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 What can I do now? 'Cause I need you back by my side.

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Baxter Madden
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MessageSujet: What can I do now? 'Cause I need you back by my side.   Dim 27 Juil - 21:49


Last time I wasn't sure. This time I will give you more. I'm more mature, I'll show you. Last time I didn't know. I messed up and let you go. I need you, don't say no.

Chicago. État de l'Illinois. En ce jour ensoleillé et visiblement chaud, il avait pu le ressentir au moment de sortir de l'avion, il ne saurait dire si l'endroit lui avait manqué ou non. Sept semaines d'absence, c'était à la fois peu et beaucoup en même temps. Tout lui semblait différent comme si certaines choses lui étaient désormais devenues étrangères. Il ne s'était pas éloigné très longtemps et pourtant il ne reconnaissait pas cette ville dans laquelle il avait vécu une bonne année et demi. Il en avait même oublié le son parfois désagréable que pouvait représenter l'accent américain. L'atterrissage fut de manière imagée très violent pour lui. Sitôt un pied mis sur le territoire, de mauvais souvenirs l'envahirent et il dut s'isoler quelques secondes à l'écart de la foule pour retrouver un semblant de souffle normal. Quelle mouche l'avait piqué ? Pourquoi était-il ici ? Pourquoi sa mère ne l'avait pas empêché de commettre la plus grosse erreur de toute sa vie ? Jusqu'à présent, cette dernière avait toujours été de très bon conseil, il ne comprenait donc pas pour quelle raison elle ne l'avait pas retenu en Angleterre. Ce qu'il s'apprêtait à faire était absurde. Il promettait de se ridiculiser lui-même, sans l'aide de personne. Bien que conscient d'avoir suffisamment versé de larmes ici, il prenait le risque de jouer aujourd'hui la carte de la dernière chance. Il n'estimait pas en avoir à la base – il n'avait jamais été un garçon chanceux de toute manière – mais l'amour était bien le seul domaine qu'il pensait maîtriser un minimum. S'il ne parvenait pas à réussir sur ce plan là, alors il pouvait dès à présent dire adieu à tout le reste. Alors qu'il observait paresseusement le tapis transportant les bagages des passagers, loupant à plusieurs reprises sa grosse valise rouge pourtant bien visible, ses pensées vagabondaient loin de sa frêle silhouette malgré les voix fortes autour de lui et les bruits susceptibles d'être entendus dans un aéroport, comme les annonces vocales. Il avait peur, horriblement peur, et ses craintes l'empêchaient d'effectuer le moindre mouvement, ses jambes étaient comme enfoncées dans le sol jusqu'aux genoux, le piégeant ainsi pour l'éternité. Il sortit néanmoins de sa torpeur lorsqu'un homme le bouscula, volontairement ou non il l'ignorait, durant sa manœuvre pour extirper sa valise du tapis. Il réalisa tardivement que les trois quarts des gens avaient déjà récupéré leurs affaires et remercia le ciel en voyant sa valise toujours présente sur les lieux, continuant ses tours incessants.

Après une longue attente, volontaire, à l'aéroport et plusieurs cigarettes plus tard, un taxi le déposa devant la petite maison de Carson. La gorge extrêmement serrée, il regarda à travers la fenêtre sans oser bouger de la voiture même si l'homme s'adressait à lui pour lui rappeler qu'il était bien arrivé et que la course n'était pas gratuite. Il lui donna un billet avant de sortir du véhicule, tendu comme il ne l'avait jamais été dans sa vie. Le chauffeur lui déposa la valise à côté de lui et disparut la seconde suivante loin de l'espace résidentiel. La nuit était déjà tombée depuis plusieurs heures maintenant et seuls les réverbères de la rue éclairaient les environs. Il avait l'impression de se retrouver dans la rue où avait grandi Harry Potter, et même si la magie ne faisait pas partie de ce monde, il restait persuadé que quelque chose d'aussi fort allait se produire très bientôt. Son vol était arrivé à destination à l'heure, à 18h03 précisément, mais littéralement paralysé il n'avait pu se décider à franchir le pas plus tôt. Résultat des courses, il se retrouvait désormais planté devant la porte de son ancien collègue de travail et amant à 22h56, les bras pendant mollement le long de son corps qui avait perdu quelques kilos durant son court séjour en Europe. Téléphone portable à la main, il attendit que l'heure affiche 23h00 piles pour avancer de quelques pas. Si un voisin décidait de regarder par la fenêtre à cette seconde précise, nul doute qu'il passerait pour un fou ou un cambrioleur débutant, au choix. Mais dans tous les cas, on risquait d'appeler la police car il était rare de voir une personne se tenir debout devant une maison sans bouger et être juste là, laissant le temps s'écouler lentement.

Traînant sa valise, qui pesait probablement le double de son poids, jusqu'à la porte de la petite maisonnette, il improvisa un travail sur sa respiration pour se donner un minimum de courage. Une journée plus tôt, il vivait encore sous le toit de ses parents et aujourd'hui il se trouvait à Chicago, n'ayant nulle part où aller. C'était complètement fou. L'adrénaline lui donnait presque envie de vomir mais s'il se laissait aller devant le domicile de son ami, il prenait le risque de rompre le romantisme qu'il désirait sincèrement donner à ce moment. Il avait eu le temps de réviser son beau discours durant le long trajet en avion mais maintenant que le moment fatidique était enfin arrivé, les mots lui manquaient et tout ce qu'il avait préparé précédemment lui paraissait grandement stupide. Il lui restait encore l'option improvisation mais n'étant pas très doué pour l'imprévu, il n'était plus tellement certain de pouvoir faire une telle chose. Trop tard. Sans même s'en rendre compte, son poing fermé venait de vivement toquer à la porte. Par conséquent, il baissa le regard vers sa main désormais ouverte et la fixa avec effroi.
« C'est toi qui as fait ça ? » demanda-t-il sans savoir s'il s'adressait à ses doigts ou bien à lui-même. « C'est moi qui ai fait ça, » confirma-t-il en déglutissant lorsque la porte s'ouvrit sur une grande silhouette qu'il connaissait bien. « Salut... » murmura-t-il bêtement en relevant ses yeux clairs vers lui. La température extérieure était encore relativement haute mais son corps semblait subitement pris par de faibles tremblements causés par un froid imaginaire.

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Carson Haynes
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MessageSujet: Re: What can I do now? 'Cause I need you back by my side.   Jeu 31 Juil - 9:33

Realization grew on me
As quickly as it takes your hand to warm the cool side of the pillow
I'm there for you, be there for me

Un verre de whisky à la main, plongé dans la pénombre de son salon avec pour seule source de luminosité l’écran de son téléphone qui éclairait son visage, Carson passait en revue les photos prises la veille chez ses parents. Toute la famille Haynes y était représentait au complet, avec la petite dernière en prime, qui venait tout juste de fêter ses deux semaines. Le dernier mois avait été des plus laborieux pour le professeur de sciences et ces moments de complicité avaient été les bienvenus. Comme ne le montraient pas son expression fermée et l’alcool qu’il ingurgitait à dose régulière, il estimait aller mieux depuis quelque temps. Ses nuits se faisaient plus complètes, il ressentait moins le besoin de se perdre dans ses joggings matinaux ou nocturnes et, plus important encore, il commençait peu à peu à ressortir afin de faire de nouvelles rencontres. Certes, il n’y avait rien eu de fort concluant dans le passé proche mais il tenait le bon bout, le Carson d’autrefois reprenait du poil de la bête. Il était temps. L’interminable leçon de morale que sa sœur lui avait faite, à la suite de sa confession quant à sa sexualité – encore un pas en avant vers la sortie définitive de son placard – et à la pseudo-histoire qu’il avait vécue, avait fini par porter ses fruits et sa déprime qui n’avait que trop duré rendait peu à peu sa place à la positivité qui le caractérisait autrefois. Après tout, cela ne ressemblait pas à Carson Haynes que de pleurnicher sur l’épaule d’un souvenir aussi doux qu’amer, qui n’en demeurait pas moins éphémère. Bien évidemment, plusieurs autres données entraient en compte dans l’équation qui faisait de lui un individu dépressif, toutefois il n’avait plus envie d’y songer. Ce qui s’était déroulé dans les derniers jours de travail au lycée avec son collègue et son élève était derrière lui, il avait fait ce qu’il avait à faire et même s’il ne parvenait à se débarrasser complètement de cette affreuse image incrustée dans son esprit depuis ce malheureux incident au gymnase, il tâchait de se focaliser sur autre chose. C’était pour cette raison qu’il s’accrochait autant à sa bouteille de bourbon, il s’agissait bien là du seul ami qui ne l’avait pas abandonné à Chicago, son ultime soutien.

De ses amis, justement, il faisait le tour en glissant son pouce sur l’annuaire de son téléphone. Ses doigts avaient maladroitement – et sans doute contre son gré – tapotaient un message, « tu me manques », et il était actuellement à la recherche de la personne qui méritait le plus ces trois courts mots. Il remonta dans sa liste et s’attarda sur un nom qu’il aurait dû marquer d’une grande croix rouge. Il prit une rasade de whisky tandis qu’une voix hurlait d’incessants « non » dans sa tête. Il ne fallait pas, ils en avaient discuté lors de leur dernière conversation sur messagerie instantanée, il n’existait aucun avenir pour eux, le destin avait été clair à ce sujet. A moins que ce ne fût leurs pauvres décisions toujours prises à côté de la plaque ? Quoi qu’il en fût, il était temps de tourner la page. Même s’il était vrai qu’il lui manquait toujours, affreusement. L’enseignant poussa un profond soupir avant de se décider à appuyer sur le bouton d’envoi du message ; la photo du destinataire n’était pourtant pas celle d’un jeune homme brun mais plutôt d’une grande blonde au large sourire. Il attendit quelques minutes une réponse de la part d’Analeigh mais son amie devait être trop occupée pour se soucier d’une vieille connaissance. Tant mieux, elle méritait de trouver un sens à sa vie plus que quiconque dans ce pays, songea-t-il en verrouillant son portable et le reposant sur sa table basse. Il déposa au passage une caresse sur la tête de son chien, toujours présent à ses pieds, éternel pilier qui lui permettait de tenir debout, avec encore plus de force qu’aucune bouteille d’alcool n’aurait jamais pu le faire. Il s’était depuis un moment résigné à la perspective de finir sa vie entouré d’animaux exotiques en tout genre, ou récupérés au bord de la route comme cela était déjà le cas. Les vieilles filles avaient leurs chats, il aurait ses scorpions, canes et autres chiens à moitié écrasés. Darwin, cependant, détourna son museau et se mit à gronder, sa façon à lui d’aboyer sans faire trop de bruit.


« Qu’est-ce que tu as, mon beau ? » interrogea-t-il en le fixant. Le chien balança sa queue de gauche à droite en se ruant sur la porte, le dessous de laquelle il renifla comme un forcené. « Il est tard, Darwin, il n’y a personne pour nous à cette heure. » Sa protestation ne sembla avoir aucun effet sur l’animal qui aboya joyeusement, couvrant les derniers coups frappés de l’autre côté. Il retint un juron avant de se remettre debout. Les américains étaient-ils devenus fous à déranger leurs concitoyens en pleine nuit sans avoir passé un coup de fil au préalable ? Il repassa un pli imaginaire sur son T-shirt et fronça les sourcils en une expression peu commode destinée à faire fuir l’intrus sitôt la porte ouverte. Néanmoins, la voix qui s’éleva face à lui le coupa dans son élan et transforma en un quart de seconde ses traits patibulaires en un air qui tenait davantage du chiot perdu. Il se frotta les yeux en secouant la tête, difficile à convaincre du côté réel de la situation ; il devait avoir forcé sur le whisky, être tombé endormi, et se trouvait en plein rêve. Il ouvrit la bouche puis la referma plusieurs fois avant de parvenir à articuler. « Baxter... » Sa voix était bien trop aigüe pour un grand corps comme le sien donc il se racla la gorge et se reprit, d’une manière un peu plus virile cette fois. « Bon sang, Baxter, » répéta-t-il avant de faire un pas dans sa direction, l’attrapant par le menton pour s’assurer de ne pas l’imaginer, puis succomba à son instinct premier qui lui intimait de l’embrasser. Il se fichait de savoir pourquoi il se trouvait là à cette heure alors qu’il était supposé vivre de l’autre côté de l’océan. Il l’avait sous ses yeux, à portée de main, il se devait d’en profiter dès la première seconde.

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Baxter Madden
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MessageSujet: Re: What can I do now? 'Cause I need you back by my side.   Sam 9 Aoû - 19:09

Depuis sa plus tendre enfance, Baxter n'avait cessé de prendre de mauvaises décisions de manière consécutive. Aujourd'hui n'échappait aucunement à la règle. Dans l'avion il avait largement eu le temps de réfléchir aux côtés positifs comme négatifs de son retour à Chicago, les bons l'ayant emporté haut la main cette idée folle semblait par conséquent être la meilleure jusqu'au moment d'atterrir aux États-Unis. Désormais, il n'était plus sûr de rien et ce – bien trop court à son goût – trajet en taxi avait fait pencher la balance vers une indécision certaine. Maintenant qu'il se trouvait sur le territoire il ne pouvait décemment plus faire machine arrière, il était trop tard pour regretter ses choix. Seulement l'ancien professeur de mathématiques avait bien du mal à assumer ses décisions, dans n'importe quel domaine par ailleurs, il avait toujours eu un problème à ce niveau-là dans son quotidien. Il adorait foncer tête baissée, il était même très doué pour cela, mais lorsqu'il s'agissait d'endosser la responsabilité de ses agissements, il n'y avait plus personne. Avec du recul, il avait su reconnaître ses, nombreux, torts notamment vis-à-vis de Carson et de son attitude envers lui. Il n'était pas certain de mériter son pardon mais agir au culot, ça le connaissait bien. Cela pouvait lui réussir comme lui nuire. En débarquant chez lui à une heure tout sauf convenable, il prenait le risque de voir une porte se fermer devant lui ainsi qu'un magnifique visage familier. Certes était-il téméraire mais certainement pas courageux. Il laissait volontiers cette catégorie à son ami qui, malgré son placard fermé à double tours, demeurait un individu plein de bravoure et juste d'une certaine manière, même s'il en avait toujours douté auparavant. Enfermé dans sa propre haine, le grand échalas avait subi bon nombre de ses colères intempestives, parfois injustement, il avait fait de lui son bouc-émissaire dans le seul but de pouvoir se trouver des excuses, en apparence légitimes, à ses multiples fautes, présentes comme passées. Il s'en voulait cruellement de l'avoir jugé responsable de tous ses maux et malheurs alors qu'il cherchait simplement à l'aider, le conseiller et l'orienter vers des jours meilleurs. Têtu comme une mule, le petit anglais n'écoutait personne, pas même sa mère d'ailleurs – ce qui n'était pas rien – et c'était sans surprise qu'il s'était élancé dans une pente vertigineuse sans aucune protection avant de s'écraser lamentablement sur le sol des lamentations, des perdants.

Les jambes tremblotantes, il leva lentement la tête vers son ami pour pouvoir le regarder et se rendit alors compte qu'il avait presque oublié sa grande taille. Dans sa famille, tout le monde était soit petit soit de taille moyenne, alors le voir ainsi en face de lui, physiquement, il en avait l'estomac qui se nouait de lui-même. Absent de sa propre enveloppe corporelle l'espace de quelques secondes, ses yeux clairs se perdirent dans la contemplation de ses fines lèvres tandis qu'il pass ait en revue dans son esprit leur dernière entrevue, pas des plus honnêtes pour sa part. En conflit ou non avec lui, il aurait dû jouer la carte de la sincérité en lui avouant son désir de repartir définitivement en Angleterre au lieu de feindre une hésitation qu'il savait fausse car au fond de lui, la décision était déjà prise, il refusait simplement d'y croire lorsqu'il se tenait devant lui. Tout aussi étonné que lui, Baxter demeura silencieux, les yeux grands ouverts tel un enfant surpris et impressionné par une grande personne, alors que c'était lui qui débarquait de nulle part sans prévenir et non l'inverse. Entrouvrant la bouche au moment où il l'attrapa par le menton, il sentit son rythme cardiaque s'accélérer comme si son organe vital lui remontait le long de la gorge et qu'il s'apprêtait prochainement à le vomir, à cause de l'anxiété. Il ne s'attendait pas le moins du monde à la réaction de Carson et mit un certain temps à réaliser que son ancien collègue était en train de l'embrasser. Lentement mais sûrement, ses deux mains vinrent emprisonner ses joues barbues pour s'y accrocher fermement afin de mieux pouvoir partager le baiser. Le souffle court, il se sépara de ses lèvres et prit le temps nécessaire pour le contempler de près. Il paraissait un peu fatigué mais ne s'en formalisa pas, le jeune homme ayant toujours eu des cernes au coin des yeux. Cependant l'imposante barbe attira son attention puisqu'il se mit à la caresser de ses pouces, surpris par la texture étant donné qu'elle était tout de même bien épaisse. Dans son souvenir, il ne l'avait pas laissé avec des poils aussi longs. S'il ne sut pas trop quoi en penser dans un premier temps, il se convainquit bien rapidement de sa beauté certaine en relevant le regard vers ses petits yeux en amande.
 

