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 The rain won't fall for the both of us, the sun won't shine on the both of us.

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Carson Haynes
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MessageSujet: The rain won't fall for the both of us, the sun won't shine on the both of us.   Dim 12 Jan - 19:52



I'm sorry, lover. You're sorry; I bring you down. Well, these days I try and these days I tend to lie. Kinda thought I was a mystery and then I thought I wasn't meant to be. You said yourself fantastically "Congratulations you were all alone."

« Ce n’est pas un rencard, hein. »
« Quand tu l’auras répété cent fois, je pense que j’aurais assimilé l’information et plus du tout envie de sortir... » Carson roula des yeux face à cette réponse tout sauf satisfaisante en refermant le dernier bouton de son manteau avant d’attraper ses clés de voiture. Lyle, dans le but ultime de faire rager le maître des lieux, vint se poster dans son dos et glissa ses mains autour de sa taille. « Je suis tellement content de passer la soirée avec toi, si tu savais. » Il imita le ronronnement d’un chat et frotta sa joue contre son épaule. Le professeur grinça des dents puis se dégagea d’un mouvement rapide mais non violent, un sourire se dessinant au coin de ses lèvres. « Tu me fais regretter mon invitation, Lyle. » Ce dernier ouvrit la bouche en un ‘oh’ d’étonnement et le gratifia d’une tape mécontente contre sa clavicule. « Ton invitation ? C’est moi qui t’ai proposé de sortir, alors arrête de tirer la couverture sur toi, veux-tu ? » Carson balaya la remarque d’un haussement d’épaules désabusé avant de venir lui taper les fesses pour le forcer à avancer. Lyle éclata de rire tout en se dirigeant vers le véhicule garé à l’extérieur. Au moment de verrouiller la porte de son domicile, Haynes jeta un coup d’œil aux alentours, comme il le faisait à chaque fois qu’il sortait en compagnie d’un homme. Le quartier était réputé pour son calme, il devait être l’un des rares dans tout le pays à ne pas être peuplé d’adeptes des ragots, raison primaire pour laquelle il s’y était installé, mais il ne pouvait jamais se montrer trop prudent. Sa voisine connaissait son secret et il tenait à ce qu’elle continuât à endosser seule le rôle de confidente.

Ce dernier mois s’était écoulé à une rapidité folle, sans doute cela était-il dû à la fréquence de ses rapports sexuels qui avait explosé ses précédents records. Il en était venu à un point tel qu’il perdait la notion des visages. Il ne s’était calmé que depuis peu, lorsque Lyle lui avait fait remarquer qu’il s’apprêtait à draguer un homme qui l’avait déjà ramené chez lui une semaine auparavant. Il ne fallait pas exagérer. Lyle, justement, était devenu un point d’ancrage dans son existence puisqu’il était désormais le seul avec qui il pouvait discuter librement de tout et de rien, sans craindre de révéler sa sexualité. Il lui faisait même part de ses plus grandes angoisses, même celle de finir seul et aigri le jour où il apprit que sa sœur était enceinte pour la deuxième fois. L’information était récente et il avait encore du mal à se faire à l’idée que lui ne pourrait jamais offrir des petits-enfants à ses parents, qu’il serait pour toujours la déception, le vilain petit canard de la famille Haynes. Il ne déprimait pas à cette idée, mais cela lui minait le moral et remettait en question ses choix de vie qu’il ne pouvait, hélas, pas transformer d’un coup de baguette magique. Son plus grand regret était d’en vouloir à sa pauvre sœur qui n’avait rien fait d’autre que son devoir de femme, qui agrandissait son foyer parce qu’elle en avait envie, la culpabilité d’être envieux de son bonheur le rongeait de l’intérieur. Baxter avait eu raison la dernière fois où ils s’étaient parlés : il n’était pas grand-chose, pour personne, et le resterait sans doute jusqu’à la fin de ses jours à ce train là.


« Et moi ? » La voix de Lyle le tira de ses pensées et il releva brusquement la tête sur son compagnon qui était en train de payer sa part de la note. Ses doigts jouaient machinalement sur le bracelet qu’il portait au poignet gauche lorsqu’ils sortirent du restaurant. Jouant le jeu jusqu’au bout, Lyle gratifia un groupe de jeunes femmes d’un large sourire engageant, comme s’il était intéressé par l’une d’elle. Le beau brun était officiellement sorti de son placard depuis vingt ans mais il souhaitait faire plaisir à Carson en agissant de la sorte, pour lui montrer son soutien. Sauf que c’était en général l’inverse qui se produisait, ce comportement horripilait l’enseignant au plus au point, sans qu’il n’osât jamais rien dire. Il s’était juré de ne plus être un salaud. Il prenait sur lui. « Tu paraîtrais beaucoup moins gay si tu ne portais pas cette écharpe, » ne put-il s’empêcher de remarquer, dans un rire sardonique, et il reçut un puissant coup de poing à l’épaule en réponse. Il grimaça en accélérant l’allure vers sa voiture garée à quelques mètres de là. « Ferme-la et conduis-moi dans un club sympa, abruti. » Bon sang, ce qu’il détestait aussi qu’il l’insulte de la sorte, même pour plaisanter.

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Baxter Madden
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MessageSujet: Re: The rain won't fall for the both of us, the sun won't shine on the both of us.   Dim 12 Jan - 22:25


I never meant to start a war. I just wanted you to let me in and instead of using force. I guess I should've let you win. Don't you ever say I just walked away, I will always want you.

« Baxter ? » L'intéressé, plongé dans ses pensées, observait une miette insignifiante sur le bord de la table comme si cette dernière était en mesure de capter toute son attention. C'était presque le cas car le jeune homme installé face à lui reprit : « Baxter, hey ho ? » Le britannique redescendit alors sur terre et sourit largement, faisant comme s'il n'avait jamais quitté cette pièce. « Tu étais loin, » se moqua gentiment Noah, son rencard de la soirée. « Excuse-moi, je suis un peu fatigué. » dit-il en caressant le tissu de sa serviette posée sur sa cuisse droite. « Le soir de ton anniversaire ? C'est triste, tu ne trouves pas ? » Le professeur de mathématiques lui lança un énième sourire qui semblait tout ce qu'il y avait de plus sincère mais une petite étincelle mélancolique venait clairement ternir son visage rayonnant. « Je ne dors pas très bien en ce moment, » répondit-il d'une voix faible. Ce n'était pas totalement un mensonge et Noah pouvait le confirmer car il passait une bonne partie de la nuit à discuter avec lui sur skype. Bien que peu convaincu, le jeune pompier conserva sa bonne humeur, d'une nature de toute évidence très douce. « Ce n'est pas plutôt parce que tu ne veux pas être ici avec moi ? » Ouvrant de grands yeux étonnés, Baxter se redressa bien droit sur sa chaise, gagnant dix bons centimètres au passage, et secoua vivement la tête. « C'est faux. Si je n'avais pas voulu te voir, je n'aurais pas accepté tu sais. » Il avait parfaitement conscience de ne pas être une compagnie des plus agréables, surtout ce soir, et il s'en voulait presque de lui faire subir sa présence agaçante alors qu'ils se voyaient pour la toute première fois. Quel rendez-vous raté songea-t-il tandis qu'il se perdait dans la contemplation de ses yeux chocolat. « Je plaisantais, Baxter. » fit-il remarquer dans un petit rire amusé. « Oh... » lâcha l'enseignant dont le côté mal à l'aise devait probablement passer pour de la timidité. Car depuis le début du repas, il n'avait fait que se triturer les doigts et agiter étrangement son regard à la manière d'une horloge folle.

