet sexuel dans lequel son ami avait pris un malin plaisir à l'enfermer ? S'il en avait douté au cours des dernières heures en sa compagnie, ses craintes refaisaient subitement surface maintenant qu'il s'en prenait vigoureusement à lui. Pourquoi l'avait-il fait venir chez lui la veille ? Il n'avait qu'à claquer des doigts pour disposer des plus beaux fessiers de la ville. Pourquoi désirer à ce point le sien ? Pourquoi se jouer ainsi de lui ? Mais surtout, pourquoi lui mentir délibérément de la sorte ? Il était parfaitement possible de mentir à un être humain sans forcément utiliser la forme verbale. En acceptant de le garder contre lui une nuit entière même après tout ce qui avait pu se passer ou être dit précédemment, Carson s'était indirectement engagé émotionnellement avec lui. Il n'avait pas explicitement répondu à ses avances amoureuses mais les avait tout de même accepté, autrement il ne lui aurait pas proposé de passer chez lui sitôt le SMS reçu. Sans doute mélangeait-il un peu tout, il faisait souvent cela, il s'agissait de l'une de ses caractéristiques premières, mais il savait que quelque chose avait changé entre eux depuis hier soir. Était-il seul à l'avoir senti ? S'était-il au final complètement fourvoyé sur le sujet ? Il refusait de croire une chose pareille. Ce ne pouvait être le cas. On ne pouvait pas être à ce point délicat avec un homme et le faire tendrement sien sans rien ressentir. Ce n'était tout bonnement pas possible. Et ce n'était humainement pas correct, même pour un cœur de pierre comme Carson.

Son attitude et sa manière de lui répondre n'annonçaient vraisemblablement rien de bon, surtout pour lui. Il ne savait plus trop quoi faire de son corps et ignorait quelle posture adopter face à ce grand bonhomme, alors il se dandinait un peu de gauche à droite comme s'il piétinait à cause d'un mal de pied imaginaire. Son récit le frappa de plein fouet et fut d'une violence rare, si bien qu'il ne répondit rien du tout ou peut-être était-ce parce que le propriétaire des lieux l'empêchait clairement d'en placer une. De toute manière, il préférait l'écouter jusqu'au bout. Il connaissait Carson, ou du moins pensait le connaître, mais ses mimiques et réactions étaient différentes de d'habitude, il avait bien du mal à voir en cet homme celui qui était si cher à son cœur. Ses sourires étaient sournois, un peu trop d'ailleurs, et ses gestes secs, ce qui les rendaient incroyablement brusques, à la manière d'un aliéné en fait. Il lui faisait presque peur et le mouvement qui suivit ne le rassura pas le moins du monde. La poigne de sa main sur son bras n'était pas forte au point d'être douloureuse mais elle restait dérangeante car jamais il ne s'était comporté ainsi avec lui.
« Je n'ai jamais dit aimer tout le monde... juste toi, » répondit-il d'une petite voix faible, à l'image de son physique frêle. Adieu le calme partiellement retrouvé, son torse se soulevait et s'abaissait désormais avec une rapidité étrange comme s'il était sur le point de faire une crise de panique. Il y avait un peu de cela, un bouleversement émotionnel plutôt, qui promettait d'aller crescendo maintenant qu'ils jouaient cartes sur table. Il emprisonna entre ses dents sa lèvre inférieure devenue tremblante alors que ses yeux clairs regardaient fixement les siens avec un désarroi déconcertant. Pieds nus, il ne payait pas de mine face à un gabarit tel que le sien, d'autant plus que Carson portait toujours ses chaussures et à ce stade le moindre centimètre supplémentaire se remarquait quand il se tenait devant lui. « Qu'est-ce que tu veux que je te dise de plus ? » demanda-t-il en essayant de se défaire de son emprise. Il n'avait jamais été victime de sévices physiques dans le passé et même s'il le savait incapable d'agir violemment avec lui, il avait la désagréable sensation qu'un mauvais coup pouvait partir à tout moment tant la situation lui échappait. Pourquoi en avait-il autant contre sa bisexualité ? Ses choix sexuels ne le concernaient pas, et dans la mesure où il l'avait toujours contenté jusqu'à présent, le fait de coucher avec des femmes n'atténuait en rien la flamme de leur désir commun. « Pourquoi réagis-tu comme ça, hein ?! » s'emporta-t-il en le repoussant de sa main libre sur son torse. « Je suis désolé pour ce que Daniel t'a fait mais je ne suis pas responsable et je refuse de l'être. » Il se frotta l’œil sous ses lunettes. « Tout comme toi, je ne t'ai jamais caché que je couchais avec d'autres depuis le début. Je regrette de l'avoir fait avec Analeigh, crois-moi, mais tu n'as pas le droit de t'en prendre à ma bisexualité comme tu viens de le faire ! » Il inspira et expira bruyamment pour essayer de se calmer. « Et de quel droit me juges-tu, d'abord ? Tu crois valoir mieux que moi, peut-être ? » La déception se lisait désormais sur ses traits tirés en une mine triste. « Je pensais que tu tenais à moi, Carson. En lisant ton texto hier soir, j'ai été suffisamment idiot pour croire que ce n'était pas intéressé alors que si. Tu m'as fait venir jusqu'ici pour une bonne raison et maintenant que tu as eu ce que tu voulais, tu me congédies comme tu le fais à chaque fois... Rien n'a changé. Tu me traites toujours comme la dernière des merdes, comme si j'étais l'être le plus abominable qu'il t'a été donné de voir. » Plus son récit avançait plus sa voix se brisait à la fin de chaque phrase. A présent ses yeux s'imbibaient de larmes qu'il tentait vainement de retenir. Il n'y parvint pas et dut retirer ses lunettes la seconde suivante car sa vue s'était troublée.