« Comme tu m'as manqué, » souffla-t-il dans un murmure presque douloureux en relâchant son visage pour ensuite glisser ses bras autour de son cou. Désormais sur la pointe des pieds, il frotta sa joue contre la sienne, piquante, avant de coller ses lèvres à la peau tiède de sa nuque qu'il parsema de baisers affectueux. Fermant les yeux pour mieux profiter de l'instant, il inspira profondément, humant la douce effluve de son épiderme, beaucoup plus agréable que cette odeur de whisky qu'il n'avait pas manqué de remarquer en l'embrassant sans retenue. Cette étreinte le rassura énormément en plus de le convaincre qu'il se trouvait exactement à l'endroit où il devait être. Sa place était ici, aux côtés de Carson, et peu lui importait le pays dans lequel ils étaient. Cependant un miaulement paresseux se fit entendre derrière lui et il dut le relâcher, avec regret, pour retourner auprès de Nefertiti enfermée dans sa cage, deux mètres plus loin à côté de l'imposante valise. « Le voyage est terminé, ne t'en fais pas, » lui dit-il d'une voix douce en s'agenouillant au sol pour rentrer un doigt à travers les barreaux de l'objet. « Est-ce que je peux rentrer pour lui donner à boire ? » demanda-t-il faiblement, comme dans la peau d'un mendiant, relevant des yeux fatigués dans sa direction. Malgré le contenu positif de certaines de leurs conversations téléphoniques, entre ici et le Royaume-Uni, il ne le prenait certainement pas pour acquis et avait pleinement conscience qu'il n'était pas chez lui. Il n'avait d'ailleurs pour ainsi dire plus de domicile fixe, à ce jour, et ne se faisait pas de fausses idées. Il se souvenait très bien de leurs dernières querelles et les mots échangés au cours des semaines qui avaient précédé son départ précipité. Il ne revenait pas comme une fleur si c'était ce que Carson pensait. Quoi que.

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Carson Haynes
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MessageSujet: Re: What can I do now? 'Cause I need you back by my side.   Dim 10 Aoû - 11:39

Il n’y avait rien de raisonnable à se jeter de la sorte sur l’être – trop ? – frêle qui lui faisait désormais face, comme extirpé de son rêve le plus improbable. Mais Carson Haynes n’avait jamais été un être fait de raison, malgré sa volonté de le devenir, il avait toujours été fait d’instinct et de précipitation, il réfléchissait après avoir agi et cela l’avait jeté plus d’une fois dans les problèmes. Néanmoins, ce soir-là, avec Baxter blotti contre lui et ses lèvres lui caressant la gorge, il avait bien du mal à visualiser quel mal pouvait ressortir de cette situation. Son collègue, son ami, la créature la plus délicate qu’il lui avait été donnée de tenir dans ses bras, était de retour, avait fait machine arrière et était revenue auprès de lui. Jamais personne n’avait fait une telle chose pour Carson. Les gens partaient, oui, mais sans un regard dans sa direction. L’Anglais n’était pas comme les autres, il ne l’avait pas abandonné à son triste sort sur le long terme, et il lui en était incroyablement reconnaissant. Pour la première fois depuis très, très longtemps, le grand professeur ne se sentait plus seul au monde. Cette émotion était presque aussi enivrante que le parfum de Baxter qui ne semblait pas être celui de quelqu’un qui venait de passer une dizaine d’heures dans un avion. « Tu m’as manqué aussi, » murmura-t-il en réponse, sauf que Nefertiti lui vola son moment en se décidant à miauler afin de capter l’attention générale. Si le départ de Baxter de ses bras lui causa une grimace incontrôlable, il finit par sourire en discernant dans la pénombre le pelage clair de la chatte dans sa petite cage. La pauvre bête devait être la plus à plaindre dans l’histoire, à se faire trimballer d’un pays à un autre sans le confort relatif offert aux êtres humains. Elle méritait le calme d’un foyer sédentaire, elle n’était pas faite pour les voyages. A bien des égards, Baxter aussi devait trouver sa place quelque part et, à cette seconde précise, tandis que ses yeux clairs détaillaient sa silhouette agenouillée un mètre devant lui, Carson pensait de tout son cœur que cette place était là. En Amérique, à Chicago. Auprès de lui.

Il se frotta la barbe, perdu dans ses songes, avant de hocher la tête en revenant dans l’instant présent.
« Oui, bien sûr. » Il aurait dû l’inviter à l’intérieur avant qu’il n’ait à réclamer, idiot. Il attrapa l’anse de l’imposante valise et la porta vers l’entrée. « Darwin, file, laisse le passage, » râla-t-il à l’intention de son chien qui avait apparemment reconnu la voix de son ami Baxter et qui remuait la queue en trépignant d’impatience. Carson lui barra le passage avec le bagage le temps que son invité ne pénétrât à son tour dans la maison mais le chien eut tôt fait de le contourner sitôt la porte fermée derrière eux et il vint frotter sa truffe humide contre les cuisses du petit Anglais, reniflant par la même occasion la cage de transport dans laquelle se recroquevillait cette pauvre Nefertiti. « Darwin, doucement ! » gronda-t-il en l’attrapant par le collier pour le forcer à se reculer et à leur laisser de l’espace. « Excuse-le, il est content de te revoir, je dois dire que je ne peux pas l’en blâmer. » Il esquissa un sourire timide – bien loin de lui ressembler – et baissa les yeux pour tapoter la tête de son chien qui fixait toujours Baxter, attendant son heure pour le saluer comme il se devait. Il finit par le relâcher quand la cage de Nefertiti fut ouverte, les laissant faire connaissance même si l’animal de la maison la laissa vite tranquille, préférant de loin les caresses de ses compagnons à deux pattes. Carson disparut le temps de tirer la valise jusque dans le couloir, la déposant devant la porte de sa chambre, de passer dans la cuisine pour leur verser deux verres d’eau tout en dissimulant celui qu’il avait déjà utilisé ainsi que la bouteille qui allait avec. Il les déposa sur la table basse puis fourra ses mains dans ses poches, triturant nerveusement l’intérieur de ses dernières, peu certain de l’attitude à adopter ni à ce qui allait se passer pour eux désormais.

Finalement, il capta le regard de son ami qui avait fini de dire bonjour au chien, il sortit une main pour la tendre dans sa direction et lui intimer de le rejoindre près du canapé. Il inspira une grande bouffée de courage avant de se rapprocher de lui et de passer ses doigts sur ce visage qu’il redécouvrait, encore plus beau que la veille de son départ, la barbe ayant laissé place à la pureté de ses traits à jamais jeunes. Il avait envie de lui avouer qu’il aimait chaque parcelle de peau qu’il touchait, son regard clair, ses cheveux sombres, ses lèvres pleines, qu’il aimait tout de ce qui le composait du haut du crâne jusqu’à ses orteils, car c’était bien ce qu’il ressentait à cet instant, alors que son cœur, qu’il avait au bord des yeux, battait la chamade. Son esprit n’était pas des plus nets à cause du whisky mais son âme ne pouvait se méprendre. Baxter était celui qu’il avait attendu ces dernières semaines, celui qui éloignerait les nuages qui s’étaient accumulés au-dessus de sa tête, rendant son quotidien morose et triste. Il avait envie de lui dire tout cela, parce que les mots avaient toujours été ce qui lui avait manqué en sa présence, ce qui les avait menés où ils se trouvaient désormais, à moitié étrangers l’un envers l’autre en dépit des nombreuses nuits partagées.
« Comment... Comment va ton frère ? Comment va Colin ? » fut la seule chose qu’il parvint néanmoins à prononcer, ses dents mordillant avec nervosité l’intérieur de ses joues tandis qu’il ne parvenait à détacher son regard du sien.

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MessageSujet: Re: What can I do now? 'Cause I need you back by my side.   Dim 10 Aoû - 15:07

Il s'agissait du troisième long voyage que parcourait Nefertiti. Elle n'était clairement pas une amoureuse de l'avion mais son maître ne lui laissait pas vraiment le choix, lui-même contraint de l'emmener avec lui à chacun de ses déménagements. Si Troy avait eu une promotion professionnelle dans son pays d'origine, l'Irlande, ils auraient pu éviter les grands déplacements et circuits nocturnes. Sans doute était-ce un mal pour un bien car sans ces changements dans la vie de l'ancien couple, jamais Baxter n'aurait croisé le chemin de celui qu'il pensait être, aujourd'hui, son âme sœur, sa véritable moitié. Jadis il ne se gênait jamais pour engueuler sa mère chaque fois que cette dernière lui balançait des leçons de morale en plein visage, comme l'adage qui disait que l'on ressortait grandi de nos erreurs. S'il trouvait autrefois cette réplique tordue et complètement ridicule, il avait depuis eu le temps de revoir son jugement. Certes sa dernière relation s'était terminée dans les pleurs et éclats de voix – malgré une tentative vaine de recommencer à zéro – mais il fallait apprendre à aller de l'avant pour envisager un avenir meilleur. De plus, le petit anglais avait toujours ressenti le besoin de rechercher ce qu'il y avait de mieux partout, toujours, alors que la vie ne se résumait pas à l'excellence. Au bout du compte, il avait gagné tout l'inverse. Par conséquent, c'était neuf et nouveau qu'il se présentait ce soir à Carson afin de lui montrer une facette de sa personnalité qu'il ne connaissait pas, une maturité fraîchement acquise et qui ne pouvait décemment pas lui déplaire. Il avait énormément travaillé sur lui-même entre les crises, les sanglots et la dépression, dans le but de devenir un homme moins excessif, plus conciliant et probablement moins impatient. Tout un tas de choses que son ami lui reprochait à l'époque, indirectement ou non. Lui aussi ignorait l'issue que pouvaient avoir de telles retrouvailles, de toute évidence positives au premier abord. Mais pour combien de temps encore ? Ils étaient principalement connus pour se crier dessus avec une facilité déconcertante et se lancer mutuellement une liste de blâmes aussi longue que le bras. Étaient-ils seulement prêts, tous les deux, à de tels bouleversements ? Avaient-ils véritablement évolué à travers cette relation depuis le départ chaotique et tumultueuse ? A cette seconde précise, le petit brun en était persuadé même s'il n'y réfléchissait pas trop pour le moment, bien trop occupé à contempler ce doux visage dont le souvenir était uniquement exploité par ses rêves nocturnes.

« Oh non, laisse-le, ça ne me gêne pas, » s'exclama-t-il en faisant un pas dans la maison au moment où Darwin semblait clairement impatient de lui faire la fête après ces longues semaines d'absence. La mémoire et l'affection animales représentaient deux choses vraiment exceptionnelles, qui remontaient le moral sans aucune difficulté. « Hey mon beau ! » dit-il d'une voix un peu gaga une fois le chien à sa hauteur, le grattouillant derrière l'oreille avec un large sourire. Nefertiti, déposée au sol, mit un temps certain avant de quitter ses appartements austères devenus subitement réconfortants compte tenu de la présence d'un intrus à poils dans la même pièce. Sa queue se hérissa légèrement au contact de la truffe humide de son confrère animal sur elle et profita de son désintérêt total pour filer à l'anglaise à vive allure en direction de la cuisine où elle put s’abreuver dans une gamelle étrangère. Déposant un genou au sol, Baxter put désormais s'occuper du chien autant qu'il le voulait, se laissant lécher sur la joue dans un rire cristallin. « Toi aussi tu m'as manqué, » soupira-t-il en pinçant doucement les lèvres. Il releva un regard triste vers Carson qui était en train de poser deux verres d'eau sur la table basse et s'empressa de se remettre debout pour le rejoindre dans le salon. Son réflexe fut de fermer les yeux lorsqu'il entreprit de lui caresser le visage dans sa quasi-totalité. Si la sensation n'était pas désagréable, elle n'en restait pas moins étrange selon lui. Il ne s'était pas absenté très longtemps, presque deux mois tout au plus, et pourtant il avait comme perdu l'habitude d'un tel contact, d'un tel toucher délicat. Chez lui, à Londres, il s'était davantage renfermé sur lui-même et n'acceptait les effleurements d'aucune sorte, pas même ceux de sa mère destinés à le réconforter. Les câlins avaient quitté son quotidien et il se rendait maintenant compte à quel point ces derniers avaient pu lui manquer depuis tout ce temps. Lui qui était un être tactile avant tout, il ne pouvait vraisemblablement pas mener une vie sans étreintes, amicales comme amoureuses.

La question posée au sujet de son frère le ramena aussitôt dans l'instant présent, s'accrochant instinctivement à un pan de son t-shirt.
« Il va bien... Il récupère vite, c'est un gamin frêle mais solide. » Il inspira profondément en venant appuyer son front contre sa clavicule. Il tira malgré lui sur le tissu de son vêtement supérieur, sans vraiment s'en rendre compte à dire vrai, cherchant à se retenir à lui comme pour ne pas tomber. « Est-ce que je te dérange ? Je m'invite ici mais je ne t'ai pas demandé si, peut-être, tu attendais la visite de quelqu'un ? » D'accord il était tard mais dans le passé, ce n'était certainement pas un détail qui arrêtait le jeune homme. Ses vieux démons n'étaient jamais loin, tout comme sa jalousie maladive, mais avant même de se lancer dans des projets absurdes il se devait de se renseigner sur sa vie actuelle. Bien que son retour aux États-Unis prouvait visiblement un rétablissement moral de sa part, il gardait une part de fragilité en lui, comme cela avait toujours été le cas. Il donnait l'impression d'aller mieux, même si physiquement son corps adressait un tout autre message, mais il était évident qu'une réponse précise de sa part aurait le mérite de l'anéantir une bonne fois pour toutes. Il n'avait qu'une seule chose à lui dire, qu'il voyait actuellement quelqu'un, et son cœur promettait de se déchirer en mille morceaux. « A moins qu'il ne soit déjà là ? » ajouta-t-il d'une petite voix faible en se détachant de lui pour regarder autour, principalement du côté de la porte de la chambre fermée que ses yeux clairs fixaient avec insistance.

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Carson Haynes
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MessageSujet: Re: What can I do now? 'Cause I need you back by my side.   Mar 19 Aoû - 14:25

La santé du frère cadet de Baxter avait été un sujet d’inquiétude pour Carson, bien plus qu’il ne l’aurait imaginé. Il avait eu le privilège de rencontrer le jeune homme une fois, et si cette entrevue s’était avérée courte, il n’en avait retenu que du positif. Colin était un garçon jovial, plein d’énergie et doté d’une positivité sans faille ; jamais il ne l’aurait cru atteint d’une maladie aussi grave si Baxter ne lui avait pas appris. La vie était ainsi faite, injuste, qu’elle mettait à l’épreuve les meilleurs et laissait tranquille les êtres de la pire espèce. Voilà une des nombreuses raisons pour lesquelles Carson Haynes ne croyait pas en Dieu et n’y croirait jamais, les mauvaises choses ne l’emportaient que trop sur les bonnes. Il était mieux placé que quiconque pour le savoir, bien qu’il fût loin d’être un modèle lui-même, il estimait malgré tout faire partie de ces gens qui ne répandaient pas que négativité et critiques sur son passage – rapports avec ses collègues exclus, ces derniers avaient droit à un traitement de faveur depuis toujours, cela faisait partie du jeu. « Tant mieux, » répondit-il avec un sourire soulagé. Il n’aurait pas supporté d’apprendre le décès du dernier Madden, non seulement parce qu’il était bien trop jeune, mais aussi parce qu’il avait conscience de la déchirure qu’une telle perte aurait été pour ce pauvre Baxter. « Je t’avais bien dit que ton frère était quelqu’un de fort, non ? Je n’ai jamais douté de lui. » Menteur, il avait eu bien peur, lui aussi, malgré la distance et le peu de nouvelles qu’il avait obtenu. Il avait songé à lui envoyer une carte de prompt rétablissement, sauf qu’il n’avait pas l’adresse des Madden et sa fierté l’avait empêché d’appeler une énième fois Baxter pour lui demander, alors il avait laissé tomber l’affaire. Toutefois, maintenant que l’un des leurs était revenu auprès de lui, il pourrait très certainement faire parvenir un cadeau au jeune malade, en guise de soutien en provenance de l’autre côté de l’Atlantique. Il fallait qu’il y réfléchisse, tout cela allait un peu trop vite pour lui, il y avait beaucoup d’informations à assimiler et son esprit n’était pas dans son état optimal pour le moment.