« Je te raccompagne chez toi ? » Cette simple question le fit se crisper d'un seul coup, ses doigts s'agrippant à un pan de la nappe. Cela faisait plusieurs années qu'il n'avait pas côtoyé un seul gentleman, alors forcément face à une telle demande il s'imaginait aussitôt qu'il s'agissait d'un pervers dont le seul but était de le ramener dans un lit, n'importe lequel. Il déglutit bruyamment sa salive mais approuva finalement dans un petit hochement de tête. « Ne bouge pas, c'est moi qui invite. » Levant une main pour refuser la proposition, Baxter fut cependant incapable de prononcer la moindre parole, de plus son rencard n'avait pas attendu une réponse de sa part avant d'aller régler la note. Le geste était apprécié mais le gênait un peu. Depuis Troy, il n'avait plus eu l'occasion de dîner en tête à tête avec un homme dans un restaurant. Le flirt était différent, inévitablement plus sérieux que les banalités utilisées lors d'une pêche au coup d'un soir, et c'était bien ce détail qui le dérangeait au fond de lui. Il n'avait cessé de répéter tout au long de cette dernière année qu'il manquait cruellement d'attention, attendant l'affection d'un homme ou d'une femme pour se sentir épanoui. Maintenant qu'il avait l'opportunité de vivre cela avec une personne totalement étrangère à son quotidien, il n'était plus tellement sûr de vouloir une telle chose, se retrouvant ainsi face à un dilemme pénible. « Merci Noah, » le remercia-t-il de cette même voix calme dont il faisait preuve depuis leur rencontre deux heures plus tôt. Il donnait l'impression d'être un jeune homme réservé, un peu sur la défensive d'ailleurs, mais surtout adorable et d'un tempérament détendu. La bonne blague lorsqu'on connaissait un minimum le phénomène. Seulement les récents événements l'avaient comme plongé dans une sorte de léthargie post-dépressive. Il ne s'énervait plus pour un rien, ne criait pas non plus et avait même arrêté de pleurer une bonne fois pour toute. Il pensait être passé à autre chose en un mois de temps et il avait raison de le croire, du moins en partie. Si sa vie semblait assurément plus posée qu'auparavant c'était avant tout parce qu'il évitait de se confronter à des situations pouvant lui causer une bonne ou faible dose de stress. Seul sans rien ni personne autour de lui, il avait peu de chance de succomber une nouvelle fois à la panique.

Mais rien ne promettait de se passer comme prévu. Un trentième anniversaire se devait d'être fêté dignement, avec tous les écarts que cela engendrait.
« Je... Je crois que je vais marcher en fin de compte. Bonne nuit, » murmura Baxter qui s'éloignait déjà de son compagnon, ce dernier le suivant tout de même à la trace. « Baxter ! Où est-ce que tu vas ? » Le petit anglais ignora royalement les paroles de celui qui courait derrière lui et vint se placer devant deux hommes qui semblaient discuter joyeusement, leur barrant la route. « Alors c'est lui mon remplaçant ? » demanda le petit brun en levant aussitôt la tête vers Carson non sans avoir au préalable examiné rapidement du regard son voisin. Sa voix n'était pas agressive mais plutôt empreinte d'émotion. La lèvre tremblotante et le cœur battant à la chamade, ses yeux clairs cherchèrent aussitôt des réponses -qu'il ne souhaitait pourtant pas- dans ceux de son ancien ami. « Tu les connais ? » demanda faiblement Noah en arrivant à sa hauteur, même si la réponse était évidente.

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Carson Haynes
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MessageSujet: Re: The rain won't fall for the both of us, the sun won't shine on the both of us.   Dim 12 Jan - 23:57

Deux minutes. S’ils s’étaient dépêchés, ils auraient pu gagner ces deux minutes et s’éviter la douloureuse interruption qui suivit. Fixé dans ses pensées, réfléchissant à quel bar il allait emmener son compagnon de la soirée, il ne prêtait qu’une attention approximative à ce qui l’entourait et il sursauta, jurant dans sa barbe, lorsque Baxter fit irruption devant eux. Lyle lâcha un petit rire, à la fois étonné et amusé, et Carson sut que ce n’était pas une bonne idée. Il allait se faire carboniser par le regard clair mais non moins létal du jeune Britannique. Il ouvrit la bouche pour lui demander d’où il sortait comme ça et pourquoi il prenait l’audace de venir se présenter à eux mais Lyle le devança. « Tu dois certainement être Baxter, n’est-ce pas ? J’ai beaucoup entendu parler de toi, et je dois dire que tu es plus mignon que dans mon souvenir. » Carson se racla la gorge et se décida enfin à intervenir, il ne pouvait pas laisser un massacre avoir lieu sous ses yeux sans rien faire ; il sortit les mains de ses poches pour en poser une sur l’épaule de Lyle et le faire reculer. Dans ce même mouvement, il remarqua le quatrième larron et le salua d’un signe de tête, sans faire gaffe à sa question ou prendre le temps de se présenter. Il n’en avait de toute façon pas envie. Il ignorait s’il était un simple ami ou bien plus, toutefois il remarquait sans peine son attitude engageante, son visage attrayant ainsi que la douceur de sa voix quand il s’adressait à lui et cela était suffisant pour qu’il éprouve de la haine à son égard, même s’il ne pouvait pas non plus s’empêchait d’avoir une once de respect pour lui. Bon sang, il n’était pas possible de ressentir autant de choses en aussi peu de temps, cela faisait à peine vingt secondes qu’ils avaient débarqué et Carson était déjà perturbé comme si quelqu’un cherchait à attenter à sa vie. Ce qui était sans doute le cas. Baxter n’avait pas employé un ton agressif en posant sa question, toutefois son regard ne trompait pas quelqu’un qui le connaissait bien. Il cligna des paupières avant de détourner la tête, mal à l’aise et incapable de soutenir ses grands yeux verts, même à travers la pénombre de la soirée.

Il ignora volontairement la question du compagnon de Baxter, ne trouvant à répondre qu’un sarcasme évident à propos des étrangers qui discutaient rarement de remplacement entre eux. Moins un point pour lui, ce qui lui conférait une ardoise toujours trois fois plus intéressante que celle de Troy, c’était déjà ça de gagné.
« Qu’est-ce que tu fiches ici et qu’est-ce que tu veux, Bax ? » demanda-t-il dans ce qui ressemblait fort à un soupir. Il sentit une main empathique se posait sur son bras et tourna le visage vers Lyle qui lui sourit avant même que l’Anglais n’ait pu répondre. « Je vais vous laisser, ça vaut mieux. » Carson fronça les sourcils dans un mouvement négatif de la tête, qui fut balayé d’un revers de la main. Il valait mieux ne pas discuter trop longtemps sous peine d’énerver son auditoire. « D’accord, je te téléphone d’ici une heure, ne verrouille pas ta porte d’entrée, » murmura-t-il calmement à son attention même si sa voix n’était pas assez discrète pour ne pas se faire entendre des autres personnes présentes. Lorsqu’il se redressa, il constata non sans une certaine stupéfaction que l’ami de Baxter était également en train de s’éloigner. Ne restaient plus que les deux vieux amis métamorphosés depuis peu en antagonistes que tout opposait. Anxieux, le professeur de sciences glissa une main dans le col de sa chemise pour l’entrouvrir un peu plus et se permettre ainsi d’avoir l’impression de mieux respirer, ce qui n’était absolument pas le cas mais il appréciait d’y croire. Dès que son regard se posait sur la frêle silhouette de Madden, les souvenirs et les paroles échangées lui revenaient en mémoire et lui tiraient un frisson désagréable tout au long de son échine. Il avait détesté cette démonstration d’honnêteté soudaine autant qu’il avait pu, par le passé, apprécié leurs folles parties de jambes en l’air. Il aurait souhaité n’avoir jamais entendu ses quatre vérités. Néanmoins le passé ne pouvait être réécrit, ils se retrouvaient face à face avec leurs décisions et les répercussions de ces dernières.