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Carson Haynes
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MessageSujet: Re: Why can't we overcome this wall? Maybe it's just because I didn't know you at all.   Ven 13 Déc - 23:22

Carson souhaita que Daniel eût frappé plus fort, à lui en décoller les tympans, ainsi il ne se serait pas retrouvé obligé de subir le flot de stupidités débitées par Baxter. Il lâcha un grondement animal, qui resta coincé dans sa gorge mais qui signifiait explicitement sa frustration. Il n’en pouvait plus de l’entendre répéter ces mots qui n’avaient pas la moindre signification pour lui – plus le temps passait, plus il se disait que le jeune britannique ne réalisait pas leur portée primaire – et qu’il prenait comme un mythe, une légende urbaine inventée de toutes pièces par son entourage. Car il ne l’avait jamais connu, le grand frisson. Car il ne pouvait se mettre dans le crâne l’idée que quelqu’un pouvait développer à son égard des sentiments si forts qu’il en ferait le centre de son monde. C’était inconcevable. Là encore, seul le sexe semblait lui importer, or il s’agissait d’un acte qui ne requérait aucun attachement émotionnel, contrairement aux informations qui étaient distillées aux enfants dès leur plus jeune âge. Au début de leur « histoire », Carson pensait que Madden et lui se trouvaient sur la même longueur d’onde, qu’ils partageaient une vision identique de l’amitié ainsi que de l’amusement. Ils en avaient profité, longuement, dans toutes les pièces de leurs domiciles respectifs et dans toutes les positions ou presque, puis les complications étaient entrées en scène sans qu’il ne s’en rende compte, sans qu’il ne puisse rien faire pour les éloigner. Leur équilibre s’était alors avéré fragile, leur amitié friable et moins importante qu’il ne l’avait imaginé. Plusieurs semaines s’étaient écoulées sans nouvelles échangées, ou alors très peu, et cela aurait dû être une bonne indication de leur avenir commun inexistant. Il n’aurait jamais dû répondre à ce texto. Il avait été con, il n’avait pas réfléchi  et avait écouté ses besoins physiques – pas forcément sexuels, c’était bien la simple présence de Baxter qui lui avait manqué, même s’il refusait désormais de se l’avouer. « Pas responsable ? » hoqueta-t-il en écarquillant les yeux. « Si c’était toi qu’il avait eu en face de lui, tu ne t’en serais peut-être pas aussi bien tiré, tu réalises ça ? » Il devait vraiment être fâché contre lui parce que, l’espace d’une minute, il souhaita que lui aussi se retrouve en tête-à-poing avec l’ex-petit-ami d’Ana, juste pour qu’il se rende bien compte qu’on ne couchait pas avec n’importe qui sans conséquence.

