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 You're such a hard act for me to follow.

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Carson Haynes
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MessageSujet: You're such a hard act for me to follow.   Ven 31 Jan - 22:36



I don't know where to start, I'm just a little lost, I wanna feel like we're never gonna ever stop. I don't know what to do, I'm right in front of you. Asking you to stay, you should stay, stay with me tonight.

« Vous avez vu l’état de Haynes ? Il se rase un jour sur trois et je ne me souviens pas l’avoir vu sourire, même ironiquement, depuis vous-savez-quoi… »
« Quand je pense que c’est ce pauvre Baxter qui a pris alors que c’est flagrant que c’est lui qui se la tapait depuis le début… »

Trois heures. Il avait fallu trois heures de trajet au troupeau d’enseignants binoclards pour mentionner cette histoire. Ils avaient choisi de partager les derniers ragots du lycée et attendu que Carson s’endorme – ou prétende le faire, en l’occurrence – pour murmurer son nom. Quelques semaines auparavant encore, il n’aurait raté pour rien au monde l’occasion de leur sauter à la gorge et d’enfoncer leur nez dans la merde qu’il débitait, sauf que ce jour-là, il n’était pas suffisamment en forme pour ce faire. Extérieurement, pourtant, il paraissait relativement sain de corps ; l’augmentation conséquente dans la fréquence de ses sorties jogging avait contribué à développer sa masse musculaire tant et si bien qu’il était impossible ou presque de remarquer qu’il maigrissait. Lui-même ne prêtait guère attention à son enveloppe corporelle, trop occupé à occuper son esprit pour éviter de se confronter au vide intersidéral qu’était devenue son existence. A la rentrée scolaire, il avait été le plus heureux des hommes, retrouvant ses collègues et en découvrant de nouveaux, récupérant ses amis et s’en faisant d’autres, mais force était de constater que les temps avaient changé au cours de ces derniers mois et il était désormais l’être le moins populaire de tout le lycée – lycéens mis à part, ils ne comptaient pas dans l’équation qui l’intéressait. Ses sorties privées se raréfiaient également, et il se transformait peu à peu en ermite. Seul Lyle le tirait ponctuellement de la monotonie dans laquelle il s’était enfermé, toutefois même ce dernier commençait à prendre le large, il n’était plus aussi présent qu’auparavant. Et le pire était qu’il ne lui manquait même pas. C’était comme si plus rien n’avait de saveur maintenant qu’il avait perdu ses deux plus proches amis.

Si l’idée de savoir Ana à des milliers de miles de là était douloureuse, le fait de partager la promiscuité de Baxter sans pouvoir lui adresser la parole n’était pas plus supportable. Au contraire, le trajet jusqu’Indianapolis était un véritable calvaire, trois heures à sentir sa présence à quelques sièges du sien, trois heures à jeter des coups d’œil dans le miroir installé à l’avant du car pour tenter de discerner le haut de sa tignasse. Trois heures de torture cérébrale contre lesquelles il ne pouvait rien, qu’attendre que ça se passe. La décision de se rendre à cette conférence, dont Carson était habitué depuis son arrivée au lycée de Chicago, avait été prise en accord avec les deux partis, à l’époque où ils supportaient encore de se regarder en face et plus si affinités ; ils avaient alors songé qu’un petit week-end en plein milieu de la semaine, dans un hôtel payé aux frais de l’établissement, serait un plan sympathique pour eux. A cette époque, aucun des deux n’avait pu imaginer qu’ils en viendraient à un tel point, à ne plus être en mesure de se parler ne serait-ce que de manière cordiale. Ils avaient surestimé leur amitié et sous-estimé le pouvoir de la rancœur. Il n’existait plus rien de leur relation passée, les dernières semaines écoulées avaient balayé jusqu’aux efforts délivrés par Carson pour prétendre que rien n’avait changé, professionnellement parlant, et leurs échanges étaient parvenus au niveau zéro. Voire plus bas, étant donné les regards noirs que Baxter lui offrait dès qu’il avait le malheur d’entrer dans son champ de vision ou son espace vital au détour d’un couloir trop bondé. Il s’agissait d’une situation qui ne plaisait guère au professeur de sciences mais il n’était rien qu’il fût en mesure de faire pour la combattre, il ne pouvait que la subir. Et attendre, là encore, que ce sentiment de vide laissé par le jeune Britannique se dissipât.

D’ordinaire, Carson était un bon public, il accueillait toujours avec grand plaisir le savoir dispensé par ses pairs lors des diverses conférences présentées. Cette année, pourtant, sa concentration lui faisait défaut et il n’écoutait le tout que d’une oreille distraite. Il avait le sentiment de ne pas être à sa place, d’avoir besoin d’être ailleurs. Il profita d’un intermède entre deux allocutions pour s’éclipser de la grande salle spécialement prévue pour cet effet et abandonna ses collègues venus de tous horizons à leur buffet gratuit de petits fours et d’alcool. Il prit l’air le temps d’une cigarette puis retourna à l’intérieur, non pas dans l’intention de revenir prendre part à cette mascarade hypocrite mais bien de rejoindre la chambre réservée à son nom. Dans ses souvenirs, les matelas avaient toujours été confortables et il avait hâte de profiter d’une bonne nuit de sommeil pour oublier au moins temporairement ses tracas. Dans l’ascenseur qui ne tarderait pas à le mener jusqu’au haut étage inscrit sur sa clé, il frotta ses yeux fatigués par le long trajet tandis que les portes se refermaient lentement. Il entendit une voix appeler après lui – sans savoir son nom, juste s’écriant de retenir l’ascenseur – et son réflexe primaire fut de bloquer le mécanisme avec le livre qu’il avait acheté quelques heures plus tôt. Dans un fracas, les portes se rouvrirent sur une silhouette bien plus que familière. Il ouvrit la bouche pour dire quelque chose, n’importe quoi, puis la referma dans le vide en se décalant d’un pas sur le côté pour laisser entrer Baxter.

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Baxter Madden
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MessageSujet: Re: You're such a hard act for me to follow.   Sam 1 Fév - 16:46


I wish you were a bad man. I wish you made it easier. I wish you'd done something unforgivable 'cause holding onto you is all that I can do until I learn the hands around my throat are my own.

