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 I need you, don't say no.

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Baxter Madden
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MessageSujet: I need you, don't say no.   Sam 3 Jan - 21:09


I hate that I made you think that the trust we had is broken. So tell me you can forgive me 'cause nobody's perfect.


Il était revenu à Chicago depuis de longues semaines à présent et les choses semblaient s'accélérer pour lui seulement maintenant. Le temps avait été long, très long, le parcours fut extrêmement laborieux aux yeux du petit britannique, mais il pensait être venu à bout de sa propre spirale infernale. Son quotidien n'était plus aussi morbide qu'avant, certes conservait-il cette part de tristesse qu'il ne parvenait toujours pas à effacer mais il apprenait progressivement à avancer, ou du moins à vivre avec sans pleurer chaque fois qu'il se mettait au lit. On pouvait donc dire que sa situation s'était nettement améliorée dernièrement. La tempête avait finalement cessé et les nuages se dispersaient peu à peu. Le bleu éclatant d'un ciel totalement dégagé n'était pas encore pour demain mais il se dirigeait dans la bonne direction, enfin ça en avait tout l'air, d'après les dires de son psychologue. Il suivait toujours un traitement médicamenteux mais beaucoup plus léger qu'à son arrivée et il espérait bientôt pouvoir s'en débarrasser complètement. Il possédait un toit sous lequel vivre, ses animaux étaient tous les deux en bonne santé, il n'allait pas trop mal de ce point de vue là non plus, physiquement en tout cas, et il avait récemment récupéré son ancien poste au lycée. La rentrée scolaire était déjà passée, il avait comme l'impression d'être un élève retardataire qui revenait de vacances un peu trop tard et se faisait accompagner par ses parents pour justifier son absence. Même s'il n'avait lui-même pas un retard trop grand, tout lui paraissait différent, les gens, les étudiants, le bâtiment, les odeurs. Il lui semblait difficile de s'intégrer dans un milieu où tout le monde avait déjà trouvé sa place. Il était déjà passé par cette étape l'année dernière, étant alors véritablement un petit nouveau, mais il avait été présent le jour J. La crainte de ne pas être le bienvenu ici grandit en lui à mesure que le temps passait, pour rien car au final il y eut plus de peur que de mal. La matinée s'écoula sans grande difficulté, ses classes n'étaient pas plus déplaisantes que l'an passé, il croisa d'ailleurs d'anciens élèves à lui dans les couloirs, ainsi que des professeurs avec qui il avait pu sympathiser. Son chouchou demeurait encore à ce jour Carson mais, à l'inverse du professeur de sciences, il n'était pas d'une nature solitaire et aimait s'entourer de ses collègues, sans pour autant les considérer comme de bons amis. Sans doute aurait-il pu faire de belles rencontres sur son lieu de travail mais son amitié ambiguë avec le grand échalas avait occupé tout son temps et surtout toute son énergie à l'époque. Il n'avait alors plus de temps à accorder aux autres. Son attention avait particulièrement été accordée au bel enseignant et à dire vrai, il ne regrettait absolument pas ses choix personnels. Certes en avait-il bavé l'année dernière mais cela ne changeait pas vraiment de d'habitude. Chaque année avait son petit lot de malheurs dans la vie de Baxter Madden.

Si la situation avait longtemps été compliquée entre lui et Carson, aujourd'hui le temps leur avait été favorable et les avait aidé à recoller les morceaux de leur relation brisée. Cela n'avait pas été simple mais il était tout bonnement heureux et content de pouvoir sortir à nouveau avec lui, de discuter de tout et de rien, de le regarder dans les yeux, de le sentir, de le toucher, sans penser au flot de sentiments qu'il possédait à son égard ni à la peine qui allait de paire avec. Il agissait enfin en adulte responsable et mature, ce que son 'compagnon' lui avait toujours reproché de ne pas être, justement. Après lui avoir longuement reproché son comportement, ses réactions excessives, et avant tout son amour pour lui, le jeune homme semblait avoir perdu cet halo de négativité, voire d'agressivité, qu'il traînait constamment derrière lui chaque fois que Baxter s'adressait à lui. Ils avaient finalement trouvé un terrain d'entente qui, très certainement, devait davantage contenter Carson car ce dernier avait toujours souhaité n'être qu'un ami pour lui, un ami particulier, oui, mais pas plus que ça. En somme, il acceptait de perdre définitivement la manche contre lui – ou contre l'amour – et lui donnait ce qu'il désirait depuis le départ, une très bonne amitié. Raison pour laquelle il ne l'avait pas mis au courant de son retour au lycée. Il devait s'agir d'une surprise mais cette dernière était compromise. Pourtant, il était parvenu à l'éviter toute la matinée, se faisant le plus discret possible même lorsqu'il se rendait aux toilettes. Mais pendant la pause-déjeuner du midi, il eut le malheur de se montrer moins vigilent en prenant le temps de discuter avec un nouveau professeur, qui partageait la même matière que Carson, devant la salle qui leur était réservée.
« Oh, elle est adorable ! » s'exclama le professeur de mathématiques, penché sur le portable de son collègue qui lui montrait les dernières photos de son chaton alors qu'à seulement quelques mètres de là, Carson les observait.

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Carson Haynes
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MessageSujet: Re: I need you, don't say no.   Dim 4 Jan - 14:29

