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 If I could just see clearly, into you.

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Baxter Madden
I'm stuck here in this life I didn't ask for.
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MessageSujet: If I could just see clearly, into you.   Lun 19 Mai - 18:55


In my sleep, nothing same.
Nothing according to plan.
If I could be someone, without you.
The same smile everyday.

Le temps passait extrêmement vite et pourtant il lui semblait long d'une certaine manière. Pas un seul mot n'avait été échangé entre Carson et lui durant le dernier mois écoulé. Une semaine plus tôt, Tom quittait le lycée pour retourner dans sa ville natale, New-York. Ce départ, prévu dès le départ, avait annoncé dans un second temps la fin de leur courte relation. Même si tout s'était plus ou moins bien passé entre les deux hommes, cette histoire avait cruellement manqué de magie sentimentale. Certes se sentait-il sincèrement apprécié en sa présence, mais le vide qu'il ressentait depuis bien longtemps maintenant n'avait pas su être comblé, malgré toute sa bonne volonté et sa générosité certaine. Il ne le blâmait aucunement car il n'y avait rien à reprocher dans son comportement. Le professeur de musique s'était toujours montré très courtois et attentionné envers lui, guettant presque le moindre de ses éventuels désirs pour pouvoir y répondre rapidement. Peut-être en faisait-il parfois un peu trop, alors qu'ils formaient un couple jeune, mais l'effort était grandement apprécié. Hélas Cupidon ne se chargea pas de ces deux-là, les obligeant alors à rompre la veille de son vol de retour, définitif. S'il n'éprouvait aucune peine vis-à-vis de ce départ, l'habitude acquise pendant plus d'un mois l'avait poussé à ressentir de la solitude lors de sa première nuit seul. Tout était redevenu comme avant, ou presque, et il n'avait eu d'autre choix que de retourner à sa misérable petite vie d'âme délaissée, en compagnie de sa chatte et de son lapin. Le constat était affligeant mais il avait conscience de sa situation et c'était, selon lui, le plus important.

En cette veille de week-end, le moral des troupes n'était définitivement pas au beau fixe. Il s'était absenté la veille, toute la journée, mais s'était résigné à revenir le lendemain, pour des raisons financières évidentes, il ne pouvait se permettre de perdre un jour de salaire. Comme si son quotidien ne se suffisait pas à lui-même, une – très – mauvaise nouvelle était tombée en milieu de semaine, le mercredi. Dès lors la descente aux enfers débuta et encore aujourd'hui la chute ne semblait toujours pas terminée. L'état de santé de son jeune frère, seulement âgé de dix-huit ans, avait considérablement régressé après une longue période de stabilisation de plusieurs années. La rechute était si soudaine et alarmante que Baxter n'en dormait plus la nuit, craignant un coup de téléphone nocturne de la part de sa mère lui annonçant le décès de Colin. Non, il n'était pas préparé à cela. Personne ici ne pouvait le comprendre, à part peut-être Troy étant donné qu'il avait longtemps suivi son dossier, mais s'adresser à lui n'était pas envisageable, pas pour le moment en tout cas. Restait alors Carson, à qui il avait vaguement parlé des problèmes de santé de son frère sans trop entrer dans les détails non plus, car cela ne devait probablement pas l'intéresser au moment où ils en avaient discuté, des mois auparavant. Souffrant d'une forme sévère d'épilepsie depuis son plus jeune âge, son petit frère avait toujours reçu l'entière attention de tous les Madden. Encore à ce jour, même fraîchement sorti de l'adolescence, le jeune homme continuait de faire parler de lui, détail dont Baxter se serait très bien passé. Loin des siens, il se sentait impuissant, et il s'agissait là d'une triste vérité. Lui qui avait toujours pris soin de Colin dans le passé, il ne vivait pas bien du tout le fait de se trouver aussi loin de sa famille alors qu'une personne avait besoin de lui. Le garçon avait perdu connaissance suite à une crise violente et séjournait désormais à l'hôpital depuis deux jours, placé sous oxygène. Il ne fallait guère davantage à Baxter pour perdre littéralement les pédales en imaginant des dégâts et séquelles irréversibles, les larmes de sa mère entendues au téléphone ne l'ayant pas le moins du monde rassuré.

Faisant inutilement les cent pas tout autour de l'établissement depuis deux heures environ, son cas avait été signalé à la principale du lycée qui s'était empressée de le retrouver sur le parking. Si elle était parvenue à le faire retourner à l'intérieur une bonne vingtaine de minutes, il n'avait pas tardé à ressortir après une longue phase apathique sur une chaise. Ce fut avec un semblant d'énergie qu'il mit le pied dehors pour fumer une cigarette non sans recommencer son tour répété de l'immeuble dans le seul but de ne pas s'arrêter, de peur de déclencher une nouvelle pluie de larmes. Les élèves avaient tous quitté le lycée, seule une poignée d'enseignants devaient encore occuper les locaux à cette heure-ci alors que la nuit tombait tout doucement à l'horizon. Après avoir effectué un énième tour du propriétaire, le peu de raisonnement dont il fut capable le contraignit à s'arrêter net à plusieurs mètres de l'entrée de l'établissement où se tenaient deux professeurs visiblement en pleine conversation. Il demeura immobile un petit moment, simplement debout, les bras plaqués le long de son corps, ses deux grands yeux les observant avec la plus grande attention même s'il ne pouvait percevoir l'écho de leurs voix de là où il se trouvait. Sans s'en rendre compte, ses pieds se mirent alors à bouger avec lenteur et bientôt il se retrouva à quelques centimètres de ses collègues qui durent interrompre leur discussion pour le regarder.
« Est-ce que... Est-ce que je peux te parler ? » demanda-t-il à l'attention de Carson sans même saluer ni l'un ni l'autre au préalable. Il ignorait ce qui l'avait poussé à les approcher et même s'il le regrettait déjà en partie, son corps refusait catégoriquement de se rendre ailleurs. Attiré par le grand corps de Haynes à la manière d'un aimant puissant, il levait la tête et le regardait avec toute l'intensité dont son regard clair était capable. Pourquoi l'accoster ? Pourquoi le déranger ? Pourquoi lui ? Il ne savait pas bien où tout cela pouvait mener ni même ce qu'il devait lui dire ou bien faire. Son seul désir étant d'être écouté et réconforté, son être tout entier n'avait pas réfléchi un seul instant et s'était irrémédiablement dirigé vers la seule personne digne de confiance dans cet immense pays. Il avait besoin d'un ami, de SON ami, de lui. L'intégralité de son organisme le réclamait, jusqu'aux lignes de ses mains qui ne demandaient qu'à s'agripper à son long manteau comme on s'accrocherait à une bouée de sauvetage en pleine mer.

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You have your doubts the same way I do. When you're wrapped safe in my love, that's the truth.

We give, we take, we mend, we break and so the cycle goes. We're doing well, we've been through hell, and only heaven knows how far we get to. Thank God I met you though, and if you don't know, just put your hand on my heart. Put your hand on my heart, and I don't have to say it, and I don't have to think it. Just put your hand on my heart, you'd know.
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Carson Haynes
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MessageSujet: Re: If I could just see clearly, into you.   Ven 23 Mai - 21:16

You were a kindness when I was a stranger,
But I wouldn't ask for what I didn't need.
Everything's weird and we're always in danger.
Why would you shatter somebody like me?

« Monsieur Haynes ! Monsieur Haynes ! »

Prêt à partir, à profiter de ce week-end rempli de promesses qui lui ouvrait les bras, Carson fut tenté de faire la sourde oreille et d’esquiver l’appel de sa jeune collègue. Si son lui d’autrefois aurait pris la poudre d’escampette sans le moindre remord, le nouveau Haynes était beaucoup plus ouvert d’esprit et disposé à laisser une chance à son prochain. La blondinette était une petite veinarde. Plaquant un sourire sur son visage, il se retourna pour l’attendre tandis qu’elle descendait quatre à quatre les marches devant l’entrée de l’établissement. Il n’avait pas à faire tant d’efforts que cela pour paraître joyeux. Il avait reçu quelques heures plus tôt un message très intéressant de la part de son petit ami qui revenait sur Chicago le dimanche après-midi après deux semaines d’éloignement, et ce dernier avait laissé sous-entendre que la nuit qu’ils partageraient seraient beaucoup moins innocentes que leurs précédentes – après un mois de relation, il était temps. Il lui était difficile de contenir sa bonne humeur, ce qui devait en étonner plus d’un au sein du lycée mais personne n’osait lui poser la question. Plus aucune âme ne s’étonnait de ses sautes d’humeur de plus en plus fréquentes, oscillant entre gaieté et dépression en l’espace d’une seule journée, la dernière étant un peu plus fréquente que la première, hélas. « Cela va bientôt faire un an que nous travaillons ensemble, tu peux m’appeler Carson. » La demoiselle hocha vigoureusement la tête, les pommettes rougies tant par l’effort de lui avoir couru après que l’émotion de le voir se montrer aussi sympathique avec elle, lui qui l’avait ignorée la majorité de l’année scolaire. S’il avait pu revenir en arrière et modifier ses choix de vie au cours de ces derniers mois, il aurait certainement vendu quelques uns de ses organes pour ce faire. Il aurait revu son comportement vis-à-vis de ses collègues, ainsi que de la gent masculine. Et il n’aurait par conséquent jamais pris le risque de mélanger boulot et plaisir comme il avait pu le faire avec Baxter Madden. Peut-être aurait-il manqué un amant extraordinaire, mais il n’aurait alors pas perdu un très bon ami. Un mal que l’on ne connaissait pas valait mieux que la douleur d’une rupture, même si le terme était fort. Il lui semblait avoir fait le deuil de l’amitié qui le liait au professeur de mathématiques, néanmoins il ne pouvait empêcher son esprit de vagabonder vers les souvenirs qu’il avait créés avec lui dès l’instant qu’il entrait dans son champ de vision. Ils en avaient partagé, des bonnes choses, après tout.

« Je sais que vous devez avoir énormément de travail, à cette période de l’année, mais je me demandais si vous auriez l’amabilité de jeter un coup d’œil aux cours que j’ai préparés pour mes futures classes ? » Il baissa les yeux sur les quelques dossiers qu’elle tenait sous son bras tandis qu’elle continuait ses explications sur l’importance de recevoir l’avis d’un enseignant expérimenté, qu’elle aurait pu demander à d’autres mais qu’il semblait être le plus qualifié et intéressant de tous, jouant ainsi sur la flatterie, autrement dit sa corde sensible. « Bien sûr, je serai ravi de… » Ce qu’il aurait souhaité posséder un sixième sens à la façon de Spider-Man pour lui prédire l’arrivée d’un danger, ou tout du moins d’un incident fâcheux, il aurait eu alors la possibilité de sentir la présence d’un indésirable avant que celui-ci ne puisse l’attaquer. Ou tout simplement lui parler. Son expression changea du tout au tout et il serra ses doigts sur la paperasse qui avait changé de main la minute précédente. Son visage n’avait plus rien d’engageant ou de lumineux, il était aussi fermé et éteint qu’une tombe. « J’ignore à qui tu t’adresses ou ce que tu veux, Baxter, mais même sans tes lunettes, tu peux voir que nous sommes occupés pour l’instant. » Sa voix aussi était glaciale et il ne prit pas la peine de lui jeter un regard, conservant son attention sur sa jeune collègue qui esquissa un sourire embarrassé avant de saluer poliment le nouveau venu. « Je regarderai à tout ça, aucun problème, je te dirai ce que j’en pense dans la semaine. » Il tapota les dossiers et fit quelques pas pour la suivre lorsqu’elle se dirigea vers le parking, qui était sa destination à lui aussi. Il s’arrêta après quelques secondes, comme s’il se souvenait tout à coup de la présence de Baxter, et souhaita une bonne soirée à sa collègue. Il ne pouvait pas le laisser comme ça sans lui laisser une chance de s’expliquer. En outre, la détresse qu’il avait lu sur son visage l’espace d’une seconde ne le laissait pas indifférent, il était obligé de revenir en arrière au moins humainement, parce qu’il n’acceptait pas le fait qu’un individu soit triste dans son entourage. Surtout pas lui.

Enfonçant sa main libre dans la poche de son long manteau, Haynes se rapprocha de l’Anglais et avala bruyamment sa salive, quelques secondes de silence passant entre eux avant qu’il n’ouvre la bouche.
« Excuse-moi, je n’aurais pas dû te répondre comme ça. » En parfait connard, qu’il était, certaines choses ne changeaient pas. Ce n’était pas de sa faute s’il lui en voulait à en crever, s’il n’acceptait pas d’avoir été jeté comme une vulgaire chaussette au profit d’un foutu professeur de musique remplaçant. S’il refusait d’être sa nouvelle épaule sur laquelle s’épancher maintenant que ce dernier était reparti vers de plus vertes pâtures. Il n’était pas un second choix, il n’était pas celui vers lequel on se tournait par dépit. Il était un numéro un. Enfin, il pensait l’être, avant que Baxter n’entre dans sa vie et chamboule toutes les idées qu’il se faisait sur sa propre personne, qu’il le retourne sens dessus dessous. « Oui, tu peux me parler, je t’écoute… » Il espérait entendre de sa bouche des explications sur le dernier mois écoulé, quelques excuses, ainsi qu’une demande pour retrouver leur relation d’autrefois, cependant les cernes et l’air grave qui habitaient les traits du petit brun laissaient entendre que les nouvelles n’étaient pas aussi positives. Voilà qui commençait à l’alarmer, lui aussi, et son visage perdit toute trace d’animosité au profit d’une inquiétude flagrante. « Qu’est-ce qui s’est passé ? » ajouta-t-il avec empressement, sans lui laisser l’occasion de s’exprimer dans un premier temps. Carson Haynes ne réagissait pas bien à la pression.