« Est-ce que cette place est libre ? »
« Euh... »
« Je peux m'asseoir ? »
« Je ne préfère pas. »
« Oh... »
« Non non, ce n'est pas ce que tu crois. Je suis malade en transport, il vaut mieux que je reste seul. »
« D'accord, on se voit plus tard alors. »

Difficile de savoir si Baxter Madden mentait délibérément pour se débarrasser de sa très chère collègue, professeur de mathématiques elle aussi, ou bien s'il se sentait vraiment mal. Une chose était néanmoins sûre, le jeune anglais n'éprouvait aucune gêne réelle à effectuer un long voyage comme celui-ci dans un car scolaire. Les transports ne le rendaient pas le moins du monde malade s'il se trouvait auparavant dans un bon état de santé, par conséquent il s'agissait ni plus ni moins d'un mensonge intentionnel. Il n'avait rien contre la jeune femme, ils s'entendaient même plutôt bien. La petite rouquine était adorable, elle ne dépassait pas le mètre soixante mais celle-ci se montrait parfois un peu trop curieuse, comme si elle pensait qu'ils étaient deux amis de longue date. Elle profitait de la moindre petite occasion pour lui faire subir son interrogatoire régulier. Si au début il se prêtait joyeusement au jeu, aujourd'hui il avait un peu perdu patience avec ce genre d'individus. Adieu flegme britannique. Ces foutus américains étaient parvenus à avoir sa peau, maudit pays ! Toutefois il ne souhaitait pas se mettre tous les enseignants à dos, comme pouvaient le faire consciemment certaines personnes, de ce fait il restait toujours très poli bien que visiblement détaché. Adressant un petit signe de la main à sa collègue, agitant de l'autre le sac à vomi mis à disposition pour tous derrière les sièges, il put s'offrir le luxe de voyager sans aucune compagnie à ses côtés. De toute manière, il semblait y avoir suffisamment de places pour tout le monde. Les professeurs voyageaient avec un bus du lycée et n'étaient guère nombreux, du coup chacun pouvait s'octroyer deux fauteuils au lieu d'un. Les plus bavards, bruyants et surtout sociables se tenaient à l'avant du véhicule, tous regroupés ensemble, tandis qu'à l'arrière trônaient les quelques reclus volontaires comment involontaires. Baxter avait choisi de se placer lui-même à l'écart afin de passer trois heures tranquille, loin du brouhaha et des discutions inintéressantes. Son teint plus pâle que d'ordinaire donnait une autre dimension à ses cernes clairement plus visibles, ou bien était-ce dû à cette bonne barbe drue qu'il avait nonchalamment laissé pousser.

Il n'avait même pas pris la peine de s'informer du nombre de miles qui séparaient les deux grandes villes et trouva par conséquent le temps bien long, seul dans son coin, même s'il passa la moitié du trajet à dormir la tête paisiblement appuyée sur un pull lui-même posé contre la fenêtre.  Patraque et indiscutablement pas très en forme, le jeune homme suivit sans grande motivation le petit troupeau tout droit venu de Chicago. Certains semblaient surexcités à l'idée d'assister à cette conférence scientifique – comme si cette sortie était la seule possibilité pour eux de quitter la ville un moment – et Baxter était sans nul doute le moins enthousiaste de la bande. Il se contentait de se comporter en parfait petit mouton des prairies et marchait silencieusement derrière ses confrères, s'asseyant lorsque cela était demandé. Il se surprit à tenir une bonne partie de l'après-midi et de la soirée mais vint un moment où la saturation atteignit des sommets. La fatigue, le moral dans les chaussettes, sa thérapie médicamenteuse, bref la vie, tout semblait affaiblir ce petit bonhomme qui avait par ailleurs perdu quelques kilos dans la bataille. Histoire de se remplir un minimum l'estomac, il effectua un rapide détour par la case buffet gratuit et grignota plusieurs petits fours avant de s'attaquer à l'alcool, comptoir extrêmement plus intéressant que le précédent. Une fois qu'il se sentit suffisamment alcoolisé, il se décida à quitter la réception pour regagner sa chambre qu'il n'avait pas encore eu la chance de visiter. Peu importait la décoration mise en place à dire vrai, il désirait seulement s'effondrer sur un matelas épais et comater jusqu'au lendemain.

Bien qu'étant professeur de mathématiques, il n'avait aucune vraie raison de se trouver ici. Tout comme il ne trouvait aucune justification à sa présence à Chicago. Ce n'était clairement pas une destination faite pour lui mais à défaut d'avoir un véritable endroit qu'il pourrait appeler sa maison, il se devait de vivre comme un nomade, certes au domicile fixe.
« Retenez l'ascenseur, s'il vous plaît ! » meugla-t-il en courant le plus rapidement possible jusqu'à l'appareil, dans lequel il s’engouffra sans même regarder autour de lui. « Merci, » dit-il, à bout de souffle, une fois les portes closes. Il respira bruyamment tandis que ses yeux clairs et plissés détaillaient attentivement les longues jambes de l'individu qui se tenait debout à ses côtés. Oups songea-t-il, en déglutissant sans discrétion aucune. Le hasard faisant extraordinairement bien les choses, hmm hmm, ils avaient tous les deux atterri dans un building impressionnant et leurs chambres respectives semblaient se trouver aux étages les plus hauts, forcément. Il demeura silencieux durant de longues secondes gênantes jusqu'à finalement lever pleinement le regard vers son ami dont les lèvres remuaient sans parvenir à lâcher le moindre son. Il crut entendre ce qui ressemblait à un faible 'je' mais il choisit de l'interrompre aussitôt dans sa tentative de communication en le repoussant brusquement contre un mur de l'ascenseur, les mains à plat sur son torse. La bouche mi-ouverte et la tête inclinée vers le haut pour pouvoir le regarder, il se plaça sur la pointe des pieds et sans plus attendre captura ses lèvres dans un baiser fiévreux fait de frustration. Ces derniers temps, Baxter n'était plus la personne réfléchie qu'il avait pu essayer d'être des mois auparavant lorsqu'il avait débarqué dans cet environnement nouveau. Il agissait bêtement et évitait de trop gamberger sur sa vie actuelle, ce qui le plaçait dans une position peu agréable quand on connaissait ses antécédents. S'agissait-il d'un manque évident (et viscéral) ou bien faisait-il une nouvelle fois preuve de pathétisme ? Sans doute un peu des deux. On était en droit de se poser la question car ses mains remontaient désormais jusqu'à son cou, détachant au passage le badge de Carson qui portait son nom en le plaquant toujours plus contre le mur.