Les vacances avaient été un véritable fiasco pour Carson, et encore, il s’agissait là d’un bel euphémisme. S’il aurait été de bon ton pour lui d’apprécier la vie et le cadeau offert en la naissance de sa nièce durant ce laps de temps, il n’en avait rien été et il avait choisi de s’enfermer dans un semi-coma pendant les quelques mois de congés pourtant mérités après une longue année scolaire. Fort heureusement, il avait connu un déclic en temps et en heure et désormais, la rentrée arrivée, il avait sorti sa tête de l’eau et retrouvé sa personnalité imbuvable mais au combien positive comme lors des premiers jours de l’année précédente.  Le renouveau dans sa vie avait coïncidé avec le départ de Baxter de sous son toit et il s’en voulait encore aujourd’hui terriblement d’avoir ressenti autant de soulagement lorsqu’il l’avait quitté. Il répugnait l’idée selon laquelle ils étaient toxiques l’un pour l’autre, que leur présence leur était réciproquement intolérable. L’amitié du Britannique tenait une place importante dans son existence et dans son esprit, il refusait de tirer un trait sur lui. La séparation leur avait toutefois été bénéfique puisque, depuis peu, ils avaient renoué contact et pouvait désormais passer du temps ensemble sans voir la soirée se finir sous les pleurs ou les engueulades. Leur relation avait repris du poil de la bête, ce qui les aidait sans doute beaucoup à retrouver le sourire, chacun de son côté mais également grâce à la présence de l’autre. En tout cas, tel était le cas pour Carson qui appréciait chaque instant passé en compagnie du jeune Madden. Peut-être parfois un peu trop, il n’avait pas encore fait le deuil de ce désir constant qu’il éprouvait dès qu’il se trouvait dans sa promiscuité. Cependant, il y travaillait. Les éclats de rire du joli brun étaient bien trop importants pour les gâcher à cause d’un béguin mal placé. Tous deux valaient mieux que cela. Enfin, Baxter, au moins. Haynes était un cas désespéré, cela n’était un secret pour personne. Surtout pas pour lui-même. Il soupçonnait également sa sœur, ainsi que son ancien collègue, de posséder un avis identique sur la question. Carson Haynes n’était pas fait pour aimer et être aimé en retour, c’était aussi simple que cela. Il méritait des coups d’un soir jusqu’à ce que sa libido s’éteigne avec son grand âge. Triste réalité, peut-être, mais à partir du moment où il avait la santé, et bien, ce n’était pas un avenir si sombre.

« Pourquoi tu es venu aussi tôt, Haynes ? Tu as oublié que tu ne pouvais plus prendre ta classe de Freshman à cette heure ? » Carson grimaça au ton un peu trop victorieux employé par son collègue, mais réalisa à ce moment seulement son erreur. Il avait modifié son emploi du temps quelques semaines plus tôt pour permettre à sa classe de terminer les cours plus tôt, puisque leur enseignant de mathématiques avait donné sa démission et la proviseure n’avait pas trouvé de remplaçant. Sauf qu’une nouvelle tête avait débarqué plusieurs jours plus tôt et il entrait en poste ce jour. Il s’était par conséquent levé un lundi matin pour rien, alors qu’il aurait pu arriver au lycée deux heures et demi plus tard. Ce petit nouveau ne commençait donc pas sous de bons auspices, tout du moins aux yeux de Carson. Certes, il n’avait pas entièrement perdu sa matinée puisqu’il en avait profité pour préparer ses travaux pratiques de la semaine, ainsi qu’un contrôle surprise pour la classe en question, juste histoire de se venger de ce pour quoi ils n’étaient pas coupables. Par principe. La sonnerie sonna midi et il attendit que les élèves eussent déserté les couloirs pour se rendre dans la salle des professeurs, pour déposer quelques affaires avant d’aller manger au réfectoire. Il fut interrompu dans sa marche par une voix bien trop familière pour ne pas être entendue. « Qu’est-ce que... » marmonna-t-il, sourcils froncés, devant la silhouette de Baxter, son Baxter, en pleine conversation avec l’un de ses collègues, professeur de sciences. Il ne s’immisça pas entre eux, au contraire, il fut prêt à tourner les talons et se rendre directement à la cantine mais le plus jeune releva la tête dans sa direction et l’appela. Fuite ratée. « Salut, Steven. » Il esquissa un sourire crispé et ouvrit la bouche pour saluer le troisième larron mais n’en eut pas le temps. « Hé, Carson, je ne suis plus le dernier arrivé, » s’exclama l’enseignant en posant une main sur l’épaule du petit brun. « Je te présente... » Le grand échalas se racla la gorge dans un hochement de tête. « Baxter Madden. Je connais. Il n’est pas exactement nouveau ici, tu sais... » Steven ouvrit la bouche en un O de surprise et les regarda tour à tout, avant de se fendre d’un sourire timide. « Je ne savais pas, non... » Carson répondit à son sourire avec un haussement d’épaules et une expression beaucoup moins négative qu’il n’en avait l’habitude mais reporta bien vite son attention sur son ami. « Je n’étais pas au courant que tu étais de retour, » essaya-t-il d’articuler sans animosité, jouant la carte de l’étonnement alors qu’au fond, il se sentait plutôt trahi. Ils s'étaient vus moins d'une semaine auparavant et il avait préféré garder cette nouvelle secrète. Il ne comprenait pas.

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MessageSujet: Re: I need you, don't say no.   Dim 4 Jan - 20:26

Il était agréable de retrouver une activité professionnelle, de se sentir utile à la société, ou tout du moins aux élèves du lycée, pour commencer. Son passage express au Costa Coffee ne devait être que temporaire, ce qui n'aurait peut-être pas été le cas si l'un de ses collègues ne l'avait pas pistonné pour récupérer son ancien poste d'enseignant. Apprendre les mathématiques n'était définitivement pas sa grande vocation dans la vie, mais il maîtrisait parfaitement sa matière et estimait être un bon professeur, cela payait les factures et le loyer donc il n'avait pas hésité un seul instant après avoir obtenu l'aval de la principale. Vendre des cafés le matin comme l'après-midi avait bousculé son quotidien banal et routinier mais ce job promettait de véritablement le remettre en selle. Il avait besoin de ça pour avancer. Tout d'abord, il avait pu récupérer son joli petit appartement et maintenant il reprenait sa place dans l'établissement. C'était inespéré après toutes les péripéties par lesquelles il était tristement passé. La chance finissait-elle par lui sourire ? Il l'espérait grandement. Pouvoir prendre des vacances de sa dépression, c'était tout ce qu'il souhaitait à l'heure actuelle. Revoir tous ces visages appréciés, ou non, l'aidait à se sociabiliser à nouveau, ce qui semblait important aux yeux de son psychologue. Il devait retrouver un semblant d'équilibre et reprendre ses anciennes habitudes ne demandait pas trop d'efforts, la peur de l'inconnu en moins, la rentrée s'annonçait nettement moins effrayante. Bon nombre de ses élèves le dépassaient de plusieurs têtes et curieusement, ça le rassurait. Il se sentait bien ici. Pourtant, ce genre d'établissement public était bien loin des écoles privées qu'il avait pu connaître en Angleterre. C'était à Chicago qu'il avait éprouvé ses plus grandes peines sentimentales mais c'était aussi ici qu'il avait rencontré l'Amour. Il en voulait cruellement à toute cette souffrance causée entre Carson et lui mais il refusait de regretter leur rencontre. Ils s'étaient peut-être battus l'un contre l'autre à maintes reprises mais le destin, jusque là en tout cas, faisait toujours en sorte de les réunir à nouveau. Y avait-il un message subliminal à comprendre ? Si le dernier rejet de son ami ne lui avait pas autant fait de mal, sans doute se serait-il penché sur la question, mais leur dernière grosse querelle lui avait ôté tout espoir. De ce fait, il avait en parallèle cessé de lire entre des lignes imaginaires, le professeur de sciences lui avait plusieurs fois demandé d'arrêter de se faire de fausses idées les concernant. Ce dernier était gagnant sur toute la ligne. Baxter ne le collait plus comme avant, il avait arrêté de le harceler, il ne cherchait plus à lui donner des ultimatums, il ne parlait plus de sentiments – les gardant par conséquent pour lui – et lui donnait la simple amitié tant espérée depuis un an maintenant. Que demander de plus ? Il devait être aux anges à présent.

