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 A friend is someone who knows all about you and still loves you.

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Baxter Madden
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MessageSujet: A friend is someone who knows all about you and still loves you.   Dim 15 Déc - 12:38


I'm selfish, impatient and a little insecure. I make mistakes, I am out of control and at times hard to handle. But if you can't handle me at my worst, then you sure as hell don't deserve me at my best.
Les jours s'écoulaient étrangement vite en ce moment, enfin principalement les sept derniers, voire même un peu plus. Une semaine plus tôt il se confrontait vigoureusement à Carson, depuis une guerre froide était lancée entre les deux hommes qui ne s'adressaient plus du tout la parole. Du moins du côté du professeur de mathématiques l'envie n'était plus là. Il était tellement retourné contre lui qu'il ne supportait plus jusqu'à sa simple vision dans un couloir du lycée. Par conséquent, il faisait en sorte de ne pas le croiser et l'évitait magnifiquement quand l'inévitable était amené à se produire. Il n'avait pour ainsi dire aucun mal à passer à sa hauteur, leurs visages n'étant pas au même niveau il n'avait qu'à fixer longuement ses pieds jusqu'à la prochaine bifurcation et la relever une fois son collègue disparu de son champ de vision. C'était aussi simple que cela, pour le moment. Il préférait fuir le problème et éludait cette grande difficulté du mieux qu'il le pouvait, autrement dit de manière pas très mature mais il n'y avait que cela à faire après tout. Ils partageaient le même lieu de travail et même si leurs salles de cours ne se situaient pas exactement à côté l'une de l'autre, ils n'étaient pas à l'abri d'une confrontation fortuite et non désirée. Certes l'établissement regorgeait de monde en début et fin de journée, le midi aussi et entre chaque cours, mais un gaillard d'un mètre quatre-vingt-onze ne passait hélas pas inaperçu ; d'autant plus que de tout là-haut, il avait une vue parfaite sur l'ensemble du personnel et des élèves qui passaient près de lui dans les couloirs ou à la cantine. Madden n'était peut-être pas bien grand mais il était aisé de reconnaître sa petite tête brune parmi la foule, ainsi que ses costumes pour la plupart bleu marine, quand il n'osait pas le rouge électrique pour ses pulls.

En une semaine de temps il était tout de même parvenu à le croiser deux ou trois fois, malencontreusement bien entendu, alors qu'il se dirigeait vers la sortie de l'immeuble ou en s'octroyant une courte pause dans la salle des professeurs durant la récréation du mardi matin. Mais à chacune de ces rencontres involontaires, il avait pris bien soin de ne jamais lever les yeux dans sa direction, prétextant une occupation imaginaire sur le moment à l'aide de son téléphone portable ou encore un livre de cours qu'il tenait dans ses bras. Jusqu'à présent ces méthodes avaient parfaitement fonctionné car ni l'un ni l'autre n'avaient éprouvé le besoin ou l'envie de parler, ou de forcer le contact. Même s'il s'agissait d'une situation temporaire, à défaut d'avoir mieux en stock, il choisissait cette façon de procéder quitte à attirer l'attention de certains collègues dont la curiosité avait été piquée. Carson ne s'était pas fait que des amis dans ce lycée, à l'inverse de Baxter qui possédait des facilités étonnantes pour se mettre les gens dans sa poche. Alors ne plus les voir passer leur temps libre ensemble n'avait pas échappé aux quelques âmes curieuses qui rodaient un peu partout, avides des derniers scoops. Haynes aurait probablement préféré garder leur différend secret, comme le reste de sa vie qu'il ne divulguait sous aucun prétexte, sauf que Baxter ne partageait pas sa vision des choses et loin d'être un menteur, il ne cautionnait pas l'hypocrisie. Ils n'allaient pas feindre une bonne entente alors que leurs yeux respectifs se lançaient des éclairs, c'était ridicule. Mais en adultes responsables qu'ils étaient, ou pas, ils pouvaient faire la part des choses sur leur lieu de travail et s'ignorer était la meilleure des solutions à ce jour. L'ignorance n'était-elle pas la plus belle des réponses ?