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Carson Haynes
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MessageSujet: Re: You're such a hard act for me to follow.   Sam 1 Fév - 18:05

Il se souvenait d’une époque, pas si lointaine, durant laquelle il n’aurait pas le moins du monde été dérangé par une telle promiscuité avec le jeune professeur de mathématiques. Il se languissait même autrefois de ces tête-à-tête, illuminations de ses semaines souvent trop longues, et du contact de sa chair contre la sienne. Cette période avait été bénie par une complicité qu’il n’avait jamais connue avec personne et, comme toujours, il n’avait réalisé cela qu’une fois qu’il l’avait perdue. Il refusait de compter les fois où il l’avait forcé à s’éclipser au petit matin, ou celles où lui-même s’était enfui sur la pointe des pieds avant son réveil ; il avait agi avec lui comme il l’avait fait avec toutes ses autres conquêtes sans prendre la peine de s’arrêter une seconde et de se rendre compte qu’il n’avait rien de comparable avec le reste. Haynes n’avait jamais souri tout seul à la simple pensée des courbes dévêtues de ses coups d’un soir, il n’avait jamais discuté avec eux durant des heures par SMS alors qu’il aurait dû être en train de corriger des copies, il n’était jamais au grand jamais parti en week-end avec l’un ou l’autre. Non, tout cela, il ne l’avait vécu qu’avec Baxter. S’il n’avait rien trouvé d’anormal à ces actions lorsqu’il était encore en plein dedans, le recul lui permettait de peindre la toile entière de leur relation et il comprenait alors que, malgré ce qu’il avait pu dire et penser, le Britannique n’était pas celui qui s’était fourvoyé tout du long. Il ne s’était pas fait d’illusions quant aux nombreux moments qu’ils avaient partagés, c’était Carson qui avait joué à la sourde oreille et refuser de croire en l’évidence même. Le fait de n’avoir aucunement rencontré d’homme suffisant pour lui faire comprendre que la vie de célibataire n’était pas celle qu’il lui fallait ne signifiait pas qu’il était incapable d’ouvrir son cœur. La preuve, il devait bien avouer, désormais, que Baxter était entré dans le sien à grands coups de pieds et, malheureusement, il était trop tard pour lui dire en face. Il ne l’avait que trop repoussé par le passé pour faire machine arrière et espérer le ramener auprès de lui. Ce qu’ils avaient vécu avait été beau le temps que ça avait duré, mais cette époque était révolue. Ils n’étaient plus rien l’un pour l’autre, ils se l’étaient clairement annoncé lors de leurs dernières entrevues.

Il n’appréciait pas la sensation d’oppression qu’il ressentait depuis qu’il avait eu la mauvaise idée de retenir les portes de l’ascenseur. Il avait un bon fond, il l‘aurait fait pour n’importe qui, mais il commençait à regretter d’avoir permis à Baxter d’entrer de la sorte dans son espace vital. Le silence pesant qui suivit la fermeture des portes n’aida en rien à alléger l’atmosphère. Pourtant, être imprévisible et surprenant comme à leurs débuts, le petit brun réussit à ôter le malaise dans l’étroit habitacle en se jetant, littéralement, sur lui. Carson crut dans un premier temps qu’il allait se venger de tout le mal qu’il avait pu – inconsciemment – lui faire d’un revers bien placé, toutefois la réalité fut toute autre et le prit de court. Il fit bel et bien preuve de violence, rapidement, afin de le repousser dans un coin de la cage d’ascenseur, ce qui tira au grand gaillard une bruyante expiration. Que lui prenait-il ? Il baissa les yeux sur lui, son cœur battant la chamade à cause des ridicules centimètres qui séparaient leurs deux visages et qu’il ne faisait que réduire au fil des secondes, jusqu’à faire se rencontrer leurs lèvres comme elles l’avaient fait des centaines de fois par le passé. Guidé par ses réflexes d’homme des cavernes, il ne chercha pas un instant à le repousser, au contraire, il s’attacha d’une main à sa taille, tandis qu’il ne savait pas trop quoi faire de l’autre, toujours encombrée par ce bouquin inutile qu’il avait acheté pour s’occuper le soir même. Sauf qu’il semblait avoir trouvé une occupation plus passionnante, désormais. Même si, non, ce n’était pas une option. L’haleine de Baxter empestait l’alcool, il était flagrant qu’il ne se trouvait pas dans son état normal, profiter de lui aurait été une honte. Il ne l’avait déjà que trop fait précédemment. Sa vulnérabilité n’était pas un jeu, encore moins un préliminaire.

L’ascenseur fit une halte à la moitié du trajet jusqu’aux plus hauts étages et Carson prit cela comme un signe du destin ; il fit un pas sur le côté pour s’éloigner de Baxter et essuya l’excédent de salive sur ses lèvres alors qu’un couple de trentenaires les rejoignait à l’intérieur. Il les salua poliment avec un sourire, occultant volontairement le Britannique qui n’était plus dans son champ de vision mais avec lequel il continuait de partager un contact rapproché puisque ses doigts jouaient machinalement avec le bas de sa chemise, dans un geste si discret que les nouveaux arrivants ne remarquèrent rien. L’enseignant se sentait sous pression, d’avoir son Baxter à portée de main, consentant, et de ne pouvoir rien en faire parce qu’ils s’étaient jurés de ne plus se voir, que c’était ce qu’il leur fallait, de la distance, de la sérénité d’esprit qu’ils ne pouvaient trouver en compagnie l’un de l’autre. Les minutes qui suivirent parurent interminables à Haynes qui respirait plus fortement qu’il ne l’aurait désiré, l’odeur entêtante de son ancien ami lui titillant les narines et décuplant son besoin de le tenir contre son corps. Finalement, trouvant l’ascension trop lente, le couple décida de sortir afin de prendre un autre ascenseur qui leur permettrait de rejoindre plus rapidement l’extérieur. Quelle bonne idée.
« Bonne soirée, » leur souhaita-t-il avec son expression la plus innocente et sympathique, n’attendant qu’une chose : que les portes se refermât derrière eux afin de pouvoir reprendre les choses sérieuses avec Baxter, aussi mauvaises ces choses furent. Il se retourna sur lui et attrapa son menton en coupe, se penchant pour faire se rencontrer leurs visages, tel l’aimant et le métal, sans possibilité d’esquiver. « C’est quoi ton numéro de chambre ? » articula-t-il péniblement entre deux baisers bruyants tandis qu’il vérifiait d’un œil le niveau auquel ils se trouvaient.