Après de longues minutes à se débarrasser des protagonistes secondaires et à trouver la meilleure formulation possible, Carson n’eut plus d’autre choix que de répondre à l’interrogation, certes qui ne semblait pas réclamer de réponse précise mais il y tenait désormais. Il riva ses yeux dans ceux de Baxter et s’humecta soigneusement les lèvres.
« Exactement, c’est ton remplaçant, quelqu’un pour qui je ne suis personne et à qui je manque de respect régulièrement. » Il ne se trouvait pas dans un état d’esprit négatif ou désagréable, il avait passé une soirée plutôt chouette malgré quelques fâcheux détails, toutefois la simple vision de son collègue, qui se permettait de s’imposer à sa vue alors qu’il l’avait explicitement sorti de sa vie quelques semaines plus tôt, avait le don de tirer sur sa corde sensible. Il n’était pas en mesure de rester de marbre face à Baxter Madden. « Qu’est-ce que tu veux savoir d’autre ? S’il suce aussi bien que toi ou si je lui laisse le droit de passer la nuit dans mon lit ? » Il ne faisait pas preuve d’agressivité dans son ton, tout au plus d’arrogance, mais il s’agissait là de son état naturel. Il fourra ses mains dans ses poches, rafraîchi par l’atmosphère qui avait chuté de plusieurs degrés, réels comme métaphoriques, et fixa son regard, vidé de toute expression, dans celui de son interlocuteur.

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Baxter Madden
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MessageSujet: Re: The rain won't fall for the both of us, the sun won't shine on the both of us.   Lun 13 Jan - 19:10

Alors qu'il attendait une réponse de la part de Carson, ce fut Lyle qui prit l'initiative de parler le premier. Le jeune britannique mit un temps certain à bien assimiler cette information. Son regard clair balaya l'ensemble du trottoir avant de finalement se poser sur le compagnon de son collègue. Ce dernier était horriblement charmant, premier et unique détail qu'il fut en mesure de remarquer dans un premier temps. A dire vrai, il se focalisa sur cette idée et fit abstraction de tout le reste ; ignorant presque consciemment le ton pourtant engageant qu'il venait d'employer pour s'adresser à lui. Ses cheveux soyeux, ses yeux noisette hypnotiques, ses vêtements très bien choisis, pour toutes ces petites raisons il le haïssait amèrement. Il lui en voulait même d'avoir d'aussi longs cils qui lui conféraient un petit air féminin qui lui déplaisait grandement. Il n'estimait pas être perçu comme une folle par ses camarades homosexuels mais il se savait un minimum efféminé. Raison pour laquelle il détestait ce jeune homme jusqu'à la racine de ses cheveux de toute évidence très propres. Il ne pouvait y avoir qu'un seul être au côté tendancieux dans la vie de Carson et cette personne ne s'appelait pas Lyle. « Euh... Pourquoi me parles-tu, toi ? » rétorqua-t-il, sans douceur, à l'attention de l'inconnu avant de relever la tête vers Carson, l'air presque choqué par la situation. « Je peux savoir pourquoi il s'adresse directement à moi ? » demanda-t-il cette fois au professeur de sciences. On croirait rêver. Cet homme qu'il ne connaissait ni d'Eve ni d'Adam se donnait l'étrange liberté de lui parler comme s'ils s'étaient déjà vus auparavant, ou qu'ils se devaient une quelconque forme de respect. Sauf que ce n'était le cas pour aucune des deux propositions. Son visage ne lui était pas familier, s'il s'agissait d'un pote ou même d'une connaissance à Carson, il l'aurait su dès le premier coup d’œil échangé. Or il ne voyait absolument pas qui il pouvait être. Il avait beaucoup entendu parler de lui ? Qu'est-ce que ça pouvait bien dire ? Ce type était fou. Ou bien lui aussi était du genre mesquin et fourbe au point de se jouer de lui en se foutant de sa gueule ouvertement sans qu'il ne le remarque. Se pouvait-il que Lyle dise tout cela dans le but unique de l'énerver ? Il avait une voix bien trop mielleuse et un regard bien trop doux pour paraître hypocrite et sournois. Ou alors était-il un comédien en herbe, dans quel cas il lui tirait bien bas son chapeau.

Lyle capta l'attention de Carson et de son côté, Noah attira la sienne en tirant légèrement sur la manche de sa veste.
« Je ne suis pas certain de comprendre ce qui est en train de se passer mais je pense que tu devrais venir avec moi, » lâcha-t-il d'une voix toujours extrêmement douce en tendant une main vers la joue de Baxter que ce dernier évita soigneusement en tournant la tête. « Tu ferais mieux de partir, Noah. » répondit le jeune anglais dans une forte expiration. « Est-ce que je peux te rappeler plus tard ? » Pourquoi persistait-il à vouloir le voir, lui parler ou même lui téléphoner après ce qu'il venait d'entendre ? Visiblement son rencard de la soirée traînait derrière lui de lourds bagages, il aurait dû prendre peur et fuir depuis le début. Il ne comprenait donc pas pourquoi il se tenait encore ici, à l'attendre. « Rentre chez toi, s'il te plaît. » insista Madden en passant une main le long de son torse dans une tentative maladroite de se montrer doux. Le pompier hocha alors la tête de haut en bas, visiblement déçu par l'attitude de l'enseignant mais il ne pouvait décemment pas s'interposer entre lui et son ami, ce n'était pas correct. Et puis sa présence n'était clairement pas désirée sur ces lieux, on venait même explicitement de lui demander de disposer. Tout comme venait de le faire le quatrième protagoniste, Noah s'éloigna doucement des deux hommes et regagna sa voiture garée non loin de là.

Désir d'agression ou non, le professeur de mathématiques reçut toutes ces belles paroles en pleine figure à la manière d'une claque violente, surtout pour la seconde partie.
« Si tu me demandes ça, ce doit être le cas pour les deux. » répondit-il d'une voix faible mais hargneuse. « C'est un très bon choix d'ailleurs. Souriant, aimable, bon au pieu, un vrai petit toutou pour toi. Tout ce qu'il te faut. » Il se massa nerveusement la tempe en se mettant subitement à faire les cent pas autour de Carson comme s'il était sur le point d'exploser, telle une bombe à retardement. « Connard... » siffla-t-il subitement après un court moment de silence. Comme à son habitude, il leva un regard humide vers son ancien ami, signe que dans son esprit plus rien n'allait correctement et plus aucune connexion nerveuse ne s'effectuait dans sa petite cervelle bouillonnante. « Je te déteste ! » hurla-t-il soudainement alors qu'il avait su conserver son calme jusqu'à présent, martelant son torse de son petit poing insignifiant. « Tu es comme tous les autres, il n'y a que le sexe qui t'intéresse. » lança-t-il ensuite dans des paroles hachées, donc agressives. « Pourquoi tu me fais ça, hein ?! Je suis le seul qui tienne réellement à toi... » Sa voix se brisa à la fin de sa phrase. « Mon cul, je te l'ai offert ! Pourquoi n'as-tu pas voulu davantage de ma personne ? »

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MessageSujet: Re: The rain won't fall for the both of us, the sun won't shine on the both of us.   Lun 13 Jan - 20:43

La réaction de Baxter était si puérile qu’elle frôlait le ridicule, une fois n’était pas coutume. Il se comportait en adolescent capricieux et trahi alors que Lyle s’était adressé à lui avec calme et politesse, voire avec une certaine dose de respect que Carson ne comprenait pas. Il lui avait en effet raconté brièvement les faits qui avaient conduit à la situation actuelle plutôt tendue entre les deux jadis amis – Lyle avait insisté, même si le professeur de sciences s’en serait bien passé, détestant discuter de sa vie privée, d’autant plus quand il se sentait aussi touché par les circonstances. Il pouvait encore se remémorer le sourire en coin dont son ami l’avait gratifié au moment où il lui avait explicitement annoncé qu’il ne le verrait plus jamais ; il n’avait guère apprécié la moquerie mais il la comprenait un peu mieux l’ironie. Sans doute avait-il percé à jour le caractère de Baxter grâce à ses récits mieux que lui-même avait pu le faire en le côtoyant de façon régulière. Il devait avoir su, dès le départ, que le Britannique n’avait pas dit son dernier mot avec lui. Carson aurait aimé posséder plus de connaissances à propos des relations suivies et des complications qu’elles engendraient, d’une part parce que cela l’aurait aidé à les fuir, ensuite parce qu’il aurait pu s’attendre à trouver Baxter sur son chemin ce soir-là. Au lieu de cela, il se retrouvait comme un idiot, en face de lui, incapable de réagir avec la maturité qu’il reprochait souvent à son compagnon régulier. Son comportement se rapprochait davantage de celui de Baxter, dans le sens où au lieu de le résonner avec pondération, il n’y allait pas avec le dos de la cuillère dans le sarcasme et la provocation. C’était plus fort que lui, tout simplement, lui aussi se transformait en lycéen basique et meurtri à cause des émotions refoulées que Baxter faisait ressortir chez lui.