Il ouvrit la bouche à plusieurs reprises pour rétorquer mais, à chacune de ses paroles, Baxter trouvait le moyen de lui clouer le bec. Il n’avait jamais rien entendu d’aussi stupide en un laps de temps aussi court, et pourtant il travaillait quotidiennement avec des lycéens.
« Bon sang, ce que tu peux être con pour quelqu’un d’intelligent ! » Sa gorge se serrait tandis que ses mots se mettaient à dépasser sa pensée. Il avait atteint le point de non retour, il avait entendu trop de choses qui lui avaient déplu dans ce pseudo-monologue.  « Tu aurais pu coucher avec n’importe qui. » Il insista sur le « n’importe qui » parce qu’il connaissait le pouvoir qu’exerçait le professeur de mathématiques sur l’espèce humaine, il agissait en véritable aimant, attirant tout le monde sur son passage car il avait de quoi plaire à tous. « Je n’en aurais rien eu à foutre, ça ne m’aurait pas regardé. » Il se garda bien de mentionner le fait que lui n’avait fréquenté personne durant un long moment, privilégiant son amant venu d’outre-Atlantique qui lui suffisait alors largement. « Mais tu as jeté ton putain de dévolu sur Ana ! Tu n’as même pas cherché à m’en parler… » Il faillit dire 'mon' Ana mais se reprit au dernier moment. Qu’est-ce que cela lui aurait apporté de plus ou de moins ? Il n’aurait pas mieux pris la chose. Il essayait tant bien que mal de justifier sa réaction, de ne pas mettre cela sur le compte de la jalousie même si en réalité c’était là le fondement de sa colère. Il était envieux des relations normales de ses amis car celles-ci pouvaient aboutir à quelque chose. Quelque part, au fond de lui, il avait peur que cela ne les mène à plus loin qu’une simple partie de jambes  en l’air, qu’ils se découvrent tout un tas de points communs, désirent aller plus loin en l’abandonnant ainsi sur le banc de touche. Il n’aurait pas pu supporter d’être traité en cinquième roue du carrosse. Pas après tout ce qu’il avait déjà traversé. Il souffla fortement face aux larmes qui naissaient dans les yeux de son interlocuteur ; si en temps normal il aurait été attendri par cette vision, ce soir-là il le trouvait affreux et ridicule. « C’est dans ta tête que tout ça se passe, que tu es la dernière des merdes ou l’être le plus abominable qui soit, ça n’a rien à voir avec moi ou la façon dont je te perçois. Ton niveau d’insécurité crève le plafond et il est impossible de te suivre ou de te contenter. » Surtout quelqu’un comme Carson, qui n’avait pas l’habitude d’avoir quelqu’un dépendant de lui comme il avait parfois pu l’être, contre son gré. Il était un individu patient, de part son métier et ses antécédents, mais là ça dépassait son entendement. Il laissa planer un silence, se mordant l’intérieur de la joue qui lui faisait déjà mal, puis se passa une main nerveuse sur le front. « Je comprends que l’on puisse se lasser de toi, Baxter…, » lâcha-t-il, la gorge serrée. Il ignorait à qui il en voulait le plus en disant cela. A Baxter pour être aussi compliqué, ou à lui-même pour avoir été aussi bête et pour avoir cru qu’il pourrait l’aider.