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Baxter Madden
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MessageSujet: Re: If I could just see clearly, into you.   Dim 25 Mai - 19:01

Déprimé, énervé, perdu, tout cela à la fois, Baxter avait littéralement perdu le contrôle de sa vie, sur tous les plans même. Tout semblait lui échapper jusqu'au moindre petit détail insignifiant. Rien n'allait correctement, ni la famille, ni les amours, ni l'amitié. Plus rien n'avait de véritable sens de ce côté de la planète. Il ne gardait hélas plus qu'une seule alliée à ses côtés, sa chatte, Nefertiti, encore capable de supporter sa compagnie, elle. Triste constat mais à l'heure actuelle des choses plus rien ne tournait rond dans son petit monde. A cet instant précis, il ne possédait plus aucune fierté, même minime. Il souhaitait seulement se tourner vers des visages familiers qui accepteraient de discuter un peu avec lui, sauf qu'il n'existait personne pour prétendre à ce rôle. Bien entendu il disposait autour de lui de quelques connaissances susceptibles de l'écouter, comme Alexia par exemple, mais même s'il l'appréciait sincèrement leur relation n'égalerait jamais celle qu'il avait avec sa meilleure amie, Priya, qui elle vivait toujours sur l'autre continent. Il était seul, horriblement seul, et n'avait plus personne vers qui se tourner. Carson demeurait son unique recours et dernier espoir, même si cela paraissait un peu tragique dit comme ça. Le seul problème, et pas des moindres, se résumait en quelques mots seulement ; amitié perdue. Ignorant où en étaient aujourd'hui leurs rapports, il ne pouvait pas simplement se présenter à lui en arrivant comme une petite fleur innocente. C'était à la fois immoral et inconvenant étant donné leur parcours ensemble. Ces deux-là ne se parlaient tout bonnement plus et pourtant il avait osé l'approcher, en ce début de soirée, sans pour autant savoir où sa bêtise le conduirait. Même s'ils prétendaient le contraire, les choses étaient on ne pouvait plus claires entre eux. Ils ne partageaient plus rien, ils n'étaient plus sur la même longueur d'onde, tout les opposait. En somme, ils n'avaient plus rien en commun. Du moins, ils le pensaient. Car, probablement sans en avoir conscience, ils persistaient à éprouver en chœur cet étrange et irrépressible besoin de sentir l'autre contre soi sitôt placés dans un même environnement.

Des erreurs, il en commettait des dizaines au cours d'une année mais il trouvait à chaque fois le moyen de rendre chacune d'entre elles différentes des précédentes. Celle-ci avait un fort goût unique mais c'était davantage de la honte qui en ressortait. S'il se sentait très mal dans sa peau avant d'accoster le jeune professeur, ce n'était rien en comparaison de son ressenti à cette seconde précise, suite aux paroles acerbes et directes qu'il lui renvoya en pleine face. Plus violents encore que les quelques coups qu'il reçut de la part de l'ex petit ami d'Analeigh, les mots de Carson le clouèrent littéralement au sol. A cette seconde, son corps perdit toute notion de vie qui lui était pourtant propre. Tel un bon toutou qui écoutait soigneusement les ordres de son maître, le britannique se tut immédiatement et se mit alors à fixer étrangement un point invisible droit devant lui entre les silhouettes des enseignants, le regard désormais vide. Il faisait peine à voir et à le regarder de plus près, il était facile de se demander s'il souffrait d'un quelconque handicap psychologique, moteur aussi cela dit compte tenu de son immobilité. Sans vie, il n'effectua pas le moindre mouvement même lorsque les deux protagonistes s'éloignèrent de lui pour se rapprocher du parking. Il resta planté là, comme un véritable incapable même si zombie était certainement le terme le plus ressemblant pour le qualifier d'un point de vue extérieur. Clignant lentement des yeux à son retour près de lui, il leva doucement la tête dans sa direction et le regarda avec toute la détresse dont son visage angélique était capable.

Même s'il venait de l'autoriser, enfin, à parler en sa présence, il ne dit rien et se contenta de l'observer même si ses yeux clairs dérivaient tristement vers le bas, au niveau de son nez. Sa dernière question eut l'effet d'une bombe sur le petit brun qui, jusqu'à présent, s'était retenu d'exploser en public. Il prit une longue inspiration, lèvres pincées, tandis que ses grands yeux s'imbibaient subitement de lourdes larmes.
« Colin est à l'hôpital, il faut que je rentre, » souffla-t-il en s'essuyant sous les yeux d'une main tremblante. « Ma mère m'a dit qu'il s'est réveillé et que tout semble aller mais je suis sûr qu'elle a dit ça pour me rassurer. » Elle ne voulait pas lui infliger cela tout en sachant son état redevenu instable. Mais c'était aussi inhumain de l'empêcher de voir son petit frère. « S'il meurt et que je ne suis pas là, je ne me le pardonnerai jamais. » Essayant de travailler sur sa respiration pour la calmer, il souffla plusieurs fois comme en plein travail mais ce fut inefficace car il se prit le visage entre les mains la seconde suivante. « Oh mon dieu, » marmonna-t-il contre ses paumes, le corps entier tremblotant comme une feuille. « Je déçois tout le monde dans mon entourage, y compris toi, mais je ne peux pas le décevoir lui... » Toute la journée ces pensées s'étaient bousculées en lui sans qu'il ne puisse les exprimer à voix haute et maintenant qu'il en avait la possibilité la douleur n'en était que plus grande. Plus on faisait traîner un mal, plus on prenait le risque d'aggraver les choses au final. C'était ce qui était en train de se dérouler actuellement. Un poids beaucoup trop lourd pour son frêle physique lui compressait la poitrine et atteignait désormais son cœur déjà sérieusement endommagé. « Dis-moi que je peux prendre sa place, » lâcha-t-il subitement en relevant vivement la tête vers lui après avoir retiré ses mains de sur son visage. Il était très sérieux en disant cela. Son petit frère avait davantage à offrir au monde que sa misérable petite personne dépressive.

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Carson Haynes
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MessageSujet: Re: If I could just see clearly, into you.   Lun 26 Mai - 9:01

Il n’était qu’un connard arrogant et égoïste. Telle était la première chose qui lui vint en tête lorsque Baxter commença à lui exposer la raison de sa venue jusqu’à lui. S’il s’en voulait déjà de lui avoir rétorqué d’aller voir ailleurs s’il y était, par principe, il était désormais recouvert par la honte des pieds à la tête. Quelle insolence, quelle idiotie, d’avoir cru qu’il en avait après lui, qu’il revenait avec ses idées de grandeurs maintenant que son petit ami était retourné vers de plus verts pâturages dans un état voisin. Sa jalousie l’avait tiraillé tout au long de leur relation, et même si lui-même était plus ou moins officiellement en couple, qu’ils étalaient aux yeux de tous au sein du lycée, donc quand ces derniers s’étaient séparés, une ou deux semaines auparavant, Carson avait ressenti une certain satisfaction qu’il savait déplacée. Lui qui se targuait de ne vouloir que le bien de son – ancien – ami, le voilà qui devenait amer et aigri, à lui souhaiter du mal derrière son dos. Ils valaient tous les deux mieux que ça, il en avait conscience, et maintenant plus que jamais il se détestait d’avoir un jour désiré qu’il arrive de mauvaises choses au petit Anglais. Il n’avait déjà que trop subi les coups du sort, il méritait un break, une pause dans les malheurs, et désormais le destin s’attaquait à sa famille, à son petit frère qui devait être l’un des individus de moins de dix-huit ans les plus sympathiques qui lui avait été donné de rencontrer ? L’injustice ne faisait que s’accroître. « Je suis désolé, Bax... » Aucune autre parole encourageante ou un tant soit peu réconfortante ne lui venait. Il se sentait impuissant face à sa détresse, n’avait jamais été doué pour rendre le sourire à quelqu’un en une pareille situation. S’il avait autrefois démontré certains talents en amitié, depuis qu’il était au plus bas, son cœur de pierre était incapable de produire la moindre douceur, la plus infime des consolations. « Ne dis pas ça, arrête. » Cela ne servait à rien de se retourner le cerveau, de chercher à savoir qui était le plus à blâmer ou à se partager les souffrances. La vie était une cruelle amante qui offrait et reprenait sans épargner ses brebis les plus douces, tout le troupeau en prenait pour son grade.

Carson ignorait peut-être quels mots prononcer pour le faire se sentir au moins un peu moins mal, il était toutefois sûr de savoir quel geste faire pour l’aider. Il se passa une main sur le menton et leva la tête pour jeter un regard aux alentours. Il était très tard, tous les enseignants avaient déjà pris la direction de leurs foyers, il ne devait plus rester que le personnel de nettoyage et de sécurité, peut-être aussi la proviseure, qui ne comptait plus ses heures supplémentaires en cette fin d’année approchante. Il s’agissait d’autant de témoins indésirables. Il posa une main sur son épaule et appuya légèrement dessus pour le faire revenir dans l’instant présent.
« Ne restons pas ici. » Il y avait trop de risques et cette discussion réclamait un semblant d’intimité. Il l’attira par conséquent à l’écart, sur le parking où il ne restait plus que trois véhicules, dont le sien, duquel il s’approcha en conservant sa paume sur Baxter, comme un soutien, par peur de le voir s’effondrer à n’importe quelle seconde. Il s’arrêta et le relâcha finalement, se positionnant devant lui, le dos courbé afin de garder les yeux posés sur son visage maculé de larmes. Il put littéralement sentir son cœur se déchirer dans sa poitrine à cette vision. Ce n’était pourtant pas la première fois qu’il le voyait pleurer, sauf qu’auparavant il en avait plus ou moins été la cause et il éprouvait alors un certain détachement, un déni qui le sauvait. Là, il ne pouvait que subir son malheur, sa douleur, et c’était le sentiment le plus atroce qui lui avait été donné d’expérimenter depuis qu’il le connaissait. Il plaça un doigt sous le menton de Baxter pour le faire relever la tête et essuya grossièrement ses joues dans un geste plein de délicatesse, aux antipodes de la réflexion qu’il avait pu lui faire plus tôt. Il hésita quand à la marche à suivre, s’il devait lui mentir pour le réconforter ou faire preuve d’honnêteté même si cela n’apporterait pas forcément du bon. C’était compliqué, il n’était pas habitué à ce genre de situation. « Ton frère est un sacré bonhomme, il est fort et ne t’abandonnera pas alors que tu es à des milliers de miles de lui. » Il n’était pas en mesure de lui promettre qu’il ne mourrait pas, même s’il le souhaitait de toute son âme, il ne connaissait pas assez de détails à propos de sa maladie pour l’attestait avec certitude. « Ta mère ne te mentirait pas sur un sujet aussi grave, je suis sûr que tu peux lui faire confiance si elle te dit qu’il est stabilisé. » La famille se devait honnêteté sur ce point, cela était un fait auquel il croyait dur comme fer ; si l’on ne pouvait faire confiance à son propre sang, à qui pouvait-on diable le faire ?

« Ensuite, je ne veux rien entendre à propos de déception ou de changer de place avec lui, d’accord ? » Il ne comprenait même pas comment il pouvait le faire entrer, lui, dans l’équation alors qu’ils ne s’étaient pas parlés depuis des semaines, qu’ils ne représentaient en théorie rien l’un pour l’autre. Il était question des Madden, Haynes se devait de rester à l’écart, à sa place de spectateur extérieur. « Tu te dois d’être fort pour lui, Baxter, mais surtout pour toi. Je sais que c’est difficile, je sais que c’est douloureux, tout comme je sais que tu as en toi de garder la tête haute. » Il avait connu, sur la fin, un Baxter plus fragile, plus à fleur de peau, toutefois le souvenir de celui qui l’avait pris à parti dans les toilettes de ce bar, des mois plus tôt, tout en arrogance et confiance en soi, n’était jamais bien loin. Il le savait capable d’une force qu’il avait choisi de passer sous silence dernièrement, il fallait qu’il puise à nouveau en lui pour la faire jaillir au moment où il en avait le plus besoin. Il referma la poigne de sa main sur son cou et l’attira contre lui pour le serrer dans ses bras. Il connaissait le faible du Britannique pour les câlins. A ce stade, il se fichait d’être surpris, il ne pensait plus aux regards indiscrets qui trainaient dans les couloirs ou aux détours des bâtiments, il souhaitait transmettre sa force à Baxter, rien d’autre.