Il roula des yeux face aux réponses de son interlocuteur fortuit.  Il n’était pas un spécialiste des comportements humains lorsque ceux-ci découlaient d’un sentiment amoureux, il était toutefois clair que Baxter ne faisait rien pour masquer sa jalousie autrefois latente. Carson trouva cela on-ne-pouvait-plus déplacé, surtout après les propos qu’ils avaient échangés la dernière fois.
« C’est un chic type, oui. Les emmerdes et disputes sont rares avec lui, ça fait un bien fou ! » Deuxième attaque de la soirée ; il aurait dû se sentir bien, voire puissant, d’avoir le dessus de la sorte, sauf qu’il n’en était rien. Il se sentait même plutôt misérable. Il suivit son collègue du regard lorsqu’il se mit à tourner comme un lion en cage, sans comprendre le pourquoi et comment de ce changement soudain d’attitude. Avait-il perdu la tête pour de bon ? Il ne ressemblait plus du tout au Madden qu’il avait rencontré dans la salle des professeurs du lycée, l’individu qui lui faisait face était perdu et appartenait certainement plus à un asile qu’à une salle de classe. « C’est reparti, » soupira-t-il en recevant son insulte en plein visage. C’était un classique ; enfoiré et connard étaient, semble-t-il, les sobriquets qui lui correspondaient le mieux. Il fit un pas en arrière, afin de couper court à cette conversation qui ne menait nulle part, mais Baxter n’en avait pas terminé avec lui puisqu’il se mit à hurler au beau milieu de la rue, le faisant sursauter et ouvrir de grands yeux choqués. « Qu’est-ce qui te prend, putain ? » s’insurgea-t-il en attrapant son poignet pour le faire arrêter. Il ne le serra pas ni ne chercha à lui faire mal, il souhaitait simplement stopper son acte de folie. « Tu es malade ?! » L’attaque physique ne le dérangeait pas particulièrement, ce qu’il ne supportait pas était le fait qu’il lui fasse une scène pareille au vu et su de tous. Il savait à quel point il tenait à la discrétion, il en avait fait les frais plus d’une fois.

Il jeta un regard nerveux aux alentours avant de repérer sa voiture à moins de dix mètres de leur position. Il baissa le visage sur celui de Baxter et lui relâcha le bras, sans douceur particulière.
« Je ne veux pas faire ça ici, » grinça-t-il d’une voix basse, les traits tirés par l’anxiété, la peur d’être surpris par des oreilles trop indiscrètes. Il se dirigea vers le véhicule qu’il déverrouilla et dont il ouvrit la portière côté passager. « Monte dans la voiture, » lui ordonna-t-il sur un ton sec. Il comprit rapidement que ce n’était pas la meilleure stratégie à adopter et se racla la gorge avec impatience. « S’il te plaît, Baxter, monte dans cette foutue voiture et je répondrai à toutes tes questions avec toute l’honnêteté dont je suis capable. » Il mentait, il n’avait aucune intention de lui révéler tout ce qui lui passait par la tête, tous les sentiments qu’il éprouvait dès qu’il posait les yeux sur lui, les regrets accumulés depuis leur dernière grosse dispute. Non, il ne lui dirait rien, mais il souhaitait l’éloigner au plus vite de l’espace public et le ramener chez lui, là où il ne pourrait faire de mal à personne. Ni à lui-même, ni à la réputation d’un autre.

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MessageSujet: Re: The rain won't fall for the both of us, the sun won't shine on the both of us.   Mar 14 Jan - 21:34

Avait-il perdu la tête ? Oui, probablement. La réponse avait plus de chance d'être positive que négative, hélas. La dépression était un état d'esprit constant chez Baxter depuis un peu plus d'un an maintenant. Il en connaissait très bien la définition et savait reconnaître quand quelque chose n'allait pas dans son existence. De toute évidence ce jour était arrivé et même s'il n'aimait pas admettre qu'il avait besoin d'aide devant ses proches ou sa famille, il était parfaitement conscient au fond de lui que la situation ne pouvait clairement plus durer. Il se faisait du mal à lui-même -en plus de s'infliger une peine incommensurable- et pire encore, il en faisait aussi aux autres. Il n'était pas d'un tempérament égoïste, quoi que, mais lorsqu'il venait à être personnellement affecté par des faits ou paroles, il en devenait aussitôt exécrable et détestable. Ce qui avait tendance, bien entendu, à énerver davantage ses interlocuteurs. Plus il se sentait affaibli par une situation, plus il se montrait désagréable au possible. Il s'agissait là d'un cercle vicieux dont la victoire était quasi impossible à remporter pour les deux partis en question. Cela faisait presque un mois maintenant qu'il suivait une thérapie avec le psychiatre qui s'était occupé de lui après sa rupture avec Troy. S'il avait déserté le sofa de ce dernier durant un sacré bout de temps, il avait finalement pris la décision d'y retourner, parce qu'il ne savait plus vraiment quoi faire de sa vie mais aussi parce qu'il lui était indispensable, à ses yeux, d'être à nouveau mis sous traitement médicamenteux. Peut-être était-ce psychologique d'une certaine manière mais il avait réellement la sensation d'évoluer sur le plan mental lorsqu'il prenait régulièrement ses antidépresseurs. Ce n'était concrètement pas une solution définitive pour le jeune enseignant mais il avait besoin -oui, il s'agissait d'une nécessité à ce stade- de ça pour accepter sa condition et affronter les nombreuses journées qui se succédaient sans broyer du noir à chaque seconde qui s'écoulait. Alors oui, sans doute ressemblait-il à un aliéné lorsqu'il faisait les cent pas, tête baissée, devant son collègue, sans but précis, mais il était surtout question de détresse de sa part et à laquelle Carson restait visiblement insensible.

Un chic type. Ce Lyle était sans nul doute un chic type. Du moins, son visage donnait cette impression de sincérité et simplicité. Cependant Baxter refusait catégoriquement d'y croire, continuant encore et toujours de voir le mal partout et en chacun, comme si la Terre entière conspirait en secret contre sa personne lorsqu'il avait le dos tourné. Ce n'était pas de la paranoïa, juste le désarroi d'un jeune homme meurtri devenu tristesse. Si le professeur de sciences pensait le calmer en lui assénant un énième coup de poignard, il se fourvoyait totalement. Lui dire de manière explicite que sa présence, en plus d'être agaçante, était amplement moins appréciée que celle de ce foutu trou du cul dont il ignorait tout encore maintenant ; ce n'était définitivement pas un mouvement intelligent à faire. D'ailleurs il ne préféra même pas relever ces propos déplacés et destinés à l'irriter davantage, bien trop occupé à cogiter tout seul. Bien que le geste fut en apparence très doux, il n'apprécia pas le moins du monde l'initiative qu'il prit en attrapant son poignet et se mit par conséquent à agiter son bras dans tous les sens pour le faire lâcher prise.
« Lâche-moi putain ! » hurla-t-il à nouveau sans gêne. Fort heureusement, son ancien ami consentit rapidement à lui rendre sa liberté et il put alors se tirer nerveusement les traits du visage en passant une main sur ses joues, soucieux. C'était classique de la part du britannique de péter un boulon au beau milieu de la rue, le lieu importait peu en fait. Dès qu'il n'était plus maître de ses émotions, il avait comme qui dirait ce besoin obsessionnel de la démesure en s'exprimant par le biais de cris, notamment. Il n'était pas rare non plus de le voir s'agiter de gauche à droite comme s'il ne répondait réellement plus de rien.