N'ayant pas remarqué la présence de Carson dans le couloir, il fut bien entendu déçu de l'entendre s'approcher d'eux. Sa surprise venait de tomber à l'eau et cela se lisait clairement sur l'expression de son visage. Il ne possédait déjà pas énormément de couleurs à la base et son teint vira au blanc livide.
« Je n'ai pas eu le temps de te dire que j'étais déjà là l'année dernière, » répondit-il à Steven avec un large sourire. Celui-ci s'apprêtait à ranger son téléphone portable mais ce dernier se mit à vibrer et à sonner. « On se voit plus tard, » leur dit-il en s'éloignant pour répondre à son coup de fil. Soufflant fortement par les narines, Baxter se tourna vers son collègue et esquissa un sourire timide. « Hey... » murmura-t-il inutilement. Mais comme ils ne se retrouvaient plus qu'à deux, il éprouvait le besoin de se montrer plus complice avec lui. « Je suis désolé de ne pas t'avoir prévenu... » Il se sentait véritablement gêné à cette seconde précise. « Ce devait être une surprise, en fait. » Il se décala légèrement pour ne pas bloquer l'accès à la salle des professeurs. « J'avais déjà tout prévu. Je devais attendre ta dernière heure de cours pour venir te surprendre dans ta classe. » Ou il s'était imaginé arriver derrière lui pour lui bondir sur le dos sans s'annoncer au préalable. Mais il était impossible pour eux de se comporter de cette manière entre les murs du lycée. « Tu m'en veux ? » demanda-t-il avec une petite moue enfantine, lèvres retroussées. Cette rentrée scolaire n'avait rien en commun avec celle de l'an passé. Même sa tenue vestimentaire était complètement différente. Il avait opté pour un t-shirt classique gris dissimulé sous un pull noir avec un jean slim de la même couleur. Des habits décontractés comparés à ses costumes ou gilets habituels. Mais de cette manière il passait davantage inaperçu ou alors ressemblait-il à un cambrioleur.

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Carson Haynes
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MessageSujet: Re: I need you, don't say no.   Dim 4 Jan - 23:26

Plusieurs fois Carson avait demandé à Baxter s’il comptait garder son poste au sein du café dans lequel il travaillait, et qui était très sympathique mais trop en deçà de ses capacités. Il n’avait absolument aucun grief contre les serveurs, cependant il connaissait son ami, et il trouvait qu’il valait mieux qu’un job qui convenait, au final, plus aux étudiants qu’aux trentenaires diplômés. Cependant, le jeune Madden semblait apprécier son occupation et puisqu’il avait le sourire à chaque fois qu’il mentionnait son cher petit café, Carson n’avait pas cherché à l’imaginer le quitter. Encore moins pour retourner travailler au lycée. Alors le surprendre en pleine discussion au détour d’un couloir, sans y avoir été préparé au préalable, constituait un choc non négligeable. Il pensait valoir un peu plus que cela. Son regard clair passa de Baxter à Steven, comme si ce dernier avait pu changer de bord au simple contact du professeur de mathématiques et qu’il s’était transformé en rival potentiel pour l’affection du jeune Anglais. Réflexion idiote, puisque lui-même ne pouvait plus y prétendre, pas de manière romantique, en tout cas. Et en y songeant bien, le dernier arrivé au lycée public de Chicago était un cœur déjà pris, par une charmante demoiselle, donc il n’avait pas de souci à se faire de ce côté-là. Il ne vivrait pas un Tom numéro deux cette année, pas avec l’équipe actuelle qui composait le corps enseignant. Sauf si d’autres professeurs décidaient de tester les talents du jeune homme, ou que celui-ci estimait en avoir eu assez des hommes et qu’il retentait sa chance auprès de la gent féminine. Cela ne regardait que lui, songea Carson, honteux de se faire autant d’idées sur l’état sentimental de son ami ; il avait perdu l’occasion de faire partie de sa vie amoureuse alors qu’il lui avait lancé maintes perches, il devait arrêter de s’imaginer qu’il avait son mot à dire sur la question. Ce n’était pas le cas. Ça ne le serait plus jamais. Il suivit Steven des yeux lorsqu’il s’éloigna pour prendre sa communication téléphonique, dans un sentiment de frustration parce qu’il se sentait de trop. Il était arrivé comme un cheveu sur la soupe, les avait interrompus, et maintenant ils partaient chacun de leur côté. Le Carson d’autrefois aurait apprécié la situation, mais plus maintenant. Baxter avait le droit de respirer dans ce bahut sans lui. Cela lui était même préconisé.