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MessageSujet: Re: If I could just see clearly, into you.   Mar 27 Mai - 19:38

Toute ambiguïté entre eux lui semblait désormais étrangère. Toutes ses pensées étaient focalisées à des miles de l'établissement. C'était inconsciemment qu'il avait balayé de son esprit les innombrables conflits qui avaient pu les lier ensemble, et il n'y en avait pas qu'un. Vis-à-vis de Carson, ce n'était pas très sympathique mais quand le cœur d'un homme était touché, tout le reste disparaissait, englouti par la douleur provenant des fins fonds de ses entrailles. Si jadis ils avaient connu plus que de l'amitié dans leur quotidien de professeurs, ce point avait soigneusement été mis de côté dès l'instant où il prit son courage à deux mains pour l'approcher. C'était avant tout de son ami dont il avait besoin et son soutien représentait énormément pour lui même si ce dernier se jugeait clairement incapable de réconforter toute forme de vie humaine. Hypothèse complètement stupide quand on y réfléchissait bien. Certes l'année scolaire avait vraiment été mouvementée jusqu'à présent mais avait-il déjà oublié leurs débuts ? Quand sa rupture avec Troy était encore fraîche dans son esprit et qu'il peinait cruellement à dire ou ne serait-ce que penser du bien de sa propre personne. Qui était présent pour lui ? Qui l'avait efficacement aidé à se remettre en selle ? Lui. Même si ses nombreuses flatteries – bien que purement superficielles car physiques – avaient eu raison de lui au final, l'emportant dans une spirale infernale appelée amour, il pouvait affirmer sans aucune hésitation que Carson était un très bon ami. Une fois l'amant passionné qu'il était mis de côté, on découvrait un véritable nounours au cœur tendre et à l'écoute de son prochain. Lui-même ne l'avait jamais vraiment connu comme un individu arrogant et égoïste, du moins personnellement l'aperçu qui lui avait été offert dès le début démontrait l'inverse d'un jeune homme asocial. C'était précisément cette personne là qu'il souhaitait ardemment retrouver aujourd'hui. A dire vrai, il ne réclamait aucune parole douce en retour, juste une oreille attentive capable de supporter ses propos qui hélas n'intéressaient que lui. Mais à sa grande surprise, Carson s'avéra être un très grand et doué orateur. Sans doute arborait-il cette caractéristique de sa personnalité lorsqu'il dispensait ses cours devant une horde de lycéens agités qu'il savait maîtriser en toutes circonstances. A leur image, Baxter buvait oisivement chacune de ses paroles et demeurait concentré sur les traits tirés de son visage en apparence fatigué.

Il n'émit aucune résistance quand il l'incita à se diriger vers le parking où ils rejoignirent rapidement la voiture de l'enseignant car les alentours étaient pour ainsi dire déserts.
« Je suis un bon à rien, » conclut-il à la suite de son long discours d'une voix plate et monotone. Il savait pertinemment qu'il disait tout cela pour le rassurer sur la suite des événements et il l'en remerciait sincèrement même si l'avenir lui semblait désormais bien flou. « Merci Carson, » souffla-t-il finalement avec un semblant de sourire. Honnête ou non avec lui, il devait très certainement prendre sur lui pour s'adresser à lui de cette manière et employer un ton aussi posé, comme s'ils n'avaient rien à se reprocher mutuellement. A maintes reprises il avait pu s'attaquer à sa maturité au cours des derniers mois mais aujourd'hui il prenait conscience de cette petite sagesse qu'il possédait. Il ignorait tout de ses proches mais savait qu'il avait une petite sœur dont il était proche, et à l'entendre s'exprimer ce soir il l'imaginait en grand frère protecteur et de bons conseils. Bien qu'étonné par son geste qu'il ne put prédire, il se laissa attirer dans sa direction et posa sa joue contre sa clavicule qu'il savait saillante sous cet amas de vêtements. Il inspira profondément tout en levant lentement une main qui vint aussitôt s'agripper à un pan de son long manteau. Fermant les yeux un court instant, il profita de ce bref moment de complicité avec lui, rassuré par cette promiscuité nouvellement retrouvée. « Je... » balbutia-t-il difficilement en frottant légèrement le bout de son nez contre son col avant d'incliner la tête pour réitérer son geste contre sa barbe rugueuse au niveau de son menton. Il s'autorisa même un soupir de bien-être involontaire et tout ce qu'il y avait de plus sincère lorsqu'il se redressa après l'avoir lâché, contre son gré.

Se frottant vivement les yeux dans un désir réel de se ressaisir, il se mit alors à le fixer intensément sitôt ces derniers rouverts. Sa main revint instinctivement se placer sur le tissu de son manteau, jouant distraitement avec le bord de sa poche avant de coincer quelques doigts dans l'ouverture qu'offrait l'espace entre chaque boutons. Il rouvrit la bouche mais la referma la seconde suivante car une goutte venait d'atterrir sur sa joue droite, l'obligeant alors à relever la tête vers le ciel qu'on ne saurait juger nuageux ou non étant donné les couleurs sombres dont il était désormais peints. Une pluie dense s'abattit subitement sur les deux jeunes hommes et fort heureusement, Carson eut l'intelligent réflexe de déverrouiller la voiture. Le britannique s'empressa alors d'ouvrir la portière du côté passager et la claqua avec force dans un petit grelottement incontrôlé
« L’Angleterre me rappelle à elle, » tenta-t-il de plaisanter avec un petit sourire gêné en voyant l'état de son ami qui grimpa dans le véhicule avec rapidité. Tel un automatisme, ce fut spontanément qu'il tendit sa main à moitié sèche en direction de son visage pour effacer les nombreuses gouttes qui s'y déversaient de manière inégale, entre les deux yeux, sur les cils et même les lèvres. Il passa délicatement sa paume le long de ses joues mais la pluie, malicieuse, persistait à s'écouler deci-delà. Il mit du temps à comprendre d'où provenait le problème et réagit un peu tardivement lorsqu'il lui ramena quelques mèches de cheveux vers l'arrière. « C'est mieux, » dit-il un peu bêtement, sans réfléchir.

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Carson Haynes
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MessageSujet: Re: If I could just see clearly, into you.   Mer 28 Mai - 12:08

Il avait eu l’occasion de penser beaucoup de mal de Baxter durant ces dernières semaines de silence radio entre eux, toutefois à chaque fois il avait ruminé contre ses pauvres décisions, jamais contre ce qui faisait de lui un être humain, alors l’entendre se dévaloriser de la sorte malgré ses paroles de réconfort lui brisait le cœur. Il avait envie de le rassurer en lui rappelant qu’il l’avait changé, lui, ce grand corps aigri qui refusait de passer plus de deux nuits avec le même compagnon de peur de se lasser, il lui avait montré qu’il était capable de s’attacher, d’aider son prochain, et même si leur relation ne s’était pas terminée en de bons termes, il lui devait énormément. Il avait contribué à le changer de l’intérieur, en lui faisant revoir ses priorités, les idées reçues qu’il possédait sur son quotidien, il lui avait démontré qu’il n’était pas incapable de gérer une vie à deux, et même s’il était loin d’être un homme bon à marier – et il ne le serait jamais – il était sur la bonne voie pour devenir un compagnon, un vrai. Du moins, c’était ce que son actuel petit ami, bien que le terme fût fort, lui avait annoncé une fois, premier et seul compliment du genre qu’il recevait en trente-quatre ans d’existence. Plus que cette déclaration qu’il avait reçue de nombreux jours auparavant, ce fut le simple « merci » de la part de Baxter qui le toucha dans son estime, qui lui réchauffa un peu l’âme. Il ne l’étreignit que plus fort lorsqu’il le sentit répondre favorablement à son câlin, alors qu’il s’était imaginé l’espace d’un instant qu’il l’aurait repoussé, en souvenir du bon vieux temps et de toutes les innombrables fois où c’était lui qui avait refusé une telle promiscuité. Il se racla la gorge lorsqu’il s’éloigna de lui, baissant un petit regard presque timide sur lui. Il attendit la suite de sa phrase, curieux de savoir ce qu’il avait bien à pouvoir ajouter, sauf que rien ne vint hormis une pluie torrentielle qui prit l’enseignant de court.

Dans un mouvement de jambes dont la rapidité fut digne du plus grand prédateur de la savane, il fit le tour de son véhicule dont en en déverrouillant les portières, se courbant pour protéger au mieux les feuilles qu’il transportait et qui ne lui appartenait pas. Il les plaça, ainsi que son sac, sur le siège arrière avant de secouer la tête machinalement, comme si cela allait l’aider à se débarrasser de toute l’eau accumulée en quelques secondes seulement. Foutue Chicago et ses averses printanières. Il eut un rire mi-amusé, mi-triste à sa réflexion et il n’eut guère l’opportunité de répondre qu’il sentit sa main sur sa peau. Il releva un visage intrigué dont l’expression se radoucit tandis qu’il se laissait faire, fermant les yeux sous les caresses de ses doigts. C’était injuste et cette familiarité lui faisait mal dans sa poitrine, toutefois il ne pouvait pas l’obliger à s’arrêter, d’une part parce qu’il savait que cela faisait plaisir au professeur de mathématiques, et qu’il ferait tout ce qui était en son pouvoir pour le faire aller au moins un peu mieux, mais également parce qu’il appréciait lui aussi ce contact. Un peu de chaleur après cette douche froide était tout ce dont ils avaient besoin.
« Merci, Bax... » Il esquissa un pâle sourire avant de détourner les yeux, les fixant sur les gouttes qui ruisselaient sur le pare-brise. « Quelle tempête, on dirait bien que Chicago te pousse dehors, oui, » ajouta-t-il en écho à sa plaisanterie, même si sa voix enrouée démontrait qu’il ne trouvait rien d’amusement là-dedans. Il avait passé ces dernières semaines sans le moindre contact avec son ami, ni la moindre nouvelle, mais de là à s’imaginer vivre sans lui dans les parages ? Cela était inconcevable. Il avait beau ne le connaître que depuis le début de l’année scolaire, le petit Anglais avait déboulé telle une tornade et il était conscient que son existence ne serait plus jamais la même s’il décidait de rentrer chez lui, sur le Vieux Continent. Il pouvait supporter de ne plus lui adresser la parole dès lors qu’il l’avait encore dans son champ de vision, qu’il était témoin de son évolution et qu’il pouvait jeter un coup d’œil sur ses fréquentations, chose qu’il ne pourrait plus être en mesure de faire dès l’instant où il repartirait de l’autre côté de l’Atlantique. Sauf qu’il n’était plus du tout question de leur amitié, de leur relation, mais avant tout du bien-être de Baxter et du devenir de sa famille ; alors, si, il fallait qu’il grimpe rapidement dans un avion pour retourner au chevet de son petit frère qui avait plus besoin de lui que Carson.

Il conserva ses mains sagement posées sur ses genoux mouillés, ravalant son envie de le toucher en retour, parce qu’il savait qu’il ne parviendrait plus à s’arrêter s’il commençait. Or il avait des principes maintenant qu’il était le compagnon d’un seul homme, aussi intense soit la volonté de sentir les lèvres humides de Baxter contre les siennes, l’image de Richard s’imposait à lui et l’empêchait de tenter quoi que ce fut ; d’autant plus qu’un baiser ne leur aurait rien apporter d’autre que des problèmes, comme cela avait été le cas dès le départ. Le petit brun était venu le trouver en tant qu’ami, il ne fallait pas ruiner cela par un rapprochement malvenu.
« Je te ramène chez toi ? » demanda-t-il enfin après un silence interminable durant lequel il fut incapable de le regarder droit dans les yeux. « Ou je peux te conduire où tu le souhaiteras. Je n’ai rien de prévu ce soir, je suis tout à toi... » Pour une fois, il n’y avait pas l’ombre d’une proposition indécente dans ses paroles, toutefois il pouffa en se rendant compte du double-sens flagrant qu’il venait d’énoncer. « En tout bien tout honneur, bien évidemment. » Il se décida à planter à nouveau son regard dans le sien, esquissant un sourire encourageant tandis qu’il mettait le contact. Il l’amènerait aussi loin qu’il le désirerait, à partir du moment où il ne s’agissait pas de l’Angleterre.

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Baxter Madden
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MessageSujet: Re: If I could just see clearly, into you.   Mer 28 Mai - 20:28

Bax. Au fond de lui il avait l'impression qu'on ne l'avait pas appelé comme cela depuis une éternité. A dire vrai, dans son quotidien mouvementé quelques semaines pouvaient facilement s'apparenter à une éternité. Le doute était permis. Il ne saurait donner son avis quant à ce petit sobriquet, que seul Carson utilisait par ailleurs, mais ces trois petites lettres formaient un mot qui lui paraissait doux à l'oreille. Ce n'était certes pas comparable avec des surnoms affectueux tels que 'mon cœur', 'mon chéri' ou encore 'mon poussin' – bien que ridicules, certains demeuraient plaisants – mais il avait le sentiment de lui appartenir d'une certaine manière. Cette façon de penser s'avérait complètement stupide car en aucun cas le professeur de sciences n'utiliserait un adjectif possessif pour parler d'un autre être humain, en dehors de ses parents et de sa sœur bien évidemment. De ce fait, Baxter se perdait volontiers dans cette réflexion irréelle mais surtout irréaliste qui ne pouvait provenir que de lui. Une fois encore ses nombreux songes et désirs secrets le faisaient passer pour un déséquilibré mental ; fort heureusement pour lui, il ne criait pas sur tous les toits les innombrables bêtises qui lui traversaient l'esprit. Néanmoins être nommé Bax, surtout par lui, lui faisait chaud au cœur, et même s'il ne l'exprimait pas verbalement l'éclat de ses yeux clairs parlait pour lui. Il prit en considération les paroles qu'il venait d'énoncer en rapport avec sa prétendue plaisanterie dite juste avant et soupira longtemps en détournant à son tour le regard vers le pare-brise. Issu d'une contrée où le mauvais temps allait de paire avec le pays, l'averse passagère ne le dérangea donc pas des masses, bien au contraire. Il observa la chute interminable qu'effectuaient les gouttes devant eux, bercé par le martèlement de ces dernières contre la large vitre. Là où de nombreuses personnes trouvaient le moyen de se plaindre de la météo, le britannique parvenait toujours à se satisfaire de la pluie pour telle ou telle raison. Aujourd'hui, en l’occurrence, elle rapprochait les corps et les esprits destinés à se retrouver et s'unir. Du moins, c'était de cette manière qu'il percevait les choses. Déprimé, oui très certainement, mais plutôt mourir que de perdre son goût du romantisme. S'il existait une chose qu'il emporterait à coup sûr dans sa tombe, c'était bien cela. D'ailleurs il n'avait que cela pour lui ou à offrir.