« Tu ne veux pas faire ça ici ? Tu ne veux pas faire quoi au juste ? » Était-ce le fait de s'engueuler avec lui qui le dérangeait ou plutôt l'endroit dans lequel ils se tenaient tous les deux ? En d'autres termes, il n'en avait strictement rien à faire de sa sale gueule de petit anglais prétentieux à partir du moment où sa couverture n'était pas menacée. Il tapota le sol du pied à ses dernières paroles et leva les yeux au ciel devant sa tentative désastreuse de politesse. « Pas besoin de faire dans l'hypocrisie, je vais y monter dans ta voiture. » râla-t-il dans sa barbe. Il entreprit de s'installer du côté passager mais croisa malencontreusement le regard d'une jeune femme qui promenait son chien en laisse, ce qui le fit s'interrompre dans sa manœuvre. Il attendit que cette dernière passe devant eux avant de s'asseoir dans la voiture dans un profond soupir las. « Homme amoureux, homme malheureux. » murmura-t-il sur le ton de la confidence après une courte minute de silence lorsque Carson le rejoignit dans le véhicule. Il se passa machinalement une main dans les cheveux avant de boucler sa ceinture, s'enfonçant bien dans son siège, les jambes croisées l'une sur l'autre et la tête tournée vers la fenêtre, ce qui le rendait plus frêle que d'habitude. « Je veux récupérer mon lapin, » souffla-t-il sans pour autant le regarder. « Redonne-moi Oreo, s'il te plaît, » renchérit-il, les poings serrés sur ses cuisses et les lèvres tremblotantes, signe que l'émotion le gagnait à grands pas malgré une tentative vaine de cacher ses yeux humides.

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Carson Haynes
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MessageSujet: Re: The rain won't fall for the both of us, the sun won't shine on the both of us.   Mer 15 Jan - 17:27

Il ne savait plus comment s’y prendre avec Baxter. Chaque jour qu’il passait loin de lui le remplissait de frustration, car le souvenir de son parfum et de la douceur de ses cheveux lui manquait ; seulement dès l’instant où son regard se posait sur lui et sur son air arrogant, qu’il croisait ses yeux qui lançaient des éclairs, il se rappelait à quel point il lui menait la vie dure et qu’il se portait comme un charme en dehors de sa vie. C’était un paradoxe désagréable qui l’empêchait d’apprécier son quotidien comme autrefois et il détestait ce ressenti. Il désirait revenir à une existence plus simple, plus paisible, certes moins colorée, comme avant qu’il ne fût engagé dans le même lycée que lui. Baxter lui avait ouvert les yeux sur des horizons nouveaux qu’il souhaitait occulter de son esprit, car ils s’avéraient trop douloureux lorsqu’il se retrouvait seul dans sa maison, le soir. C’était en grande partie sa faute s’il s’était autant attaché à Lyle, qui n’aurait jamais dû rester qu’une conquête d’une nuit mais sur lequel il avait fait une espèce de transfert émotionnel malsain. Lyle n’était pas son Baxter numéro deux, évidemment, ils étaient bien trop dissemblables pour cela, toutefois il s’en rapprochait. A ceci près qu’il était plus facile à vivre et ne lui retournait pas le cerveau toutes les cinq minutes avec ses idées d’amour. « Je ne veux pas me retrouver à la risée des gens parce qu’un gars me tape une crise de jalousie totalement ridicule, » siffla-t-il entre ses dents, si bas qu’il doutât que le professeur de mathématiques l’entendît. Mais ce n’était pas un mal, il l’aurait sans doute trucidé sur place ou, pire, se serait mis à hurler de plus belle s’il avait surpris sa réponse mal avisée. Il commençait à sérieusement regretter le départ de Lyle et de Noah, qui auraient pu les calmer chacun de leur côté, au lieu de les laisser à leur sort qui n’augurait rien de bon. Il n’était plus positif de laisser Haynes et Madden dans le même espace restreint. Et pourtant, voilà qu’il les enfermait ensemble dans l’habitacle de sa voiture, certes spacieuses, mais qui ne le serait jamais suffisamment pour assurer une entente cordiale.

Dans un raclement de gorge qui dissimulait mal sa gêne, il salua d’un mouvement de tête accompagné d’un sourire mal habile la jeune femme qui passa non loin d’eux. Paranoïa ou esprit de déduction, il crut déceler dans son expression de la moquerie, comme si elle savait qu’il ne s’agissait pas de deux simples amis mâles qui partaient en balade. Et il se mit à haït Baxter de ce qu’il lui faisait subir encore plus qu’auparavant, ce petit être ingrat et égoïste. Il finit par s’installer derrière le volant, claquant la portière plus fort qu’il ne l’aurait dû, afin d’extérioriser sa colère sur quelqu’un d’autre que son compagnon non désiré. Il grimaça lorsqu’il entendit la réplique la plus stupide de toute la soirée, et pourtant il en avait surpris des tas de sa bouche depuis le temps.
« Je te demande pardon ? » Il ne perdit pas de temps pour démarrer, souhaitant mettre au plus vite l’ensemble de cette situation derrière lui, cependant il était abasourdi par tant de mauvaise foi de sa part. Il se savait plus que novice en matière d’amour et de toutes les conneries qui en découlaient, mais de part les histoires qu’on lui avait contées et les films qu’il avait vus au cinéma, il lui était clair qu’un être humain ne pouvait pas se considérer amoureux d’un homme qui n’était personne pour lui, cela tombait sous le sens. Pourtant, c’était ce qu’il lui avait explicitement annoncé la dernière fois. Il s’en souvenait parfaitement, ses mots étaient gravés dans sa mémoire. Il secoua la tête de gauche à droite, les mâchoires serrées l’une contre l’autre quitte à se faire mal aux dents. « Je ne suis personne pour toi, Baxter, personne. Alors ne viens pas me sortir tes conneries de mec amoureux parce que ça a encore moins de sens pour moi maintenant qu’auparavant. » A dire vrai, il y avait cru à un moment donné, une fois, lors d’un instant de faiblesse qu’il regrettait amèrement aujourd’hui.

Il garda son attention dirigée sur la route, qu’il connaissait bien, pour s’être rendu plus d’une cinquantaine de fois chez Baxter, même si son esprit ne coopérait pas. Il n’avait de cesse de se demander pourquoi il l’avait pris pour cible et pourquoi il s’acharnait sur lui ; il n’avait pas l’impression de mériter un tel traitement, ni le côté positif – que quelqu’un perde son temps à tomber amoureux de lui était risible – ni le négatif – il était un type bien, au fond, qui ne cherchait pas les ennuis.
« Quoi ? Non ! » Sa réponse fut rapide, un peu trop d’ailleurs, sans qu’il n’en sache la raison. Sans doute ne souhaitait-il pas se débarrasser du dernier lien physique entre eux ? « Tant que tu as ce chat débile chez toi, je refuse de mettre Oreo en danger et de te le confier. » Même si, techniquement, c’était l’animal de Baxter et il n’avait pas son mot à dire sur la question. Il cherchait le bien-être du pauvre petit lapin sans défense avant tout. Il était encore trop petit pour ne rien risquer face à la terreur qu’était Ramses, le chat de Troy.

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MessageSujet: Re: The rain won't fall for the both of us, the sun won't shine on the both of us.   Dim 19 Jan - 10:00

Il ne l'avait pas abordé pour finir avec lui dans sa voiture. Non, sa première démarche n'avait pas eu pour but de se retrouver en tête à tête avec son ancien. Avait-il seulement réfléchi un seul instant avant d'agir ? Probablement pas. S'il venait à lui demander pour quelle raison il était sorti de nulle part et avait agi comme ça, sans doute ne saurait-il pas quoi répondre car il l'ignorait lui-même. Il se revoyait marcher aux côtés de Noah et puis plus rien. La gêne avait dès cet instant quitté son corps pour se métamorphoser en une espèce de colère incommensurable, et surtout injustifiée, au moment où ses yeux clairs avaient entraperçu la silhouette élancée du jeune professeur de sciences. Il n'avait aucunement le droit de se présenter ainsi devant lui alors qu'il se trouvait en charmante compagnie mais il l'avait fait, sans remords ni regrets d'ailleurs. Pourtant si on connaissait un minimum le personnage, il n'était pas étonnant de découvrir Carson accompagné même après une telle déconvenue entre les deux hommes. Il n'éprouvait aucune attache pour rien ni personne, si ce n'était son chien, par conséquent recommencer à faire ses courses au supermarché des homosexuels de Chicago ne représentait pas vraiment un gros challenge pour lui. Alors que non loin de lui, Baxter vivait un véritable enfer dans son petit appartement, seul comme toujours, ruminant sa peine et son mal-être sans pouvoir trouver une seule solution à son problème. Le même schéma se dessinait encore et toujours face à lui. L'abandon constituait véritablement l'une de ses plus grandes craintes et malheureusement pour lui c'était bien ce qu'il avait vécu le plus au cours des dernières années. Il avait mis un temps certain à accepter le rejet de certains de ses proches, tout comme il avait fait traîner en longueur bien trop longtemps sa relation avec Troy alors que ce dernier ne méritait que la peine de mort pour ses multiples trahisons.