Il se mordillait nerveusement l’intérieur des joues quand Baxter attira son attention après le départ de leur collègue. Malgré son étrange humeur, il esquissa un fin sourire lorsqu’il posa son regard sur lui. Il l’écouta en clignant lentement des paupières, sans prêter attention aux entrées et sorties en provenance de la salle des professeurs, juste à côté d’eux.
« Tu comptais sur mon côté asocial pour que je reste enfermé dans ma salle toute la journée ? » s’étonna-t-il, non sans une pointe d’amusement dans la voix. Baxter connaissait bien le tempérament de Carson sur son lieu de travail, cependant ce dernier n’était pas qu’un dragon constamment tapi dans l’obscurité de sa salle de classe. Il prenait l’air, de temps en temps. « Bien sûr que non, je ne t’en veux pas, » le rassura-t-il dans un haussement d’épaules. C’était à son tour d’être embarrassé par son comportement et l’intonation un peu froide avec laquelle il s’était adressé à lui. Il n’y pouvait pas grand-chose, il n’était pas friand des surprises. Il le dévisagea plusieurs secondes, ne détournant la tête qu’au moment où un collègue passa la porte et, reconnaissant Baxter, vint les interrompre le temps de le saluer. Carson resta en retrait et ne retrouva son sourire qu’une fois leur « intimité » récupérée. « Je suis très heureux d’apprendre que tu reviens enfin parmi nous. » Maintenant que leur relation était repartie sur de meilleures rails, ils pourraient redevenir les meilleurs amis et collègues qu’ils avaient été la majeure partie de l’année scolaire précédente. La normalité leur revenait peu à peu. Et Carson aimait la normalité ; elle lui confiait un sentiment de sécurité, et il en avait besoin plus que jamais après l’horrible dernier mois qui s’était écoulé et avait failli lui coûter sa santé mentale. « Tu avais prévu de déjeuner avec quelqu’un ? Ou bien tu m’autorises à t’inviter à la cantine même si j’ai fait foirer ta grande surprise du jour ? » Il ne parvenait pas à détacher son regard de l’agréable visage de son ami, ni de se défaire de ce sourire idiot qui semblait avoir pris possession de ses traits, et qui l’adoucissait. Ce qui n’arrivait jamais lorsqu’il se trouvait dans l’enceinte de l’établissement scolaire.

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MessageSujet: Re: I need you, don't say no.   Lun 5 Jan - 19:11

Baxter n'apprenait jamais de ses erreurs, c'était bien connu. Les hommes, l'être humain en lui-même, tous lui avaient un jour causé du tort. Mais chaque fois, il revenait inexorablement vers ses bourreaux. Ils n'avaient certes pas été si nombreux que ça mais il répétait ses fautes comme s'il ne retenait pas la leçon. Quand Troy l'avait trompé, une fois, deux fois, trois fois, un nombre incalculable de fois, il était tout de même resté en couple avec lui. Même après de longs mois de séparation, il avait accepté ses excuses et avait donné une énième chance à leur histoire. Pour peu qu'on lui prêtait attention, Baxter cessait d'être compliqué ou difficile et se contentait de ce qu'on pouvait lui offrir. C'était lamentable, bas et surtout très triste, pour lui. L'estime de sa personne qu'il possédait ne volait pas bien haut, il n'avait d'ailleurs jamais décollé à dire vrai. A maintes reprises, Carson lui avait renvoyé son amour en pleine face, pas toujours avec délicatesse. Malgré les nombreux râteaux de ce dernier, il n'avait jamais cessé de l'aimer, pas une seule fois. Sa déception et sa colère n'avaient pas altéré les sentiments qu'il éprouvait à son égard, même lors de leurs disputes répétitives. Récemment, il avait accepté l'idée de ne jamais pouvoir construire sentimentalement un lendemain avec son ami mais cela ne voulait en aucun cas dire qu'il était passé à autre chose. Son cœur continuait de battre la chamade lorsqu'il se tenait un peu trop près. Et cette sensation ne faisait qu'accroître ces derniers jours. Depuis qu'ils avaient renoué contact, son collègue se montrait excessivement doux avec lui, il lui donnait de son temps, il était à son écoute, les choses évoluaient comme auparavant, et il craignait de retomber bêtement dans le piège. Carson semblait se satisfaire de ce qu'ils possédaient à présent, il n'avait pas le droit de le décevoir. Il devait à tout prix revoir l'ordre de ses priorités. N'était-il pas mieux d'avoir à ses côtés un ami fidèle et attentionné plutôt qu'un mur froid et distant ? Il avait une fois gâché leur amitié, il refusait de prendre à nouveau ce risque.

S'adossant contre le mur juste derrière lui, il pouffa discrètement de rire à ses premières paroles et baissa le regard vers ses chaussures.
« Ce n'est pas du tout ce que je sous-entendais... Je n'étais pas supposé m'éterniser dans la salle des professeurs. Je devais juste te rejoindre à la fin de ta journée pour te surprendre. » Il soupira doucement en soufflant plus fort par les narines avant de relever ses grands yeux vers lui, n'ayant pas mis ses lunettes aujourd'hui. « C'est moi qui m'en veux, en fait. Je n'aurai pas le plaisir de te voir surpris, » bougonna-t-il avec une petite moue déçue. « Agréablement, je veux dire, » ajouta-t-il aussitôt. Car même si Carson certifiait ne pas lui en vouloir, maintenant qu'il connaissait le fin mot de l'histoire, il n'avait pas vraiment cherché à dissimuler son expression dépitée et son air frustré. L'interruption du collègue ne dura pas plus de quelques secondes, le temps de se serrer la main poliment et de savoir comment chacun allait. Reportant son attention sur le professeur de sciences, il laissa traîner son regard sur les traits de son visage, moins durs qu'auparavant. « Tu es beau, rasé de près comme ça, » murmura-t-il inutilement, pour eux deux. Il ne put s'empêcher de lui passer une main curieuse dans les cheveux fins qui bordaient son front. Il ne s'agissait pas de la coupe qui le mettait le plus en valeur, mais il conservait toutefois son charme habituel. Conscient, bien trop tard, de son geste, il grimaça et se frotta nerveusement le bras pour occuper la main incriminée. « Je t'autorise à m'offrir un steak un peu trop cuit, » plaisanta-t-il en esquissant un large sourire. Ils se mirent alors en route pour la cantine et prirent place dans un coin 'isolé' du réfectoire, du moins le plus calme possible, histoire de garder un semblant d'intimité, dans la mesure du possible. Le repas n'était pas fameux mais ça ne changeait pas des autres jours. « On échange nos desserts ? » demanda-t-il d'une voix presque enfantine en baissant les yeux vers la part de fondant au chocolat de son ami. Il donnait l'impression d'être un grand adolescent parmi les lycéens mais cela voulait simplement dire qu'il se sentait bien et qu'il avait retrouvé une partie de sa bonne humeur.