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MessageSujet: Re: Why can't we overcome this wall? Maybe it's just because I didn't know you at all.   Sam 14 Déc - 1:05

Toute cette histoire allait beaucoup trop loin désormais. Il se trouvait actuellement sous le toit de Carson et de ce fait lui devait tout le respect qui allait de paire, bien entendu, sauf que cette fois-ci le jeune homme n'y allait pas de main morte avec son invité. Fallait-il souligner à nouveau la raison de sa présence dans cette maison ? Oui car en un sens cela s'avérait plus qu'important à ce moment précis. Carson le mettait délibérément mal à l'aise et cherchait à tout prix à faire naître en lui des sentiments de gêne, de regret et sans doute même de dégoût envers sa propre personne. Autant dire que cela fonctionnait avec brio jusqu'à présent. Les minutes s'égrenaient à vive allure et Baxter n'estimait plus avoir sa place entre ces murs. N'était-ce pas le but recherché ? Le maître des lieux démontrait aujourd'hui un côté manipulateur que le petit anglais n'avait jamais remarqué auparavant. Cela ne l'enchantait nullement de découvrir des facettes de sa personnalité de ce genre seulement maintenant. Il ne doutait pas de son fort caractère qu'il avait hélas pu apercevoir une bonne dizaine de fois depuis qu'il le connaissait mais avoir du tempérament de nos jours ne représentait en rien un défaut, bien au contraire. Sauf peut-être dans le cas du professeur de sciences qui possédait une voix, une charmante d'ailleurs, et comptait bien en faire usage pour se faire entendre. Le problème résidait cependant dans un minime détail. Il ne savait pas ce qu'il voulait dans la vie et ignorait probablement tout des attentes qu'il avait des autres et de lui-même aussi. Il était incertain, au moins autant que Baxter pouvait se montrer déséquilibré. Le niveau était par conséquent bien élevé avec ces deux-là. « Pardon ? » demanda-t-il pour la seconde fois ce soir. « Je ne le connais même pas d'abord. Et puis ça s'est passé après leur rupture, je ne vois donc pas pourquoi il s'en prendrait à moi. » A l'entendre lui parler ainsi et le traiter ouvertement de con, il n'avait qu'une envie, lui foutre une bonne claque pour lui remettre les idées en place mais sachant qu'il resterait insensible à sa faible force physique, il ne chercha même pas à utiliser inutilement son énergie pour le frapper. De plus, ce n'était pas l'envie non plus qui manquait de lui dire que ces coups de poing, il ne les avait visiblement pas volé ! C'était bien le minimum que méritait une gueule de connard comme la sienne. Peut-être s'en serait-il pris à ses lèvres encore intactes s'il avait eu la poigne nécessaire pour lui faire bien mal, histoire de parsemer une touche de régularité sur son visage asymétrique.

« C'est donc ça ton problème alors ? Tu ne supportes pas que je touche à tes affaires ? » Il pencha la tête de côté pour le regarder. « Ou alors es-tu frustré de ne pouvoir te la faire elle aussi ? » Ils partageaient au moins un point en commun, tous deux faisaient preuve d'irrespect et de méchanceté quand leur fierté prenait un sacré coup. Baxter se savait personnellement blessant dans ces moments-là et ne s'en cachait absolument pas. Il avait grandement souffert pour en arriver à ce prétendu équilibre éphémère et maintenant qu'une rechute était à prévoir, il refusait de se laisser marcher dessus par un grand échalas comme lui. Il avait choisi la mauvaise personne à piétiner, vraiment. Si Carson pensait prouver sa virilité en agissant de manière odieuse comme il le faisait présentement, il se trompait sur toute la ligne. Blesser l'estime et l'amour propre d'une personne ne faisait pas de vous un homme, un vrai. Une bête à la limite, oui, cela lui convenait davantage. Carson Haynes l'animal, il aurait du y penser bien plus tôt. « Que je me fasse tringler par toute la ville ça t'est égal mais pas touche à Ana, non. » Il lâcha un rire nerveux ressemblant de près à un hoquet d’écœurement. « Et après tu oseras dire que tu as un semblant d'affection pour moi... Tes mensonges me font doucement rire. » Il se passa une main vigoureuse sur le visage comme pour essayer de balayer les présents événements et les tracas visibles sur ses traits sauf qu'il ne s'agissait pas d'un mauvais rêve, ils vivaient une vérité vraie au moment présent. Cela était en train de se produire. Ils se balançaient à tour des rôles dessus des vacheries incommensurables et pour certaines, impardonnables. Comme celle, d'ailleurs, qui suivit le petit monologue sur l'analyse en long et en large de l'insécurité de Baxter dont Monsieur semblait tout savoir. Peut-être était-ce le cas, non ? D'accord il n'en était pas l'auteur et ne pouvait hélas pas s'attirer tous les mérites d'un tel exploit mais il avait brillamment assuré la relève du pire compagnon de tous les temps, dont le prix était détenu depuis l'année dernière par un certain petit irlandais. Bravo. Du progrès, ah ça oui il y en avait, et pas qu'un peu.