Le câlin était supposé profiter à Baxter, pourtant Carson n’était pas en reste et appréciait énormément cette promiscuité. Les cheveux du Britannique lui chatouillait le bout du nez de la plus agréable façon qui fût. Il ferma les yeux quelques secondes le temps de profiter de l’instant mais les rouvrit lorsqu’un nouveau sujet de conversation fut amené sur le tapis, plus léger que la maladie de Colin, cependant plus difficile à gérer pour Haynes, qui se revoyait deux mois en arrière face à un Baxter presque en pleurs en train de lui demander de sortir de son appartement. Il avait la douloureuse sensation que cette interrogation avait pour but de le piéger, alors qu’il n’y avait ni bonne ni mauvaise réponse, simplement la vérité, le reste demeurait entre les mains du jeune Anglais qui se devrait de réagir en conséquence. Carson prit néanmoins quelques secondes de réflexion, au cas où, pour formuler sa réponse de la meilleure façon possible, il ne lui avait fait que trop de mal par le passé à cause d’une réplique sortie trop vite ou de manière irréfléchie. L’impulsivité, de l’un comme de l’autre, avait causé leur perte. Il poussa un profond soupir lorsque Baxter se sépara de lui, son regard suivit le sien et il secoua lentement la tête de gauche à droite.
« Il n’y a personne, » assura-t-il en se tortillant les mains devant lui. Il continua de fixer son visage même si lui ne le regardait plus. Il avait passé trop de temps loin de lui pour s’en détachait aussi vite. « La seule compagnie que j’attendais se tient dans mon salon donc tout va bien. » Il dissimula sa pseudo-déclaraction dans un raclement de gorge avant de se retourner pour attraper un verre et lui tendre, histoire de s’occuper les mains à autre chose. Il aurait très bien pu répondre que, non, il n’attendait personne, pourquoi avait-il fallu qu’il fasse preuve de zèle et se laisse aller à des propos pour le moins déplacés ? Il était bien trop tôt pour dire des choses pareilles. Bon sang, il aurait dû éviter ce dernier verre de whisky.

Il se passa une main nerveuse sur le visage avant de faire quelques pas dans le salon, sans savoir où aller. Finalement, il inspira une grande bouffée d’air pour se ressaisir et se tourna à nouveau vers son invité inattendu.
« Tu dois mourir de faim. » Clairement, il n’avait plus que la peau sur les os. « Tu veux manger quelque chose ? J’ai des restes de mon repas de ce soir que je peux te faire réchauffer. Rien de faramineux, du poulet avec des chips, mais si le cœur t’en dit ? » Ce n’était pas de la haute gastronomie, Baxter devait vite réaliser qu’il était de retour dans un pays qui ne connaissait pas ce terme et qui ne voyait la cuisine qu’en énorme quantité à défaut d’offrir de la qualité. Même si, pour sa défense, ce poulet n’était pas mauvais du tout.

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Baxter Madden
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MessageSujet: Re: What can I do now? 'Cause I need you back by my side.   Dim 24 Aoû - 13:28

Même après être resté enfermé autant d’heures dans un avion, il ne réalisait toujours pas sa présence ici, à Chicago, et plus précisément au domicile de Carson. Ca ne lui semblait pas plus réel que le semblant d’amour, d’affection, ou encore de sentiments, qu’il avait cru – ou pu – lire dans le regard de son ami lorsque ce dernier lui avait ouvert sa porte. Il avait pris le temps de la réflexion sitôt l’atterrissage effectué mais encore à cet instant précis, il ne savait toujours pas dans quelle direction aller avec le propriétaire des lieux. Il ne pensait pas être plus idiot qu’un autre et pourtant il semblait se faire plus de fausses idées que le commun des mortels. Du moins, cette constatation sur lui-même s’était davantage développée depuis qu’il avait foulé le sol américain un an auparavant. Ou plutôt était-ce depuis qu’il connaissait le jeune professeur de sciences ? Chaque fois qu’il avait tenté ne serait-ce qu’un minime rapprochement sentimental avec celui-ci, une remarque déplacée sur son caractère et son impatience avait été faite. Désormais il faisait, malgré lui, le lien entre Carson et son prétendu désir d’aller toujours trop vite. Sans doute exprimait-il trop rapidement ce qu’il éprouvait, là-dessus ils étaient probablement d’accord, mais il n’avait toujours pas l’impression de s’être montré trop pressant avec lui. Il avait toujours du mal à reconnaître cette partie là de ses torts, qu’il refusait d’ailleurs de nommer ainsi. Dans son for intérieur, l’amour ne pouvait représentait quelque chose de négatif, seul le bonheur pouvait y être raccroché, seulement le grand échalas lui avait fait revoir son opinion sur le sujet. Certes Troy avait aussi eu sa part de responsabilité dans ce subit changement, mais dans un autre genre. Par sa faute, il avait perdu confiance en lui, en plus de juger toute l’espèce humaine incapable de fidélité. Mais avec lui, c’était différent, Haynes lui avait fait comprendre que l’amour avec un grand A n’existait pas et qu’il s’agissait certainement du sentiment humain le plus stupide au monde. La déception fut immense car jusqu’à présent, Baxter n’avait vécu que par amour et pour l’amour. Si on lui retirait ce fragment de son existence, sa vie devenait dès lors péniblement vide. Même s’il s’était promis de changer en revenant sur ce continent, il ne pouvait décemment pas lutter contre sa nature première : voir le monde et les hommes à travers les yeux d’un individu émerveillé et à la recherche de sa moitié.  

Maintenant qu’ils se faisaient face, forcément ses vieux démons resurgissaient de nulle part, comme s’ils s’étaient cachés depuis tout ce temps pour mieux revenir au moment opportun.  C’était tout à fait ce qu’il ressentait à cette seconde précise lorsqu’il contemplait l’apparence un peu plus bourrue de son ami.
« Tout va bien, » répéta-t-il avec un sourire amusé en reportant son attention sur lui. Les précédentes paroles de Carson reflétaient très bien la raison pour laquelle il refusait de croire à la réalité de ce monde, de ce moment. Jamais il ne s’exprimait en ces termes, c’était étrange, difficile à prendre au sérieux, et tellement plaisant pourtant. S’il ne s’était pas penché pour attraper leurs verres d’eau, nul doute qu’il serait venu quémander un énième câlin dans ses bras. Mais il se détourna de lui, il en profita alors pour examiner les lieux du regard, le laissant traîner un peu partout dans le salon. Rien autour de lui n’avait changé et il ignorait si cette information le dérangeait ou le rassurait. S’il était revenu auprès de lui c’était avant tout pour changer les choses entre eux, les faire évoluer ou bien les détruire à jamais. En revenant dans cette maison identique à ses souvenirs, il craignait de retomber dans une,  mauvaise, spirale du passé laissée en suspens durant ces dernières semaines. Il voulait éviter à tout prix de rechuter dans cette relation presque malsaine qui les liait autrefois, néfaste surtout dans son cas. Ce n’était pas très bon pour eux de retrouver leurs anciennes habitudes mais il était un peu trop tard pour aborder ce genre de conversation, ou encore trop tôt, tout dépendait du point de vue duquel on se plaçait. « Je n’ai pas très faim, j’ai avalé un petit truc à l’aéroport, » mentit-il avec un large sourire. « Mais je te remercie. »

Il termina son verre d’eau puis le déposa sur la table basse du salon. « Par contre, je ne dirais pas non à une bonne douche... Est-ce que je peux occuper ta salle de bain ? Je dois avoir besoin de me débarbouiller. Si j’avais pu le faire avant d’arriver ici, je l’aurais fait. » Mais comment dire... Les toilettes de l’aéroport ne suffisaient pas pour un nettoyage intégral. Il s’approcha de lui en quelques enjambées seulement puis se mit sur la pointe des pieds pour lui déposer un tendre baiser au coin des lèvres, s’y attardant inconsciemment de longues secondes avant de se reculer dans un léger soupir. « Je reviens, ne va nulle part en mon absence, » plaisanta-t-il en marchant à reculons. Il disparut dans le couloir pour accéder à sa valise laissée devant la porte de la chambre à Carson puis l’allongea pour pouvoir l’ouvrir. Il retira sa trousse de toilette, un nouveau sous-vêtement et un bas de pyjama. Il partit s’enfermer dans la salle de bain, nerveux et le souffle court, ses mains tremblotaient comme si sa tension lui jouait des tours. Il prit le temps de bien se décrasser et de se laver les cheveux ainsi que les dents avant de ressortir de là tout propre. Il déposa ses affaires sales pliées sur sa valise fermée et revint d’un pas timide dans le salon, un bras cachant son ventre blanc un peu trop mince tandis que ses pieds nus avançaient doucement dans sa direction. Bien qu’ayant frictionné ses cheveux dans une serviette emprunté à Carson, il pouvait sentir des gouttes lui glisser dans la nuque à cause de ses cheveux mouillés ramenés en arrière et ce contact le fit frissonner. « Hey... » souffla-t-il d’une voix faible pour attirer maladroitement son attention.

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MessageSujet: Re: What can I do now? 'Cause I need you back by my side.   Mer 3 Sep - 17:33

Une ombre de déception traversa le visage de Carson lorsque Baxter refusa sa proposition de passer un petit quelque chose à manger au micro-onde. Non seulement parce que le petit britannique semblait avoir besoin d’avaler au moins un peu de nourriture sous peine de s’effondrer sous la fragilité de ses – trop – fines jambes, mais également parce que préparer un repas aurait contribué à rendre la situation moins embarrassante, moins étrange. Car hormis se regarder dans le blanc des yeux à passer d’un silence gênant à un autre, il ne voyait guère ce que les deux allaient pouvoir faire ce soir. Il avait certes tout un tas d’interrogations en stock, toutefois il ne se sentait pas encore disposé à s’engager sur cette voie. En outre, son esprit était encore trop embrouillé, tant par l’alcool que par l’émotion, pour entretenir une conversation sérieuse. Voilà qui était fâcheux, auparavant il pouvait se vanter d’avoir trouver en Baxter un ami en lequel il avait toute confiance, avec qui il était constamment à l’aise, ils en étaient désormais arrivés à un stade où la moindre réplique menaçait de les faire basculer dans une zone de turbulences. En tout cas, tel avait été le cas avant le départ impromptu du professeur de mathématiques, peut-être que les semaines écoulées avaient fini de leur mettre du plomb dans la cervelle et que chacun était désormais décidé à mettre de l’eau dans son vin, qu’ils ne réagiraient plus au quart de tour à cause de propos malheureux, de quiproquos. S’entendre sur le long terme ne tenait qu’à eux, ne dépendait que de leur faculté à faire la part des choses et à apprécier le moment présent. Et Carson l’appréciait beaucoup, car la vue était des plus plaisantes. Ce frêle corps lui avait incroyablement manqué, et il refusait de détourner les yeux de ce visage dont il aurait sans doute rêvé s’il n’était pas un aussi piètre dormeur – il était de ceux qui se réveillaient en ayant tout oublié de leurs songes nocturnes, pour le pire comme pour le meilleur -, il avait encore bien trop peur de le voir disparaître s’il ne faisait que cligner des paupières.

Il suivit son action pour le moins banale, comme si la réponse à la plus importante question quant à l’humanité résidait dans ce simple geste, puis secoua la tête pour se ressaisir.
« Bien sûr ! Fais comme chez toi, tu connais toujours le chemin, j’imagine. » La transpiration et autres fluides corporels résultant d’une partie intensive de jambes en l’air lui avaient fait très tôt découvrir cette pièce de sa maison. Si les souvenirs de l’enseignant étaient bons – et ils l’étaient souvent – Baxter avait par ailleurs pris une douche avant même d’avoir mis un pied dans la chambre du propriétaire des lieux. Anecdote à la fois tragique et drôle, lorsqu’il y repensait. Il s’était montré horrible avec lui, il ne comprenait pas comment ni pourquoi il s’était entiché de lui de la sorte. Il ne méritait pas cette affection, ce traitement de faveur. Il ferma les yeux tout le temps que dura le baiser, auquel il ne s’était pas attendu, et resta interdit quelques secondes à la suite de sa réplique. La plaisanterie le fit pouffer sans grand amusement, c’était un peu trop tôt. Il baissa son regard clair sur lui et hocha la tête avec un fin sourire. « Les serviettes sont dans l’armoire sous le lavabo, » répondit-il succinctement, sans savoir si Baxter avait ou non besoin de cette information. Bien sûr qu’il allait nécessiter l’emploi d’une pour se sécher, mais peut-être avait-il déjà été amené à se servir de lui-même, il ne s’en souvenait pas. Il le laissa vaquer à son occupation, conscient de l’importance d’une douche chaude après un aussi long trajet. C’était toujours le premier réflexe qu’il avait lorsqu’il rentrait lui-même de ses séjours en Angleterre, s’enfouir sous de l’eau bouillante pendant un quart d’heure afin de se remettre plus rapidement du jetlag, d’oublier les courbatures qui allaient de paire avec l’inconfort des sièges d’avion, de redémarrer la vie américaine sous les meilleurs auspices.

Durant son absence, il termina son verre d’eau, rangea rapidement le salon en le débarrassant des diverses revues qui trainaient de-ci, de-là, puis partit dans la cuisine préparer une gamelle de nourriture à Nefertiti qui devait mourir de faim après ce trajet, si elle ne ressemblait pas trop à son maître. Il gronda Darwin quand ce dernier s’approcha pour voler une croquette et rangea ensuite le paquet, qu’il avait toujours en avance car il avait pris l’habitude d’en laisser un bol dans son jardin pour les chats errants qui trainaient dans le voisinage. Il avala lui-même une poignée de chips au passage, plus dans l’optique d’éponger les dernières gouttes de whisky dans son organisme que de se sustenter, puis fit sortir le chien pour ménager la pauvre chatte qui semblait toujours autant déstabilisée par son nouvel environnement.
« Désolé, ma belle, c’est un peu plus rustre que ton précédent chez-toi, mais je t’assure que ton nouveau colocataire est sympathique. » Il la caressa sur toute la longueur de son dos avant de la laisser grignoter ses croquettes en paix. Il retourna dans l’entrée pour verrouiller la porte d’entrée, puisque plus personne n’allait entrer ou sortir d’ici, et Baxter refit son apparition dans la même minute. Son visage trahit son étonnement de le trouver en si petite tenue, et ce bien qu’il lui eût été donné des dizaines et des dizaines de fois d’apercevoir son corps nu, cependant il se racla la gorge en marchant quelques pas dans sa direction pour se placer juste devant lui. « Hey, » répéta-t-il tandis qu’il glissait une main dans ses cheveux mouillés, par réflexe. « Tu ne vas pas avoir froid, comme ça ? » Sa voix était faible, il n’avait guère besoin de l’élever étant donné leur promiscuité, son ton était doux, parce qu’il avait l’impression que le moindre coup de vent aurait pu lui faire attraper une pneumonie. Il était encore plus fragile qu’auparavant. « Je m’en voudrais si tu attrapais froid sous mon toit, » renchérit-il avant de se pencher pour l’embrasser gratuitement, sans raison sinon parce qu’il avait incroyablement envie de sentir ses lèvres charnues sur les siennes.

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MessageSujet: Re: What can I do now? 'Cause I need you back by my side.   Dim 14 Sep - 16:47

Tout comme sa pauvre Nefertiti, il ne se sentait guère à l'aise entre ces murs un peu froids, ou bien était-ce dû à la température des soirées nouvellement fraîches ? Au-delà de ces problèmes peu importants, il éprouvait la désagréable impression de ne pas être le bienvenu sous ce toit. L'hospitalité de son ami n'avait rien à voir là-dedans, c'était davantage personnel et intérieur. Maintenant qu'il se trouvait à Chicago, le souvenir de sa maison lui revenait peu à peu et il pouvait aisément se rappeler des nombreuses fois où il lui avait été donné de dormir dans cette maison. Malgré une connaissance certaine des lieux et du quartier, il n'en demeurait pas moins un étranger désormais, comme s'il était revenu plus d'un an en arrière. Il se tenait face une vaste étendue inconnue et revêtait à nouveau son habit de petit anglais étranger à toute forme de vie américaine. Du temps allait être nécessaire afin de pouvoir retrouver ses marques et même si à l'heure actuelle des choses il doutait fortement que cela puisse un jour se produire, il était suffisamment bien placé pour savoir qu'il était capable de s'adapter à n'importe quel habitat. Restait à savoir si l'Amérique voulait encore de sa présence. De toute évidence, l'un de ses habitants n'avait rien contre son retour, du moins cela semblait être le cas en apparence. Dans le cas où Haynes jouerait un rôle avec lui, il était néanmoins certain d'obtenir le vote favorable de Darwin. La scène était pour le moins surréaliste. Un jour plus tôt il se douchait dans la salle de bain de ses parents et ce soir, il se lavait dans celle de son ancien collègue, à des miles de sa terre natale. Il ignorait encore dans quoi il était tombé ou ce qui pouvait bien l'attendre par la suite, mais la fatigue causée par le long voyage et la vision de son magnifique visage lui faisaient faire abstraction de tous les points négatifs – et ils étaient nombreux – de ces retrouvailles, ou ceux qui pourraient naître de cette dernière.