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Carson Haynes
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MessageSujet: Re: I need you, don't say no.   Lun 5 Jan - 20:40

Il écouta ses pseudo excuses sans le quitter des yeux ni se défaire de son fin sourire d’appréciation. Il était plaisant de le voir gêné alors qu’il n’avait rien fait de mal, même si ce n’était pas très sympathique de la part de Carson de se moquer, même gentiment. « Je t’avais dit que Steven était charmant, il a réussi à te distraire... » Il annonçait cela sans arrière-pensée négative, il n’avait rien contre son nouveau collègue, qui n’était pas aussi inintéressant que toutes les autres têtes d’ampoule qu’il avait l’habitude de traîner à ses chevilles. Il n’était guère étonnant, en outre, que le courant fusse passé rapidement avec Baxter, qui possédait un tempérament semblable, d’après ce qu’il avait pu voir. « Je peux toujours m’en aller et prétendre ne pas t’avoir vu, comme ça tu peux garder ta petite surprise pour ce soir... Promis, je ferai semblant d’être agréablement étonné ! » plaisanta-t-il pour dédramatiser la situation. Il n’y avait pas mort d’homme. Baxter n’avait pas commis d’erreur mortelle, ils allaient survivre à ce petite changement de plan. Il apprendrait également qu’il fallait éviter d’organiser des surprises avec Carson, parce que celles-ci échouaient la plupart du temps, pour des raisons x ou y. Sa sœur avait raté de nombreuses soirées d’anniversaire entre amis à cause de lui, et avait lâché l’affaire environ dix ans plus tôt. Il grimaça à son compliment sorti de nulle part et baissa le regard sur ses pieds, dans un de ses éternels haussements d’épaules. « Je me suis rendu compte trop tard que je n’avais pas un physique à barbe, » souffla-t-il en réponse. Il cligna rapidement des paupières lorsque Baxter glissa une main dans ses cheveux, retenant sa respiration durant ce geste auquel il ne s’attendait pas du tout. Heureusement que personne ne trainait dans les parages à ce moment-là. Carson ne cachait plus sa sexualité, même s’il n’avait pas fait d’annonce officielle auprès de ses collègues, cependant il tenait à éviter les ragots. Les relations sentimentales au boulot n’étaient jamais bien vues. Sur le chemin du réfectoire, il se passa lui-même une main dans les cheveux, se maudissant de n’avoir pas pris davantage soin de son allure avant d’arriver au lycée. S’il avait su que Baxter serait là, il aurait fait un effort pour être plus présentable.

Etant donné l’heure tardive, pour un entre-midi, la cantine était presque pleine mais la partie réservée aux enseignants leur permit de se trouver des places intéressantes. Beaucoup de regards se tournèrent sur leur passage, forcément à cause de la présence de Baxter, mais Carson fit de son mieux pour les ignorer, et surtout ne faire aucun commentaire désagréable. Son ami l’apaisait beaucoup, décidément.
« On partage, on n’échange pas ! » Il faisait plus attention à sa ligne qu’auparavant mais il ne voulait pas perdre tout son fondant au chocolat au profit d’une banale salade de fruits. Le troc n’était pas très équitable. Ils n’échangèrent que des banalités au cours du repas, coupèrent leurs desserts en deux, et quand ils reprirent la route vers le bâtiment principal dans lequel ils donnaient cours, Haynes proposa de le raccompagner chez lui, le soir. « Comme au bon vieux temps, » sourit-il, de bonne humeur. Ils avaient récupéré des habitudes plaisantes entre eux, et les nombreuses fois où il l’avait reconduit jusqu’à son appartement avaient toujours contribué à les rapprocher. Baxter visualisait clairement les choses de la même manière que lui puisqu’il accepta son offre, et ils se retrouvèrent en fin de journée sur le parking des professeurs. « Je ne sais pas ce que tu lui as dit ou fait mais Steven n’a pas arrêté de me parler de toi, cet après-midi, » lui indiqua-t-il en mettant le contact pour démarrer. « S’il pense pouvoir me voler la place de meilleur ami, il se fourre le doigt dans l’œil, je ne suis pas encore prêt à abandonner mon statut privilégié ! » Il avait trop cravaché pour en arriver là. Les routes étaient encombrées en cette fin d’après-midi mais ils arrivèrent tout de même à bon port, sous une pluie fine de mois de septembre qui tira un soupir à Carson. Cette météo avait de quoi faire dépérir n’importe quel être humain, même si lui avait toutes les raisons du monde de garder le moral. Même si une seule raison suffisait, et que celle-ci se tenait sur le siège passager de sa voiture.

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Baxter Madden
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MessageSujet: Re: I need you, don't say no.   Dim 11 Jan - 20:43

Steven était effectivement un jeune homme charmant, sympathique, avec qui il n'aura sans doute aucun mal à passer du temps au lycée, mais il était aussi très agréable à regarder. Cela s'arrêtait néanmoins là car il n'était définitivement pas homosexuel. Et ce point ne le dérangeait aucunement, il n'allait pas travailler dans l'optique de trouver l'homme de sa vie, ni même un coup d'un soir d'ailleurs. Il était passé à autre chose. Il refusait de commettre les mêmes erreurs que l'année dernière ; il avait tout de même eu des rapports sexuels avec trois professeurs titulaires et un remplaçant. Rien que d'y repenser, il se dégoûtait lui-même. Comment avait-il bien pu tomber aussi bas ? Même si, techniquement, ces derniers mois avaient été plus éprouvants pour Baxter que l'année scolaire toute entière. Il avait la sensation de passer à côté de sa vie et ce sentiment était tout sauf agréable pour l'enseignant. Il ignorait quel chemin emprunter pour sauver sa peau, et surtout sa santé mentale, il attendait encore un signe envoyé des cieux, en vain, car il n'obtenait aucune réponse. Pourquoi sa vie avait été épargnée ? Pourquoi respirait-il encore ? Y avait-il une véritable réponse à ces questions ? Il avait seulement besoin d'être aidé et aiguillé au quotidien pour savoir quel sens donner à son existence. Même s'il appréciait grandement d'être de retour dans l'établissement, il avait l'étrange impression de subir un test. A défaut de pouvoir remonter dans le temps, on lui donnait la possibilité de repartir à zéro à Chicago, de prendre un nouveau départ et le lycée représentait cette symbolique car c'était justement ici qu'il avait décidé de tourner une page sur sa vie d'antan et son histoire avec Troy. Il ne devait surtout pas rater cette chance, il était conscient des enjeux et c'était probablement pour cela qu'il se mettait à ce point la pression tout seul. « Je ne suis pas d'accord... Tu portes très bien la barbe. » Le problème venait d'ailleurs. Sa tristesse et son désarroi avaient rendu le port de la barbe déprimant dans son cas. Son visage était alors devenu tellement malheureux qu'il n'avait pas eu le temps de pleinement se satisfaire de sa beauté. Ou bien était-ce dû au rejet de Carson qui l'avait éloigné de lui après seulement quelques heures passées sur le territoire américain ?