Il n'était pas totalement stupide et savait mieux que quiconque qu'il ne devait qu'à lui-même ses propres craintes infondées pour la plupart. Mais entendre une personne vous le cracher littéralement en pleine face, cela replaçait les choses dans leur contexte. Si jusqu'à présent il s'était contenté de se voiler la face sur son insécurité, il ne pouvait désormais plus vraiment se cacher après ces magnifiques accusations d'une sincérité extraordinaire. La gorge nouée en son centre, il déglutit bruyamment sa salive comme si le liquide salivaire avait du mal à glisser à cause d'une gêne présente qui obstruait le passage.
« Je vois... » dit-il d'une voix étrangement calme au bout de plusieurs secondes de silence. Les mots lui manquaient clairement. A ce stade, ce n'était même plus de la déception qu'il éprouvait à son égard. Il n'existait même pas de terme juste pour qualifier son ressenti. Il se sentait néanmoins triste d'avoir accordé autant de temps et d'avoir offert ses sentiments à un individu tel que Carson. Cela restait tragique et déchirant de découvrir la nature profonde d'une personne que l'on pensait connaître après de nombreux mois passés ensemble. Tandis que ses yeux clignaient nerveusement et rapidement, il se mordilla la lèvre inférieure pour tacher de relativiser et encaisser les propos précédemment prononcés. Bien sûr, c'était mission impossible pour Baxter car ce n'était ni plus ni moins la chose la plus horrible qu'il puisse lui dire. Bien que se doutant qu'il disait cela dans le seul but de lui nuire, il ne put retenir plus longtemps le flot de larmes qui roula silencieusement le long de ses joues pâles ; n'oubliant pas d'esquisser la belle grimace douloureuse qui allait avec les pleurs. En plus de passer pour un être abject qui jetait son dévolu sur les mauvaises personnes pour des mauvaises raisons, il apprenait contre toute attente ce soir qu'il méritait tout le mal qu'avait pu lui faire Troy dans le passé. S'il comprenait bien l'attaque qui venait d'être lancée, selon Carson son existence ne se résumait pas à grand-chose et était seulement digne de l'infidélité de son précédent petit ami. Cette information lui réchauffait véritablement le cœur alors que son sang s'était un peu plus tôt glacé en le découvrant dans un état déplorable. Une main enserrée autour de son propre cou qu'il massait nerveusement à s'en faire mal tout seul, il se dirigea sans un mot dans la chambre à coucher où il récupéra ses quelques affaires abandonnées avant de retourner dans le salon pour enfiler ses chaussures. Sa bouche s'était entrouverte suite au choc passager et ne s'était dès lors plus fermée. Ses gestes étaient mécaniques et ses yeux ne regardaient même pas dans la direction de ses mains qui faisaient ses lacets, comme si son âme avait momentanément quitté son enveloppe corporelle pour s'octroyer une pause bien méritée dans un endroit paisible où elle pourrait laisser exploser sa rage démesurée.