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Baxter Madden
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MessageSujet: Re: You're such a hard act for me to follow.   Jeu 6 Fév - 19:58

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L'alcool aidait très certainement le jeune enseignant à libérer ses désirs et frustrations les plus enfouis en lui, sans ressentir de la gêne ou un quelconque regret, du moins pour le moment. Il n'était pas un alcoolique, juste anglais, et même s'il lui arrivait bien souvent de se livrer aux bras tentants de ces boissons enivrantes il n'en était pas pour autant dépendant. A dire vrai, son truc à lui était davantage les médicaments, qui avaient le mérite de le casser bien comme il le fallait. Tout ce qu'il souhaitait c'était faire disparaître la douleur, de n'importe quel moyen d'ailleurs, alors il choisissait régulièrement les solutions les plus simples qui s'offraient à lui. Aujourd'hui, comme souvent en fait, il ne se sentait pas du tout à sa place et avait la désagréable sensation d'être entouré de tout un tas d'étrangers, ce qui était totalement vrai en un sens sauf qu'il comptait aussi l'ensemble de ses collègues dans le lot. Carson et tous ces prétendus scientifiques, tous. Ils semblaient tous nager comme des petits poissons dans la mer excepté lui, de toute évidence on ne lui avait pas appris à se dépatouiller dans l'eau et il se contentait de flotter à la surface, partant bien entendu seul à la dérive sans personne pour le secourir. Il s'agissait exactement de son ressenti face à la situation actuelle. Bien que menu et pas forcément grand, on le voyait plus ou moins, on le remarquait sans le voir. On le notait présent comme les professeurs le faisaient avec leurs propres élèves et à ce moment là, il devait se démerder dans son coin. Il ne se sentait pas impopulaire, à l'image des pauvres lycéens mis sur le banc de touche depuis des années, encore moins dans un tel groupe d'enseignants que les domaines de prédilections rapprochaient. Et pourtant cela ne l'empêchait pas d'éprouver une forme de rejet de leur part, ou bien se mettait-il lui-même à l'écart ? Il n'avait aucunement envie de plaisanter avec eux pour la simple et bonne raison qu'il ne désirait se rapprocher de personne ces temps-ci, ce n'était pas plus compliqué. L'humanité le dégoûtait en quelque sorte et il n'était 'bien' qu'une fois enfermé entre les quatre murs de son petit appartement. Cette phase dépressive de son existence n'allait pas durer éternellement mais pour le moment elle semblait persister dans le temps, étant donné le peu de changements constatés dans son quotidien cette période promettait de continuer encore un peu.

Malgré les nombreuses idées noires qui pouvaient le traverser récemment, la présence de son collègue dans cet espèce restreint ne lui déplaisait pas le moins du monde. Dans son for intérieur, il n'arrivait pas à passer l'éponge sur certains épisodes de leur histoire, leur historique était bien trop péniblement complet pour être effacé en un claquement de doigt. Seulement ce soir il ne tenait plus, tout simplement. L'odeur de son parfum masculin l'enivrait tout entier tandis que ses longues et interminables jambes le faisaient se sentir ridicule plus les secondes s'écoulaient. Se tenir ainsi debout devant Carson lui rappelait aussitôt les quelques centimètres qui éloignaient sa tête de la sienne. Lui qui se sentait déjà suffisamment bête comme cela, faire face à ce visage angélique sculpté par des dieux grecs ne l'aidait pas vraiment à garder la tête froide. Si jusqu'à présent il prétendait avoir oublié la douceur que pouvaient exprimer ses petits yeux en amande, aujourd'hui le souvenir revenait le frapper de plein fouet. Et l'impact était tout sauf agréable. Comme une violente claque assénée sans prévenir, par surprise. Son regard clair n'avait pas mis longtemps à le faire défaillir, quelques secondes tout au plus, et visiblement sa propre réaction n'étonnait pas que lui. Le savoir si proche de lui l'angoissait à un point qu'il n'avait jamais connu auparavant mais la simple vue de sa clavicule saillante suffisait à lui faire oublier tous leurs précédents différends, très nombreux par ailleurs.

Si Carson choisit d'agir le plus naturellement possible à l'arrivée d'un autre couple dans l'ascenseur, Baxter, lui, se sentit immédiatement sous pression, prenant une si grande inspiration que ses narines se rétractèrent. Ses grands yeux observèrent fixement les deux jeunes gens lorsqu'ils se placèrent devant eux et même quand ils leur présentèrent leurs dos, il ne détourna pas le regard un seul instant. Puis ils prirent la décision de les abandonner à un étage qu'il ne retint même pas et se crut fautif un quart de seconde, au moment de la fermeture des portes. Peut-être les avait-il effrayé ? Tant mieux. Il laissa le soin à son ami de se montrer courtois et poli, demeurant immobile dans son coin de l'ascenseur, comme un parfait psychopathe et n'eut un regain d'énergie qu'aux paroles de son ancien et futur amant.
« 2506, » souffla-t-il d'une voix faible, hypnotisé par son regard, et nettement plus calme après cette micro-coupure. Ses lèvres rougies par 'l'effort' s'octroyèrent une légère pause quand l'ascenseur s'ouvrit à nouveau sur un étage visiblement désert. La respiration haletante, il attrapa les longs doigts du professeur de sciences en glissant sa main dans la sienne tandis qu'il l'entraînait à vive allure dans le couloir. Bien que partiellement alcoolisé, son cerveau ne lui fit cependant pas défaut lorsqu'il fallut se diriger vers la chambre citée un peu plus tôt. Ses petites jambes les guidèrent aussitôt à l'autre bout du corridor où se trouvaient deux portes qui se faisaient face. Il bifurqua vers celle de droite et relâcha aussitôt sa main pour pouvoir glisser la carte magnétique dans la fente adéquate. La lumière verte leur ouvrit le passage et Baxter s'empressa alors d'entrer le premier à l'intérieur de la chambre d'hôtel. « Rentre, dépêche-toi. » ordonna-t-il presque d'une petite voix nerveuse, tapant du pied avec hâte comme s'il s'agissait d'une urgence. C'en était une, non ? L'appel du sexe et du désir charnel en était une en tout cas.