Le petit brun avait toujours eu cette fâcheuse tendance à mettre la charrue avant les bœufs. Il ne servait strictement à rien de lui faire une remarque sur le sujet, il n'écoutait que d'une oreille faussement attentive. Quant aux conseils, autant éviter un gaspillage inutile de salive. Le côté réservé de Carson, ce soir, ne passa pas inaperçu. Après avoir glissé ses doigts sur chaque parcelles de peau – poilues ou non – de son visage, il avait bien compris que la complicité tactile s'effectuerait à sens unique. Il ne lui reprochait aucunement son comportement, ils étaient deux adultes vaccinés et capables de prendre leurs propres décisions. Si le jeune homme n'avait pas souhaité lui rendre ses gestes plein de tendresse, c'était probablement parce qu'il n'en ressentait pas l'envie et tout le monde savait qu'on ne pouvait forcer Carson Haynes à agir contre sa volonté. Dommage d'ailleurs. Ce n'était pas pour autant qu'il lui en tenait rigueur, il en fallait désormais un peu plus pour effacer le discret petit sourire accroché à son visage.
« Chez moi, ce sera parfait, » répondit-il d'un ton amusé en le voyant s'emmêler les pinceaux pour ne pas sembler entreprenant. Il posa l'arrière de son crâne contre l'appui-tête, la tête tournée dans sa direction afin de pouvoir le contempler à son insu pendant qu'il conduisait. Ses petits yeux, affaiblis par la fatigue et les pleurs, observaient méticuleusement les détails de sa barbe visiblement bien entretenue, ou du moins correctement taillée. Il n'avait pour ainsi dire par trop eu le temps ni la possibilité de profiter de ces quelques poils drus, et c'était sans conteste bien dommage aussi. Son expression gagnait en maturité, il ignorait pourquoi il le percevait de cette façon mais son adorable barbichette accentuait ce côté nounours qu'il avait toujours apprécié chez son ami. Ses traits semblaient moins sévères qu'avant et il lui apparaissait nettement plus doux de là où il se trouvait. Il n'arrivait même plus à discerner cette arrogance innée qui le caractérisait tant, pilier central de sa personnalité.

De nombreux miles plus tard, ils arrivèrent devant l'immeuble de Baxter, ce dernier lui indiquant une place libre où se garer. Ils venaient tout juste de se retrouver, ils avaient encore des tonnes de choses à se dire, non ? Il ne pouvait pas simplement le planter là et lui souhaiter une bonne soirée. Après un long silence devenu presque gênant désormais, il détacha sa ceinture de sécurité dans le but de pouvoir se placer totalement de côté, le haut de son corps tourné vers lui.
« Merci de m'avoir raccompagné, » souffla-t-il d'une voix légèrement timide. Dans une forte inspiration, il posa le plat de sa main sur le haut de la cuisse de Carson et l'enserra malgré lui avec force entre ses doigts. Il avait pour habitude généralement de prendre de mauvaises décisions si on ne l'arrêtait pas, hélas – pour qui ? – quand il le regardait ce soir aucune pensée raisonnable ne lui effleurait l'esprit. Pire encore, plus son regard clair se perdait dans ses petits yeux en forme d'amande, plus des idées insensées l'envahissaient. Sans réfléchir davantage, il oubliait bien souvent de le faire en sa présence, il se pencha vers lui en émettant une pression sur sa jambe par le biais de sa main qui l'encerclait toujours. Sa main gauche, libre donc, se positionna sur le dossier de Carson pour prendre elle aussi appui avant qu'il ne scelle leurs lèvres ensemble dans un baiser qu'il voulait langoureux. Yeux clos, il éloigna de quelques centimètres sa bouche de la sienne, laissant son souffle chaud s'échouer sur sa peau encore humide. « Est-ce que tu veux monter boire un verre ? » murmura-t-il comme s'il lui racontait un secret, rouvrant lentement les yeux. Il avait affirmé un peu plus tôt qu'il n'avait rien programmé ce soir, ce qui voulait sans doute dire qu'il n'était attendu nulle part. Il n'était pas à cinq minutes près, si ? Richard ne lui vint pas une seule fois à l'esprit, pas même quand il l'invita à boire un verre rapidement, c'était totalement désintéressé. Ou presque.

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Carson Haynes
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MessageSujet: Re: If I could just see clearly, into you.   Jeu 29 Mai - 13:45

La métamorphose de l’expression portée par Baxter fut si subite que Carson douta fortement qu’il en fût le responsable ; le sourire qu’il portait désormais effaçait le souvenir de la détresse palpable qu’il avait démontré au moment de l’alpaguer plusieurs minutes avant cela. Ses larmes avaient été effacées par la pluie et les mots qu’ils venaient d’échanger, ce qui devait être une première, Haynes étant d’ordinaire plus enclin à lui ruiner le moral et non à lui rendre. Du moins, c’était ce qui lui restait des derniers tête-à-tête qu’ils avaient partagés, leurs débuts avaient été beaucoup plus joyeux, ils appréciaient alors la simple compagnie loin de l’autre, sans y lire des choses qui n’existaient pas ou susceptibles de blesser l’un des deux partis. Il était très plaisant d’obtenir un tel résultat, Carson se félicita de parvenir à lui faire oublier au moins temporairement ses soucis même s’il refusait d’en prendre l’entière responsabilité, l’Anglais devait avoir ingurgité des cachets ou un peu d’alcool avant leur entrevue, un individu seul ne pouvait être à l’origine d’un tel changement de comportement. D’autant plus qu’il n’avait pas fait grand-chose. Un câlin ne possédait pas un aussi grand pouvoir – ou alors, vraiment, il avait manqué tout un tas d’opportunités en se refusant à cette pratique toutes ces années. Il hocha la tête lorsqu’il lui indiqua la destination qu’il désirait, n’articulant rien pour éviter de se perdre à nouveau dans des marasmes incompréhensibles ; Carson Haynes incapable de trouver ses mots ? Cela semblait surréaliste et un observateur extérieur n’aurait pas hésité à se moquer ouvertement de sa personne, de manière moins subtile que pouvait le faire Baxter, d’ailleurs. Il tâcha de se concentrer sur sa route, qu’il n’avait pas empruntée depuis un moment mais qui lui revenait instinctivement tant il l’avait ramené chez lui depuis le début de l’année scolaire, que ce fut en simple ami ou avec les bénéfices qui vinrent par la suite. Seule changeait la durée de son séjour dans son appartement, dans ces cas-là.

Il gara son véhicule en face de l’immeuble où Madden résidait, le destin ou le hasard ayant décidé de lui laisser une place libre non loin de là, comme une invitation à rester. Il balaya cette idée d’un léger mouvement de tête avant de la tourner vers son ami.
« Aucun problème, c’est presque sur ma route, tu sais, » mentit-il dans un léger rire. Tous deux connaissaient par cœur la distance qui reliait leurs deux domiciles tout comme le trajet nécessaires entre eux et leur lieu de travail. Il baissa un regard interrogateur sur la main qui se posa sur sa cuisse, ne réalisant que trop tard ce qui était en train de se passer. La chaleur des lèvres de Baxter sur les siennes se diffusa dans l’intégralité de son corps, réchauffant jusqu’à ses longues jambes et ses poings crispés sur ces dernières. Il ne répondit pas à son baiser, il se contenta de le recevoir sur sa bouche entrouverte par la surprise, yeux ouverts tout du long. Il ne pensait pas qu’il oserait une telle chose, pas après tout ce qu’ils avaient traversé. Il avait envie de lui dire non, il fallait qu’il lui réponde non, il était nécessaire qu’il lui dise non. Accepter son invitation équivalait à faire un grand pas en avant dans le vide et la chute se montrerait douloureuse pour les deux. Cependant, même après cet échange, il croyait que sa présence lui faisait du bien et il aurait été égoïste de lui refuser sa compagnie dans un pareil moment. « Un café ne serait pas de refus, » répondit-il dans un murmure tandis qu’un frisson lui remontait le long de la colonne vertébrale. La pluie n’avait pas résulté qu’en un rapprochement entre les deux, elle les avait également bien refroidis. Certes, Carson aurait survécu et évité la pneumonie même s’il avait attendu d’être rentré chez lui pour se débarrasser de ses vêtements trempés et se glisser sous une douche brûlante, toutefois le jeu en aurait été moins intéressant. Et il devait toujours à Baxter de lui tenir compagnie pour le garder éloigné de ses sombres pensées. Il se détacha de lui en remuant ses cuisses et se retournant pour regarder par la fenêtre la pluie qui se calmait peu à peu, même si les nuages noirs ne semblaient décidés à quitter le paysage. Il remonta le col de son manteau dans une tentative utopique de se protéger du mauvais temps puis trottina jusque l’entrée de l’immeuble, verrouillant sa voiture derrière lui et suivant Baxter.

La traversée jusque l’entrée fut moins éprouvante que leur précédente, sur le parking du lycée, mais il prit quelques secondes pour se débarrasser du plus gros des gouttes qui avaient pris possession de son visage et de ses cheveux avant d’emprunter les escaliers qui menaient à l’appartement du Britannique.
« Baxter, » commença-t-il d’une voix éteinte, sur le pas de sa porte, légèrement courbé en avant comme si ses épaules portaient un poids trop important pour elles. Il leva une main comme s’il allait effleurer son visage humide puis se ravisa au dernier moment. « Avant que je n’entre, il faut que tu saches que je vois quelqu’un pour l’instant. C’est un chic type et je ne voudrais pas être le salaud qui en embrasse un autre dans son dos... » Même si l’autre en question le faisait ressentir plus de choses que Richard ne pourrait jamais le faire. Même s’il mourait d’envie de serrer son corps contre celui, frêle, de Baxter, de capturer une fois encore ses lèvres, dans un vrai baiser digne d’eux cette fois. Il était tiraillé, pris entre deux feux, cependant le respect qu’il éprouvait à l’égard des deux hommes l’empêchait de faire une autre connerie. Il plongea son regard dans celui du petit brun et se mordilla la lèvre inférieure, incertain, tandis que sa cervelle et son cage thoracique se déclaraient une guerre nucléaire, l’une arguant qu’il fallait déguerpir alors que l’autre le poussait à faire un pas en avant, à lui faire ouvrir la bouche pour confesser à quel point sa vie avait été un enfer depuis qu’il en était sorti, qu’il ne pouvait pas exister sans lui, qu’il n’était qu’un connard et qu’il lui demandait pardon. A la place de tout ça, il resta debout, mains dans les poches, attendant une réponse de la part de son hôte.

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MessageSujet: Re: If I could just see clearly, into you.   Jeu 29 Mai - 15:00

Le ton était pour ainsi dire donné, réellement. Si jusqu'à présent le doute persistait quant à la suite des événements, les choses s'avéraient désormais on ne pouvait plus claires. A l'instar de l'ancien Baxter, le petit brun s'accrochait à nouveau à son ami aussi fort qu'une moule pouvait être collée à un rocher. Bien entendu il n'y avait plus ce désir de grandeur avec lui, plus aucun projet ne l'habitait – encore moins ces derniers temps – seulement il retrouvait peu à peu cette déraisonnable envie d'être tout contre lui, tout simplement. Il ne demandait plus monts et merveilles, du moins plus pour le moment, et tout ce qui l'intéressait c'était sa présence à ses côtés. Alors qu'à des miles de là, Colin se trouvait allongé sur un lit d'hôpital, le britannique désirait en secret la chaleur des bras imposants de son collègue. Il était tombé sur un jeune homme impossible à réconforter, trente minutes plus tard une toute autre personne faisait son apparition. Cela ne voulait aucunement dire qu'il en oubliait son petit frère, ses pensées seront toujours dirigées vers lui, mais il se surprenait à prendre un peu de bon temps, pour lui et lui seul. Pendant une heure, ou peut-être moins, il souhaitait seulement pouvoir mettre l'ensemble de ses problèmes de côté dans un petit coin de son appartement et vivre comme tout le monde, avant d'inévitablement revenir à la réalité. Bizarrement, il semblait être le seul à désirer une telle chose. Le fait que Carson ne répondit pas favorablement à son baiser le refroidit légèrement de l'intérieur et il se maudit un peu d'avoir osé agir aussi bêtement en sa compagnie. Même s'il ne le repoussait pas directement – sans doute par pitié à son égard – il était suffisamment intelligent pour comprendre quand une personne ne voulait pas la même chose que lui. La situation prenait une tournure étrange, presque embarrassante pour lui, mais le professeur de sciences eut le bon réflexe en quittant le véhicule pour regagner l'immeuble de trois étages, comme pour mettre un terme à ces festivités inconvenantes.