Contraint de lever la tête pour regarder son ami lorsque celui-ci vint à sa rencontre, il se mordilla le coin de la lèvre inférieure en détaillant ses traits tirés et ses cernes aussi longues que ses jambes. Les vacances scolaires exténuaient-elles les américains ? Ou bien était-il revenu depuis peu d'un voyage à l'étranger ? Il n'osait pas vraiment poser trop de questions, au risque d'être mal reçu, même si Carson avait plutôt bien réagi lorsqu'il avait insinué qu'un homme pouvait se trouver quelque part dans la maison.
« Je... » commença-t-il mais la main que le professeur de sciences glissa dans ses cheveux mouillés l'interrompit. « J'avais froid mais plus maintenant, » répondit-il en glissant ses bras autour de son cou derrière lesquels il les croisa. Ses lèvres rencontrèrent une nouvelle fois les siennes et il fit durer le baiser de longues secondes, penchant la tête de côté pour rendre l'échange plus pratique. « Pas quand tu es contre moi, » murmura-t-il sur le ton de la confidence. A la manière d'un individu timide, ses petits pieds nus se touchaient l'un l'autre nerveusement tandis que ses orteils jouaient entre eux dans des gestes répétés. Il s'humecta les lèvres en le contemplant avec insistance, se noyant littéralement dans son regard clair afin de s'en imprégner pour ne plus jamais risquer de l'oublier. Il lâcha un faible soupir en souriant légèrement tout en s'amusant avec les petits cheveux de sa nuque, rêveur et lointain. Peut-être se faisait-il des idées, fausses, venant de lui c'était fort probable, mais il avait le sentiment que sa présence enchantait réellement Carson. A de nombreuses reprises, il avait pu constater qu'il ne le connaissait pas aussi bien qu'il le pensait pourtant. De ce fait, il était possible de se demander si le grand échalas pouvait, égoïstement, lui offrir des baisers et de l'affection afin de satisfaire un manque passager, rien de plus, sans aucune arrière-pensée, sans songer au lendemain. Mais c'était mal connaître Baxter que de le croire capable de faire la part des choses dans pareille situation.

Quand il sentait ses lèvres fines embrasser les siennes, c'était son corps tout entier qui prenait feu. Quand ses petits yeux en forme d'amande l'observaient, des ailes lui poussaient aussitôt. Il avait comme l'impression d'être contemplé par un homme amoureux, par conséquent lui aussi était pris d'une passion soudaine à son égard. Une fois encore, son esprit devait lui jouer des tours, c'était monnaie courante quand il s'agissait du grand brun. Mais impossible pour lui d'être raisonnable et réfléchi ne serait-ce qu'une seule petite seconde à partir du moment où Carson le fixait de la sorte. Plus ses grands yeux pétillants le contemplaient, plus proche il était de craquer. Ces deux-là revenaient de loin et pourtant, Baxter était prêt – ou le croyait en tout cas – à souffrir à nouveau à cause de lui ou pour lui. Il n'en avait désormais plus rien à faire car il n'était toujours pas rétabli de sa précédente peine de cœur, causée par le même protagoniste qui lui faisait actuellement face. Un peu plus, un peu moins, songea-t-il en retirant son bras droit de son cou pour laisser glisser sa paume le long de son torse. Il n'était pas à cela près.
« Où est-ce que je vais dormir ce soir ? » demanda-t-il d'une voix qui se voulait innocente et non intéressée en remontant sa main jusqu'à sa joue pour lui grattouiller sa barbe drue.

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MessageSujet: Re: What can I do now? 'Cause I need you back by my side.   Dim 14 Sep - 19:47

Le romantisme était un concept très éloigné du mode de vie et du tempérament de Carson. Il n’avait tout simplement pas l’état d’esprit qui allait avec les mots doux, les déclarations enflammées ou les charmantes attentions ; il décortiquait trop ses propres actions pour faire dans le sentimental, il refusait depuis toujours de donner des fausses idées à ses conquêtes qui n’étaient jamais que passagères. Il avait agi de la sorte avec Baxter, dès le départ, et ce même s’il avait apprécié sa compagnie à l’instant même où il avait posé les yeux sur lui le premier jour de la rentrée précédente. Sauf que, quelque part en route, il avait dû s’égarer, faire un faux pas, intimer au jeune homme qu’un futur était possible, ou bien était-ce l’entêtement de ce dernier qui l’avait aveuglé et l’avait ramené malgré tout vers lui ce soir-là. Quoi qu’il en fût, il n’en tenait rigueur à personne, à cette seconde, car seuls lui importaient les bras refermés autour de son cou. Certes, ces derniers étaient d’une maigreur quasi extrême, toutefois les siens étaient suffisamment forts pour deux, et il n’aurait voulu aucune autre étreinte que la sienne, dans ce pays comme ailleurs. Carson Haynes n’était pas un individu romantique, donc, cependant il apprenait peu à peu à le devenir grâce à la compagnie de son petit Anglais à lunettes, qui prenait décidément le temps de lui expliquer la vie, certes parfois de manière abrupte, mais toujours avec une profonde affection. Dommage que le professeur de sciences ne fût disposé à l’écouter que lorsque son organisme était souillé par l’alcool, qu’il fallût à sa cervelle d’être en partie mise sur off pour qu’il daignât ouvrir ses yeux clairs sur tout le bien que Baxter voulait pour lui, pour eux. Grâce – ou à cause – du whisky, il se mettait à le comprendre un peu plus, et la plus grande tragédie, tant pour l’un que pour l’autre, résidait dans le fait que tôt ou tard il reprendrait ses esprits, réaliserait la sottise de sa faiblesse et se refermerait comme l’huître à la carapace épaisse qu’il était. Ah, s’il avait eu un dessous de jugeote, à cette seconde précise, il lui aurait attrapé les mains en lui demandant pardon et l’aurait éloigné de lui. Parce qu’aucun homme ne pouvait rester auprès de Haynes plus de quelques jours sans le regretter. Baxter le savait, Baxter était passé par là, Baxter n’aurait jamais dû revenir. En attendant le retour des choses à la normale, Carson sourit à la douceur du ton et des mots énoncés par son ami. Il n’était pas romantique, non, mais le beau brun l’était pour deux.

Il pencha la tête sur le côté, scrutant son joli visage à la recherche d’un indice quant à la réponse à lui fournir. Il garda ses mains à plat dans son dos, où il pouvait sentir ses côtes saillantes contre ses doigts.
« Et bien, techniquement, il y a un grand canapé ici, ainsi qu’un lit dans la chambre, tu as le choix... » Il avala bruyamment sa salive en détournant le regard une seconde avant de le fixer à nouveau, remarquant son petite sourire en coin qui valait mieux que n’importe quel discours. Il se cambra un tout petit peu pour approcher ses lèvres de l’oreille de Baxter. Il inspira le parfum de son propre savon qui n’avait néanmoins pas la même saveur, ainsi disposé sur la peau du jeune britannique. « J’ai une préférence pour la deuxième solution, plus confortable, mais je dois te prévenir qu’il y a en prime un grand américain un peu bourru, livré avec, non négociable, hélas. » Il esquissa un sourire en se redressant pour lui passer une énième main dans les cheveux, n’appréciant que trop cette sensation. Il descendit ensuite ses doigts dans sa nuque pour le ramener contre lui et embrassa la peau de sa joue, pile poil sur son grain de beauté, avant de descendre le long de son menton, de sa gorge, ponctuant de-ci de-là des baisers langoureux, sa langue parcourant son épiderme rafraîchi par la douche. Il lui avait un peu menti, plus tôt, il ne semblait pas avoir plus chaud à son contact, il allait réellement attraper la mort à rester en petite tenue sans personne pour lui partager sa chaleur. Carson était le seul à même de le faire, alors il se colla davantage contre lui, il remua ses mains de haut en bas dans son dos pour le réchauffer en même temps qu’il poursuivait la course de ses baisers sur le haut de son torse. Il dessina le relief de chacune de ses clavicules, bien heureux de ne recevoir aucun signal négatif de la part de son invité, pas une seule fois ce dernier ne chercha à le repousser alors qu’il eût toutes les raisons du monde de le faire.

Une ombre passa en trombe dans le salon, bientôt suivi par la masse un peu plus imposante du chien qui se rua en direction de la chambre, bousculant au passage la valise de Baxter. Carson se redressa et partit à la suite de Darwin en l’appelant pour le faire revenir à ses pieds. Il trébucha sur le bagage avant de le redressa puis marmonna dans sa barbe lorsqu’il surprit Nefertiti sur le lit, apparemment affolée de s’être retrouvée poursuivie par une grosse bête à poils. Il l’attrapa avec douceur et la porta devant ses yeux.
« C’est ton maître que j’ai invité là, les animaux ne sont pas autorisés. » Il ne supportait pas les poils dans ses draps. Les lits étaient faits pour les êtres humains, les paniers pour les chats et chiens. Il fit sortir Darwin de la chambre avant de la reposer par terre et la chatte courut aussitôt se réfugier dans les jambes de Baxter, ce qui tira un soupir de la part de Carson. Il n’avait pas envie qu’une bête, aussi mignonne que pouvait l’être Nefertiti, lui gâchât son moment avec son petit Anglais. Pas après tout les efforts entrepris.

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Baxter Madden
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MessageSujet: Re: What can I do now? 'Cause I need you back by my side.   Lun 15 Sep - 18:35

Le décalage horaire s'avérait, certes, difficile à encaisser, il n'en était pas pour autant devenu idiot. Lorsque Carson était venu le retrouver à l'extérieur de sa maison, la présence d'alcool dans son organisme ne lui avait pas échappé. Même s'il n'était pas ivre mort – qui sait quelle quantité de whisky il aurait continué de boire dans la soirée ? – son haleine empestait à plein nez, et ce malgré ce léger arrière-goût de chips qu'il avait remarqué en l'embrassant une nouvelle fois après sa douche. Il n'avait jamais vécu en sa compagnie auparavant et pourtant il pensait le connaître sur le bout des doigts. A force de passer de longs moments chez lui, il avait fini par remarquer certains détails, pas forcément physiques, qui ne trompaient pas lorsqu'il buvait plus que le nécessaire voire le raisonnable. Bien entendu, ce point ne le dérangeait aucunement. De plus, ce n'était certainement pas à un petit anglais de lui faire la morale concernant une quelconque descente trop importante. Dans tous les cas, il le sentait clairement plus câlin qu'avant et l'alcool ne devait pas y être pour rien.  Cela lui profitait d'une certaine manière mais Baxter était bien loin de s'imaginer que cette prétendue affection n'était pas entièrement sincère et qu'elle était uniquement dictée par un excès de boisson qui empêchait le professeur de sciences de réagir correctement face à cette situation impromptue, à laquelle il n'était de toute évidence pas préparé. Oui, le petit brun était suffisamment naïf – seulement en compagnie de son ami en fait – pour le croire capable d'une telle extériorisation de sentiments, même discrets. La fatigue accumulée à l'excitation de le revoir le rendaient complètement maboule, presque écervelé quand on y réfléchissait bien. Jusque là son amour pour Carson ne lui avait jamais réussi, de près comme de loin, mais à priori ça ne semblait pas l'effrayer outre mesure. Une fois encore, il se livrait corps et âme au jeune homme, se dirigeant droit vers le précipice le plus proche, gouffre dans lequel jadis il s'était déjà perdu. Apprendre de ses erreurs ne rimait pas vraiment avec Madden. C'était une certitude.

A l'écoute de ses deux propositions, le britannique détourna le regard en direction du salon silencieux avant de tourner la tête vers la porte de la chambre. Il gloussa presque comme un adolescent lorsqu'il lui murmura la suite de sa réponse aux creux de l'oreille.
« J'opte pour le lit king size... » répondit-il d'une voix calme lui aussi. « Je prends l'américain aussi. J'espère qu'il saura se rendre utile, » le taquina-t-il avec une bonne humeur évidente. Sa mère lui avait déconseillé de retourner auprès de son ancien collègue mais maintenant qu'il se trouvait à Chicago, il ne comprenait toujours pas pourquoi elle avait bien pu lui dire une chose pareille. Était-il possible de ne pas apprécier l'étreinte de ces longs bras cajoleurs ? Son toucher l'apaisait, ses yeux clairs le caressaient avec douceur, ses baisers le saisissaient de toute part, quant à sa voix grave et mélodieuse, chaque fois qu'il ouvrait la bouche elle lui renvoyait en pleine figure la raison pour laquelle il était tombé amoureux de lui en premier lieu. Il buvait ses paroles comme l'on boirait l'eau d'une oasis en plein désert aride. Il lui était désormais devenu impossible de regarder dans une autre direction que celle de son visage fin. Peu à peu il sentait le peu de volonté qu'il possédait s'évaporer loin de lui et les quelques attentions de Carson n’arrangeaient aucunement son cas. Un sourire crétin au coin des lèvres, il rejeta sa tête vers l'arrière pour lui offrir chaque parcelle de sa peau, de son corps, de son être. Il avait tellement perdu l'habitude d'être ainsi dorloté et choyé par un autre homme que ses rares poils de bras se redressèrent en une discrète chair de poule, surtout quand il s'attaqua à ses clavicules saillantes. « C'est vraiment très agréable... » fit-il remarquer d'une voix lointaine, planant littéralement grâce à ses nombreux baisers.

Leur moment d'intimité fut de courte durée car les deux autres habitants de cette maison jugèrent bon de les interrompre dans leurs retrouvailles tactiles. Ayant, pour sa part, un train de retard, il mit plus de temps à se replonger dans l'instant présent. Carson était déjà parti à la poursuite des animaux quand il ouvrit les yeux et réalisa qu'il se trouvait seul dans le petit couloir. Il ne comprit la situation qu'au moment où sa chatte vint se faufiler entre ses fines jambes, observée de loin par le regard inquisiteur de ce cher Darwin.
« Hey, ça va aller... » la rassura-t-il en l'attrapant sous le ventre pour la porter. « Il veut seulement s'amuser avec toi. » Il se dirigea vers le chien et déposa la boule de poils devant lui. « N'est-ce pas Darwin ? » lui demanda-t-il tandis que ce dernier relevait les yeux vers son maître comme pour obtenir une réponse de sa part. Nefertiti gonfla les poils de son dos en fixant son nouveau colocataire, toujours autant impressionnée par la bête. Puis elle détala à une vitesse folle pour aller se réfugier sur une chaise, là où Darwin ne pouvait pas venir la chercher. « Où en étions-nous ? » s'enquit-il en se rapprochant dangereusement du propriétaire des lieux. Il tenait énormément à sa chatte, plus qu'à certains humains d'ailleurs, mais ce moment ils en rêvaient probablement tous les deux depuis longtemps, chacun de leur côté, alors il refusait de prendre le risque de passer à côté de cet instant de véritable bonheur. Même si au fond de lui il était quelque peu déçu de ne pas éveiller chez son ami une fougue passagère – il s'attendait à être porté et directement emporté dans le lit conjugal – il restait enthousiaste quant à la nuit qu'ils allaient passer ensemble. Lui qui dormait seul depuis de longues semaines, il était impatient de pouvoir à nouveau s'endormir dans les bras d'un homme, de cet homme en particulier. Esquissant un sourire malicieux, il contourna Carson, rasant le mur de près, jusqu'à atteindre la chambre voisine. Il éteignit la lumière principale pour aller allumer celle posée sur la table de chevet afin de créer une ambiance tamisée plus douce, moins agressive.