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Carson Haynes
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MessageSujet: Re: You're such a hard act for me to follow.   Ven 7 Fév - 20:22

Non, il ne pouvait pas se dépêcher de rentrer. Il n’était par ailleurs pas certain de devoir rentrer. Qui savait quel sort l’attendait de l’autre côté de cette porte ? D’accord, Baxter n’était pas un psychopathe qui allait le dépecer et exposer à la vue de tous l’ensemble de ses organes vitaux – tel aurait été le cas qu’il aurait été en mesure de se défendre, de toute façon, et il ne comptait pas accepter de boisson de sa part, au cas où – cependant, il était conscient qu’aucune conclusion positive ne pouvait ressortir de ce rapprochement inattendu, car il était clair qu’aucun parti ne s’était imaginé se retrouver aussi proche dans une occasion pareille. Il s’agissait d’une foutue convention pour professeurs et intellectuels, après tout, pas une surprise party durant laquelle les couples se faisaient et se défaisaient comme chez les adolescents. Ils n’étaient pas les heureux gagnants du bal de promo, ils n’avaient pas remporté le droit de disparaître dans un coin pour faire des cochonneries qui auraient fait rougir de honte leurs parents. Ils étaient tous les deux des adultes responsables, conscients de la stupidité de leurs actions. Tout du moins, Carson en était conscient. Il n’était pas aussi certain de la santé d’esprit de son compagnon, dont l’haleine, qu’il avait eu l’occasion de sentir et même de goûter, sentait l’alcool à plein nez, il n’avait sûrement pas descendu qu’un seul verre. Il avait dû profiter du bar à volonté, en bon Britannique qu’il était, sauf que son entraînement ne l’aidait guère à garder les idées fraîches dans cette situation, au grand dam de Haynes qui revêtait la casquette du plus responsable du lot. Or, il ne pouvait pas réfléchir correctement lorsque Baxter s’offrait de la sorte à lui ; il ne pouvait pas lui refuser ce rapprochement physique dont son propre corps mourait d’envie également. Il était pris au piège en plein cœur d’un dilemme dont il ne pouvait ressortir vainqueur. Soit il déclinait ses faveurs et retournait dans sa chambre, à deux portes de là, tirant un trait définitif sur leur relation, soit il faisait un pas en avant, risquant de chambouler encore plus leur quotidien déjà houleux et de recevoir les foudres de l’Anglais au petit matin, lorsqu’il aurait dessoulé. Ou, pire, peut-être lui déclarerait-il une fois encore ses  sentiments passionnés mais non réciproques ? Il ignorait encore s’il était en mesure de recevoir l’affection d’un homme, même si son cerveau commençait peu à peu à comprendre le principe. Seul son cœur restait long à la détente.

S’il sembla hésiter longuement en théorie, son grand corps n’eut guère besoin de plus de quinze secondes avant de rejoindre son amant à l’intérieur et de claquer la porte derrière lui. Carson était ainsi programmé qu’il ne pouvait résister à une partie de jambes en l’air, même s’il en connaissait les risques, d’une part parce qu’il était à moitié un sex-addict mais surtout parce que Baxter possédait une emprise sur lui qu’il était incapable d’ignorer.
« C’est... charmant, » commenta-t-il bêtement après avoir jeté un coup d’œil circulaire dans la chambre qui avait tout du schéma habituel. Un lit, une table de chevet, une armoire, une télévision et une porte donnant sur ce qui devait être une étroite salle de bain. Il déposa son livre sur le meuble le plus proche et, de son autre main, commença à ouvrir les boutons de sa chemise, qui devenait un fardeau et lui brûlait la peau plus il s’avançait de son ancien - ? – ami. Il laissa son vêtement entrouvert, son torse découvert, tandis qu’il s’occupa de celui de Baxter, s’attaquant directement à la ceinture de son pantalon, dans des gestes mesurés quoique rapides. Ce faisant, il avait la tête baissée et son front était ainsi chatouillé par la tignasse épaisse de l’Anglais, ce qui lui tira un rire amusé qu’il sembla incapable de maîtriser. Il s’arrêta dans ses mouvements pour attraper son visage entre ses puissantes mains et sceller leurs lèvres en un baiser si passionné qu’il le fit reculer jusqu’au bord du lit. « Tu es vraiment certain d’avoir envie de moi ? » demanda-t-il en éloignant son visage sans pour autant défaire son regard du sien, hypnotisant. Le léger hochement de tête qu’il reçut, suivi d’un nouveau baiser fougueux, fut une réponse plus que satisfaisante. « Tant mieux, » répondit-il en détachant sa propre ceinture et se débarrassant de pantalon et boxer du même coup tandis que son amant s’occupait de ses vêtements supérieurs.

Il l’aida par la suite à se défaire de ces bouts de tissus inutiles, leurs bouches se cherchant avec férocité dès qu’elles se retrouvaient trop longtemps éloignées. S’ils se détestaient aux yeux du reste du monde, leurs deux corps ne semblaient guère avoir reçu le mémo car ils se cherchaient avec ardeur et envie. Plus aucun mot n’était nécessaire, ils ne devaient pas en avoir de toute façon, ils s’étaient déjà partagé le fond de leur pensée plus qu’il ne l’avait fallu auparavant, ce qui leur avait porté préjudice et les avait amenés au point où ils en étaient désormais. Toutefois, le passé était derrière eux, n’avait guère plus d’importance que les conversations qui continuaient d’avoir lieu, une vingtaine d’étages plus bas. Seul comptait l’harmonie parfaite qui unissait désormais leurs corps enlacés, se découvrant comme s’ils ne l’avaient jamais fait auparavant. L’étape indispensable des préliminaires fut de courte durée, tant leur envie était pressante, quasiment palpable. Bientôt, Carson retourna auprès de son pantalon pour en tirer l’indispensable préservatif, captant un regard lourd de sous-entendus en provenance de son compagnon de la soirée.
« Quoi ? » demanda-t-il d’une voix un peu rustre, malgré un sourire en coin. « Ne me dis pas que ça t’étonne... » Il eut un rire bref tout en se préparant à passer aux choses plus sérieuses, s’agrippant à la nuque de Baxter pour l’embrasser une fois encore. Il ignorait de quoi le lendemain serait fait, néanmoins une chose était certaine : il n’aurait jamais assez de ses lèvres pulpeuses contre les siennes.