Il s'extirpa hors de la voiture et courut à grandes enjambées jusqu'à la porte d'entrée qui donnait sur un petit hall accueillant. Malgré l'habitude, il arriva un peu essoufflé au troisième et dernier étage, respirant longuement et bruyamment pour tenter de reprendre sa respiration. Il fouilla dans une poche intérieure de son sac et mit la main sur les clefs de chez lui quand Carson l'interpella d'un ton qui lui fit froid dans le dos. Sa voix n'était en rien agressive mais elle équivalait à un formel 'il faut qu'on parle' qui ne laissait rarement présager du bon. Il choisit de se tourner face à lui, le dos désormais appuyé contre la porte toujours close, tandis que ses doigts jouaient nerveusement avec les quelques portes-clefs accrochés au trousseau. Ses mots, il s'attendait à tout sauf à ceux-là. Non, en fait, il ne s'attendait strictement à rien. Il essaya de faire bonne figure devant lui mais l'effort lui coûtait énormément sur le plan émotionnel. Ses dents mordaient doucement le coin de ses lèvres dans un court moment de silence durant lequel il ne sut trouver les termes justes pour s'exprimer. Dans son for intérieur, une petite voix mourait d'envie de lui cracher au visage toute la déception qui l'envahissait progressivement mais il ne put se montrer désobligeant avec lui après toutes les bonnes paroles qu'il avait dites sur sa personne.
« Je... Je suis désolé, je ne savais pas. » Menteur. Il espérait simplement au plus profond de son cœur que les deux hommes avaient rompu après quelques semaines de relation, Carson ayant réalisé qu'il n'était pas fait pour cette vie là ; lui qui n'avait jamais autorisé personne à lui mettre la corde au cou, pas même lui. Il était presque écœuré de voir qu'un parfait inconnu était en mesure de s'emparer intégralement de lui en un claquement de doigts. « Je suis désolé, » répéta-t-il maladroitement avant de se frotter les lèvres comme s'il cherchait à se nettoyer la bouche, lui le salaud qui poussait un homme bien à la tromperie.

Ses yeux s'imbibèrent à nouveau de larmes mais il lui sourit largement pour tenter de faire disparaître toute forme de tristesse de son visage déjà humide. Il se tourna rapidement et ouvrit la porte sans plus attendre, le laissant passer le premier à l'intérieur avant de refermer derrière eux.
« Laisse tes chaussures et ton manteau dans l'entrée, s'il te plaît, » demanda-t-il avec douceur en se déshabillant le premier. Il fit un pas dans l'appartement et Nefertiti vint déjà à sa rencontre, s'enroulant entièrement autour de sa jambe dans un petit miaulement paresseux. « Toi tu as faim, » dit-il à l'animal en se penchant pour lui caresser la tête. « Je vais d'abord nous préparer un bon café, » ajouta-t-il à l'attention de Carson. « Fais comme chez toi... Tu connais déjà les lieux. » Il lui indiqua le salon d'un signe de la main. « Tu veux peut-être passer tes vêtements au sèche-linge ? Sinon je peux te prêter une couverture chaude. » Il ne voulait pas qu'il attrape la mort par sa faute. Même s'il était désormais plein de bonnes intentions envers lui, sa voix avait perdu son entrain de tout à l'heure. Le regard quelque peu fuyant, les dernières paroles de Carson ne cessaient de se répéter en boucle dans sa tête à la manière d'une musique dérangeante. Cette confession, humble et honnête, le travaillait plus que de raison et promettait de le tirailler au moins jusqu'à l'heure du coucher. Le grand échalas ne pensait sans doute pas à mal en ayant de tels propos mais sans le savoir c'est son discours qui convaincra Baxter de quitter le territoire le lendemain.

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Carson Haynes
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MessageSujet: Re: If I could just see clearly, into you.   Jeu 29 Mai - 16:17

Il ne le crut pas lorsqu’il lui annonça ne pas savoir pour Richard et lui ; il avait après tout appris d’une façon totalement improbable le début de leur histoire, si elle était venue à prendre fin, nul doute qu’il en aurait également reçu l’écho. Or, rien de tout cela n’était parvenu à ses oreilles. « Tu n’as pas à t’excuser, ce n’est rien... » Il voulait simplement éclaircir les choses, pour ne pas qu’il se mette en tête qu’il ne voulait pas l’embrasser – ne pouvoir le faire était la cause de sa plus grande frustration – mais bien qu’il réalise qu’il leur était impossible de le faire pour le moment. Il l’avait articulé de manière explicite, « pour l’instant », et il ne se rendit compte de cette précision qu’en attendant qu’il n’ouvrit la porte. Dès le départ de sa relation avec Richard, et ce malgré le bon caractère de ce dernier, son physique des plus attrayants et sa générosité incomparable, il n’avait jamais, pas une seule seconde, imaginé un avenir avec lui. Il avait déjà pensé et même annoncé à Baxter qu’une aventure sérieuse entre eux ne mènerait nulle part, quelques mois auparavant, lorsque les envies de grandeur du Britannique l’avaient pris de court et lui avaient fait prendre conscience qu’il n’était pas assez évolué, psychologiquement, pour partager cette même vision. Il n’avait jamais connu le grand amour, ni même un petit, son cœur s’était montré hermétique à tout et tout le monde, refusant qu’un homme s’en approchât de trop près pour des raisons futiles, pour se préserver car il avait vu de trop nombreux amis tomber sous les flèches de Cupidon sans possibilité de se relever. Il s’était convaincu qu’il avait été monté avec des pièces d’occasion, qui fonctionnaient mal et l’empêchaient de ressentir le grand frisson comme tous les autres. Toutefois, les récents événements lui avaient fait réaliser que tel n’était peut-être pas le cas. Les battements forts dans sa poitrine à chaque fois qu’il posait les yeux sur Baxter, même durant leur guerre froide, ne pouvaient plus être tus ou ignorés, ils l’assourdissaient trop. Il avait essayé de les refouler, n’appréciant guère que ses sentiments décident de sortir de leur placard – eux – au moment le moins propice à un rapprochement. Ils étaient alors tous deux dans une relation et trop bornés pour se confronter une énième fois. Maintenant, Baxter était en face de lui, disponible, en demande d’affection et de sa présence, de son toucher, sauf que c’était lui, Carson Haynes, qui porté l’étiquette « pris, ne pas déranger ni emprunter ». La situation était si improbable qu’il en aurait ri si elle n’était pas aussi destructrice. Il se culpabilisait à s’en arracher les yeux, de vouloir de Baxter à cette seconde alors qu’il avait quelqu’un, quelque part, qui l’attendait.

Dans une profonde inspiration, histoire d’avaler une dose de courage, il fit un pas en avant pour entrer à l’intérieur de l’appartement, ce qu’il n’avait pas fait depuis une éternité. Rien n’avait trop changé, eut-il l’occasion de constater tout en retirant les premières couches de ses vêtements trempés. Il installa son long manteau sur l’installation prévu à cet effet, puis ses chaussures juste en dessous, avant d’avancer dans le salon.
« Salut, ma belle, » lança-t-il à Nefertiti en se penchant en avant pour la caresser sur toute la longueur de son dos. Sa jolie petite bouille et son pelage soyeux lui avaient manqué, tout compte fait. « Non merci, ça va aller. » Il se redressa pour enlever son pull, qui avait été un peu mouillé par la pluie, et le poser sur le dossier d’une chaise, ne gardant que sa chemise et son pantalon, dont il ne pouvait décemment pas se séparer ici. « Je suis à moitié Anglais, je peux supporter des vêtements un peu humides, ne t’en fais pas pour moi, » le rassura-t-il avec un sourire amusé. Il fit quelques pas dans le salon quand son regard s’attarda sur un objet qui ne se trouvait pas là à l’époque où il avait été un invité fidèle. « Oreo ! » s’exclama-t-il en se penchant pour ouvrir la cage et en sortir le petit lapin avec toute la délicatesse dont il était capable lorsqu’il s’agissait d’animaux. « Comme tu as grandi ! » Sans demander la permission au propriétaire des lieux, il l’installa sur son torse et se mit à se promener dans le reste de la pièce en le caressant d’une main. Il ignorait pourquoi mais il se sentait en partie responsable de cette boule de poils, sans doute parce qu’il l’avait hébergé plusieurs mois avant que Baxter ne prît la décision de le ramener chez lui. « C’est un peu bizarre d’être ici et de ne pas sentir le regard haineux de Ramses sur moi, » commenta-t-il avec humour en se rapprochant de la cuisine où s’affairait le professeur de mathématiques. Il ne sentait aucune animosité dans l’air et cela avait quelque chose de très agréable. Pour la première fois il avait l’impression d’être complètement le bienvenu ici ; il en aurait profité bien davantage s’il avait su, alors, qu’il s’agissait de la dernière fois qu’il mettait ses pieds dans cet appartement. « Je peux nourrir Nefertiti pendant que tu t’occupes de ça, si tu veux. » Il n’était pas présent en tant qu’invité dans l’attente de se faire servir, il était son soutien moral de la soirée et, à ce titre, il pouvait lui rendre service sans aucune arrière-pensée. Même s’il y en avait une, de pensée, qui trottait joyeusement dans sa tête tandis qu’il regardait Baxter préparer le café : le surlendemain ne serait pas une cause de célébration comme il avait pu le prévoir. Dimanche, il allait mettre un terme à sa relation avec Richard.

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Baxter Madden
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MessageSujet: Re: If I could just see clearly, into you.   Lun 2 Juin - 18:22

L'appartement de Baxter n'avait pour ainsi dire pas changé du tout. Tout était à l'identique. Chaque chose était à la même place que lors de la dernière visite de Carson. Les semaines écoulées loin l'un de l'autre devraient jouer en leur faveur sauf que c'était tout l'inverse, enfin du côté du petit anglais tout du moins. Le voir passer le pas de sa porte, trempé jusqu'aux os de surcroît, le faisait éprouver d'étranges envies, dont se lover contre son grand corps dans le but de le réchauffer. Combien de fois avait-il franchi ce paillasson depuis le début de l'année ? Inutile de compter désormais. Même si de nombreuses fois ils s'étaient disputés entre ces murs, la douceur avait toujours eu une place de choix dans leur prétendue relation. Derrière un cri ou une crise de jalousie, Baxter parvenait toujours à lui dérober un baiser, une caresse, et plus encore. Aujourd'hui les choses étaient bien différentes. Sans doute devaient-ils mettre ça sur le compte du changement positif. Ils avaient tous les deux évolué vers une maturité certaine. Si le propriétaire des lieux hésitait encore quant à la réponse à donner le concernant, il pouvait sans peine dire que son ami avait mûri. De la plus belle des manières d'ailleurs, c'est-à-dire en couple. Un autre individu avait réussi à le tirer vers le haut par le biais de sentiments, avec de l'affection au quotidien, de belles paroles, probablement de longues conversations téléphoniques, bref tous les domaines dans lesquels Madden avait lamentablement échoué ces derniers mois. Cette impression de nullité grandissante ne le quittait pratiquement jamais, et ce depuis des années maintenant, mais à l'annonce de ce couple fraîchement construit son mal-être n'avait fait qu'accroître de jour en jour. Ce soir, il constatait que les bases même de leur récente histoire s'avéraient plus solides qu'il ne l'avait imaginé et ce simple détail lui déchirait le cœur, en plus de lui perforer les entrailles chaque fois qu'il repensait au visage avenant de Richard. Si son collègue ne se tenait pas dans la même pièce que lui, nul doute qu'il serait parti se faire vomir aux toilettes pour évacuer ce trop plein de stress causé par l'échec retentissant de sa misérable petite vie. Depuis tout ce temps il n'avait fait que douter de la sincérité de son ami fidèle alors que le problème provenait de lui et uniquement de lui. Il n'y avait désormais plus aucun doute possible. Si une personne comme Carson, qui ne croyait ni de près ni de loin aux bienfaits de l'amour ou même de l'existence de ce dernier, parvenait à trouver une personne honnête et attentionné pour vivre à ses côtés, alors Baxter Madden n'avait plus aucune raison de continuer à vivre sur cette terre. Soit la malchance s'était abattue sur lui à cause d'un tiers soit il n'était pas fait pour une vie à deux ; bien entendu il refusait de croire à cette dernière hypothèse, lui l'amoureux transi par excellence.

Ses yeux s'attardèrent brièvement sur sa chatte qui tournait désormais autour de Carson, le suivant comme son ombre. Elle ronronna, frottant le coin de sa tête contre la cheville du jeune homme, mais la pauvre fut devancée par la petite mascotte qu'était Oreo. C'était un combat perdu d'avance, elle n'avait aucune chance face au lapin. Elle était issue du foyer que son maître avait fondé avec Troy tandis que l'autre bête à poils était apparue dans leur quotidien alors qu'ils se connaissaient déjà. Même si c'était assurément l'animal de Baxter, le professeur de sciences l'avait gardé un moment chez lui comme s'il s'agissait de sa propre créature. Alors qu'il déposait deux mugs sur le plan de travail, il se tourna doucement vers son invité qui tenait Oreo contre lui avec une tendresse qu'il avait presque oublié au cours des semaines. Durant un quart de seconde, il éprouva un léger pic de jalousie à l'égard de son lapin mais il balaya rapidement cette pensée absurde de son esprit en secouant vivement la tête.
« Si Ramses était encore là, je ne t'aurais pas conseillé de toucher à ses croquettes mais comme il s'agit de Nefertiti... Tu peux la servir sans problème. » Il lui indiqua un placard en hauteur. « Tu trouveras sa nourriture ici. » Il trottina doucement jusqu'à lui pour effleurer le dessus de la tête du lapin. « Évite juste de lui donner Oreo à manger, » plaisanta-t-il, tout en sachant que sa chatte ne toucherait même pas à la pauvre chose. Au contraire, elle miaulerait d'un air grave pour prévenir Baxter qu'un objet non identifié trônait dans sa gamelle. Fredonnant un petit air connu, il repartit s'occuper du café, le laissant gérer les animaux, du moins un. Une fois la boisson chaude prête, il remplit les deux mugs avant de les apporter dans le salon où il posa sur la table basse. « Le café est prêt ! » se sentit-il obligé de dire tout en prenant place sur le canapé. Il ramena ses jambes allongées et pliées sur le sofa avant d'attraper un petit plaid pour se couvrir le bas du corps. « Tu es sûr que tu n'as pas froid ? » Car lui-même était frigorifié alors qu'il avait nettement moins pris l'eau que Carson. Il se frictionna vivement le haut des cuisses avant de faire la même chose sur ses bras fins. Auparavant il n'aurait pas hésité un seul instant avant de venir se lover contre le corps imposant de son ami afin de lui voler sa chaleur corporelle – comme il le faisait au lit avec ses pieds froids – mais après le rejet déchirant qu'il avait vécu un peu plus tôt dans la voiture, il n'osait plus effectuer le moindre mouvement. Alors qu'il se trouvait sous son propre toit. C'était bien la première fois, depuis qu'il le connaissait, qu'il refrénait ses désirs, devenus un besoin à ce stade mais qu'il devait taire malgré lui.