Le déjeuner se déroula agréablement, au grand étonnement du petit britannique d'ailleurs. Même si les mots échangés n'avaient pas fait avancer grand-chose dans leur relation, ils passèrent néanmoins un moment très sympathique. Baxter le trouvait incroyablement détendu par rapport à la dernière image qu'il avait eu de lui en ces lieux. Pas une seule fois Carson ne s'intéressa à ce qui pouvait bien se passer autour d'eux, comme s'il n'avait d'yeux que pour lui, il ne chercha pas à remettre à sa place un de leurs collègues, et ce fut pour cette raison qu'il reprit le chemin de sa classe beaucoup plus calme et décontracté lui aussi. A la fin de la journée, il retrouva son ami sur le parking avec un sourire idiot sur le visage. Cela faisait tellement longtemps qu'ils n'avaient pas partagé un instant comme celui-ci, tellement banal mais qui lui faisait un bien fou.
« Steven ? Je suis sûr que tu es en train de me dire des bêtises, » souffla-t-il avec amusement en lui donnant une petite tape sur l'épaule après avoir bouclé sa ceinture. Lorsque le professeur de sciences utilisa le terme meilleur ami, il éprouva un léger pincement au cœur. Croyait-il sincèrement qu'ils avaient retrouvé leur amitié passée ? Estimait-il vraiment être le meilleur ami de Baxter ou était-ce une manière de parler ? « Il veut peut-être former un trio avec nous... » plaisanta-t-il en regardant par la fenêtre. « Il faudra lui proposer de déjeuner à notre table la prochaine fois. » Il était important de partager à nouveau des moments de complicité, notamment avec d'autres personnes, pour rééquilibrer leur relation, avis de son psychologue. « Quel temps de chien, » commenta-t-il lorsqu'il se mit à pleuvoir alors qu'ils arrivaient en bas de chez lui. Il se passa une main dans les cheveux avant de sortir de la voiture pour courir jusqu'à l'entrée de son immeuble où il s'abrita. Ils étaient bien loin d'une tempête mais les gouttes fines s'avéraient particulièrement désagréables. Au moins il n'avait pas à essuyer ses lunettes. Ils grimpèrent pour se réchauffer chez lui et furent, comme d'habitude, accueillis par Nefertiti qui miaula paresseusement. « Tu as soif ? Faim ? Besoin d'autre chose ? » demanda-t-il à son ami avec un large sourire en retirant ses chaussures avant d'attraper sa chatte sous le bras.

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Carson Haynes
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MessageSujet: Re: I need you, don't say no.   Lun 12 Jan - 20:15

Les événements se déroulaient si bien entre Baxter et lui, que Carson oubliait parfois la zone de guerre par laquelle ils avaient dû passer avant d’en revenir à ce point. Des aventures sexuelles de l’Anglais qui avait déplu aux accès de colère malvenue de l’Américain, en passant par leurs innombrables divergences d’opinion qui avaient abouti à des disputes que ni l’un ni l’autre ne souhaitait assumer, ils avaient eu leur lot de traversées du désert. A plusieurs reprises, Carson s’était imaginé perdre pour de bon l’amitié de son collègue, il l’avait par ailleurs littéralement perdu lorsque ce dernier était reparti chez lui, à Londres, et même s’ils étaient restés un minimum en contact, cela n’avait guère duré. Et Haynes avait dû réapprendre à vivre sans sa présence réconfortante – qui l’était restée même durant leurs nombreuses guerres froides, alors qu’ils ne se parlaient plus –, avec l’idée de s’être séparé du seul individu qui était parvenu à faire tomber ses barrières, à fendiller son épaisse carapace. Ses bonnes résolutions s’étaient envolées sitôt Baxter revenu sur le territoire, il avait tôt fait d’oublier le vide qu’il avait laissé dans sa cage thoracique et l’avait traité de la pire des façons, dans une accumulation d’erreurs de parcours qui, encore une fois, avait failli lui coûter son ami. Heureusement pour lui, pour eux, la distance avait fini par les rapprocher. Carson avait mis de l’eau dans son vin – et ralenti la consommation de cette boisson, ainsi que de ses camarades alcoolisées – puis était parti à la recherche du café dans lequel il savait que Baxter travaillait. Déguisé derrière un médiocre baratin arguant qu’il était arrivé là par hasard, il avait renoué le contact, il avait fait un grand pas dans la direction de son ancien compagnon, et cela s’était avéré payant. Pour le meilleur et, pour une fois, non pour le pire. « Il ne mange pas à la cantine. Il est végétarien ou je ne sais quoi ? Le pauvre homme, » fit-il semblant de compatir en tournant la tête sur la gauche pour vérifier son angle mort, avant de jeter un coup d’œil vers Baxter, pour vérifier si sa proposition était sérieuse ou non. Le seul trio potentiel qu’il aurait voulu former comprenait Analeigh, or cette dernière avait elle aussi additionné les erreurs et avait fini par abandonner la vie à Chicago, pour se recréer ailleurs. Ce qui lui avait réussi, d’après les dernières nouvelles qu’il avait obtenues de sa part.