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Baxter Madden
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MessageSujet: Re: You're such a hard act for me to follow.   Lun 3 Mar - 19:00

Malgré un fort taux d'alcool dans le sang, Baxter n'en devenait pas pour autant un crétin fini inconscient de la scène qui était en train de se jouer dans cette chambre d’hôtel. A dire vrai, jouer au niais l'arrangeait grandement dans cette situation précise. Ses yeux pétillants, sa démarche mal assurée, son sourire un peu trop large, tous ces gestes étaient en partie dictés par une zone de son cerveau qui souhaitait lui faire davantage de mal. Loin d'être un individu raisonnable, il avait tendance à se complaire dans son malheur et restait bien souvent empêtré dans ses problèmes sans jamais vraiment parvenir à sortir la tête de l'eau. Carson ne le voyait peut-être pas, le britannique étant très doué lui aussi pour la comédie, mais toute cette mascarade ne prouvait qu'une seule chose, le professeur de mathématiques souffrait visiblement d'un déséquilibre mental flagrant qu'il cherchait à dissimuler derrière des attitudes surjouées et totalement fausses. En se comportant ainsi avec lui dans l'ascenseur, il était pratiquement sûr d'obtenir les faveurs de son collègue et ami, aussi faible ce dernier était-il. Hélas pour lui, le grand échalas d'un mètre quatre-vingt-onze était facilement influençable, dès lors que le sexe était mentionné, il tombait bêtement dans le piège tête la première. Ne percevait-il pas la gravité de la situation ? Non, clairement. Haynes Junior prenait vraisemblablement les devants et ne se souciait pas du mal-être de son partenaire. S'il pensait un minimum à sa santé psychologique, il lirait le désarroi total que son expression exprimait. Il s'agissait d'un véritable acte de désespoir, son chagrin était réel. Il en était arrivé à un point où il ne savait plus déterminer ce qui était bon ou mauvais pour lui. En se rendant à cette conférence scientifique, il n'avait pas imaginé réaliser les plans qu'ils s'étaient fixés des semaines plus tôt. Après avoir intelligemment picolé dans son coin tel un alcoolique, il s'apprêtait à regagner sa chambre pour s'écraser comme une épave dans son lit. Mais Carson choisit ce moment précis pour contrecarrer ses projets. De longues semaines de silence avaient rythmé leur relation récemment mais le voir ce soir, dans cet endroit clos et étroit, lui avait subitement mis le feu aux fesses. A ce stade, gâcher un peu plus ou un peu moins son existence l'importait peu voire pas du tout. Il éprouvait une affection forte et passionnée pour le jeune enseignant alors pourquoi ne pas lui sauter littéralement dessus ? En quoi cette pensée était-elle stupide ? Il s'était pleinement fait à l'idée que son ami ne ressentirait rien à son égard, ni maintenant ni demain, dans ce cas autant profiter de son enveloppe corporelle avantageuse encore un peu. Peut-être pouvaient-ils revenir des mois en arrière et revivre la simplicité de leur relation à ses débuts. N'était-ce pas ce que Carson désirait ardemment, disposer de son corps quand il le souhaitait, plusieurs fois par semaine ? Son esprit embrumé par l'alcool rendait son raisonnement confus mais indirectement il lui annonçait qu'il était en mesure de lui apporter tout cela. Ou plutôt, juste cela. Car il n'avait visiblement pas besoin de plus de la part du petit brun que son petit corps frêle.

Silencieux, il se laissa guider par les faits et gestes de Carson qui semblait très bien maîtriser la situation actuelle. L'arrière des genoux collés au lit, il hocha lentement la tête de haut en bas à sa question et l'embrassa avec ardeur pour le convaincre de sa réponse. S'il n'avait pas envie de lui, ses mains ne seraient pas déjà en train de parcourir les parcelles de peau découvertes de son torse tandis que ses yeux clairs le fixaient avec une intensité rare, un fin sourire au coin des lèvres. Une fois les vêtements de chacun retirés et balancés un peu partout à travers la pièce, la langue de Baxter se fraya un chemin le long de ce corps magnifiquement dessiné qu'elle connaissait déjà par cœur. Néanmoins elle s'attarda très peu de temps sur ses parties intimes de toute évidence ravies de retrouver la douceur de ses lèvres rosies.
« Avec qui comptais-tu coucher ce soir ? » demanda-t-il d'une voix neutre en le voyant récupérer un préservatif dans la poche de son pantalon. « Sachant que nous deux, ce n'était clairement pas prévu... » ajouta-t-il en s'asseyant au bord du matelas sans le lâcher du regard. Il n'était pas en train de lui faire une crise de jalousie, il se posait simplement la question. Sans doute le Baxter sobre aurait-il fait une scène, mais sa conscience semblait tellement voler à des années lumières de cette chambre qu'il finit par hausser les épaules. « Je m'en fiche, » soupira-t-il avec légèreté avant de grimper à quatre pattes sur le lit, nu comme un ver. « Je suis bien content d'avoir pris sa place. » Il posa son petit popotin non loin des oreillers puis lui indiqua de le rejoindre en agitant son index dans sa direction. « Et toi, est-ce que tu es vraiment certain d'avoir envie de moi ? » murmura-t-il en écho à sa précédente question, la voix légèrement hésitante et le regard plissé. Si Carson ne pouvait lui apporter l'amour dont il avait tant besoin, il se contenterait du contact charnel qu'il s'apprêtait à lui offrir. Pour ce soir en tout cas, cela pouvait s'avérer suffisant. Il était apte à faire semblant pour une nuit. Il possédait une imagination suffisamment débordante pour se mentir à lui-même et imaginer des sentiments imaginaires de la part du professeur de sciences. Avoir la possibilité de recevoir sa semence était mieux que rien, non ? Compte tenu de l'égoïsme grandissant de Carson, il pouvait s'estimer heureux d'avoir la chance d'obtenir une infime partie de lui, seule chose qu'il s'autorisait à offrir à un homme.