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Carson Haynes
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MessageSujet: Re: What can I do now? 'Cause I need you back by my side.   Mer 24 Sep - 16:19

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L’intervention des animaux de la maisonnée permit à Carson de reprendre ses esprits, de réfléchir à la situation dans laquelle ils s’étaient tous les deux fourrée, de faire le point. Tout du moins, il essaya de le faire mais son état général ne lui permettait guère de connecter l’ensemble de ses neurones afin de parvenir à un tel résultat. Il se sentait encore plus soûl qu’avant l’arrivée du petit Anglais, et ce dernier devait sans aucun doute être la raison de cet enivrement. Dès l’instant où il avait succombé au désir de ses lèvres, des mois, quasiment une année, plus tôt, il avait été voué à devenir leur esclave, subordonné à genoux face à leur pouvoir de persuasion. Haynes était un individu doté de libre-arbitre, comme tout le monde, il était maître de ses décisions, toutefois la bouche pulpeuse de Baxter le perturbait au plus haut point, elle appuyait sur sa zone la plus sensible et il lui était impossible de lui dire non, de lui refuser quoi que ce fût. Un sourire, une moue, un baiser, peu importait sa forme, son pouvoir demeurait identique, implacable. Merde, songea-t-il au moment où il réalisa cette fatalité dont il était la victime, et qui arrivait hélas bien trop tard. Il était bien peu aise de ressentir pareille émotion à cause d’un homme, lui qui s’était refusé à toute trace d’attachement. Il était en outre forcé de constater que les lèvres de Baxter Madden n’étaient pas les seules à blâmer dans cette histoire, il n’allait pas tarder à se rendre compte que tout le corps, l’être entier, de ce dernier, agissait sur lui comme la Kryptonite sur Superman. Il l’affaiblissait au point de lui faire perdre raison, son sens des priorités et ses habitudes de célibataire. Le Britannique n’était revenu que depuis une heure dans sa vie, et pourtant il avait l’impression qu’il ne l’avait jamais quitté. Qu’il ne lui avait pas réchauffer son cœur de glace pour ensuite le briser en mille morceaux et le laisser pour mort sans un regard en arrière. Une pensée qu’il n’avait évidemment jamais eue, il n’était pas homme à se morfondre sur son sort ou à s’imaginer dépendant à ce point d’une autre âme.

Il se racla la gorge, se frotta les mains sur son pantalon, tandis qu’il essayait de balancer aux oubliettes ces idées étranges et venues de nulle part qui l’étreignaient. L’instant était trop désinvolte et naturel pour laisser présager une fin négative. Tel qu’il voyait les choses à venir, Baxter et lui étaient de retour aux bases, plus joyeuses même si pas nécessairement saines, alors tout allait pour le mieux. Sauf pour cette pauvre Nefertiti qui, après avoir subi un long et épuisant voyage en soute, se retrouvait face à une bête monstrueuse et étrange.
« Darwin veut seulement s’amuser, oui, mais il va se coucher dans son panier pour la laisser tranquille, maintenant. » Sa voix était ferme, son regard rivé sur le chien auquel il s’adressait désormais. Ce dernier resta interdit plusieurs secondes, comme s’il attendait que l’un des deux humains prennent son parti et l’autorise à rester avec eux, mais rien n’y fit, donc il s’éloigna, queue basse, en direction du salon. Le soupir qu’il poussa lorsqu’il se coucha dans son panier put s’entendre jusque dans le couloir où se trouvaient les deux hommes, ce qui tira un sourire au maître des lieux. Ce chien était plus théâtral que lui, il avait certainement appris cela de Baxter. La parenthèse animalière prit fin en un clin d’œil, l’atmosphère de flirt et de romance reprenant vite le dessus sous le toit de Haynes. « Il était question d’un lit king size, il me semble... » Il le suivit des yeux avec un sourire amusé sur le coin des lèvres, ses jambes le conduisirent ensuite dans son sillage. Il referma lentement la porte derrière eux, afin d’éviter les nouvelles distractions, et se mit à déboutonner le haut de sa chemise pour ne pas perdre plus de temps. Il était inutile de tergiverser plus longtemps, les deux hommes avaient conscience de ce que le futur proche leur réservait.

Il choisit d’adopter une démarche de prédateur pour effacer les quelques mètres qui les séparaient.
« Tu as trouvé une utilité au grand américain ? » demanda-t-il, une fois posté devant lui, tandis qu’il le surplombait de la quinzaine de centimètres de différence qui existait entre eux. Il garda un bras ballant qui vint effleurer le devant de son sous-vêtement, pour tâter le terrain avec le plus de douceur possible, pendant que son autre main lui caressait la joue. Il se pencha pour lui voler un baiser, sa langue partit à la rencontre de la sienne à grand renfort de bruit ; puis, comme pris d’une pulsion soudaine, il glissa ses doigts dans l’élastique de son boxer pour le faire descendre. Il suivit le mouvement en se laissant tomber à genoux devant lui, se débarrassa du morceau de tissu devenu désuet en bas des jambes de son compagnon et embrassa son bas-ventre avec sensualité. « Tu m’as manqué, » souffla-t-il d’une voix éteinte. Difficile de savoir s’il s’adressait à Baxter ou bien au pénis qui lui faisait face. Aux deux, très certainement, puisque l’un n’allait pas sans l’autre. Il ôta sa chemise dans un mouvement d’épaules rapide avant de se pencher pour prendre son intimité en bouche et lui démontrer par les actes tout le bien qu’il pensait de son retour, et qu’il lui souhaitait, par la même occasion. La réponse épidermique de son amant ne se fit pas attendre et l’encouragea à continuer sur sa lancée. Lèvres et langue se chargèrent de lui procurer le plus de plaisir possible tandis que ses doigts partirent à l’assaut de son arrière-train, pour le préparer à se faire sien sou peu.

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MessageSujet: Re: What can I do now? 'Cause I need you back by my side.   Dim 2 Nov - 23:08

Ses habitudes ici, à Chicago, lui avaient grandement manqué. Il avait dû les mettre de côté pour pouvoir retourner sur le continent qui l'avait vu naître. Malgré ses nombreux différends avec le jeune professeur de sciences, il avait sincèrement apprécié sa compagnie ainsi que les moments passés dans sa maison. Tout comme son chien d'ailleurs, Darwin, qu'il jugeait adorable et obéissant, en plus d'être incroyablement attachant. Chaque fois qu'il portait son attention sur lui et qu'il admirait sa petite bouille, il ressentait ce besoin de le câliner, lui qui en temps normal était un ami des félins. Depuis plusieurs mois déjà, il souhaitait l'adopter comme son propre animal, lui et son américain de maître. Seulement on lui avait refusé ce droit, ce qui encore aujourd'hui lui causait énormément de peine, malgré les multiples sourires échangés. Quand il était question de se voiler la face, Baxter Madden arrivait hélas toujours en première place. Ce long voyage lui avait autant coûté sur le plan physique que moral mais temporairement, il acceptait de mettre leurs problèmes entre parenthèses afin de profiter de leurs retrouvailles de la meilleure des manières. Certes pas la plus saine, mais la plus agréable, pour les deux partis. Éprouvait-il un quelconque désir sexuel à cette seconde précise ? Il l'ignorait réellement et s'en contrefichait pas mal tout compte fait. Les deux hommes n'avaient jamais été en couple ensemble et pourtant ils semblaient se connaître par cœur. Au final ils savaient peu de choses sur l'autre d'un point de vue personnel et surtout familial, cependant le petit anglais était sûr de lui quand il affirmait connaître le tempérament et le caractère particulier de son ami sur le bout des doigts, comme s'il était en mesure d'anticiper chacune de ses réactions. Bien souvent c'était le cas, dans son for intérieur, quand il passait outre les attentes qu'il avait de lui.

« Oh oui, » dit-il d'une petite voix fluette lorsqu'il lui demanda s'il lui avait trouvé une utilité. Ses yeux clairs, pour le moins cernés à cause du trajet en avion, braqués dans sa direction, il l'observa attentivement quand il réduisit l'écart qui les séparait. Depuis qu'il avait quitté l'Amérique, il n'avait fréquenté plus que des petites personnes, ou moyennes, mais d'une taille toujours moins impressionnante que la sienne. Cette réflexion intérieure le fit lâcher un sourire discret, tandis qu'il glissait une main timide sur le haut de son torse découvert étant donné qu'il s'était chargé d'ouvrir sa chemise. Carson ne l'étreignait pas, ne le câlinait pas, il se contentait de se tenir là, et pourtant il éprouvait cette sensation de sécurité chaque fois qu'il se tenait face à lui. Leurs nombreux centimètres de différence étaient sans aucun doute la première cause d'un tel ressenti, mais pas seulement, car désormais le souvenir de ses bras forts autour de sa frêle silhouette lui revenaient progressivement. Sitôt leurs lèvres à nouveau scellées, il ferma les yeux pour partager ce baiser fougueux avec une certaine concentration. Il pouvait sentir l'alcool, le whisky plus précisément, qui s'écoulait dans le système de son ami car l'haleine de ce dernier lui paraissait tout de même bien chargé. Il ne semblait pas ivre mort, il tenait très bien sur ses deux jambes d'ailleurs, mais il savait reconnaître un homme même légèrement bourré. Cela ne lui posait aucunement problème, en tout cas pas ce soir, et puis combien de fois s'étaient-ils découvert de manière charnelle après avoir bu un certain nombre de verres ? « Toi aussi, tu m'as manqué, » répondit-il aussitôt à sa petite confession, parlant en toute sincérité pour sa part, sa voix brisée attestant de cela.

Après de longues semaines d'abstinence, de colère, de tristesse et de frustration, l'excitation de Baxter apparut relativement vite, dès les premiers coups de langue lancés par son compagnon. Ainsi que les doux gémissements qui allaient désormais de paire avec chaque mouvements de bouche. Posant la paume de sa main sur sa tête, ses doigts s'agrippèrent à ses cheveux fins avec le plus de douceur possible, dans un geste très délicat, malgré le côté rustre de la chose.
« Hmm... » soupira-t-il de plaisir tandis qu'il se laissait retomber sur le bord du matelas pour l'inciter à s'arrêter. Il commença alors à s'occuper de lui en retour, d'abord avec ses lèvres charnues puis à l'aide de sa main droite. L'effet escompté arriva tout aussi rapidement que le petit britannique, sauf que Carson interrompit l'échange pour pouvoir se préparer lui-même à l'acte en se protégeant. S'allongeant sur le matelas, les bras étendus de chaque côté de son corps, il détailla chacun des traits de son visage qui lui était possible de contempler d'où il se trouvait et surtout dans une telle pénombre. A son plus grand regret, son amant demeura debout durant tout l'acte sexuel et il ne put avoir qu'un seul contact direct avec lui, ses mains qui enserraient fermement ses cuisses pâles sur lesquelles il posa longuement les siennes, compensant ainsi son irrépressible envie de l'embrasser. Envie qui ne fut pas une seule fois assouvie par ailleurs. Essoufflé, exténué et à bout de force, il exigea presque de sa part qu'il le porte pour le remonter un peu plus haut sur le lit. En dehors de la palette impressionnante de gémissements entendus au cours des dernières minutes, les deux hommes échangèrent peu de mots, pour ne pas dire aucun, lorsqu'ils se glissèrent ensemble sous les draps. Encore plus amoureux de lui qu'avant son départ de Chicago, Baxter ne put s'empêcher de venir se lover contre son torse à peine fut-il installé à ses côtés, agissant rapidement pour ne pas lui laisser l'occasion de lui tourner le dos comme il avait pu le faire souvent auparavant, bien trop souvent. Il fallait désormais vivre au jour le jour, il en avait conscience et c'était d'ailleurs l'une de ses plus grandes craintes, de ne pas savoir de quoi demain sera fait. Il s'agissait d'une pression bien trop importante pour son petit gabarit. Pour l'heure, Carson était à lui et avec lui. Sur ce point ils n'étaient pas d'accord car le grand échalas estimait qu'une vie humaine n'appartenait à personne d'autre qu'à son 'propriétaire' tandis que le petit brun se savait capable de s'offrir totalement à quelqu'un, et exigeait généralement en contre-partie que son compagnon en fasse de même. Une main posée à plat sur les quelques poils qu'il possédait sur le haut de son torse, il se mit dans de bonnes conditions pour s'endormir auprès du seul individu qui lui importait à cette seconde précise. La magie opéra en seulement six minutes car déjà Baxter sombrait dans les bras de Morphée dès que la chambre fut plongée dans une obscurité totale, oubliant même jusqu'à la présence de sa chatte dans la pièce voisine, probablement installée en boule sur le canapé du salon.

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Carson Haynes
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MessageSujet: Re: What can I do now? 'Cause I need you back by my side.   Dim 9 Nov - 20:23

Les rapports charnels étaient très importants, une pierre angulaire dans la relation qui liait les deux hommes depuis les premiers instants. Leurs meilleurs souvenirs se confondaient avec leurs pires décisions, car il était évident que leurs problèmes actuels résidaient dans le fait qu’ils étaient incapables de se tenir éloignés loin de l’autre tout en refusant, pour la part de Carson, d’accepter quelque chose d’officiel. S’il avait été seul à décider pour eux deux, il se serait contenté de cette forme d’échanges purement sexuels ; parce qu’il n’y avait rien de compliqué dans le sexe, il connaissait les règles par cœur, il n’avait pas besoin de réfléchir, il se contentait de faire ce pour quoi il était doué. Mais complication était un mot qui allait de paire avec le jeune Madden, il ne pouvait y couper, et il était désormais conscient que le corps de ce dernier ne lui revenait pas gratuitement, il devait payer le coût des sentiments qui l’accompagnaient. Et dont lui, Carson Haynes, était le responsable sans jamais l’avoir réclamé. Son affection lui était tombé dessus du jour au lendemain sans qu’il ne puisse donner son avis sur la question, sans qu’il ne puisse faire marche arrière. Il s’était juré ne pas éprouver la même chose à son égard, il lui avait fermé son cœur qui ne connaissait rien de l’attachement à un autre individu, même quand il lui avait ouvert sa porte ce soir-là, il était resté persuadé qu’ils n’étaient que de très bons amis, en phase sur le plan sexuel. Si tel avait été le cas, jamais une phrase aussi anodine que le « tu m’as manqué » qu’il lui rendit en  réponse ne l’aurait atteint comme ce fut le cas. Sa voix résonna dans un coin de sa tête durant l’acte qui suivit, des préliminaires jusqu’au moment post-coït, même leurs cris d’extase entremêlés ne parvinrent pas à lui faire oublier. Lorsqu’il revint s’allonger, après s’être débarrassé de son préservatif, auprès de Baxter, il n’émit aucune résistance face à son câlin, chose qu’il aurait faite des mois plus tôt. Il referma ses bras autour de ses frêles épaules et posa ses lèvres abîmées sur son front. Et, alors qu’il sentit son amant sombrer dans un sommeil bien mérité, il commit une erreur irréparable. Au lieu de se laisser porter par le moment magique qu’il venait de vivre, il se mit à réfléchir à toutes leurs erreurs passées et à ce qui les avait menés à cet instant précis.

Il regretta aussitôt de l’avoir pris avec autant de distance, alors qu’il aurait pu le faire sien sans rester debout, de manière aussi impersonnelle – si une telle chose était possible dans une relation sexuelle – et éloignée. Il aurait dû le tenir contre lui tout du long, jusqu’à leur orgasme partagé. Pour la première fois de son existence, il avait manqué à un homme, il avait le sentiment d’être indispensable à quelqu’un, et il n’était pas capable de le remercier correctement. Il n’y avait pas eu d’animaux ou d’éléments extérieurs pour ruiner le moment, il s’en était chargé lui-même, grand idiot qu’il était. Il songea également à toutes les méchancetés que la colère lui avait fait dire avant son départ, quand il avait eu besoin de lui et qu’il avait alors eu ces propres problèmes. Il repensa à la douleur ressenti lorsque Baxter s’était mis en couple avec l’un de leurs collègues, au sentiment d’abandon constant qui l’avait alors étreint. Toutes les faiblesses de Baxter, ses écarts de conduite, de Samuel à ses remarques désobligeantes sur sa sexualité dissimulée, en passant par sa partie de jambes en l’air avec Ana, tout lui revint et sa culpabilité s’effaça progressivement au profit d’un œil nouveau sur la situation. Au moment de se réveiller, le lendemain, alors que la matinée était déjà bien entamée, sa décision était prise et irrévocable. Il glissa ses doigts dans la tignasse épaisse d’un Baxter encore endormi, à l’écoute de sa respiration calme, apaisée, encore plus efficace qu’une berceuse. Son autre main parcourut la longueur de sa colonne vertébrale, qui ressortait plus encore qu’auparavant tant il avait perdu de poids au cours de son séjour anglais, et Carson fut envahi d’une vague de tristesse qui, hélas, n’altéra en rien son jugement. Le professeur de mathématiques avait sans aucun doute souffert là-bas, à cause des soucis de santé de son frère, du retour auprès de son père qui ne le soutenait pas, mais lui aussi avait vécu des choses affreuses qu’il aurait apprécié de partager avec quelqu’un. Sauf que le seul individu à même de le faire l’avait abandonné du jour au lendemain. Même s’il n’était pas en mesure de voir l’avenir, il n’aurait pas été contre faire un bout de chemin avec le jeune Madden, maintenant il le savait ; sauf qu’il était bien trop faible actuellement pour s’attacher à quelqu’un qui lui avait déjà tourné le dos une fois. Il l’avait supplié de ne pas partir sans dire au revoir, mais Baxter l’avait fait. Comment pouvait-il lui faire confiance à nouveau ? Comment vivre avec un homme qui pouvait vous quitter d’une minute à l’autre ?