Aujourd'hui le cas de figure était une nouvelle fois différent mais il amenait à la même conclusion. Quand il posait ses yeux humides sur son ancien ami, il ne voyait que l'écart fraîchement creusé entre eux et ce vide sans nom qui ne faisait que les éloigner davantage plus les jours passaient. Il aurait aimé être en mesure de lui dire des choses gentilles – pour changer un peu – car il en avait sérieusement envie mais seules sa tristesse et son amertume contrôlaient sa parole. D'accord cela remontait déjà à un an mais il ne pouvait tout simplement pas se retirer de l'esprit le souvenir de ces quatre années perdues en compagnie d'un homme qui ne pensait qu'à son petit bonheur personnel. Alors que l'amour était un échange mutuel de sentiments et de preuves d'affection. Il n'avait aucune raison de se trouver à Chicago, ce n'était ni sa ville ni l'endroit où il voulait être actuellement. En suivant Troy jusqu'ici, il avait pris le risque de tout perdre et ce fut d'ailleurs ce qui arriva par la suite. Carson pouvait bien lui lancer les regards les plus sombres qu'il était capable de faire, les ponctuant de paroles acerbes, il était bien loin de se douter, hélas, que son collègue éprouvait des choses profondes et sincères à son égard. Même s'il n'avait jamais osé le formuler à voix haute – dissimulés dans son esprit, ces mots sonnaient mieux – il pensait réellement que le professeur de sciences était la raison principale de son séjour prolongé ici. Certes avait-il bien trop misé sur leur idylle inexistante sans son accord, mais ses sentiments pour lui l'avaient fait rester à Chicago, pour rien sans doute, avec le recul nécessaire. Il ne pouvait pas juste remplir ses valises et prendre le premier avion pour Londres, sa vie étant suffisamment un échec comme cela, il était certain de ne pouvoir supporter le regard du jugement et de la réalité à travers l'expression de son paternel. L'unique flamme survivante de son espoir s'était éteinte avec sa joie et son désir de vivre, maintenant il ne lui restait plus qu'à continuer d'exister sans pouvoir appeler cela une vie.

Ses yeux dont la vue était désormais brouillée par l'émotion fixaient l'horizon par la fenêtre sans vraiment s'attarder sur un détail en particulier. Il se répétait en boucle ce que Carson venait juste d'énoncer. Son attachement pour lui avait encore moins de sens aujourd'hui qu'auparavant. On ne pouvait être davantage brusque pour le coup. Haynes se plaignait de son sort mais pensait-il à lui ? Méritait-il qu'on lui relance au visage son amour et qu'on piétine ses sentiments au sol comme on écraserait une vulgaire cigarette consumée ?
« Troy a repris Ramses la semaine dernière, » répondit-il d'une voix plate, contrairement au ton vif employé par le conducteur de la voiture. « Je veux juste... » commença-t-il avant d'être interrompu par un sanglot étranglé qui lui coupa la parole. « Je veux juste récupérer mon lapin, s'il te plaît. » reprit-il en regardant la route devant lui même s'il n'y voyait plus rien à ce stade. Pourquoi s'acharnait-il à vouloir le faire souffrir ? Pourquoi ne lui laissait-il pas la chance d'aller de l'avant, de pouvoir passer à autre chose ? Il le retenait prisonnier et refusait clairement de lui rendre sa liberté alors qu'il n'en avait strictement rien à faire de sa petite vie insignifiante. « Arrête la voiture, » souffla-t-il, dents serrées, en détachant brusquement sa ceinture. « Laisse-moi descendre ! » s'emporta-t-il ensuite en essayant d'ouvrir la portière de toute manière verrouillée quand le véhicule était en marche. Mais la seconde suivante il se pencha en avant en se prenant le visage entre les mains, à cran, tandis que ses épaules étaient victimes de petits spasmes. « J'étais persuadé que ça pouvait marcher, c'est ce que je voulais le plus... » marmonna-t-il pour lui-même, le son de ses paroles étouffé par ses paumes. Il n'allait visiblement pas bien du tout, en témoignaient ses nouveaux sursauts dus aux larmes mal contrôlées qui parvenaient à franchir les barrières que représentaient ses mains.

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MessageSujet: Re: The rain won't fall for the both of us, the sun won't shine on the both of us.   Dim 19 Jan - 11:32

Il n’avait jamais eu l’intention de le blesser. Il n’avait jamais souhaité qu’il s’accrochât à lui comme à une ancre. Il n’avait jamais désiré que de devenir son ami, de lui rendre la vie à Chicago plus agréable, parce qu’il savait pour son histoire personnelle, qu’il avait toujours trouvé cela injuste, ce que Troy lui avait fait endurer. Cela était la principale raison pour laquelle il avait été rendu presque fou lorsqu’il avait découvert que leur couple s’était reformé, sans doute un peu par sa faute. Il n’était pas un sadique désireux de le pousser toujours plus loin dans son malheur, il ne cherchait pas à l’enterrer mais bien à lui sortir la tête du gouffre dans lequel il s’était enfermé depuis des mois, voire des années. Malheureusement, il n’était pas bon dans ce domaine, il s’avérait même plutôt mauvais dans le rôle de l’ami proche. Il n’avait pas prêté attention aux barrières que l’un et l’autre avaient franchi au fur et à mesure de leurs tête-à-tête et maintenant ils se retrouvaient au pied d’un mur très haut, chacun de part et d’autre, sans possibilité de se parler sans avoir à hurler pour se faire entendre. Ils étaient également bien incapables de se regarder droit dans les yeux. Carson ne s’était jamais retrouvé dans une telle situation, il n’avait jamais dû tourner le dos à une amitié et cela lui semblait à l’opposée de ses principes, toutefois il ne voyait pas ce qu’il pouvait faire d’autre. Baxter disait l’aimer alors que ses yeux exprimaient tout le contraire. Il ne pouvait pas lire dans le cœur des hommes, ça ne faisait pas partie de ses attributions, donc il se contentait de tirer des conclusions d’après ce qu’il voyait. Or, son raisonnement aboutissait sur le principe simple que pour aller de l’avant, ils ne devaient plus se voir pendant un temps, jusqu’à ce que Baxter s’entiche de quelqu’un d’autre, quelqu’un fait pour lui, qui pourrait répondre à ses attentes et envies. Ce dont Carson était tout sauf capable.

Détournant son regard de la route une seconde, il porta son attention sur Baxter quand il lui annonça que Troy n’habitait plus sous son toit. Enfin une bonne nouvelle dans cette soirée au goût amer trop prononcé. Il se mit à hocher la tête, reprenant son rôle de conducteur avisé, traitant l’information et ne voyant rien d’étonnant à cela. La présence de ce Noah était expliquée, désormais, il avait bien été le rencard du professeur de mathématiques jusqu’à ce qu’il perde la tête et décide de ruiner leur nuit à tous.
« J’ai compris. Je te l’amènerai demain. » Il s’imaginait mal traverser la moitié de la ville à cette heure simplement pour faire voyager un lapin, d’autant plus que Madden semblait avoir grand besoin de rentrer chez lui, au chaud, de se faire couler un bain et d’oublier tous les ratés accumulés depuis quelques heures. Lui devrait se contenter d’une douche, n’étant hélas pas possesseur d’une baignoire – c’était l’une des choses qui lui manquait beaucoup depuis qu’ils ne se fréquentaient plus, il devait l’avouer. Il allait indiquer qu’ils n’étaient de toute façon plus très loin de son immeuble quand le Britannique fut pris d’une nouvelle crise de folie, qui le fit sursauter et faire un léger écart sur la route. Le Ciel soit loué, il n’y avait personne sur la voie voisine. « Tu as encore perdu la tête ?! » jura-t-il en mettant son clignotant et trouvant une place sur le côté pour s’arrêter, ce qui prit plusieurs minutes puisque l’axe routier sur lequel ils se trouvaient alors devaient être l’un des rares qui ne disposaient pas d’interminables places de parking. Ses gestes étaient nerveux, mal habiles, il n’avait pas bu beaucoup d’alcool en prévision de la route qu’il aurait à faire pour rentrer chez lui mais le stress de la situation l’empêchait d’être efficace. Il détestait se sentir impuissant de la sorte.