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Carson Haynes
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MessageSujet: Re: You're such a hard act for me to follow.   Ven 14 Mar - 22:20

Depuis qu’ils se connaissaient, Carson avait été le roi des paroles malheureuses ; foule de leurs disputes avait commencé par une phrase qui n’aurait pas dû être prononcée ou même pensée, parce qu’il était un grand nigaud et qu’il avait des problèmes avancés lorsqu’il s’agissait de certains rapports sociaux. Toutefois, Baxter n’était pas en reste puisqu’il avait à son actif les répliques les plus importantes sur lesquelles était fondée leur relation – ou absence de relation, tout était une question de point de vue. « Embrasse-moi », « Tu n’es personne », « je t’aime », « je te déteste », la voix doucereuse du professeur de mathématiques avait rythmé leur quotidien moins pour le meilleur que pour le pire. Si au départ, il avait pris le tout avec humour, chaque parole avait commencé à se frayer un chemin sous sa carapace jusqu’à l’atteindre en plein cœur. Désormais, chacun de ses propos le touchait au plus profond de son être, lui conférant une vulnérabilité dont il se serait bien passé. Ce soir ne dérogeait pas à cette règle puisque, même nu et prêt à le faire sien, Haynes se sentit déstabilisé par son sous-entendu selon lequel il aurait prévu de coucher avec un homme lors de la conférence. Alors qu’il était simplement un homme prévoyant. Il ignorait quand il pourrait en avoir besoin et chacun de ses pantalons comprenait un préservatif, juste au cas où. Il n’en avait pas eu l’utilité depuis un certain temps, toutefois il s’agissait d’une habitude qu’il avait conservée, rien de plus. Il le rejoignit sur le lit, avançant sur les genoux tout en enfilant la capote, puis il écarta les cuisses de Baxter pour se glisser entre elles. Il le fixa droit dans les yeux, s’humectant les lèvres pour la énième fois de la soirée, n’en ayant pas assez de sentir son goût sur elles. « Je suis vraiment certain de n’avoir envie de rien ni personne d’autre, » souffla-t-il avant de l’embrasser à pleine bouche. Il glissa ses doigts sur sa barbe en se redressant, le dévisageant longuement comme s’il découvrait son visage pour la première fois, puis il agrippa les jambes de son amant afin de le mettre en position pour le faire sien, usant de sa salive pour compenser le manque de lubrifiant – il ne pensait hélas pas à tout lorsqu’il s’agissait de coups imprévus.

L’acte ne fut pas leur plus mémorable, ni le plus long, ni le plus tendre, ni même le plus sauvage. Un parmi tant d’autres, si ce n’était que l’orgasme qu’ils partagèrent n’avait pas la même saveur que les précédents, comme si le plaisir ressenti, et bruyamment exprimé, ne suffisait pas à masquer la tristesse qui remplissait leurs deux cœurs, pour des raisons certes divergentes. Tout du moins, ce fut l’impression éprouvée par Carson, qui resta un long moment le visage dissimulé dans le cou de Baxter même après avoir joui, la respiration haletante, ne souhaitant pas mettre fin à ce contact qu’il savait éphémère et qui ne tarderait pas à disparaître à jamais. Il voulait profiter de la chaleur de son corps tant qu’il le pouvait, tant que Madden le lui autorisait encore ; car jamais sobre il ne se serait offert à lui de la sorte. La culpabilité était forte dans l’esprit du professeur de sciences lorsqu’il se débarrassa du préservatif et se nettoya grossièrement les parties intimes à l’aide d’un mouchoir ; néanmoins, il ne quitta pas la chambre de son ami, ni son lit, même quand ce dernier disparut quelques minutes dans la salle de bain. Il attendrait le lendemain matin pour se laver, lui, ce n’était pas comme si les draps n’allaient pas être changés dès leur départ. Il se leva uniquement pour récupérer son boxer, perdu dans la bataille, l’enfiler et il retourna sous les draps. Il s’allongea sur le dos, le regard rivé sur le plafond, la gorge serrée à l’idée de passer son ultime nuit auprès de Baxter Madden, celui qui regroupait toutes les qualités de meilleur ami et de meilleur amant mais qui allait sortir de sa vie au petit matin. Cette fin était inéluctable, aucune conférence, aucun rendez-vous impromptu dans une chambre d’hôtel, ne pourrait l’empêcher. Il poussa un profond soupir contrarié lorsque le Britannique refit son apparition. Celui-ci se glissa sous la couverture et vint se lover contre lui avec l’agilité et l’affection d’un chat de compagnie. Carson esquissa un fin sourire triste qui passa inaperçu en passant un bras autour de lui.
« Je suis content d’avoir utilisé cette capote avec toi, » tenta-t-il de plaisanter même si le cœur n’y était pas. L’adrénaline du sexe venait de redescendre en flèche et il se sentait incroyablement vide, il n’y avait plus aucune émotion dans sa poitrine, si ce n’était un sentiment de manque évident. Le Baxter d’autrefois lui manquait. Celui qu’il tenait contre lui n’était plus le même individu, il n’avait pas sa joie de vivre, sa positivité, son insouciance. Il n’était plus qu’une coquille vide et influençable. Carson se sentait coupable et ne pouvait prétendre ignorer qu’il en était la cause principale, il l’avait changé de la plus mauvaise façon, l’avait piétiné sans jamais le vouloir. Il l’avait brisé alors qu’il s’était juré de devenir son protecteur, de lui épargner toutes les déconvenues qu’il avait connues par le passé. « Je suis désolé, Bax, » murmura-t-il après un long silence coupé par le claquement d’une porte au loin. Désolé d’avoir failli à sa tâche, désolé de ne pas avoir su lui ouvrir son cœur, désolé de ne pas avoir été l’homme qu’il aurait dû être. Désolé de ne pas avoir refusé ses avances ce soir alors qu’il savait que cela était mal. Mais surtout désolé d’avoir réalisé bien trop tard qu’il commençait à ressentir bien plus que de l’amitié et du désir à son égard.