Dans le silence et la discrétion, il s’extirpa hors des bras de son compagnon puis des draps. Il récupéra son boxer perdu dans la bataille, l’enfila, puis retourna auprès du lit pour regarder une dernière fois Baxter.
« Je suis désolé, » murmura-t-il, afin de ne pas le réveiller, alors qu’il lui caressait la joue du revers de la main. Il dormait de manière si paisible qu’il était difficile de croire que ce petit corps était envahi de tant de tourments. Il esquissa un sourire rempli de nostalgie puis quitta la pièce pour aller vaquer à ses occupations matinales. Il commença par faire sortir le chien dans le jardin, remplir les gamelles de croquettes et d’eau, il prépara une cafetière qu’il laissa passer le temps de prendre sa douche. Ses gestes étaient mécaniques, dénués de vie, il agissait par habitude et nécessité, sans aucun entrain. Une heure se passa entre son réveil et l’instant où il entendit la porte de la chambre s’ouvrir et se refermer, signe que Baxter n’était plus assoupi. Carson était installé sur son fauteuil, dans le salon, un mug de café fumant à la main. Rien ne semblait avoir changé depuis la veille, si ce n’était qu’une couverture et des draps propres étaient posés sur le canapé. « Salut, » lança-t-il sans lui jeter un regard de plus d’une seconde, préférant rester concentré sur la lecture du journal du matin. « Je t’ai préparé une tasse mais sans savoir à quelle heure tu te réveillerais, je n’ai pas fait chauffer l’eau. » Il daigna enfin relever la tête et retira ses lunettes de sur son nez. « Est-ce que tu veux quelque chose de spécial pour le petit-déjeuner ? Je n’ai que des œufs pour l’instant mais j’irai faire des courses dans la journée. » Son ton était détaché, presque normal, presque comme si rien ne s’était jamais passé entre eux.

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Baxter Madden
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MessageSujet: Re: What can I do now? 'Cause I need you back by my side.   Lun 10 Nov - 21:37

Cette nuit était tout simplement magnifique. Il ne fallait, en effet, pas grand-chose à Baxter Madden pour éprouver tout un tas de papillons dans le creux de l'estomac. Était-ce dû au décalage horaire, au voyage en lui-même, ou bien à la fatigue ? Il n'était clairement pas en pleine possession de ses moyens compte tenu de l'enthousiasme avec lequel il était venu se lover contre le grand corps de son ami et ancien collègue. Une personne normalement constituée se serait, quant à elle, rapidement rendue compte que quelque chose n'allait pas dans le comportement du propriétaire des lieux. Si on mettait de côté les nombreux baisers échangés depuis son arrivée devant la maison, l'attitude de Carson n'avait pas été des plus chaleureuses avec son invité surprise. Malgré le plaisir flagrant provoqué par sa venue impromptue, le professeur de sciences ne s'était pas montré très doux, du moins physiquement, avec le jeune britannique. Cela ne voulait pas dire pour autant qu'il avait eu une quelconque réaction agressive. Il devait s'agir d'une étape entre les deux, qui certes penchait favorablement vers la négativité. Les multiples silences qui avaient suivi et le déroulement de l'acte charnel prouvaient un léger malaise, probablement enfoui, ce qui n'avait rien d'étonnant lorsqu'il était question de Haynes. Durant cette année scolaire, les deux jeunes hommes s'étaient sexuellement découverts de mille manières différentes. Douces et parfois moins douces. Cette nuit encore apportait une autre touche à la palette impressionnante des nuances de leurs ébats. Le grand échalas s'était pour ainsi dire contenté de le faire sien en l'installant sur le bord du matelas d'une façon plus que banale, comme l'on placerait un objet à un endroit précis afin qu'il occupe une fonction x ou y mais dans tous les cas peu intéressante. Oui, on pouvait facilement comparer Baxter à un objet inanimé dans la situation présente tant il semblait avoir perdu sa vie qui lui était pourtant propre. Mais l'espace de quelques minutes de plaisir, l'américain lui avait dérobé ce petit bout de lui-même pour le manipuler à sa guise, telle une marionnette. Cela pouvait paraître péjoratif d'une certaine manière alors que cela ne l'était absolument pas, pour la simple et bonne raison que Baxter était pleinement consentant. Cela entrait, à son sens, dans la catégorie de la soumission qui allait de paire avec sa position de bottom. Le sexe n'était que du sexe dans le fond. Deux corps s'unissaient pour ne faire plus qu'un, point. A priori il s'agissait de la définition vue par Carson. Il était possible d'ajouter de la douceur aux touchers ainsi qu'aux préliminaires, mais le principe de l'acte demeurait le même. Ils ne concevaient pas les choses de la même manière mais cela ne l'empêchait aucunement de partager un orgasme avec son partenaire. A ses yeux, l'amour définissait la puissance d'un désir charnel et celui qu'il éprouvait à son égard était immense. Peu étonnant, donc, de le voir se livrer ainsi au jeune homme, corps et âme, totalement, sans hésiter un seul instant. Il avait le sentiment d'être à sa place dans cette chambre, sur ce lit, les jambes écartées et entourées autour de lui.

Ce sentiment de plénitude ne le quitta pas de toute la nuit. Il dormit d'un sommeil profond et surtout, non coupé, chaudement serré contre son ami de qui il ne se détacha pas une seule fois. Si bien qu'à son réveil, Carson fut contraint de le repousser légèrement pour pouvoir s'éclipser hors du lit. Dans un étirement exagéré, Baxter ouvrit un œil puis le second, baillant tel un lion en constatant qu'il se trouvait seul dans cet imposant king size. Il se frotta les yeux cinq bonnes minutes avant de se décider à se redresser en position assise. L'absence de son 'compagnon' ne le surprit pas vraiment, déjà habitué à se lever bien après lui. Il récupéra l'unique vêtement qu'il avait abandonné dans la chambre, autrement dit son boxer, et l'enfila avant de sortir de la chambre pour un passage express aux toilettes. Une petite commission et un lavage de main plus tard, il traîna des pieds – ceux-ci étant nus – jusqu'au salon, la mine encore retournée par le long voyage
« Salut, » répondit-il de sa voix enrouée du matin. « Euh... » commença-t-il sans trop savoir quoi lui répondre. Cela faisait énormément de questions, beaucoup trop, au réveil. Il n'était pas tout à fait réveillé, de ce fait plusieurs éléments lui échappèrent, notamment la présence de ces draps posés sur un oreiller – pourtant visible – dans un coin du canapé. « Juste un thé me suffira, ne t'embête pas. » Il effectua plusieurs pas timides pour parvenir jusqu'à son fauteuil près duquel il s'arrêta pour poser ses yeux fatigués sur lui. « Les nouvelles sont bonnes ? » demanda-t-il d'une petite voix douce, pour faire la conversation, en jetant un coup d’œil à son journal. Encore à moitié endormi, il ne remarqua pas non plus le ton avec lequel il s'adressa à lui, détaché et peu engageant, du moins ce n'était pas la voix d'un homme qui avait joui la veille et passé une nuit agréable. Plus conscient, il se serait formalisé du peu d'enthousiasme de Carson mais à cette heure-ci du matin, il ne prenait la peine de retenir aucun détail qui l'entourait. Dans un énième bâillement, il repoussa doucement son journal avant de venir s'asseoir sur ses genoux, le tout dans un geste délicat, les jambes en travers de l'accoudoir, se faisant le plus léger possible, tel une plume. Frêle comme il était, il n'eut aucun mal à contourner la tasse bouillante qu'il tenait d'une main, appuyant son épaule osseuse contre son torse. Si Carson avait eut le temps de réfléchir à la situation, Baxter en était toujours au même point qu'hier. Des fourmillements envahissaient encore son estomac, ses émotions étaient intactes et son amour pour le jeune homme n'avait pas diminué au cours de la nuit. D'où son comportement câlin actuel. Tout comme la veille, il se sentait heureux d'avoir retrouvé cette maison, cet homme et ce chien. En attestait son expression de petit bien-heureux lorsqu'il entreprit de poser sa tête entre sa clavicule et son épaule, serein pour la première fois depuis longtemps.

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Carson Haynes
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MessageSujet: Re: What can I do now? 'Cause I need you back by my side.   Mar 11 Nov - 15:35

La scène avait tout de banal. Dans beaucoup d’autres foyers, à cette heure de la matinée, une personne venait de se lever, plus ou moins maladroitement, puis s’apprêtait à saluer les bras dans lesquels elle avait passé la nuit. Il n’y avait rien de surprenant ni d’anormal à cela, c’était la logique de la vie de couple. Sauf que Baxter et Carson n’étaient pas un couple. Ils formaient un entre-deux sur lequel ils étaient incapables de poser une dénomination ; ils n’auraient su se mettre d’accord sur un nom à se donner, de toute manière. Là où Madden voyait une lueur d’espoir, Haynes ne discernait qu’un échec en bout de ligne. L’optimisme qui le caractérisait autrefois avait bel et bien disparu au profit d’une noirceur quotidienne qui lui pourrissait la vie. C’était ce pessimisme qui l’avait rendu aussi peu sûr de lui, qui l’entraînait sur le chemin de l’alcoolisme et qui le rendait détestable aux yeux de ceux qui le chérissaient. Même sa famille s’était rendu compte du changement, il ne leur rendait plus que très occasionnellement visite, ne parlait presque plus durant les repas du dimanche. Il n’y avait que son neveu, Ethan, avec qui il faisait encore bonne figure, parce qu’il était un enfant, parce qu’il lui rendait le sourire à chaque fois qu’ils discutaient ensemble. En dehors de cela, l’enseignant était un être triste et déplorable. Heureusement pour lui qu’il se trouvait en pleines vacances scolaires, qu’il n’était pas obligé de se rendre en cours ; il était bon comédien à force de dissimuler sa sexualité mais son talent avait ses limites, il n’aurait pas été capable de distiller son savoir dans de telles conditions. L’accumulation de contrariétés avait eu raison de lui. Il voyait le mur installé en face de lui, cependant il lui était impossible de réfléchir à un moyen de le franchir. Il se sentait à deux doigts d’abandonner l’idée de surmonter ses difficultés, il ne souhaitait qu’hiberner pour se réveiller plus tard, avec une bonne amnésie au passage. L’alcool lui servait d’ailleurs à oublier, certes momentanément, ses problèmes. La soirée passée en compagnie de Baxter n’avait pas été inutile, non plus, il s’était offert à lui et n’avait plus songé qu’à eux durant ces quelques dizaines de minutes de rapports charnels. Si seulement il ne s’était pas retourné la tête avec tous ces questionnements, il aurait pu également apprécier le contact de ses fesses sur ses cuisses lorsqu’il prit place, sans invitation, sur lui. « Ni bonnes, ni mauvaises... Des jeunes se font encore tirer dessus par des policiers à cause de leur couleur de peau, mais les enfants de Beyoncé et de Kim Kardashian se portent bien, donc j’imagine qu’il n’y a aucune raison de se plaindre, » répondit-il d’une voix bourrue, avec une pointe de sarcasme, même s’il ne faisait rien d’autre qu’énoncer une triste vérité. Son regard était rivé sur le journal que Baxter venait d’éloigner et il resta une minute à contempler le vide, avant de reprendre conscience. Il posa ses lunettes repliées sur l’accoudoir non occupé par le petit Anglais, se libérant ainsi une main qu’il plaça à plat dans le dos nu de ce dernier. Son menton vint trouver le dessus de sa tête sur laquelle il reposa, son nez chatouillé par sa tignasse encore plus décoiffée que d’habitude.

Son cœur battait de manière irrégulière dans sa poitrine, son rythme effréné sautant parfois des pulsations, dès qu’il se rappelait qu’il allait bientôt se briser en mille morceaux.
« Baxter..., » commença-t-il d’une voix étranglée. Il se racla la gorge et recula sa tête pour qu’il puisse relever la sienne afin de le regarder dans le blanc des yeux. Il força un sourire qui sonnait faux, son regard clair était bien trop triste pour être compensé par l’expression de sa bouche, avant de secouer la tête. « Laisse-moi aller faire chauffer l’eau, » ajouta-t-il avec empressement. Il se redressa avec le joli brun dans les bras, le reposa doucement au sol sans lui laisser une chance de l’empêcher de se séparer de lui, puis il se dirigea d’une démarche rapide vers la cuisine. Ses lèvres remuaient dans le vide, à la recherche de la bonne réplique, du meilleur moyen de lui exprimer ce qu’il ressentait, tandis qu’il appuyait sur le bouton du micro-onde dans lequel il avait posé le mug rempli d’eau. Il entendit les pas feutrés de Baxter dans son dos mais resta penché sur le plan de travail, les mains posées et les doigts grattant la surface du meuble. Il pouvait encore tourner autour du pot pendant des heures, mais il estimait que son annonce devait être retirer aussi vivement qu’un pansement, pour faire moins mal. Alors autant se jeter à l’eau tout de suite. « Hier soir... Cette nuit... » Carson Haynes, qui avait flirté avec des centaines d’hommes – et quelques femmes, par intérêt – au cours de son existence, se retrouvait sans mot face à Baxter Madden. Ou plutôt dos à Baxter Madden, puisque, lâche comme il était, il ne s’était pas encore retourné. Il inspira un grand coup et le fit, il se retrouva momentanément déstabilisé par le regard perdu de son ami mais tâcha d’y faire abstraction. « C’était très bien... Enfin, c’était bien. » Pas la peine d’en faire trop, va droit au but, idiot, se maudit-il. Surtout que l’acte aurait pu être bien mieux. « Mais ça ne mènera nulle part. » Il avait repris contenance et son visage était fermé, comme à chaque fois qu’il partait dans des discours sérieux. « Je ne sais pas à quoi tu t’attendais en revenant, ni pour quelle raison tu l’as fait... Je peux juste te dire que je n’ai pas changé. Je suis toujours le même abruti qui t’a fait pleurer plus d’une fois. » Il était désolé pour ça, d’ailleurs. « Je suis même pire qu’avant, en fait. Parce que... Parce qu’il s’est passé des trucs pendant ton absence, et même avant, mais tu n’étais pas là pour les écouter donc ça ne compte pas. Mais... » Il prit une pause le temps d’inspirer longuement, sans oser regarder Baxter dans les yeux de peur d’être pris d’une nausée fulgurante. Il ne voulait pas lire la déception ou la tristesse dans son regard. « Tu peux rester ici aussi longtemps qu’il le faudra, ça ne change rien, tu es toujours le bienvenu chez moi. » Ses draps lui seraient juste fermés dès lors.

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MessageSujet: Re: What can I do now? 'Cause I need you back by my side.   Mar 11 Nov - 17:19

Baxter était un homme qui se formalisait de peu. Autant dire qu'il n'avait pas besoin de grand-chose pour être froissé par tel ou tel événement. Carson était d'ailleurs l'une des personnes les mieux placées pour parler de ce sujet. Combien de fois le malheureux avait-il eu une parole déplacée à l'encontre de son ami ? Bien trop souvent, d'après les dires et souvenirs du petit britannique. Néanmoins, en cette journée chaude d'août, le professeur de mathématiques ne réalisait pas le moins du monde que quelque chose clochait présentement. Il passa à côté du malaise ambiant, pourtant évident sans doute, encore bien trop occupé à se satisfaire de leurs retrouvailles, bien que médiocres dans l'ensemble. Il se contrefichait pas mal de leurs ébats en partie ratés, car légèrement courts mais suffisants sur le moment à cause de la fatigue, et se focalisait simplement sur les nombreux baisers qu'ils avaient échangé au cours de la soirée. Cependant le premier demeurait le plus marquant et agréable de tous. Offert sans réfléchir, spontanément, l'échange n'en était que plus touchant à ses yeux. Le propriétaire des lieux avait pris le risque de se faire surprendre par des voisins mal intentionnés, ils existaient probablement, même si la dame d'à côté était déjà au courant de son homosexualité. Au grand désarroi du petit brun, d'ailleurs, car cela lui rappelait qu'il avait eu une petite relation avec son fils, Richard. « En effet, aucune raison de se plaindre... » répéta-il en grimaçant. Contrairement aux idées reçues par les européens, Chicago était une ville sûre mais les nouvelles du journal lui rappelaient aussitôt qu'il se trouvait aux États-Unis. Les frontières ne retenaient aucunement les fous mais ce pays plus qu'un autre aimait particulièrement utiliser les armes à feux. Qu'il puisse mourir, même par accident, au détour d'une rue à cause d'une fusillade le faisait quelque peu paniquer. Perdu dans ses pensées, il conserva le silence durant de longues secondes jusqu'à ce que son ami dise son prénom.