Il coupa le contact et déverrouilla les portières pour laisser à Baxter la liberté qu’il réclamait. Il garda les mains posées un long moment sur le volant avant de tourner la tête en direction de son ami. Toute expression d’animosité avait disparu de son visage dès l’instant où le ton de l’Anglais s’était éteint dans ses mains. Il serra la mâchoire en se redressant sur son siège, la mine fermée et insondable même s’il s’émiettait petit à petit à l’intérieur. Il ignorait de quoi il parlait, s’il faisait référence à ce qu’ils avaient partagé tous les deux ou bien à sa relation retentée avec Troy. Il ne suivait plus le fil de ses pensées, si tant était qu’il l’eut fait un jour. Peut-être mentionnait-il son rendez-vous avec Noah et le blâmait-il d’avoir croisé sa route par hasard ? Difficile d’être sûr.
« Je ne sais pas quoi te dire parce que je ne sais pas ce que tu veux, Baxter. » Il se passa la langue sur ses lèvres en avalant douloureusement sa salive, une boule s’étant formée dans sa gorge dès l’instant où il avait commencé à parler. Le pire était qu'il n'avait pas envie de discuter, il voulait le prendre dans ses bras et le réconforter de la façon la plus efficace qu soit, avec un bon gros câlin. « J’ai fait de mon mieux pour être là pour toi, pour t’aider, mais tu m’as fait comprendre que ce n’était pas suffisant. Maintenant, je ne comprends pas pourquoi tu continues d’agir comme ça vis-à-vis de moi, surtout après ce que tu m’as dit la dernière fois. » Il avait été clair, net et précis, il ne représentait rien pour lui. « Je suis un connard, j’en ai conscience, mais je ne peux pas être responsable de tous tes maux, » termina-t-il dans un soupir las, signe d'abandon définitif.

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MessageSujet: Re: The rain won't fall for the both of us, the sun won't shine on the both of us.   Dim 19 Jan - 17:55

Certes Carson n'était-il pas très doué – pour ne pas dire pas du tout – en romance entre deux individus, hommes et femmes confondus, mais il ne pouvait être à ce point ignorant non ? Se pouvait-il qu'il fut réellement insensible à toutes formes de sentiments humains ? N'était-il pas un professionnel de la science ? Il ne devait donc pas ignorer toutes les sensations susceptibles de parcourir le corps d'un Homme ? Parfois il était facile de se demander si l'enseignant ne faisait pas un tri sélectif même pour sa profession et se plaçait davantage du côté des animaux, insectes et végétaux dans le but de ne pas avoir à se confronter à ses propres émotions. Car le corps et le cœur d'un être humain pouvaient réagir de manière bien étonnante. Mais à en juger par ses multiples réactions et attitudes peu concernées, Carson devait être aveugle, tout simplement, il ne voyait plus aucune explication possible à ce niveau là de leur relation. Même le spécimen le plus froid de tous les terriens ne pouvait rester indifférent aux larmes de son confrère mais avant tout ami. Comme à chaque fois qu'ils se croisaient dernièrement, Baxter donnait l'impression d'être lessivé, totalement au bout du rouleau, et pleurait à chaudes larmes sans pouvoir contenir sa tristesse ; la tâche était d'autant plus difficile dans un environnement aussi petit et restreint. Bien sûr il possédait une fierté, comme tout le monde, mais celle-ci avait tendance à s'effacer au profit d'une soumission certaine dès lors qu'il se retrouvait un peu trop près du jeune homme. Loin d'être innocent, il avait aussi son petit caractère qui le poussait à se montrer odieux en retour mais sans doute regrettait-il ses propos plus vite que son collègue et cela se terminait généralement en sanglots déplorables. Il n'avait, hélas, pas toujours été d'un tempérament aussi pitoyable mais Carson devait accepter sa nouvelle nature, il n'avait pas vraiment le choix car il l'avait récupéré ainsi, en pièces détachées. Sauf qu'il n'avait pas eu connaissance de cette information dès le début de leur amitié, le britannique ayant su dissimuler ses faiblesses derrière un petit jeu duquel il ne sortait de toute évidence pas vainqueur. Le grand échalas pouvait se sentir trahi, c'était parfaitement normal, mais la réalité le frappait de plein fouet. Il avait obtenu un lot dont l'état s'était avéré plus que mauvais. De l'occasion aurait sans nul doute pu passer sans aucune difficulté bien que du neuf avait été promis, mais cette fois il devait véritablement se rendre compte que la marchandise n'était plus bonne à rien. C'était on ne pouvait plus vrai. Que pouvait-il désormais tirer de Baxter Madden ? Pas grand-chose hormis du liquide lacrymal.

Vidé de l'intérieur, il n'eut aucune réaction corporelle visible lorsque le véhicule quitta brièvement sa trajectoire et ne prit même pas la peine de répondre à sa question rhétorique. Il avait clairement perdu la tête, nul besoin de le répéter, ils le savaient tous les deux. Dans un soupir las suivi d'un hoquet, il ouvrit la portière dès que cela fut possible et posa ses deux pieds au sol, désormais placé dos à Carson. Il inspira un grand coup, ayant besoin de renouveler l'oxygène dans ses poumons par un air plus frais et pur que toute la fumée de tabac qu'il pouvait emmagasiner en une journée.
« Tu n'es pas responsable de tous mes maux, » balbutia-t-il finalement en s'essuyant vigoureusement les yeux. « Je suis désolé si je t'ai donné cette impression, » conclut-il en se mordillant la lèvre inférieure tandis qu'il revenait se placer à l'intérieur de la voiture. Il soupira à nouveau pour se donner un peu plus de courage et reprendre ses esprits avant de reboucler sa ceinture dans des gestes beaucoup moins nerveux. Carson n'était qu'un souffre-douleur dans toute cette histoire, depuis le début, et il le comprenait seulement à l'instant. Tout comme lui, il était aussi l'une des victimes de Troy O'Meara, mais à la différence du jeune anglais c'était indirectement qu'il en pâtissait. « On peut repartir, » assura-t-il d'un ton plus calme après avoir claqué la portière. Ils n'étaient plus très loin de chez lui, alors cohabiter ensemble cinq minutes de plus n'allait pas les tuer. Cette fois-ci, il demeura silencieux durant le reste du trajet et posa aussitôt sa main sur la poignée lorsque la voiture s'arrêta devant son immeuble. Il resta immobile quelques secondes puis tourna le haut de son corps vers le conducteur du véhicule, les traits tirés par la fatigue et les yeux bouffis à cause des larmes. « Est-ce que tu peux passer en fin de matinée, s'il te plaît ? J'aimerais dormir un peu demain... » Compte tenu des événements de la soirée, un somnifère s'imposait, sans quoi il ne parviendrait probablement pas à fermer l’œil. Et les cachets restaient définitivement la meilleure solution pour mettre son cerveau en mode off, peu importait les raisons.