Il gara son véhicule dans une place qui semblait n’attendre que lui et suivit Baxter jusque devant son appartement. Ce ne fut qu’une fois dans l’entrée qu’il se demanda pourquoi il avait fait le chemin jusque là. Il n’avait aucune excuse valable pour se trouver chez lui.
« Non, ça va. Je ne vais pas m’éterniser, tu dois avoir besoin de repos après ta journée de reprise. » Il le gratifia d’un large sourire avant de se pencher pour venir caresser le dessus de la tête de Nefertiti, qui ne tarda pas à ronronner de contentement. « Est-ce que je peux juste dire bonjour à Oreo ? » demanda-t-il dans une expression à la fois timide et amusée. Il retira ses chaussures, les déposa sur le côté dans l’entrée et pénétra dans le salon jusque l’endroit où était posée la cage du lapin. Il l’attrapa dans des gestes délicats puis le plaça contre son torse, il le caressa d’une main tandis qu’il lui murmurait des mots gentils, inutiles car les lapins ne comprenaient guère le langage humain. « Je ne t’ai pas dit, au fait, » commença-t-il en se retournant pour faire quelques pas en direction de Baxter. « J’ai reçu un mail d’Ana. Elle ne m’avait pas donné de nouvelles depuis longtemps et je comprends pourquoi maintenant... » Il marqua une pause durant laquelle il fixa le vide entre eux, se perdant un instant dans l’imagination de la nouvelle vie de sa meilleure amie, visualisant la tête que devait avoir son petit ami, le sourire qu’elle avait dû avoir en apprenant la grande nouvelle, combien elle devait être heureuse d’avoir enfin la vie qu’elle avait toujours méritée. Peut-être que c’était ce qu’il fallait à Carson aussi, un nouveau départ, ailleurs, loin de Chicago. Sauf qu’il ne connaissait rien d’autre que l’Illinois. Il se sentait incapable de vivre dans un autre état. « Elle est enceinte. » Son visage s’illumina lorsqu’il annonça cette information. « Notre Ana va avoir un enfant, » répéta-t-il comme si utiliser des mots différents allaient changer la donne. Ce disant, c’était peut-être lui-même qu’il essayait de convaincre. Cette histoire lui semblait si peu concevable, si étrange. Et pourtant. Les gens qui lui étaient proches s’épanouissaient davantage lorsqu’ils disparaissaient de sa vie.

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MessageSujet: Re: I need you, don't say no.   Lun 19 Jan - 11:31

Dans le fond, leur relation prenait doucement une tournure à la fois agréable et déplaisante. Ils semblaient avoir retrouvé un minimum d'équilibre, ce qui était très bon signe pour la suite des événements, mais tout ceci paressait tellement superficiel. Les discours tenus étaient toujours polis, un peu trop sans doute, jamais un mot ne dépassait une quelconque limite, tout était calculé, si carré, c'était bien trop réfléchi pour être naturel. Et tout le tragique de leur histoire se situait exactement là. Les deux hommes se connaissaient à présent depuis une bonne année, leur entente n'était plus à prouver bien qu'elle connut des hauts et beaucoup de bas. Bien que reposant sur des bases pas toujours très saines, leur complicité était spontanée, et ce depuis le début. Ils improvisaient bien souvent lorsqu'ils étaient amenés à se croiser, rien n'était prédit à l'avance, en attestaient leurs nombreuses querelles. Et pourtant, aujourd'hui, ils donnaient l'impression d'être deux individus robotisés répondant positivement à une bienséance inventée de toute pièce par eux-mêmes. Baxter n'était pas ce genre de personne qui souriait lorsque cela était requis, il n'avait pas non plus pour habitude de se rendre à l'endroit où on l'attendait le plus. Il avait toujours vécu sa vie comme il l'entendait, sans doute s'agissait-il de sa plus grosse erreur. Il prônait sa liberté d'expression, de pensée et de sentiments. Hélas, cela ne lui réussissait pas tout le temps. Par conséquent et dorénavant, il préférait suivre le mouvement et ne prenait plus de grandes décisions tout seul. Alors quand il se retrouvait en tête à tête avec Carson, il calquait ses envies et ses besoins aux siens, ainsi tout différend était écarté, sauf si son ami se contredisait intérieurement, c'était un autre problème qu'il ne pouvait pas anticiper. Il n'était pas certain de s'épanouir dans cette nouvelle vie mais sans disputes, son quotidien était désormais nettement plus ensoleillé qu'avant. Il avait encore énormément de travail à effectuer sur lui-même mais il était parvenu à acquérir une certaine forme de maturité qui l'obligeait à se contenter de ce qu'il possédait à cette seconde précise. Les cris et les pleurs n'avaient plus leur place dans sa vie, il les avait banni, sérieusement. Peut-être que ses jours manquaient cruellement d'amusement, de rire et de folie, il acceptait cette conclusion, car il refusait de vivre à nouveau dans l'excès sentimental et la démesure.

Un peu déçu par sa première réponse, il se contenta de répondre par un hochement de tête cordial. Il n'avait pas besoin d'inventer des excuses ou de rejeter la faute sur lui s'il n'avait pas envie de s'éterniser chez lui. Il n'avait pas eu l'impression de le forcer à monter à l'appartement en l'invitant.
« Oui, bien sûr, vas-y... » dit-il d'une voix faible et peinée, le mot 'juste' de sa phrase lui restant en travers de la gorge. Il déposa Nefertiti par terre, qui gambada alors joyeusement en direction de la chambre pour aller se coucher sur le lit de son maître, avant de se rendre dans le salon pour observer Carson. La délicatesse avec laquelle il attrapa le lapin le laissa pensif durant de longues secondes. Des nœuds se formaient à nouveau dans le creux de son estomac, il inspira longuement et ferma les yeux le temps de se libérer de toute cette pression et de ces mauvaises ondes qui l'envahissaient. Il n'eut pas le temps de complètement s'aérer l'esprit car le professeur de sciences revenait déjà à ses côtés. Encore un peu perdu dans ses pensées, il écouta attentivement son ami et le fixa sans avoir de réaction particulière. Avec tous ses propres soucis, il avait complètement oublié cette chère Analeigh. De plus, les deux jeunes gens n'étaient même pas restés en contact après son départ. Il ignorait s'il possédait son numéro de téléphone, sans doute avait-il son adresse mail quelque part. Ne sachant pas trop pourquoi il lui racontait tout cela, il demeura perplexe un temps certain avant de se fendre d'un large sourire, par politesse. « C'est une grande nouvelle, ça... Tu lui transmettras mes félicitations. » Des mois s'étaient écoulés depuis l'épisode fâcheux qui avait conduit les deux enseignants à faire l'amour durant une certaine fête à domicile, mais la peine que la situation avait causée était toujours présente, du moins dans le cas de Baxter. Son cœur fragilisé n'oubliait pas les sanctions qu'il s'était lui-même infligé en agissant comme un parfait petit con. « Tous ces changements doivent la combler de bonheur, » ajouta-t-il en faisant une caresse à Oreo. « C'est rassurant de savoir qu'au moins une personne ne sera pas passée à côté de sa vie, » souffle-t-il avec un léger sourire. Ils n'étaient pas tous des ratés, certains s'en sortaient. Ça redonnait un peu d'espoir. Le petit brun partit s'asseoir sur le canapé dans une forte expiration, fixant la télévision éteinte. « Tu es sûr de ne rien vouloir ? » proposa-t-il à nouveau sans pour autant le regarder. Il se sentait étrangement vide à l'intérieur alors qu'une souffrance était clairement présente, là, quelque part en lui, ce qui lui donnait une irrépressible envie de pleurer. Sauf qu'il n'y arrivait pas. Visiblement les cachets faisaient leur petit effet. D'ailleurs ceux-ci traînaient naturellement sur le coin de la table basse du salon comme s'il s'agissait d'un magazine.