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MessageSujet: Re: You're such a hard act for me to follow.   Dim 23 Mar - 15:11


I wish you weren't the best, the best I ever had. I wish that the good outweighed the bad, 'cause it'll never be over, until you tell me it's over.
« Je suis vraiment certain de n’avoir envie de rien ni personne d’autre. » Cette simple phrase pouvait semblait banale aux yeux d'un couple déjà formé ou même dans la situation présente. Comment savoir si Carson ne déblatérait pas de tels mots à chacun de ses amants ? Il n'était pas connu pour être un Casanova aux douces paroles mais plutôt un Casanova tout court, changeant de compagnon de jeu comme de chemise, jetant le dernier comme un vulgaire linge sans importance pour accueillir le suivant. Baxter était pleinement conscience de cela, du moins en temps normal, car présentement son état ne lui permettait pas vraiment d'avoir un recul nécessaire sur les événements actuels. D'ailleurs il ne voyait guère plus loin que le bref moment passé dans cette cage d'ascenseur où la tension sexuelle entre eux avait grimpé en flèche. Alors que la peau pâle de son petit corps frêle appréciait le contact du drap qui lui caressait agréablement le dos à chaque coup de reins donné dans sa direction, ses yeux clairs voilés d'un plaisir flagrant ne cessaient, quant à eux, d'essayer de capter son regard même si le professeur de sciences détournait parfois la tête. Ses mains presque tremblotantes montaient et descendaient frénétiquement le long de sa colonne vertébrale, l'une d'elles prenant le temps de s'immiscer dans sa douce chevelure à peu près toutes les minutes, décoiffant ainsi son amant pour plus de plaisir, certes personnel. La vision seule de son visage angélique et de ses yeux en forme d'amande suffisait à lui procurer le bien-être attendu lors d'un rapport sexuel. Il n'avait même pas besoin de se toucher lui-même pour s'apporter davantage de satisfaction, Carson devait seulement lui laisser l'opportunité de le contempler, nul besoin de le regarder en retour, il souhaitait juste l'observer pour mieux se délecter de la vue. A dire vrai l'expression qu'il arborait, ses traits et sa mine durant l'ébat – sans oublier ses râles rauques – subvenaient largement à chacun de ses besoins à cet instant précis. Il avait même quelques secondes d'absence, comme s'il quittait son propre corps, en repensant à ce qu'il avait dit juste avant de le faire sien. Et cela suffit amplement à le faire jouir lui aussi d'un plaisir grandement apprécié compte tenu des cris qu'il poussait sans s'en rendre compte. Certes la pénétration et l'alcool ingurgité l'aidaient principalement à aller jusqu'au bout des choses mais dans son esprit embrumé – flottant sur un véritable petit nuage – c'était l'amour qui l'avait conduit jusqu'ici, aux portes d'un plaisir incommensurable pour un petit bout d'homme comme lui.

Encore sous l'emprise de l'alcool ou non, le moment de pure jouissance finit par retomber pour tous les deux, comme pour tout le monde au bout d'un certain temps. Sauf qu'à ce moment là, Carson ne choisit pas de s'éclipser et demeura immobile au-dessus de lui. Si Baxter hésita à bouger dans un premier temps, il finit néanmoins par croiser timidement ses jambes autour de lui, au niveau de son postérieur, tandis qu'il glissait machinalement une main dans ses cheveux comme dans une tentative de réconfort. Mais personne n'avait besoin d'être réconforté dans cette chambre, pas après avoir uni leurs corps de la sorte. Du moins la morale aurait attendu une telle réaction de leur part. Plus les secondes s'écoulaient plus le moral du professeur de mathématiques dégringolait lui aussi, si bien qu'au bout de plusieurs minutes ses yeux se remplirent inexorablement de larmes silencieuses. L'effet de l'alcool sur son organisme diminuait à vue d’œil ou bien était-il pitoyable au point de déprimer même ivre – ainsi jamais vraiment tranquille ? Difficile à dire. Il profita de l'ouverture offerte par son collègue pour se relever lorsque ce dernier retira la protection, et fonça aussitôt vers la salle de bain malgré une démarche encore mal assurée. Il prit son temps pour se requinquer un bon coup sous le jet d'eau bouillante de la douche et revint dix bonnes minutes plus tard, le corps sentant bon le savon, l'haleine plus frais et le teint moins cadavérique que précédemment. Une fois confortablement lové contre son amant, le petit brun ferma les yeux dans un léger bâillement à peine audible avant de sourire à ses paroles. Carson avait utilisé tellement de capotes pour lui et avec lui qu'il était préférable de parler en boîtes désormais. Il pouvait au moins se targuer d'avoir ce petit plus personnel que personne d'autre n'avait jamais eu avec le grand échalas, à défaut de pouvoir obtenir autre chose de sa part.
« Ne sois pas désolé, » répondit-il d'une voix endormie. « Quand je suis avec toi, j'oublie totalement que j'ai pu un jour désirer les femmes. » Complètement à côté de la plaque ou volontairement hors sujet ? Visiblement Baxter désirait éviter d'aborder un sujet beaucoup trop sérieux ou sans doute était-il encore un peu trop bourré pour réellement comprendre les mots de l'homme étendu à ses côtés. Dans tous les cas ses paroles reflétaient une vérité réelle et sincère, en sa présence il se sentait totalement homosexuel et rejetait littéralement son côté bisexuel, comme si cela pouvait causer du tort à leur relation inexistante d'une quelconque manière.

Une nuit plus tard, le réveil se fit tout en douceur dans la chambre 2506. Les draps partiellement défaits du lit attestaient du côté agité des dernières heures. Même après avoir ouvert les yeux, le britannique mit un temps certain à réaliser qu'il se tenait collé au dos de Carson et que son bras entourait son torse avec affection mais aussi une pointe de possessivité. Il humecta ses lèvres devenues un peu sèches avant de lentement lui embrasser son épaule nue à la fois musclée et osseuse. Il demeura immobile encore un moment, se laissant le temps de se réveiller davantage avant de s'éclipser discrètement hors du lit. Ses cheveux ne ressemblaient plus à rien, comme happés par une force invisible vers le ciel, quant à son visage, il subissait encore les ravages de la cuite de la veille. Ses yeux s'attardèrent une micro seconde sur le radio-réveil qui affichait 7h10 puis il fouilla rapidement dans son sac de voyage pour en sortir des affaires propres. Ses lèvres se crispèrent en une grimace tordue lorsqu'il entendit la masse de Carson s'agiter dans le lit.
« Je vais me doucher, » dit-il par réflexe sans même savoir s'il était réveillé. « Tu connais déjà la sortie... » ajouta-t-il, lèvres pincées, en se dirigeant vers la salle de bain. « On se retrouve dans le bus tout à l'heure, » conclut-il aussitôt en le voyant commencer à se redresser, avant de s'enfermer dans la pièce la seconde suivante, évitant ainsi tout contact visuel avec le jeune homme.

[topic terminé.]

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