Au lieu de sortir à la suite de ce qui venait d'être dit, la conversation étant visiblement terminée, Baxter ne bougea pas et resta à moitié incliné dans la direction du professeur de sciences. Incapable jusqu'alors d'affronter son regard à la fois hypnotisant et violent, il ne pouvait désormais plus s'en défaire. Ses yeux clairs plissés de fatigue sondaient les siens comme s'il cherchait à percer le moindre de ses secrets inavoués. Tentative qui se solda par un énième échec ; soit Carson n'avait rien à cacher soit il était véritablement insensible comme il s'était toujours évertué à lui dire sans parvenir à le convaincre. Ses paroles, son comportement, le son de sa voix, tout portait à croire que son ami avait finalement abandonné toutes possibilités de rester en contact avec lui. Même s'il avait très bien reçu le message et le comprenait réellement cette fois, il tint toutefois à lui faire des 'adieux' qui lui ressemblaient personnellement. Posant une main sur sa cuisse pour prendre appui, il se pencha vers lui et plaça son autre paume sur sa joue à la fois douce et rugueuse avant de capturer ses lèvres dans un baiser délicat et extrêmement soigné comme s'il tenait à prendre son temps pour bien faire les choses. Lorsque l'échange prit fin, il laissa son souffle chaud s'échouer contre sa fine bouche un quart de seconde puis se redressa brusquement, revenant aussitôt à la réalité.
« Je ne te retiens pas plus longtemps, tu es attendu. » Et il s'empressa alors de sortir du véhicule dans des gestes presque maladroits, refermant la portière sitôt dehors. Il regagna l'entrée de son immeuble sans adresser un seul regard en arrière, car s'ils voulaient tourner la page une bonne fois pour toute, il devait regarder devant lui et uniquement devant lui. Mais une fois seul dans la cage d'escalier, il s'octroya le droit de fondre à nouveau en larmes, grimpant les marches sans véritablement voir ces dernières. Existait-il un individu plus désespéré que lui sur Terre ? Il fallait vraiment n'avoir plus aucune estime de soi-même pour embrasser, de sa propre initiative, l'homme pour qui on éprouvait de solides sentiments mais qui en retour ne ressentait rien et qui, surtout, s'apprêtait à finir la nuit dans d'autres bras que les siens ; comme cela avait pu être clairement dit plus tôt par le principal intéressé. Baxter, abattu ? Le mot était encore bien trop faible.

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You have your doubts the same way I do. When you're wrapped safe in my love, that's the truth.

We give, we take, we mend, we break and so the cycle goes. We're doing well, we've been through hell, and only heaven knows how far we get to. Thank God I met you though, and if you don't know, just put your hand on my heart. Put your hand on my heart, and I don't have to say it, and I don't have to think it. Just put your hand on my heart, you'd know.
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Carson Haynes
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MessageSujet: Re: The rain won't fall for the both of us, the sun won't shine on the both of us.   Dim 19 Jan - 22:31

L’empathie n’était pas sa qualité première, cependant voir Baxter dans un tel état de détresse ne le laissait pas insensible. Son expression pouvait bien ne rien laisser paraître, parce qu’il avait l’habitude du refoulement émotionnel, cela ne signifiait pas qu’il n’était pas rongé de l’intérieur par son incapacité à lui venir en aide. Il n’était pas en mesure de faire un pas dans sa direction puisqu’il s’était promis de faire cesser leurs conneries une bonne fois pour toutes. Il ne ferait plus souffrir son ami, jamais, et tant pis si pour cela ils devaient couper définitivement les ponts. C’était le prix à payer, le sacrifice à faire et il laisserait de côté ses sentiments personnels au profit de ceux du petit Britannique, parce que ce dernier méritait d’aller de l’avant plus que lui ne mériterait jamais d’être aimé par un tiers. Carson possédait une liste longue comme le bras de défauts, mais l’égoïsme n’en était pas un, contrairement à ce que Baxter pouvait penser de lui. Il savait s’effacer quand il le fallait, pour ses proches. Il ne chercha pas à répondre à ses justifications et excuses, il n’avait rien à en dire, plus maintenant. « D’accord, » souffla-t-il après avoir pris quelques secondes pour s’assurer qu’il était effectivement en état de repartir puis il remit le contact et redémarra pour les quelques pâtés de maisons qu’il leur restait à couvrir. Des tas de pensées et d’interrogations se bousculaient dans son esprit mais il jugea préférable de les garder pour lui, de ne pas entamer d’autres conversations qui ne finiraient certainement pas bien. Il cherchait, certes, à mettre un terme à ce qu’ils avaient, toutefois il ne désirait pas le quitter sur de trop mauvais termes. Au contraire. Baxter lui était bien trop précieux pour qu’il ne lise plus que de la haine et du dégoût dans ses yeux. Il se contenterait d’indifférence, rien de plus et rien de moins.

Il gara son véhicule en double-file devant son immeuble, pour lui éviter d’avoir trop à marcher, et hocha la tête, le regard toujours rivé sur la route.
« Comme ça t’arrange, oui, je viendrai en fin de matinée. » Ils avaient tous les deux bien besoin de sommeil, de toute façon. Il se força à esquisser un sourire encourageant, malgré la difficulté de la chose, et tourna la tête vers lui, pour apprécier une dernière fois son joli profil, le dessin de ses cheveux fous et de cette barbe qu’il n’avait pas eu l’occasion d’apprécier à sa juste valeur. Tel un adolescent timide, il perdit son sourire et son visage se ferma à nouveau dès que son regard croisa celui de Baxter ; il aurait voulu se montrer engageant mais n’y parvenait tout simplement pas. Il avait l’impression d’être un hypocrite, à vouloir faire bonne figure devant lui alors que son cœur de pierre était en train de s’émietter à mesure que l’inévitable se rapprocher. Le professeur de mathématiques avait toujours eu le don de le surprendre, et ce depuis les premiers instants, de part son comportement, de part ses anecdotes, même si avec le temps, Carson avait pris le pli de le voir venir, de prévoir ses faits et gestes qui étaient alors dictés par l’habitude. Néanmoins, il ne vit pas arriver le coup suivant et ne put l’accueillir que dans un long soupir tandis que ses lèvres allaient à la rencontre des siennes, dans un ultime ballet au pathétisme déroutant. Il ouvrit ses longs doigts non loin du rebord de sa veste mais les referma dans le vide, pour ne pas s’accrocher à lui, pour ne pas se donner de faux espoirs. L’humidité des joues de Baxter prouvait bien qu’il ne s’agissait de rien d’autre qu’un baiser d’adieu, il devait faire avec et l’accepter. Toutefois la tendresse de cet échange, la douceur de sa bouche, l’empêchèrent de voir quel pouvait être le point positif dans cette histoire. Ils se séparaient alors qu’ils s’adoraient. Où diable était la logique ? Baxter l’aimait et Carson n’avait que son bonheur à cœur, cela devait signifier quelque chose, une entente n’était pas impossible. Aucun au revoir ne fut échangé, il se contenta de le suivre des yeux une minute avant de redémarrer, de partir loin. Pour ne revenir que le lendemain.

« Excusez-moi de vous déranger, je suis Carson, un ami de Baxter, nous nous sommes déjà croisés plusieurs fois… Je devais lui ramener quelque chose mais il ne répond pas, est-ce que vous pouvez m’ouvrir et prendre le paquet jusqu’à ce qu’il se réveille ? Je suis désolé d’avoir à en arriver là mais je ne serai pas en mesure de repasser plus tard… » Après de plus amples explications quant à sa venue ici et un large sourire offert à l’interphone, l’Américain put pénétrer à l’intérieur du bâtiment et confia la garde d’Oreo à la voisine de Baxter qui le gratifia d’un long regard suspicieux. Il la savait proche du Britannique, elle ferait la commission et il pouvait lui faire confiance pour lui rendre son animal en bon état. Il jeta un coup d’œil à sa montre, prétextant être attendu ailleurs, redescendit les escaliers avant de revenir sur ses pas. « Est-ce que vous pourrez aussi lui dire que je suis désolé de l’avoir manqué ? Je n’ai pas voulu déranger, je l’ai déjà assez fait comme ça. » Il esquissa un nouveau sourire triste puis, cette fois, disparut dans la cage d’escalier sans jamais reparaître. « C’est fini, maintenant, » murmura-t-il pour lui-même en remontant dans sa voiture. Il était temps de tourner la page Baxter Madden et de commencer un nouveau chapitre avec toutes les cartes qu’il avait placées dans ses mains.

[topic terminé]

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MessageSujet: Re: The rain won't fall for the both of us, the sun won't shine on the both of us.   

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The rain won't fall for the both of us, the sun won't shine on the both of us.
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