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MessageSujet: Re: Why can't we overcome this wall? Maybe it's just because I didn't know you at all.   Sam 14 Déc - 8:57

Carson Haynes était un esprit scientifique, il croyait aux choses rationnelles, à ce qui était palpable et vérifiable, ce qui faisait de lui un athée dans une famille pourtant résolument protestante, un sceptique dans un univers de croyants de toutes sortes et d’adeptes de Cupidon, qui pensaient que l’angelot veillait sur eux et décocherait bientôt la bonne flèche dans leur dos. Sauf qu’il n’y avait rien de tout ça dans ce bas-monde, les émotions étaient dictées par des hormones, délivrées par l’organisme humain qui répondait, positivement ou non, à la présence d’un autre individu. Il avait une liste longue comme le bras de preuves qu’il n’existait aucun dieu, aucune puissance supérieure qui veillait sur eux. Ils étaient bel et bien seuls sur cette putain de planète, maîtres de leurs propres existences. C’était pour cette raison qu’en dépit de ce visage antipathique qu’il réservait à certaines personnes sur son lieu de travail, il mettait tout en œuvre pour rendre la vie de ses proches la plus agréable possible. Il le faisait avec maladresse, comme si son grand corps et ses longs bras n’étaient pas toujours en phase avec sa cervelle, mais il faisait des efforts. Contrairement à ce que Baxter avait pu penser et devait certainement se dire à cette seconde, Carson avait fait des efforts avec lui, il n’avait jamais cherché à lui faire de la peine, encore moins du mal. Peut-être aurait-il dû mettre un terme à leur mascarade dès les premiers instants d’attachement, lorsque la couche de glace sur laquelle ils évoluaient avait commencé à se fissurer. Dommage qu’il avait été aveuglé par ses grands yeux verts, sa bouche appétissante et la courbe attrayante de ses fesses. Il avait été stupide et superficiel, au même niveau que les lycéens dont il s’occupait et avait l’habitude de se moquer. « Il en voulait au type qui se l’est tapée lors de la soirée chez elle, c’était toi, » trancha-t-il avant de pouffer sans amusement, se rendant compte d’une chose qui ne l’avait pas frappée plus tôt. « J’étais là en plus… » Il avait discuté avec des gens qu’il ne connaissait pas, sans lier de réel lien, juste pour passer le temps et ne pas s’ennuyer comme un rat mort. L’épisode musée avait alors été frais dans leurs esprits et il avait pensé que cette petite sauterie servirait pour apaiser les esprits ; il avait eu tort. La seule qui avait été sautée, dans cette histoire, était Ana. Carson n’avait été que le dindon de la farce. Qu’ils avaient bien dû rire à ses dépens au petit matin, les enfoirés !

Il lui jeta un regard dédaigneux, ne supportant pas le ton dont il faisait usage, même s’il n’était que le reflet de celui qu’il utilisait pour s’adresser à lui. Il lui épargna la leçon de morale sur le fait que personne n’appartenait à quelqu’un, que chacun était libre de vivre sa vie sans avoir à s’attacher à un autre être humain, il n’était pas Holly Golightly.
« Tout le monde n’est pas inconstant comme tu peux l’être. Même si je ne le crie pas sur tous les toits, je sais ce que je suis et où va ma préférence. » Alors, non, il ne voulait pas se taper Ana, même s’il avouait y avoir déjà songé. Sa vie aurait été beaucoup plus simple s’il avait pu développer des sentiments amoureux à son égard, ou un semblant d’attraction physique qu’il aurait pu utiliser pour créer quelque chose avec elle et ne plus craindre d’être découvert en tant qu’homosexuel de service. Il aurait coupé ses deux bras pour pouvoir aimer une femme. Mais ce n’était pas lui. Et les mensonges dont il était capable avaient une limite que prétendre être quelqu’un qu’il n’était pas dépassait largement. Il n’était pas un assez bon dissimulateur pour cela, ses émotions avaient cette fâcheuse tendance de le mettre à vif, de se lire sur ses traits et dans ses actions. Ainsi, il ne s’était jamais montré fourbe les fois où il avait dit tenir à lui, malgré ce que Baxter pouvait avancer désormais. Il avait de l’affection pour lui, beaucoup, et c’était la raison de tout ce cirque. Il refusait de comprendre que son mode de vie n’était pas le bon, qu’il était fait pour la fidélité et les bras d’une seule personne. Ce n’était pas par jalousie qu’il lui faisait la remarque sur ses mœurs légères – même si… - mais il s’inquiétait pour lui, pour son avenir. Paradoxalement, il refusait d’entendre que c’était avec lui qu’il voulait être fidèle et se reposer dans ses bras. Si tel était le cas, jamais il n’aurait fait des avances à Ana, parce qu’il savait ce qu’elle représentait pour lui. Et que, quelque part, dans la grande bible des relations sexuelles, il devait être inscrit que l’on ne couchait pas avec la meilleure amie d’un amant. Cela coulait de source.