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Carson Haynes
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MessageSujet: Re: I need you, don't say no.   Mer 21 Jan - 14:29

Carson ignorait à quelle réaction il s’était attendu de la part de Baxter à son annonce, toutefois, il fut quelque peu refroidi, même si cela n’était pas lisible sur son visage, par le ton, tout au plus poli, avec lequel il lui répondit. Il se remémora alors que l’Anglais ne partageait pas les mêmes souvenirs que lui à propos d’Analeigh. Il n’avait pas passé quatre années en sa compagnie, à se moquer des autres professeurs, à martyriser les petits nouveaux à chaque rentrée, à passer des soirées autour d’une bouteille de vin à refaire le monde sans jamais se décider à prendre une décision qui aurait trop bousculé leurs quotidiens. Il l’avait connue durant sa traversée du désert, après sa rupture, lorsqu’elle avait été dans un état qui requérait au moins autant d’affection que lui. Momentanément, Haynes avait oublié que ses deux amis avaient d’ailleurs partagé bien plus, lors d’une soirée, et que cela avait dirigé le semblant de relation qu’il vivait alors avec Baxter dans un précipice duquel ils n’étaient pas encore complètement sortis. Alors, oui, il pouvait comprendre son manque d’enthousiasme face à cette nouvelle. « J’espère trouver un jour l’occasion d’aller la voir, » annonça-t-il dans un hochement de tête sans lâcher son ami du regard. Ils étaient très proches, le lapin était à la fois un prétexte pour se tenir l’un près de l’autre et une barrière. C’était étrange. Autrefois, Carson aurait pu ressentir une tension sexuelle à se trouver ainsi dans l’espace vital du petit brun, désormais il n’y avait plus rien. Il le trouvait évidemment toujours aussi magnifique, avec sa barbe de quelques semaines, ses grands yeux clairs et son visage ponctué de grains de beauté qu’il mourait d’envie d’embrasser à chaque seconde. Il n’y avait cependant plus cette urgence de lui arracher ses vêtements pour le faire sien, avec plus ou moins de tendresse. S’il aurait dû se réjouir d’avoir passé outre son intérêt physique au profit d’un plus platonique, il n’en était rien. S’il ne pouvait plus désirer avec ardeur son ami, alors qui pourrait devenir l’objet de ses affections ? Comme à son habitude, Carson était tiraillé par des pensées contradictoires, paradoxales, qui lui faisaient tourner la tête encore plus efficacement que trois verres de whisky de dix-huit ans d’âge. Il n’aurait pas dû accepter sa proposition de monter, il aurait été préférable qu’il le déposât en bas de son immeuble et repartît chez lui sans plus de cérémonie. Sans plus de tourment.

« Tu sais, Bax, tu as à peine trente ans, il est un peu tôt pour annoncer que tu es passé à côté de ta vie, » lui indiqua-t-il sur un ton léger, malgré le sérieux de ce qu’il avançait. Il cligna des paupières dans une vaine tentative d’attirer son attention, comme si Baxter avait pu entendre le battement de ses cils les uns sur les autres. Je te veux toi, songea-t-il, un sourire distant étirant ses fines lèvres. Toi et tes cheveux qui défient la gravité, toi et tes insécurités que je balaierai d’un revers de la main, toi et ton accent qui me donne le mal d’un pays qui n’est pas le mien. Toi, juste toi, et toutes tes imperfections qui font de toi l’homme parfait pour un imbécile comme moi. « Merci, mais ça va, » répondit-il à la place. Il recula enfin pour replacer Oreo dans sa cage, le gratifiant d’une dernière caresse avant de se redresser. Plusieurs secondes d’un silence pesant s’installèrent dans la pièce à vivre, durant lesquelles Carson fit le tour de la pièce en un regard. Il remarqua les plaquettes de médicaments disposées sur la table basse et, soudain, se rappela la raison pour laquelle il avait accepté de descendre de voiture. L’appel téléphonique auquel il avait répondu, la brève mais intense conversation qu’il avait eue avec la mère de Baxter, ses responsabilités lui revinrent en mémoire. Elle lui avait alors dit que son fils avait besoin d’un soutien moral, que d’après ce qu’il lui avait raconté, Carson était le mieux placé pour veiller sur lui, elle lui avait également fait promettre de s’occuper de son bien-être, de s’assurer qu’il ne lui arrivât rien de grave. Tout comme elle lui avait appris, par ailleurs, que le Britannique avait essayé de mettre fin à ses jours lors de son retour à Londres. Haynes refusait encore de croire à cette éventualité. Baxter était fragile, d’accord, mais il avait une force intérieure qui devait le maintenir en vie, c’était forcé. Il avait traversé trop d’épreuves pour abandonner maintenant. Toutefois, il ne souhaitait pas prendre le risque de le voir sombrer à nouveau alors il gardait un œil constant sur ses faits et gestes. Comme ce soir là et comme il le ferait le lendemain, puis le surlendemain. Jusqu’à ce qu’il obtienne la preuve qu’il n’avait plus besoin d’un ange gardien ou qu’il en trouve un autre, plus compétent. « Darwin doit avoir les pattes qui le démangent, à cette heure, je vais rentrer. » Il s’approcha de son ami puis vint déposer un baiser, une seconde trop long pour être chaste, sur sa joue. « Appelle-moi si tu t’ennuies ou simplement si le cœur t’en dit. » Il s’imprégna de la délicatesse de son visage quelques instants avant de tourner les talons, de récupérer ses affaires et de sortir sans attendre plus longtemps. L’époque où il serait resté pour la nuit était révolue, ils étaient au-dessus des coups d’un soir maintenant. Ils étaient amis. N’était-ce pas ce qu’il avait ardemment désiré depuis le début ? Alors pourquoi diable éprouva-t-il ce pincement au cœur tout au long de son trajet de retour et même durant son maigre repas, qu’il passa en tête-à-tête avec son chien ?

[topic terminé]

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