Se sentant merveilleusement bien ainsi installé sur ses genoux, il lâcha un soupir guttural lorsqu'il l'obligea à se redresser. N'étaient-ils pas en phase jusqu'à présent ? N'avait-il pas calé son menton sur son crâne un peu plus tôt ? Le prétendu câlin allait clairement dans les deux sens, il était partagé, il n'était pas complètement fou. Non ? Contraint de le regarder, il ouvrit la bouche pour rétorquer quelque chose mais n'eut le temps de prononcer qu'un seul mot.
« Mais... » murmura-t-il tandis qu'on le déposait à nouveau sur ses jambes près du fauteuil. « Quand je disais vouloir un thé, ce n'était pas pressé hein... » souffla-t-il dans le vide car il n'obtint aucune réponse de sa part. De plus, Carson détala jusque la cuisine comme si son invité était contaminé par une sorte de virus incurable et surtout contagieux. Dans un soupir fatigué, il le rejoignit dans la salle voisine et s'arrêta au milieu de la pièce, les bras ballant le long de son corps partiellement dénudé. Dès les premiers mots prononcés, il comprit que la situation avait changé, radicalement. Plaçant sa main dans sa nuque, il se la massa fermement entre ses doigts crispés par le stress. Ses articulations étaient encore douloureuses mais ce qu'il s'apprêtait à écouter l'était davantage. Immobile et surtout perdu, il fixa le dos de son ami sans comprendre où il voulait en venir avec ces moitiés de phrases à peine construites, et sans verbe. Mais lorsqu'il put enfin se retrouver en face à face avec lui, un sifflement étrange s'échappa de sa gorge, comme le couinement léger d'un animal blessé mais bien trop fier pour montrer sa douleur. Le silence de la maison ne joua d'ailleurs pas en sa faveur. « Mais ça ne mènera nulle part. » Mais ça ne mènera nulle part ? Il bloqua un long moment sur ces dernières paroles, si bien que les suivantes ne constituèrent qu'un gros brouhaha dérangeant. Une migraine envahit aussitôt sa tempe gauche, sur laquelle il appuya avec ses doigts, secouant machinalement la tête.

« Tu ne sais pas à quoi je m'attendais en revenant ? Ni pourquoi je l'ai fait ? » demanda-t-il dans un rire nerveux, suivi d'un rictus effrayant et déformé par l'émotion. « Est-ce que c'est une mauvaise blague, Carson, car je ne trouve pas ça drôle du tout... » poursuivit-il d'une voix brisée et triste, subitement envahi par un trop plein d'émotions. Son regard clair braqué sur lui, même si son interlocuteur refusait de le regarder, il marqua un silence, le temps de réaliser ce qui venait de se produire. « Attends attends, » l'interrompit-il en agitant en l'air sa main. Qu'il se soit ou non passé des choses en son absence, en rien cela ne justifiait un tel comportement de goujat de première. En plus, il osait se venter d'être pire qu'avant ? Dans quel monde parallèle était-il encore tombé ? Déglutissant bruyamment sa salive, il barra ses lèvres d'une main désormais tremblante tandis que ses grands yeux émus s'imbibaient de larmes. La vue trouble, ses lèvres se mirent à leur tour à s'agiter nerveusement lorsqu'il fit glisser sa main le long de son menton. « Tu tu... » balbutia-t-il avec peine. Il l'autorisait tout de même à rester sous son toit, quelle âme clémente, oh mon dieu ! « Comment un visage si doux peut-il cacher une telle noirceur d'âme ? » chuchota-t-il, comme pour lui-même, une larme, puis une autre, roulant sur ses joues pâles. « Tu es un monstre, Carson Haynes. Le pire homme que je n'ai jamais vu. » Il renifla, essuyant son nez avec son maigre poignet. Un être abject, de la pire espèce, voilà ce qu'il était. « Tu as attendu de m'enculer comme un homme primitif pour me dire tout ça ? » dit-il, sans détour et sans mâcher ses mots. « Pourquoi continues-tu de te servir de moi comme ça ? » Il fondit alors littéralement en larmes, tête baissée. « Pourquoi je suis aussi con pour retomber aussi facilement dans tes bras ? » Certes avait-il conscience de ne posséder aucune estime pour lui-même ou pour son propre corps mais pour une rare fois, si, il en avait. Pour lui, pour son petit cœur d'homme amoureux. « Tu es doué, très doué... » dit-il en marchant à reculons vers la sortie.

Ses yeux brouillés de larmes le regardèrent tant bien que mal avant de se retourner dans le bon sens pour marcher d'un pas rapide jusqu'à la chambre.
« Je n'ai nulle part où aller, » parla-t-il tout seul. « Je suis pathétique. » L'angoisse montant, il put sentir l’extrémité de ses doigts refroidir. Il retourna sans ménagement sa valise et en sortit un objet, qui n'avait certes peu de valeur mais dont il souhaitait se débarrasser illico presto. A Londres, il s'était d'abord arrêté au magasin M&M's mondialement connu pour ramener un petit quelque chose à Carson. Deux fois rien, juste une petite boîte transparente, quatre lettres attachées qui formaient le mot LOVE, et qui renfermait de nombreuses dragées au chocolat et aux cacahuètes. Il le savait gourmand, tout comme lui, et pensait que cette attention lui ferait plaisir. Un cadeau qui aurait satisfait son estomac tout en délivrant un message clair, sans toutefois trop en faire. Hélas pour lui, il n'avait même pas eu le temps de le sortir de ses affaires. Comme pris d'une subite rage, il traversa la maisonnée jusqu'à regagner la cuisine. Il ouvrit la boîte dans des gestes mécaniques coléreux et déversa l'ensemble des confiseries dans l'évier avant d'activer le broyeur pour tout voir disparaître, ne faisant désormais plus du tout attention à Carson. « Je le déteste, » souffla-t-il d'une voix déchirée par les sanglots, comme si le jeune homme ne se trouvait pas actuellement en sa compagnie. « Je me déteste, » ajouta-t-il, nuance intéressante et importante. Tu te pensais méritant de ses sentiments ? Songea-t-il. Tu n'es qu'un gros raté, Madden, le digne fils de ton père.

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Carson Haynes
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MessageSujet: Re: What can I do now? 'Cause I need you back by my side.   Mer 12 Nov - 19:28

Carson ne se sentait pas mieux après avoir déballé ce qu’il avait sur le cœur, et qu’il n’avait pas sorti en totalité, pour épargner la sensibilité de Baxter, qui ne semblait guère prêt à recevoir un coup aussi bas de sa part. Il se savait en mauvaise posture, il endossait le rôle du méchant dans leur duo depuis le départ parce qu’il était le plus grand, le plus imposant, le plus froid, celui qui apparaissait comme le plus distant. Alors qu’au fond, il s’était toujours vu comme l’incompétent, le petit nouveau dans cette débâcle de sentiments qu’il ne comprenait pas. Il n’avait jamais voulu briser le cœur de son ami ; bien au contraire, il avait constamment cherché à lui rendre la vie plus facile, à lui donner des raisons de sourire et d’oublier les malheurs qu’il avait pu rencontrer au cours de son existence. Cela avait été stupide et présomptueux de sa part. Il n’était pas homme à rendre un autre individu heureux, il était trop renfermé sur lui-même pour espérer contenter quelqu’un d’autre que sa propre personne. Quelle idée ridicule que de penser qu’il aurait pu prendre soin d’un être aussi fragilisé que Baxter Madden, que la vie n’avait jamais épargné, qui avait besoin d’une attention constante, qui méritait un amour véritable et inconditionnel. Tout ce qu’il était bien incapable d’offrir. S’il avait ses raisons de le repousser de la sorte, il se méprisait de le faire autant souffrir. Parce qu’il savait que Baxter ne prendrait pas bien tout ce qu’il venait de lui raconter. Il s’attendait à une réaction vive, déçue, triste, de sa part, toutefois il ne fut pas du tout préparé au flot de violence qui s’abattit sur lui dès les premiers mots de sa réponse. Il leva les yeux sur lui, essayant de se faufiler au travers de ses tirades dignes d’une tragédie grecque. « Ce n’est pas... » une mauvaise blague. Son rejet définitif était, malheureusement pour eux, réel et sérieux. Il en avait assez de leur jeu du chat et de la souris qui n’avait que trop durer, qui leur avait causé plus de mal que de bien, au final. « Bax, s’il te plaît, ne... » pleure pas. Mais c’était trop tard. Son si joli visage était déjà maculé de sillons humides. La gorge nouée, Carson se laissa insulter sans chercher à se défendre. Il n’était pas un monstre, il n’avait jamais eu l’impression de l’être, néanmoins la conviction de son interlocuteur ne manqua pas de le faire douter sur ce point. Il en était peut-être un depuis toujours, à force de courir les coups d’un soir, de semer la désillusion sur son passage. Peut-être avait-il fait plus de mal autour de lui que ce qu’il croyait. Peut-être.

« Je ne me suis jamais servi de toi, Baxter ! » Il pouvait bien le traiter de tous les noms, de connard, d’abruti, de monstre, mais il n’avait pas le droit de songer une seule seconde qu’il avait manqué de sincérité à son égard. Il n’avait cessé d’apprécier sa compagnie, et ce même lorsqu’ils étaient en froid. Il tenait son visage, sa frêle silhouette, ses grands yeux clairs, trop en estime pour faire preuve d’hypocrisie à leur encontre. Il ne put que le suivre du regard lorsque le jeune britannique décida de prendre la poudre d’escampette, ayant certainement jugé qu’il avait suffisamment subi l’affront de son grands corps « monstrueux » dans son champ de vision. Il ne chercha pas à le retenir, ou à le convaincre de ne pas le haïr. Le mal était déjà fait. Il l’avait brisé à un niveau trop profond pour prétendre parvenir un jour à le réparer. Est-ce que Troy s’était senti aussi pitoyable le jour où sa tromperie avait été révélée ? Est-ce que Mr.Madden avait éprouvé tant de culpabilité à chaque fois qu’il avait traité son fils de moins-que-rien ? Le refus de s’engager de Carson le plaçait-il au même niveau que ces deux individus ? A cette minute précise, la réponse était positive. Toutefois, avec du recul, il apprendrait que ce n’était pas le cas. Son unique trahison avait été due au fait qu’il n’aimait que trop le corps de son compagnon, qu’il ne pouvait pas refuser à son organisme de désirer le sien. Il s’agissait d’un défaut de chair, pas une déception d’esprit. Haynes s’était montré stupide, lâche, primitif comme il l’avait si bien nommé. Paralysé au milieu de la cuisine, il n’eut que l’occasion d’entrapercevoir la silhouette de son chien qui partir se réfugier dans son panier, peu adepte des disputes d’êtres humains. Il n’avait pas bougé de son coin de la pièce lorsque Baxter refit son apparition après plusieurs minutes. La pensée de le savoir péter un câble dans sa chambre et renverser tous ses meubles lui traversa l’esprit, il fut rassuré de n’avoir entendu aucun bruit suspect durant son absence.

Il assista impuissant à la scène qui suivit, témoin lointain et muet de la décadence de la santé mentale de son ami. Il aurait préféré qu’il détruise la moitié de son mobilier, en réalité, cela aurait été plus facile à remplacer que l’intérieur de sa jolie caboche.
« Baxter... » Il sortit de sa torpeur et se rapprocha de lui. Ce ne fut qu’à cet instant qu’il discerna la forme, et ainsi la signification, de l’objet qu’il avait rapporté et dont il avait jeté le contenu dans l’évier. Il se mordit les joues quitte à sentir un goût de sang dans la bouche puis posa une main sur l’épaule nue de l’Anglais. Il était conscient qu’il allait se faire dégager pour ce simple contact, mais il souhaitait le faire réagir, lui rappeler qu’il existait, qu’il était là, dans la même pièce que lui. Pour son plus grand malheur, certes, sauf qu’il se trouvait toujours sous son toit, ce qui était un détail non négligeable. « Je sais que tu ne penses que du mal de moi à cette seconde précise, que tu m’en veux affreusement. » Et même s’il ne comprenait pas un tel déchaînement de violence sur son honnêteté, il l’acceptait. « Mais je suis le même type contre lequel tu t’es blotti il y a dix minutes. Je suis un monstre, ok, mais je suis un monstre qui t’apprécie et qui estime que tu es un homme merveilleux, et magnifique. Un monstre qui n’est pas fait pour toi. Un monstre qui tiendra toujours à toi. » Sa voix était empreinte d’une tristesse résolue. Il en avait assez de voir le reflet de sa propre inutilité dans les yeux de Baxter. « Par contre je ne peux pas te laisser croire que j’ai couché avec toi par intérêt, que je choisis de te dire ça aujourd’hui parce que j’ai tiré mon coup hier. Je suis ce mec d’habitude, d’accord, sauf que je ne l’ai jamais été avec toi. » Il avala sa salive dans un bruit de gorge et se mordilla la lèvre inférieure, sous l’effet de la nervosité. « Est-ce que je suis bon à jeter parce que je ne veux pas d’une romance avec toi ? Est-ce que c’est la seule utilité que j’ai à tes yeux ? Si je ne suis pas ton mec ou je ne sais quoi, je ne suis bon à rien ? » Si sa réponse s’avérait positive, et bien, ils n’avaient plus grand-chose à se dire.

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Baxter Madden
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MessageSujet: Re: What can I do now? 'Cause I need you back by my side.   Dim 16 Nov - 19:57

Durant la plus grande partie de sa vie, Baxter avait été rejeté, ignoré, insulté ou tout simplement rabaissé. Tout le monde trouvait un prétexte pour l'humilier à sa manière, visiblement il existait mille et une raisons le concernant. Enfant chétif et manquant cruellement de confiance en lui, il n'avait pas vécu que des bons moments à l'école de garçons dans laquelle ses parents l'avaient envoyé. Combien de moqueries avait-il reçu concernant ses jambes trop maigres ou ses oreilles, à l'inverse, trop larges ? Probablement un peu trop pour un individu aussi jeune car ces railleries avaient eu une grande importance dans son développement. L'évolution vers l'adolescence ne fut guère meilleure car dès l'âge de quatorze ans, le petit britannique avait offert sa virginité à un étudiant plus vieux que lui de plusieurs années. A la suite de cela, il développa une étrange tendance à se donner physiquement, et gratuitement, à des garçons sans réelle importance. A partir du moment où il se sentait désiré, voire beau, aux yeux de son interlocuteur, ce dernier devenait alors automatiquement une potentielle conquête charnelle. Ce mal-être ne remontait donc pas à hier et aujourd'hui encore, Baxter agissait de cette façon avec certaines personnes. Hormis son jeune frère, tous les hommes de sa vie semblaient destinés à le décevoir. L'image paternelle qu'il reçut ne fut pas l'exemple idéal pour un enfant. Bien qu'étant l'aîné de sa famille, il n'avait d'ailleurs jamais eu l'impression d'avoir été un enfant désiré, au final. Même si avec le temps il parvenait désormais à en rire, il associait son parcours personnel à l'histoire du vilain petit canard, sauf présentement il attendait toujours de retrouver sa famille de cygnes. Entre la haine de son père, les trahisons de Troy et les nombreuses déceptions au sujet de Carson,  il réalisait seulement maintenant pour quelle raison il s'était à ce point rapproché de sa mère au fil des années. La présence d'une mère dans un tableau d'une telle noirceur était primordial à son équilibre, et même si celui-ci ne s'avérait pas très stable, il lui devait sa survie. A l'image d'un gamin, il réclamait la compagnie de sa mère à l'instant présent, du moins d'une manière informulée. Ses bras fins et pâles, ainsi que sa douce voix, lui manquaient cruellement alors qu'il se trouvait sur le territoire américain depuis plus ou moins dix heures.