Lorsque Baxter disparut hors de sa vue, Carson put arrêter de prétendre qu’un poids faramineux n’était pas appuyé sur ses épaules et il s’affaissa, une main en appui sur le plan de travail le plus proche. Il était fâché, en colère, désireux de faire payer le monde entier pour les coups qu’il avait osé lui mettre, et pourtant, une douleur lancinante dans sa poitrine lui indiquait que c’était lui le grand coupable dans cette histoire, que tout était de sa faute. Il ferma les yeux avec force tandis qu’il frottait le haut de son torse de son poing fermé, dans une tentative de faire disparaître ce malaise et cette boule qui s’était formés au beau milieu de sa cage thoracique. Il n’avait jamais rien ressenti de pareil mais cela faisait presque aussi mal qu’un coup reçu en plein nez. Il ne bougea plus jusqu’à ce que du mouvement se fasse entendre en provenance du salon. Il trouva Baxter en train de se rhabiller. Il ouvrit la bouche dans un mauvais réflexe, il voulait lui demander pardon, lui assurer qu’il ne pensait pas ce qu’il venait de dire. Ce qui n’était pas exactement vrai. Il y avait constamment un fond de vérité dans ce qu’il avançait, mais jamais il ne sous-entendrait donner raison à Troy pour ce qu’il lui avait fait. Baxter ne méritait pas d’être lâchement abandonné, trompé, sali, moqué. Baxter méritait une vie agréable ponctuée de thé et de câlins à répétition. S’il avait conscience de cela, Carson était incapable de sortir les mots justes, il lui était plus facile de le blesser avec des semi-mensonges plutôt que de lui annoncer que ce qu’il méritait dans la vie était tout ce qu’il ne pouvait lui procurer. Qu’il serait mieux loin de lui, sans le boulet qu’il avait attaché à son pied et qui prenait la forme d’un idiot d’un mètre quatre-vingt-onze. Il enfonça ses mains dans ses poches, regardant partout sauf là où se trouvait Baxter, puis siffla Darwin qui cherchait l’attention du professeur de mathématiques en remuant lentement la queue. Le chien tourna la tête vers lui, sembla hésiter avant de le rejoindre et de s’asseoir à ses pieds. Il se mordit à nouveau l'intérieur de la joue, amer à la pensée que cette journée avait démarré de la plus belle façon, avec de la tendresse et de l'espoir, et qu'elle s'achevait comme étant l'une des pires de toute son existence. Voilà qui lui apprendrait à vouloir s'extirper hors de son placard.
« Va t’en, Baxter, ça vaut mieux pour tout le monde, » lâcha-t-il même s’il était clair que l’Anglais n’avait pas attendu qu’il lui dise de partir. Ils n’avaient plus rien à se dire, ils s’étaient fait assez de mal. La glace s’était rompue et chacun nageait désormais vers la rive la plus proche, qui n’était clairement pas la même pour les deux. Carson espérait qu’ils parviendraient à sortir la tête hors de l’eau un jour, avant de se noyer ou de finir gelé.

[topic terminé]

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