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Carson Haynes
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MessageSujet: Re: If I could just see clearly, into you.   Mer 4 Juin - 18:04

Carson adorait les animaux, il s’agissait d’un trait de sa personnalité qui allait de paire avec son métier, d’une part, mais également avec sa tendance à n’apprécier que durant un temps limité la présence des êtres humains. Un foyer comportant au minimum un animal de compagnie avait quelque chose de rassurant, car cela signifiait dans un premier temps qu’ils possédaient un bon fond, puis dans un second qu’il n’y avait aucune chance pour rencontrer un quelconque silence gênant au détour d’une conversation. Les bêtes offraient toujours de quoi discuter, un répit souvent bienvenu, voire salvateur. Il avait par ailleurs du mal à faire confiance à quiconque osait énoncer en sa présence qu’il n’aimait ni les chiens ni les chats ou autres créatures de compagnie. L’unique occasion dans laquelle il ne les appréciait guère était dès l’instant où ils s’approchaient de trop près de l’endroit où il comptait prendre du bon temps. Animaux et sexe ne faisaient pas bon ménage et cette règle stricte de son quotidien avait causé foule d’incompréhension entre Baxter et lui, mais il n’y avait jamais dérogé. Il refusait les poils dans ses draps. « Je ne ferai jamais ça à ce petit bout de chou, » rigola-t-il en jouant avec les extrémités des longues oreilles du lapin qui ne devait pas comprendre grand-chose à la situation. Il ne semblait guère s’en plaindre, cela dit, le torse de l’enseignant devait être tout confort. Il soutint Oreo d’une main, tandis que de l’autre il attrapait le sachet de nourriture pour chat avant d’en verser adroitement dans la gamelle de la chatte qui en profita pour se frotter au côté de sa cuisse. La regardant grignoter ses croquettes, avec élégance, en petite princesse qu’elle était, il se prit à imaginer un quotidien entre cet appartement et sa maison, en compagnie de Baxter, qui avait lui aussi déjà ses habitudes chez lui, depuis le temps qu’il le fréquentait. Ce qui lui avait paru improbable des semaines plus tôt commençait à se dessiner de façon plus concrète. Et cela ne lui faisait plus aussi peur qu’autrefois. Il avait appris de Richard qu’il n’y avait aucune raison de craindre la dénomination « petit ami », que cela signifiait simplement qu’il n’avait plus le droit de flirter avec des inconnus en dehors de chez lui, et à l’heure actuelle il se demandait pourquoi il n’avait pas réalisé cela lorsqu’une aventure avait été possible avec le jeune Anglais. Ils s’étaient trouvé à deux doigts de vivre quelque chose d’intéressant, sauf qu’il avait tout gâché avec ses phobies de l’engagement.

L’appel de Baxter le força à la réalité et il sursauta presque à l’entente de sa voix.
« J’arrive, » souffla-t-il en retournant dans le salon. Il déposa Oreo dans sa cage, pour le laisser tranquille, puis vint rejoindre le maître des lieux sur son canapé. Ses dents claquèrent de froid tandis qu’il s’emparait du mug laissé pour lui et qu’il soulevait un pan du plaid pour se glisser dessous. « Un peu, » confessa-t-il après quelques secondes de réflexion. Maintenant qu’il était posé et inactif, l’humidité des vêtements qu’il portait se refroidissait et le faisait frissonner. Toutefois, il ne voulait pas être plus un fardeau qu’il ne l’était déjà donc ajouta dans la minute qui suivit : « Mais ça va aller, ne t’inquiète pas pour moi. » Il plaça sa main sous la fine couverture, puis la posa sur l’une des chevilles de Baxter qui se trouvait là, l’enserrant au passage dans un mouvement dicté par la complicité qu’ils avaient jadis partagée. Il jeta un coup d’œil dans sa direction avant de déplacer son regard vers Nefertiti qui revint dans le salon en gambadant, visiblement satisfaite de son repas. Le salon fut plongé un petit moment dans le silence, chacun des protagonistes plongé dans la contemplation d’un point fixe ou bien du fond de sa tasse. Carson apprécia la moindre des gorgées du brûlant breuvage qui lui réchauffa tant le corps que l’esprit. Il marqua une pause dans sa dégustation pour tourner la tête vers Baxter et détailler son profil tant qu’il le pouvait. Ses traits étaient des plus agréables à regarder, même si cette vérité ne lui était pas apparue comme évidente lorsqu’il l’avait rencontré, des mois plus tôt. Il fallait dire qu’il n’était pas exactement son type, lui qui visait plutôt les grands gaillards costauds – par dépit plus que par préférence réellement définie – mais il avait su se faire une place dans sa tête et dans son cœur. Désormais, il ne pouvait plus se passer de la contemplation de son visage. Cela avait également été le cas lors de leur froid, alors qu’ils n’étaient plus supposés se regarder de manière autre que professionnelle. Son regard clair avait toujours erré au gré des couloirs jusqu’à découvrir sa silhouette ; il avait alors constaté son changement de style, avec la barbe qui était apparue subitement sans qu’il ne sût véritablement pourquoi. Sans doute pour la même raison que lui, un sentiment de bouleversement requis, une paresse à prendre soin de soi. Pourtant, non, il était à l’époque avec son Tom, qui lui était apparu comme étant un chic type, alors il avait dû être heureux. Il méritait d’avoir été heureux, au moins temporairement, en sa compagnie.

Après avoir terminé la dernière gorgée de son café, avant qu’il ne refroidisse, Carson remua sa main sur la cheville de son ami, remontant par la même occasion un peu son pantalon.
« Est-ce que ça va mieux ? » demanda-t-il en espérant que sa réponse fût positive, pour avoir au moins une fois l’impression de lui apporter quelque chose d’un tant soit peu positif. S’il était à la recherche d’un nouveau câlin, pour le réconfort, il était entièrement disposé à lui offrir. N’importe quoi, vraiment, il était en mesure de faire pour lui remonter le moral. Même s’il venait à l’instant de lui rappeler la raison pour laquelle il était venu le trouver, à la sortie du lycée, et que cela n’était peut-être pas l’idée la plus lumineuse qu’il avait eu ce soir-là.

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Dernière édition par Carson Haynes le Dim 8 Juin - 12:37, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: If I could just see clearly, into you.   Mer 4 Juin - 19:43

Il n'était pas compliqué de le deviner frigorifié, tout comme lui d'ailleurs, étant donné ses quelques grelottements qui ne passèrent pas inaperçus. Maintenant qu'ils partageaient le même plaid, ils étaient contraints de rester très proches l'un de l'autre pour profiter de la couverture à parts égales. Ça ne dérangeait pas Baxter outre mesure, quoi que. Les choses auraient pu en rester là si le jeune homme n'avait pas eu ce petit geste, certes anodin pour lui, mais qui lui créa tout un frisson le long de son corps frêle. Par conséquent, il éluda involontairement la réponse de son ami qui ne souhaitait visiblement pas recevoir davantage d'attentions de sa part. L'espace de plusieurs secondes, il demeura comme bloqué, plongé dans ses pensées à dire vrai. Chaque fois qu'il clignait un peu trop lentement les yeux, le souvenir de leurs deux corps enlacés, chair contre chair, lui revenait progressivement. Le savoir si près de lui à cet instant précis et sentir sa douce effluve glisser dans l'air jusqu'à lui, le désarmait réellement. Comme bien souvent, il se faisait des idées et s'emballait tout seul concernant des détails que lui seul remarquait ou pensait comprendre, alors qu'aucun sous-entendu ne se dissimulait derrière les gestes multiples de son ami. Et il en avait pour ainsi dire pleinement conscience, c'était avant tout ça le pire selon lui. Il réalisait totalement sa propension naturelle à la démesure dès lors que Carson se trouvait dans un même endroit – clos – que lui. Alors qu'un petit silence s'était ainsi installé dans le salon du britannique, un calme apprécié de la part du propriétaire des lieux, Nefertiti réapparut après avoir mangé une bonne poignée de croquettes, allant aussitôt s'allonger lentement dans un petit panier rouge. Même si ses yeux observaient l'animal se mouvoir non loin d'eux, son esprit était principalement focalisé sur les mouvements de la main du grand échalas qui lui caressait presque instinctivement la cheville. S'il eut dans un premier temps envie de dégager sa jambe de là, il changea rapidement d'avis lorsque ses doigts grimpèrent un peu plus haut, emportant un bout de son pantalon au passage. Le visage à moitié caché à l'intérieur de son mug, il mit quelques secondes avant de réaliser qu'on lui parlait. Il déposa sa tasse, à trois-quart pleine, sur la table basse avant de relever la tête vers son collègue. « Ça va, » murmura-t-il avec un sourire modéré en se massant fermement l'arrière de la nuque. « Merci. » Il se remit contre le dossier du canapé, frottant ses mains sur le plaid pour se les réchauffer.

Dans un petit soupir incontrôlé, il détourna le regard vers sa chatte et l'observa sans vraiment la voir. Pourtant elle était là, blottie sur elle-même et paisiblement endormie, mais son esprit vagabondait à mille lieux du salon. Néanmoins, au bout de plusieurs minutes, il reporta son attention sur le jeune homme assis à ses côtés et sourit tout seul presque malgré lui.
« Et toi, est-ce que tu vas bien ? » s'enquit-il avec une pointe de bonne humeur dans la voix. Il traînait désormais derrière lui des semaines de solitude, que Tom n'avait hélas pas réussi à combler malgré sa gentillesse. A coté de ça, il suffisait seulement d'une soirée à Carson pour raviver un minimum les couleurs de son quotidien devenu monotone sans lui à ses côtés. S'était-il au moins une seule fois mis à sa place ? Avait-il parfois essayé de comprendre les choses de son point de vue ? Avait-il conscience que certaines situations lui coûtaient énormément sur le plan émotionnel ? Il n'avait jamais été sensible, de près ou de loin, aux sentiments du petit brun quand ce dernier les énonçait fièrement à voix haute, avec énormément de bravoure aussi, mais Baxter aurait aimé savoir si, depuis tout ce temps, il saisissait toute l'importance de son amour pour lui. Il ne demandait pas de le comprendre, car il le savait incapable d'une telle prouesse ou plutôt d'un tel miracle, mais il aurait aimé l'entendre le rassurer à ce sujet au moins une fois et lui dire que la peine que ses émotions causaient n'était pas fictive et encore moins inutile, qu'il n'en était pas insensible. Au lieu de ça, le professeur de mathématiques s'était toujours confronté à un mur de pierres indifférent aux besoins sentimentaux des autres. C'était d'ailleurs bien dommage. Une personne à ce point attachée au monde animal ne pouvait être totalement fermée à la tendresse affective ; il n'y avait qu'à le voir s'occuper d'Oreo. Son visage s'était littéralement illuminé dès l'instant où ses yeux clairs s'étaient posés sur le petit lapin. Pour aimer les animaux il fallait avoir un cœur mais où diable se cachait celui de Carson Haynes ? Doucement mais sûrement, certainement pas discrètement cela dit, le britannique se glissa vers le centre du canapé dans le but de se rapprocher davantage de son ami même si la distance entre eux était déjà minime. « Es-tu vraiment monté pour, simplement, boire un café, Carson ? » demanda-t-il d'une voix doucereuse en plongeant un regard intense dans le sien. Sa bêtise n'avait désormais plus aucune limite. Baxter était pitoyable. Oui, Baxter était de ceux qui ne comprenaient pas un 'non' dit pourtant très clairement. Il se sentait presque obligé d'en rajouter une couche, sans doute pour mieux se faire de la peine à lui-même, histoire de remuer le couteau dans la plaie concernant le magnifique petit couple que formaient Carson et Richard. Une fois de plus – une fois de trop pour la soirée – le petit anglais s'adonna à un petit jeu dangereux dont il sortirait forcément perdant. Il tendit le bras vers lui pour glisser sa main à l'arrière de sa nuque tandis qu'il approchait son visage du sien afin de pouvoir frôler ses lèvres des siennes, tout en gardant la bouche mi-ouverte.