Comme paralysé sur place, le présent – désormais vide – lui échappa des mains et s'écrasa dans l'évier dans un bruit relativement discret. La main de Carson vint se poser sur son épaule et, curieusement, il n'eut aucune réaction précise, ni vive ni lente. Il demeura immobile, fixant la robinetterie d'un regard absent, sans vie.
« Si tu es le même type contre lequel je me suis blotti il y a dix minutes, alors je me suis trompé sur ta personne depuis tout ce temps, » renifla-t-il d'une voix faible, à peine audible. Il prétendait être un monstre, pour reprendre ses mots, qui n'était pas fait pour lui. Étant donné le contenu de son discours, ses paroles résultaient d'une grande et longue réflexion, il ne disait pas cela dans le vent, autour d'un café. Alors il trouvait cela davantage malsain et tordu d'avoir osé coucher avec lui, tout en sachant que rien n'était possible entre eux. De ce fait, il avait bien du mal à accorder de la valeur à certaines de ses paroles destinées à défendre sa propre cause, comme si, au final, c'était Baxter l'unique responsable dans le cas présent. Sa succession de questions le rendit pour le moins perplexe. « Tu es sérieux là ? » s’insurgea-t-il presque. « Tu crois vraiment que le statut de petit ami est la seule chose que j'attends et j'exige de ta part ? » Il fronça les sourcils dans une grimace. « Tu ne t'es jamais dit que, peut-être, mon entêtement était dû à des sentiments sincères ? Ça me semble pourtant évident que je t'aime toi, dans ton ensemble. Je ne recherche pas quelque chose de matériel, je ne veux pas t'utiliser. Connais-tu simplement la définition du terme compagnon ? » Il était presque choqué de l'entendre lui demander une chose pareille. Souhaitait-il vraiment lui faire porter le chapeau de tout leur malheur ? Il inspira profondément avant de reculer de plusieurs mètres, pour mieux faire ensuite les cent pas à travers la cuisine.

Il passa les doigts de ses deux mains sous ses yeux cernés pour essuyer les larmes qui y était stockées depuis quelques minutes maintenant et qui l'empêchaient de voir correctement.
« As-tu seulement conscience du fait que je sois revenu à Chicago pour toi ? » Ici, il n'avait strictement rien, personne, si ce n'était l'amas de mauvais souvenirs. Certes n'avait-il rien d'autre de l'autre côté de l'océan mais ses proches y vivaient et même s'il n'avait le soutien que de deux personnes, il n'était pas seul. « Regarde ce que je suis devenu, Carson, » commença-t-il en levant ses bras maigres et en écartant ses fines jambes mises à nu. Il était plus perdu que jamais, n'avait plus aucun repère et ne savait plus quoi faire de son existence. « Est-ce que j'ai l'air d'aller bien d'après toi ? » Question purement rhétorique. « J'avais besoin de retrouver mon confident, mon protecteur. J'avais besoin de toi. » Mais il l'avait clairement abandonné. Et ce matin, ce choix de la part du professeur de sciences lui semblait impossible à accepter. Il n'avait pas parcouru autant de miles pour se confronter à une porte fermée. Si le calme était temporairement revenu, il se remit alors à pleurer, silencieusement, fragilisé à l'extrême. « Je te déteste, Carson, pour tout ce que tu es et tout ce que tu représentes à mes yeux. » Sa voix tremblait sous l'émotion. Il dut se frotter le nez et déglutir bruyamment pour parvenir à reprendre la parole. « Tu étais mon meilleur ami, » conclut-il tristement pour en revenir à ses précédentes accusations concernant sa prétendue utilité à ses yeux. Se passant une main fébrile dans les cheveux, il s'humidifia nerveusement les lèvres tandis qu'il quittait la pièce à grandes enjambées pour retourner, contre son gré, dans la chambre du fond pour rassembler ses affaires. Sauf que Nefertiti se plaça en travers de sa route dans le couloir. Par conséquent, il s'arrêta pour la prendre dans ses bras. « Je suis désolé de te faire endurer tous ces changements, ma belle. On finira bien par trouver un foyer pour nous, je le sais. » L'animal ne comprenait pas un traître mot de ce qu'il racontait mais c'était aussi une manière personnelle de se rassurer sur le sujet.

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Carson Haynes
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MessageSujet: Re: What can I do now? 'Cause I need you back by my side.   Dim 23 Nov - 17:24

Il aurait pu lui dire, et il l’avait sans doute fait, depuis longtemps qu’il s’était trompé sur son compte. Baxter s’était peint un portrait de lui qui n’était erroné, il l’avait placé sur un piédestal alors qu’il ne méritait guère d’être traité comme un être spécial, qui méritait d’être courtisé et admiré. Il était un homme basique, avec sa tonne de défauts, tempérés par quelques qualités qui le rendait, justement, humain. Peut-être avait-il trop exhibé ces dernières auprès de son jeune ami ? Il lui avait offert une fausse image de celui qu’il était au fond, il n’était pas digne de parcourir plus de sept milles kilomètres à travers l’océan en avion. Et si l’anglais avait daigné l’écouter ne serait-ce qu’une fois, il s’en serait rendu compte et serait resté auprès des siens au lieu d’avoir son cœur brisé dans un nouvel acte qui jouait en sa défaveur. Carson détestait se savoir à l’origine de la mine déconfite sur ses si jolis traits, il aurait aimé retourner le temps et ne pas le toucher cette nuit-là, pour ne pas se sentir en faute comme à cette seconde précise. Il en avait plus qu’assez de cette perpétuelle douleur dans sa poitrine, celle qui s’était installée un peu plus d’un mois plus tôt et qui devait s’être transformée en ulcère à l’estomac depuis le temps. « Je ne sais pas, non ! » Il n’explosa pas. Là où dans un tout autre contexte, avec un état d’esprit différent, il aurait presque renversé les meubles autour, il conserva un visage fermé et une expression neutre, quoique attristée. « J’ignore ce que tu attends de moi, j’ignore ce qu’est la vie de couple. Et pour tout te dire, j’ai d’autres choses à penser en ce moment. » Des merdes, il en avait suffisamment collectées sans, en plus, devoir gérer les amourettes de Baxter. Il s’estimait trop vieux pour être le béguin d’un homme, il ne savait pas comment réagir face à ses avances, même après tout ce temps passé à ses côtés. Ses yeux le suivirent tandis qu’il tournait dans l’étroite pièce tel un lion en cage. « Je commence à m’en rendre compte, oui, mais je ne comprends pas ce qui t’a poussé à faire une chose pareille ! » S'il en avait discuté avec lui, lors de leurs rares discussions par messagerie électronique, il l'aurait convaincu de ne pas faire une telle bêtise.

Le reste des répliques de son interlocuteur lui coupèrent la chique et il ne put que le fixer, interdit, la bouche entrouverte. Non, il n’avait pas l’air d’aller bien. Il était rachitique et ses cernes pouvaient le faire entrer en concurrence avec Jack Skellington. Le Carson d’autrefois était toujours là, celui qui l’avait fait rire dans le passé, avec qui il avait passé du bon temps, dans un lit ou ailleurs. Il n’avait tout simplement pas évolué dans son sens, il était encore incapable de lui prodiguer sa relation de couple tant recherchée. Il secoua la tête face à son coup final, le plus brutal. Il avait utilisé le passé révolu pour qualifier leur amitié, alors que rien n’avait changé pour l’Américain, qui le considérait comme l’homme le plus important de sa vie, liens familiaux mis à part. Il n’avait pu imaginer une existence sans qu’il en fasse partie, même lorsqu’il se trouvait à des milliers de miles de là, et il ne pouvait toujours pas envisager un quotidien sans lui, même de loin, dans son champ de vision. Ils avaient trop vécu, s’étaient trop apporté en tant qu’individus, pour voir leurs chemins se séparer maintenant. Au fond de lui, Carson était persuadé qu’il n’y avait besoin que d’une étincelle pour leur permettre de retrouver leur complicité d’antan, mais peut-être n’était-ce là qu’un délire malsain lié à son optimisme perdu depuis un peu trop longtemps. Il n’avait tellement pas envie de perdre Baxter qu’il se rattachait à un univers alternatif, utopique, dans lequel ils mettraient leurs différends de côté et réapprendraient à s’apprécier pour ce qu’ils étaient, et non ce qu’ils espéraient l’un de l’autre. Carson n’était pas un homme à marier, Baxter n’était pas qu’une amitié améliorée dont il pouvait disposer à sa guise. Ils étaient tout en nuances et le plus tôt ils s’en rendraient compte à nouveau, le plus tôt ils pourraient redémarrer sur de bonnes bases. C’était ça, ou alors ils se disaient adieu pour de bon, cette fois.

Le maître des lieux demeura un petit moment seul dans la cuisine après le départ de Baxter, pour lui laisser son espace nécessaire, mais aussi pour réfléchir à ce qui venait d’être partagé. Il se sentait déplorable, merdique, inutile, après ces déclarations, et pourtant, quelque part, une petite voix lui intimait qu’il avait encore un rôle important à jouer dans la vie de son ami venu du vieux continent. Il sortit de la pièce au moment où il entendit la discussion avec Nefertiti et se rapprocha de lui, cette fois en conservant une distance de sécurité pour ne pas envahir l’espace vital du petit brun. Il déglutit bruyamment et passa une main sous ses yeux humides d’émotion avant de se racler la gorge pour capter son attention.
« Reste ici... Je veux dire, tu peux rester ici, le temps de récupérer ton appartement. » Ces procédures prenaient du temps, quand un autre locataire était présent dans votre logement, il ne pouvait pas le mettre dehors du jour au lendemain. « Quoique tu décides à présent, que tu ne veuilles plus jamais me voir ou que tu acceptes de vivre sous mon toit en attendant, je veux que tu saches que je serai toujours là pour toi. Si je ne peux plus prétendre au titre de meilleur ami, laisse-moi au moins être un ami. » Il aurait le cœur brisé d’être relégué au rang de simple connaissance ou, pire, d’ex-futur petit ami. Il tenait à garder un œil sur Baxter, au moins jusqu’à ce que ce dernier retombât sur ses pattes, il voulait le voir se refaire, redevenir l’individu flamboyant et apprécié de tous qu’il était autrefois. Il souhaitait plus que tout récupérer le Baxter qu’il avait aidé à détruire, sans jamais le vouloir.

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Baxter Madden
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MessageSujet: Re: What can I do now? 'Cause I need you back by my side.   Dim 23 Nov - 19:30

Le calme semblait partiellement revenu dans la petite maison de ce quartier résidentiel de Chicago. Les cris avaient cessé, les sanglots s'étaient arrêtés, seuls quelques larmes inondaient encore le visage pâle de Baxter mais d'ici une bonne heure, ses joues seraient définitivement sèches. Son court séjour à Londres n'avait pas été de tout repos pour le petit britannique, là-bas aussi il avait déversé son lot personnel de liquide lacrymal, presque toute la réserve d'ailleurs. Pleurer le fatiguait désormais plus qu'autre chose, il était véritablement épuisé par sa propre tristesse. Une situation qui l'handicapait grandement étant donné qu'il peinait cruellement à se remettre debout pour de bon. Des phases difficiles, il en avait traversé des dizaines au cours de sa vie. Chaque fois il avait su rebondir, certes à sa façon, mais il s'était relevé, non sans garder de nombreuses séquelles. Par conséquent, plus les années passaient et plus facilement il se retrouvait emprisonné dans la spirale infernale de sa dépression chronique qui, vraisemblablement, ne voulait plus le quitter. Sa tête représentait un espace ambigu où les tourments en tout genre donnaient l'impression de se plaire. Malgré une fragilité certaine, beaucoup de personnes – surtout des proches – s'accordaient à dire que le jeune enseignant possédait une volonté de fer et un mental d'acier, qui certes s'effritait rapidement mais qui savait toujours se régénérer avec le temps. En revenant à Chicago, Baxter Madden souffrait déjà d'une forme avancée de détresse affective en plus de troubles de la personnalité. Bien amoché et très certainement en pièces détachées, recollées grossièrement pour faire bonne figure le moment venu, son ami n'avait fait qu’aggraver son cas en choisissant d'adopter un comportement radical avec lui au lieu d'utiliser la douceur et la patience. Comme à son habitude, Carson avait lâché des paroles malheureuses, soufflant les mots tels qu'ils lui apparaissaient dans son esprit, sans chercher à les modeler de manière à ne pas froisser son invité. Il n'y avait pas que l'amour qui l'avait poussé à remettre les pieds dans cette ville qu'il n'était plus certain d'apprécier. Comme il venait de le dire, il avait besoin d'un ami, d'une présence réconfortante. Il pensait trouver ici de l'aide et un appui amical, mais c'était tout autre chose qu'il avait récolté. Son ultime chance de parvenir à retrouver un semblant d'équilibre se tenait juste devant lui et mesurait approximativement un mètre quatre-vingt-onze. Le professeur de sciences répétait ignorer ce qu'il attendait de lui, pourtant il s'agissait d'une chose accessible, qu'il ne jugeait pas impossible. Lorsqu'il s'était imaginé ces retrouvailles, Carson devait le réconforter et le rassurer sur le fait qu'il n'était pas un raté et qu'il avait encore le temps de trouver un but à son existence. Il n'avait obtenu rien de tout cela si ce n'était une bonne gifle, de toute évidence bien méritée, à en juger par la distance qu'il plaçait entre eux avec une facilité déconcertante. C'était d'ailleurs ce qui le faisait le plus souffrir dans le fond, de voir à quel point son ancien collègue était sûr de lui, de son discours et de ses désirs quant à leur avenir.

« Et pour tout te dire, j'ai d'autres choses à penser en ce moment. » Cette partie de sa réponse passait en boucle dans sa petite caboche tandis qu'il caressait machinalement le dos de sa chatte. Bien sûr, il pouvait parfaitement comprendre que Carson puisse traverser des événements compliqués lui aussi, ils étaient tous les deux humains après tout, mais il avait une manière de dire les choses tellement déplaisante qu'au final Baxter ne pouvait s'empêcher de lui en vouloir personnellement en retenant uniquement la partie susceptible de le concerner lui.
« Je n'ai pas le choix, » répondit-il simplement en se tournant vers le propriétaire des lieux qui l'avait rejoint dans le couloir. « Je me dégoûte mais je n'ai pas le choix, » répéta-t-il à nouveau. Il n'avait aucune estime de lui-même, ce n'était pas nouveau, mais ce matin il en avait pleinement conscience et ça le détruisait davantage. Il n'avait nulle part d'autre où aller, il n'avait personne. Revenir en Amérique constituait son plan B, hélas pour lui il n'en possédait pas un C. Il avait vraiment cru en ces retrouvailles et c'était là sa principale faute. « Je sais que tu veux bien faire, que tu penses bien faire même, en me disant tout ça, mais s'il te plaît... » commença-t-il avant de s'interrompre pour déposer Néfertiti au sol. « C'est trop tôt, pour me demander ça. » S'il tenait autrefois leur amitié en haute estime, il ne savait désormais plus quoi en penser, sa tristesse l'ayant vidé de toutes émotions. « Je te remercie de m'offrir un toit le temps d'arranger ma situation, » souffla-t-il en pressant le plat de ses paumes contre l'arrière de sa nuque, nerveux. « Je promets de me faire discret et de disparaître le plus rapidement possible. Tu ne sauras même pas que je suis là, je me ferai invisible. Tu pourras bientôt récupérer tes habitudes et mener à nouveau le quotidien que tu avais avant que je te dérange. » Sa voix était calme, posée, mais il était facile de percevoir son désarroi. « Si tu le permets, je vais aller me doucher maintenant. » Depuis que Carson était réapparu dans son champs de vision, il n'avait pas une seule fois relevé ses grands yeux humides vers lui, affaibli comme un animal puni et soumis. Son pathétisme crevait le plafond et battait des records jamais atteints avant cela. Il se sentait aussi insignifiant qu'une vulgaire larve traversant une chaussée, bientôt écrasée par le prochain véhicule qui arriverait. « Ne fais pas attention à moi, » ajouta-t-il dans un murmure. « Ne t'embête pas à savoir si j'ai mangé ou non, je me débrouillerai... » En faisant probablement la grève de la faim. Pinçant les lèvres, il tourna les talons et rejoignit la chambre de l'enseignant pour récupérer des vêtements propres avant d'aller s'enfermer dans la salle de bain. Après une longue douche bouillante, il sera en mesure de déplacer ses affaires dans le salon, son domicile temporaire. Et seulement après cela, il se donnera la force nécessaire de cohabiter avec un homme qu'il n'arrivait plus à regarder dans les yeux. Persuadé que tout ceci était une mauvaise idée, l'échec de cette tentative hasardeuse était certain. La situation serait probablement différente s'il possédait un minimum d'espace vital personnel, or il était contraint de partager une pièce dans laquelle il était possible de vivre la journée comme la nuit.

[TOPIC TERMINE]

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