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MessageSujet: Re: If I could just see clearly, into you.   Dim 8 Juin - 13:22

La réponse du Britannique se fit attendre quelques secondes de trop, ce qui inquiéta Carson au point de resserrer, certes de manière infime, sa prise sur sa frêle cheville, comme pour l’encourager à s’exprimer librement. Il n’avait rien à craindre en sa présence, il n’était pas homme à le juger – même s’il ne l’avait que trop fait par le passé, il comprenait désormais que telle n’était pas sa place – et l’écouterait que ce fût pour entendre du positif autant que du négatif. Il avait laborieusement récupéré sa place auprès de lui, celle d’ami, d’oreille attentive, et ne comptait pas la céder de sitôt. Il ne s’y sentait que trop bien. « Tant mieux, » sourit-il en obtenant finalement l’information quant à son état général à ce moment précis. Baxter ne lui apparaissait plus comme le pauvre chaton égaré qui l’avait accosté un peu plus tôt dans la soirée, ses cheveux avaient séché et il semblait réchauffé ; il était à nouveau beau et souriant comme dans les meilleurs souvenirs qu’ils avaient partagés. Ils se trouvaient à des années lumières de leurs disputes, de la guerre froide dans laquelle ils s’étaient malencontreusement plongé, comme des adolescents plus que comme les deux adultes matures qu’ils étaient supposés être. Ils n’avaient guère démontré de qualités dignes de trentenaires, lorsqu’il s’agissait des rapports qu’ils entretenaient l’un envers l’autre, il était temps de changer cela, de respirer un grand coup et de jeter un coup d’œil critique sur ce lien spécial qui les liait. Un peu de recul leur était plus que nécessaire pour aller de l’avant et repartir sur des bases saines. Tandis que son regard s’était mis à trainer sur la ligne de la table basse, il se redressa et le plongea dans celui du jeune Madden à sa question qui lui semblait piégeuse. Il prit une longue inspiration avant de se mettre à hocher la tête, conservant aux coins des lèvres ce qui ressemblait à un sourire. Il n’était pas certain des émotions qu’il ressentait à cet instant précis, sa cervelle était dans le flou. « Je vais bien si tu vas bien. C’est ton état qui m’importe, ce soir, » répondit-il en penchant la tête sur le côté. Carson Haynes était ainsi fait qu’il savait s’effacer afin de passer au second plan, pour ne s’inquiéter que de la personne qui lui faisait face et dont les problèmes étaient beaucoup plus importants que les siens. Après tout, lui-même n’était pas malade, les membres de sa famille se portaient plus que bien et il ne rencontrait qu’une difficulté majeure sur son lieu de travail – problème qu’il ignorait jusqu’au moment propice où il pourrait le régler. Il n’était pas à plaindre donc pouvait annoncer aller bien sans que cela fût un mensonge. Même si, au fond, il ne se sentait pas au top de sa forme, non, pour une raison qu’il avait décidé d’ignorer.

Il rompit le contact visuel d’avec son compagnon au bout d’une longue minute, le temps de se débarrasser de son mug vide qu’il posa sur la table. Lorsqu’il se redressa, colonne vertébrale contre le dossier du canapé, Baxter ne se trouvait plus penché sur l’accoudoir de son côté, il était désormais installé tout contre lui. Cela n’avait rien d’anormal pour eux, ils avaient l’habitude de se tenir l’un contre l’autre depuis le temps, toutefois cette action n’avait rien d’innocent de la part du petit Britannique, il n’y avait aucun doute là-dessus. Il inspira une grande bouffée d’air au moment où les lèvres rouges de son ami se rapprochèrent des siennes, retenant sa respiration quelques secondes avant d’expirer dans un long soupir, son souffle s’échappant contre sa bouche positionnée bien trop près de son visage. Il ne le repoussa pas, car il en était bien incapable à cette heure, et se contenta de lever une main afin de venir lui caresser la joue.
« Je suis monté parce que tu avais l’air d’avoir besoin d’un ami... » Il baissa la tête et déposa un baiser chaste sur son menton, puis remonta pour en faire de même sur sa joue. « Je suis monté parce que tu m’as beaucoup manqué et que je regrette tout ce qui a pu se passer entre nous récemment... » Sa voix n’était qu’un souffle, que seule leur promiscuité rendait audible. Dans une nouvelle, profonde, inspiration, il se redressa et lui embrassa le front avec toute la délicatesse dont ses fines lèvres étaient capables avant de placer son visage en face du sien. Le café faisait partie du deal, il lui en était reconnaissant car il sentait toujours le froid percer à travers les vêtements restés sur son dos. Les baisers, en revanche, n’avaient pas leur place dans cette équation et il aurait réellement apprécié qu’il arrête avec ces derniers ; il ne pouvait en refuser qu’un certain nombre avant de céder à la tentation, il n’était qu’un homme, après tout. « Tu n’es pas forcé de me croire, car je sais quelle est ma réputation, mais je suis monté sans la moindre arrière-pensée. » Il n’avait pas un seul instant imaginé partagé un moment coquin avec lui, ou finir dans son lit, la situation ne s’y était jamais prêtée même lorsqu’il l’avait embrassé pour la première fois de la soirée. Ils étaient en outre loin de ça, puisqu’ils venaient tout juste de se retrouver après des semaines sans ne serait-ce que s’adresser la parole. Ils avaient déjà une fois succombé à leurs plus bas instincts dans des conditions semblables et avaient eu tôt fait de le regretter. Il posa sa grande main sur le côté de visage de Baxter, le bout de ses doigts jouant avec ses cheveux encore humides, tandis qu’il le fixait avec une expression attristée, malgré son sourire. « Tu ne devrais pas sous-estimer le pouvoir de ton café, il est très bon. »

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Baxter Madden
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MessageSujet: Re: If I could just see clearly, into you.   Dim 8 Juin - 14:40

Les paroles de son ami s’avéraient plus que réconfortantes aux yeux du petit brun, tout comme ses gestes d’ailleurs, encore aujourd’hui il ne pouvait vraisemblablement pas se lasser de sa douce et grande paume. Carson était chiant. Carson était parfois dur. Mais Carson était ainsi fait. Et même si le grand échalas n’était pas connu pour la tendresse qu’il pouvait offrir aux autres – autrement dit les hommes – il ne pouvait aller contre la délicatesse de ses longs doigts. Le pouvoir que ces derniers avaient sur Baxter, et tout son organisme, n’était désormais plus à prouver. Le professeur de sciences avait su le charmer inconsciemment, sans même essayé de le faire en plus de ça, avant même de chercher à le séduire, l’anglais était déjà conquis depuis bien longtemps. Si jadis il lui était arrivé de penser du mal de lui, ces mauvaises idées lui étaient à présent passées. Il ne le pensait plus machiavélique au point de jouer librement avec ses sentiments pour le manipuler tel un pantin sans vie. Car oui, il l’avait cru capable de s’amuser avec lui à l’époque où seul le sexe semblait l’intéresser, plus que sa personnalité en tout cas. Mais en fait il n’était rien de plus qu’un individu perdu, tout autant que lui, qui ne savait pas où aller dans la vie d’un point de vue sentimental et qui ignorait quel chemin emprunter pour le futur. Même si leurs parcours respectifs étaient totalement différents l’un de l’autre, ce que chacun éprouvait les ramenait incontestablement au même point ce soir. Ils se posaient des questions semblables, certes pas de la même manière, ils avaient des doutes sur des tas de choses et se demandaient où leurs rapports allaient bien pouvoir les mener. Au début de la soirée, il était pratiquement impossible de répondre à cette question mais plus le temps avançait plus le futur lui apparaissait de façon très claire. Hélas pour lui, sans doute. « Je vais bien, » mentit-il à nouveau dans le but de le rassurer. Au fond de lui, il était détruit de l’intérieur mais l’expérience acquise contre son gré lui avait permis de dissimuler l’évidence. Bien entendu le moment lui semblait très agréable, et il l’était vraiment, car grâce à lui il encaissait un peu plus facilement les récentes nouvelles parvenues d’Angleterre. Mais cela n’effaçait en rien le mal ressenti par son petit cœur affaibli chaque fois qu’il posait les yeux un peu trop longtemps sur lui, le renvoyant inévitablement vers la prétendue relation qu’il s’était un jour imaginé vivre avec lui alors que rien de tout ceci n’était réel. Et ce soir Carson le prouvait encore une fois. Ces mots, il les avait entendu plusieurs fois maintenant. Ce refus n’était pas nouveau, mais curieusement la pilule avait toujours autant de mal à passer quand il l’écoutait.

Ils ne partageaient désormais plus rien en commun concernant les liens qu’ils entretenaient, de ça il en était persuadé. Après lui avoir fait du rentre-dedans des centaines de fois depuis le mois de janvier, il fallait accepter la défaite et songer à capituler une bonne fois pour toutes. Car dorénavant il semblait pathétique, même pour lui-même. C’était toujours difficile d’aimer à sens unique, pour tout le monde d’ailleurs, mais Baxter avait l’impression que sa douleur dépassait de loin celle des autres et qu’il souffrait injustement de la situation. Oui, il pouvait parfois se montrer invivable, souvent même, mais il existait toujours pire que soi, non ? Ce que Carson disait avait du sens, il n’était pas entièrement dans le faux car il avait véritablement besoin d’un ami. Mais cet ami physiquement proche de lui, lui manquait cruellement aussi, c’était évident maintenant qu’il se tenait aussi près de lui et que son parfum lui chatouillait les narines. Devant l’indifférence de son compagnon, Baxter se rembrunit légèrement, ne s’attendant de toute évidence pas à une telle opposition de sa part, un refus de l’embrasser si catégoriquement. Lui qui d’habitude ne cessait de vanter sa beauté physique, laissant ainsi sous-entendre qu’il ne pouvait se refuser à lui, à cause de lui le petit brun se sentait subitement indésirable, presque laid. Et ses multiples baisers déposés un peu partout n’arrangeaient en rien son affaire, bien au contraire, ils les torturaient davantage.
« C’est bien dommage alors, » répondit-il d’une voix amère, lorsqu’il lui affirma n’avoir eu aucune arrière-pensée en montant avec lui jusqu’ici. Durant des mois entiers, Carson avait exprimé son désir à son égard de manières différentes et variées, mettant souvent l’accent sur le fait qu’il lui était plus que difficile de se retenir de ne pas lui sauter dessus tant il avait réellement envie de lui, tous les jours, parfois même plusieurs fois par jour.  Il était arrivé au britannique de se refuser à lui et maintenant qu’il s’offrait littéralement à son ami, ce dernier ne voulait tout simplement pas de lui. C’était décevant. Ne voyait-il pas qu’il avait besoin d’une certaine forme de réconfort ? « Nous ne souhaitons pas la même chose, nous n’avons même jamais souhaité la même chose, » soupira-t-il d’une voix abattue, ignorant ses dernières paroles probablement destinées à changer de sujet. « Je ne vais pas mentir et te dire que la situation me ravit, Carson. » Il se détacha de lui pour se remettre debout, emportant avec lui son plaid qu’il replia soigneusement. « Néanmoins je suis heureux que tu ais pu t’ouvrir au monde extérieur, à quelqu’un en particulier. On mérite tous de trouver notre moitié, ici ou ailleurs. Et tu sembles avoir mis la main sur un homme bien. » Il gardait le visage baissé pour discuter, la couverture serrée contre son torse. « Tu vois, il n’est jamais trop tard pour tomber amoureux. » Son cas n’était pas aussi désespéré qu’il le pensait, il avait juste surestimé son propre pouvoir sur lui. Ses lèvres tremblotèrent doucement alors il se décida à poser le plaid sur le canapé avant d’attraper les tasses afin de les ramener dans la cuisine par la suite. « Mais je préfère être honnête avec toi. La situation me fait bien trop mal et je n’ai pas besoin de ça en ce moment... » murmura-t-il, toujours en prenant soin d’éviter son regard. Il était déjà suffisamment atteint pour être davantage mis à terre. « Je n’ai pas envie de pleurer une nouvelle fois devant toi, je me suis suffisamment ridiculisé comme ça jusqu’à présent, donc accepterais-tu de t’en aller s’il te plaît ? » Ses yeux brillants fixaient un point invisible sur le dossier du canapé tandis que ses bras pendaient mollement de chaque côté de son corps, ne sachant quoi en faire. Tout le monde avait le droit de trouver l’amour mais l’égoïsme de Baxter le contraignait à ne pas l’accepter quand il s’agissait de Carson.

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Carson Haynes
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MessageSujet: Re: If I could just see clearly, into you.   Dim 8 Juin - 20:18

Il avait conscience que tout rapprochement corporel serait mal interprété par Baxter ; alors endosser le rôle de celui qui en instaurait un – même si, techniquement, le Britannique était venu en premier se frotter à lui – s’avérait être un jeu dangereux. Pourtant, Carson ne voyait pas le mal dans ses actions, dans ses décisions prises avant tout avec le bonheur de son jeune ami à l’esprit. Il était entièrement détaché de la situation, il ne souhaitait pas être directement impliqué dans ce qui se déroulait au beau milieu de ce salon, il se positionnait en tant qu’extérieur afin de rendre service au mieux. Sauf que le professeur de mathématiques était incapable de le laisser à sa place de simple témoin, d’épaule sur laquelle s’épanchait, il cherchait toujours plus de sa compagnie, quitte à le pousser dans ses retranchements. C’était ce qui leur avait porté préjudice dès le départ, ce qui avait éloigné Carson qui ne partageait pas ses mêmes idéaux et le fait de revenir, aujourd’hui donc trop tard, sur ces derniers ne changeait rien à la donne : ils étaient coincés. Qu’importait la distance parcourue par le bras que l’Américain tendait dans sa direction, celle-ci ne serait jamais suffisamment longue pour son homologue venu du vieux continent. Il cligna vivement des paupières à la réponse de Baxter, ébloui par son changement de ton très soudain. Il écouta tout son laïus sans l’interrompre une seule fois, malgré l’envie de le faire taire pour qu’il arrête de déblatérer ses stupidités. La paranoïa Madden n’avait décidément pas tardé à faire son grand retour dans la conversation, au plus grand désarroi des deux parties. Le grand brun se remit debout dès l’instant où ses sentiments à lui furent mis sur le tapis et il le suivit des yeux durant tout ce temps, incapable de cerner ce qu’il désirait réellement de lui – en dehors du sexe, cela allait de soi. Cette tristesse qu’il avait contribué à dissiper quelques minutes plus tôt venait de reparaître comme sortie de nulle part et il était clair qu’il en était à l’origine contre son gré, il ignorait ce qu’il devait faire à ce stade. Rester et attiser la douleur de Baxter ? Ou partir et l’abandonner à son sort en s’inquiétant toute la soirée de son sort ? Il n’y avait aucune bonne décision, les deux choix étaient hasardeux. Bien évidemment, il aurait pu jeter son dévolu sur la facilité, arrêter de se battre contre cette envie pressante de sentir son corps contre le sien, mais il avait déjà réfuté cette option plus tôt.

Pour la énième fois de la soirée, il fit un pas dans sa direction – littéral, cette fois – et se posta à côté de lui, une main levée vint s’emparer de sa nuque qu’il se mit à caresser à l’aide de son pouce. Il connaissait le point faible de son ami pour les papouilles et n’éprouvait presque pas de scrupules à l’utiliser contre ce dernier.
« Je suis désolé que tu le prennes comme ça. » Vraiment, il aurait préféré que cette soirée se passât autrement, sans drame, entre bons potes présents l’un pour l’autre. Il était entré dans l’optique de discuter famille et des problèmes de Colin, pas de l’échec de leur relation non existante. « Comme je te l’ai dit, je suis ici pour que tu te sentes mieux mais si ma présence te fait autant de mal, alors, oui, il est préférable que je m’en aille. » Même s’il n’en avait pas le moins du monde envie. Il savait que sa place était à ses côtés, quelle que puisse être la situation et bien que le timing fût des plus mauvais pour eux deux. Il s’éloigna ensuite de lui afin de venir se planter devant son interlocuteur, baissant la tête pour chercher son regard. « Puisque l’on est dans la minute d’honnêteté, je peux donc t’avouer que je ne crois pas un seul instant que Richard soit ma moitié. C’est un mec bien, d’accord, et je l’apprécie énormément mais je ne suis pas am... » Son téléphone se mit à vibrer dans sa poche, l’interrompant dans son discours. Il jura entre ses dents mais prit tout de même la communication quand il vit de qui il s’agissait. « C’est ma sœur, excuse-moi. » Il tourna les talons et fit quelques pas jusque dans l’entrée, afin de gagner un tant soit peu d’intimité même si cela n’était pas facile étant donné l’agencement de l’appartement de Baxter. Il discuta quelques minutes avec Laura, qui lui demanda s’il était disponible le lendemain pour garder son fils car elle venait faire quelques examens médicaux en ville mais ne voulait pas traîner le pauvre enfant avec elle. Bien entendu, il se fit un plaisir d’accepter, plus que ravi à l’idée de passer une demi-journée avec son neveu préféré. Il revint vers Baxter, qui s’était déplacé jusque dans la cuisine pour nettoyer les deux tasses, une expression piteuse sur le visage.

« Je suis sincèrement désolé de ne pas être à la hauteur pour toi, Bax. » Il esquissa un sourire pour tâcher de ne pas enfoncer la conversation dans un marasme de tristesse, il ne voulait pas faire replonger l’Anglais. « Tu es venu vers moi en quête d’aide et je n’ai fait que te décevoir. C’est d’ailleurs ce que je semble faire de mieux quand je suis avec toi, et j’aurais souhaité qu’il en soit autrement parce que je tiens énormément à toi. » Il était d’ailleurs sa personne favorite dans tout Chicago à l’heure actuelle, et ce malgré leur passé récent. Il étendit un bras pour effleurer le haut d’une joue de Baxter, refusant catégoriquement de refouler son besoin quasi vital de le toucher. Il fallait le comprendre, il avait été interdit de sa compagnie durant trop de temps. « Bon sang, ce que je déteste voir ce beau visage si triste, » articula-t-il, la gorge nouée, avant de reculer d’un pas, son bras retombant le long de son corps. Il marqua une pause durant laquelle il ne fit que le dévisager, s’imprégnant des détails de ses traits qu’il connaissait pourtant par cœur. Il détestait encore plus être la cause de son malheur alors qu’il n’en avait qu’après son bonheur. Il finit par pouffer en secouant al tête, une main passant dans ses cheveux qui séchaient décidément lentement. « Pardon... Tu m’as demandé de partir et... C’est dur, parce que je voudrais rester mais c’est stupide, je ne suis pas le bienvenu... » Il se mordit l’intérieur de la joue avant de tourner les talons et de retourner dans l’entrée pour récupérer son manteau. Il voulait, du plus profond de son âme, que Baxter le rappelle à lui, le retienne, change d’avis, n’importe quoi pourvu qu’il n’ait pas à sortir de cet appartement. C’était un combat perdu d’avance à partir du moment où il ne lui offrait pas ce qu’il désirait. Chaussures aux pieds, veste sur le dos, il se retourna sur lui. « Juste une chose. Promets-moi de ne pas partir sans dire au revoir, hein ? »

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MessageSujet: Re: If I could just see clearly, into you.   Lun 9 Juin - 20:45

Au contact de sa main chaude sur sa nuque, il frissonna légèrement tout en serrant le poing le plus fort possible, quitte à se faire mal tout seul. La douceur de son pouce le fit lentement cligner des yeux tandis qu'il prenait de grandes inspirations. Les mêmes événements se répétaient inlassablement avec Carson et ce n'était, à ce jour, plus vivable pour le petit anglais qui ne pouvait supporter l'idée de l'avoir si près de lui sans avoir le droit de poser la main sur lui. Le toucher lui était désormais interdit et il se demandait d'ailleurs comme une telle chose avait bien pu se produire. Même en étant dans des états lamentables, alcoolisé voire drogué, le professeur de sciences avait toujours succombé à ses nombreux charmes lorsqu'il le titillait un peu trop. Aujourd'hui tout semblait jouer contre lui, il n'exerçait plus aucune forme de pouvoir sur son ami, et ce dernier ne le désirait vraisemblablement plus. Le constat ne lui faisait aucunement plaisir mais il devait accepter la situation, il n'avait pas le choix après tout. Comme d'habitude le grand échalas pensait bien faire en cherchant à le réconforter d'une manière ou d'une autre, notamment en instaurant des touchers qu'ils ne partageaient plus depuis bien longtemps. Ses efforts n'étaient pas vains car ses gestes le calmaient en partie, à l'extérieur tout du moins car au fond de lui la tendresse de ses mouvements le détruisait de l'intérieur. Ce n'était pas juste, songea-t-il, en écoutant d'une oreille peu attentive les paroles qu'il énonçait. Il était celui qui avait mis la main le premier sur Carson, pas Richard, pas Lyle, ni un autre, mais lui. L'amour et le temps de son ami lui revenaient de plein droit. Lorsqu'ils s'étaient rencontrés, former un couple relevait alors de l'impossible et impensable selon le grand brun. Ce soir, un monde entier les séparait de cette époque-ci. Un tel changement aurait du le ravir, un mois plus tôt cela aurait été le cas, mais aujourd'hui il n'était plus d'accord tellement d'accord pour un bouleversement pareil. Si son collègue devait céder à la beauté d'un autre individu, ce devait être à la sienne. Il était à lui. Des pieds à la tête. De ses fines chevilles à la racine de ses cheveux. Il lui appartenait. Il éprouvait une envie folle et démesurée de lui crier dessus, comme au bon vieux temps, pour s'imposer dans son quotidien et lui dire qu'il faisait le mauvais choix, que Richard n'était pas celui qu'il lui fallait. Il était là lui, sous ses yeux depuis ce temps, et pourtant on le plaçait contre son gré sur le banc de touche. Alors oui, c'était définitivement injuste. Durant des mois il s'était battu contre celui qu'il jugeait comme étant sa moitié – Carson était la sienne en tout cas, de ça il en était persuadé – dans le but d'obtenir ses faveurs et d'entrer dans ses bonnes grâces, sauf qu'aucun de ses plans n'avait correctement fonctionné. Un autre lui était ingénieusement passé devant sans qu'il ne le remarque vraiment, maintenant il devait lui céder sa place et ça, c'était un coup difficile pour le britannique.  

Déglutissant bruyamment sa salive, il consentit finalement à relever son regard peiné dans sa direction, c'était la moindre des choses de regarder son interlocuteur quand ce dernier s'adressait à lui. Surtout quand la minute d'honnêteté pointait le bout de son nez. Ce n'était pas tous les jours qu'il s'ouvrait volontairement à lui, par conséquent il se devait de l'écouter, entièrement. Et visiblement il n'était pas le moins du monde déçu par cette petite confession sortie de nulle part. Ses yeux clairs le fixaient désormais avec intérêt mais une pointe de retenue. Il entrouvrit la bouche, impatient d'ajouter son petit grain de sel dans son histoire avec Richard sauf que l'enseignant ne put terminer sa phrase car la sonnerie de son téléphone retentit, l'interrompant dans sa tentative de sincérité.
« Je t'en prie... » murmura-t-il en le voyant s'éloigner de lui pour pouvoir répondre à sa sœur. Il lâcha un profond soupir en contemplant la silhouette élancée de son ami, pendant de longues secondes, avant de disparaître dans sa petite cuisine pour nettoyer les deux tasses qu'ils venaient d'utiliser. Incapable de rester immobile et d'attendre la fin de la conversation téléphonique de Carson, le petit brun frotta nerveusement sa vaisselle, la lavant deux fois à la suite avant de la laisser sécher sur l’égouttoir. Au retour de son invité, il se retourna vers lui et s'appuya contre le plan de travail pour le suivre du regard. Il ignorait quelle pourrait être l'issue de cette soirée et ce flou intégral le terrifiait grandement. Il avait la désagréable impression de perdre son meilleur ami et l'amant de ses rêves, le tout d'un seul coup. « Tu ne me déçois pas, arrête de dire ça... » souffla-t-il dans une petite grimace, penchant malgré lui la tête du côté de sa caresse, s'attendant probablement à ce qu'il fasse durer davantage le contact, alors que non. Il éloigna aussitôt sa grande main de lui et seul ce geste le déçut éventuellement.

« Je n'ai pas dit ça parce que tu n'étais pas le bienvenu, » répondit-il en le suivant d'un pas lent. Bien sûr qu'il était le bienvenu sous son toit mais les circonstances particulières l'obligeaient à lui demander de partir, pour des raisons purement égoïstes. En le voyant là, dans son entrée, il avait toujours autant mal au cœur. Son départ se faisait de plus en plus imminent, lui causant d'étranges maux de ventre à chaque seconde qui s'écoulait. Il resta bloqué sur ses vêtements trempés qu'il venait d'enfiler à nouveau et expira longuement comme pour se donner du courage, qui ne venait décidément pas. « Je ne sais pas où j'en suis ni ce que je vais faire, » dit-il simplement à la suite de son ultime question, même si sa phrase n'y répondait pas vraiment. Se mordant l'intérieur de la joue, il sentit ses grands yeux s'imbiber de larmes dès l'instant où le jeune homme effectua quelques enjambées dans le couloir jusqu'à descendre l'escalier d'une marche. « Carson... » lâcha-t-il d'une voix presque implorante, faisant un pas sur le palier. Son rythme cardiaque s'affola lorsqu'il croisa le regard de son ami qui s'était tourné au moment où il l'avait appelé. Seulement les mots semblaient lui manquer maintenant qu'il avait toute son attention. Il était si grand, si beau, si charmant mais tellement inaccessible. Cette simple pensée endommagea définitivement son moral déjà mis à mal jusqu'à présent. Il fondit littéralement en larmes, le corps tremblotant intégralement des pieds à la tête à cause de sa propre impuissance à régler la situation. La finalité de cette relation intense, merveilleuse bien que parfois houleuse, se profilait doucement à l'horizon et il refusait d'y croire. Si Carson descendait cet escalier à cette seconde précise, alors il pouvait dire adieu à un éventuel avenir avec lui. Il le savait. « Je t'aime, » confia-t-il d'une voix claire et distincte malgré les pleurs qui l'empêchaient de bien s'exprimer. S'il ne pouvait obtenir de sa part le baiser qu'il pensait pourtant mériter, il voulait s'assurer que son ami réalise la portée de ses sentiments pour lui et qu'il se souvienne longtemps de lui après son départ. Son amour pour lui avait toujours été sincère même si Haynes en avait souvent douté par le passé. « Je t'aime, » répéta-t-il encore une fois, d'un ton plus faible cependant, incapable d'articuler autre chose que ces quelques lettres. Son torse s'affaissa lourdement dans un brusque soupir alors qu'il repartait à l'intérieur de son appartement. Il lui adressa un dernier regard attentif, détaillant les traits masculins de son visage barbu et très beau, avant de refermer la porte derrière lui sans réfléchir davantage. Vidé de toutes émotions, il se plaqua lui-même contre la porte et se laissa glisser contre cette dernière dans un mouvement léthargique, comme s'il était paralysé. Ce fut pratiquement sans vie qu'il termina la soirée seul à même le sol dans un silence quasi-absolu, réagissant des heures plus tard seulement lorsqu'il jugea bon de faire ses bagages pour l'Angleterre. Seule la santé fragile de son petit frère le ramenait à son pays natal, car il n'estimait pas y avoir davantage sa place qu'à Chicago. Il ne savait plus sur quel continent poser ses valises et faisait le choix de se rapprocher de ceux qui tenaient réellement à lui et n'en avaient pas honte.

[topic terminé]

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