Vendredi après-midi, une fin de cours ressemblant à toutes les autres. Comme à son habitude Baxter devait traverser le parking réservé aux enseignants pour rejoindre l'arrêt du bus qui le conduirait jusqu'à chez lui. Il venait de quitter un collègue quand une voix masculine s'éleva fortement derrière lui.
« Baxter? » s'enquit cette dernière alors qu'il se retournait lentement vers la personne l'ayant appelé. Un jeune homme brun, pas bien grand mais plus épais que lui visiblement, fonça droit dans sa direction et sans qu'il ne comprenne ce qui était en train de se passer, il se sentit violemment bousculer vers l'arrière. Lui qui pensait avoir les pieds sur terre et solidement ancrés au sol, il déchanta rapidement lorsqu'il chancela dangereusement vers l'arrière, manquant de tomber sur les fesses. « Non mais ça va pas la tête ! » s'emporta le petit anglais en tendant inutilement une main devant lui comme pour l'inciter à ne pas s'approcher davantage et faire barrage. « Carson Haynes, j'aurais pu comprendre mais toi... » Il étouffa un rire jaune tout sauf amusé. « Je ne savais même pas qu'elle avait un faible pour les maigrichons. Et cet accent... Brr. » renchérit-il, agacé, ponctuant ses dires par une grimace dégoûtée. « Tu devais te douter, en la quittant, qu'elle irait voir ailleurs. » Il ne prônait pas l'infidélité, connaissant le problème sur le bout des doigts, alors jamais il n'aurait incité Analeigh à tromper son petit ami, même bourré. Jamais. « Nous sommes tous des adultes responsables et consentants, je te conseille donc de passer ton chemin... » Hélas son ton sembla moins affirmé qu'il ne le voulait à la base. Il recula même d'un ou deux pas, simple précaution. « Je vais m'en aller, oui, mais après m'être occupé toi ! » Ceci étant dit, Daniel lui décrocha un magnifique coup de poing dans la mâchoire suivi d'un second dans l'arcade car Baxter avait eu le malheur de tenir encore sur ses jambes suite à la première attaque. Loin d'être un surhomme, il fut aussitôt sonné par les assauts de son agresseur et se pencha légèrement en avant en position de soumission pour éviter un troisième coup, cherchant à se protéger, sauf que l'individu en profita pour le repousser vers l'arrière, parvenant enfin à le faire tomber par terre. Les larmes lui montèrent involontairement aux yeux tandis qu'il tâtait machinalement le sol – sans regarder où il mettait les mains – à la recherche de ses lunettes disparues durant l'impact. « Tu es un grand malade ! » meugla-t-il de sa voix haute et forte, attirant l'attention d'élèves et de professeurs qui accourèrent progressivement vers eux. N'appréciant que moyennement ses paroles, Daniel se pencha au-dessus de lui pour le surplomber et lui plaqua violemment le visage contre le macadam. « Écoute-moi bien, sale enfoiré... » Il ne put cependant pas terminer sa phrase car une personne derrière lui venait de l'agripper par le col pour le faire reculer, sans aucune douceur.

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Carson Haynes
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MessageSujet: Re: A friend is someone who knows all about you and still loves you.   Dim 15 Déc - 19:00

Sitôt un pas fait dans la salle des professeurs du lycée, Carson se rappela pourquoi il détestait autant cette pièce et la raison pour laquelle il n’y mettait plus que rarement les pieds. Les babillages incessants étaient encore plus forts à cette seconde étant donné que la sonnerie de la récréation de l’après-midi venait de retentir. Tous les enseignants de l’établissement, ou presque, étaient présents et cette vision tira une grimace au grand brun qui s’éclipsa dans le coin des casiers pour récupérer les copies qu’il y avait laissées et sur lesquelles il se pencherait dans la soirée, chez lui. Il attendit que les cours reprennent, que la majorité de ses collègues se sauvent, pour en faire de même et reprendre le chemin de son domicile. L’un des professeurs de sport, les seuls suffisamment inconscients pour s’adresser à lui lorsqu’il avait la tête de celui qui ne voulait pas être dérangé, s’approcha de lui et lui donna un coup d’épaule qui résonna plus comme un défi que comme une marque de sympathie. « Alors, Haynes, on ne te voit plus traîner avec le nouveau, le petit British là, il y a de l’eau dans le gaz ? » Sur la liste des choses dont Carson ne souhaitait absolument pas discuter, surtout pas avec un gorille dégénéré, le sujet Baxter arrivait très certainement numéro un.  Il renifla bruyamment mais prétendit ne pas l’avoir entendu, s’il feignait cela assez longtemps, il finirait bien par disparaître de son champ de vision. « Laisse-moi deviner, il a essayé de te dragouiller ? Il a une tête d’homo, ça se voit, et je dois dire que tu... » Il leva son index devant l’ignoble individu qui lui faisait face pour lui indiquer de se taire, ses yeux lançant des éclairs. Il regretta que les bleus de son visage se furent si vite estompés, il aurait eu l’air beaucoup moins commode. « Si tu es incapable de fermer l’infâme orifice qui te sert de bouche, tu devrais au moins apprendre à te mêler de tes putain d’oignons et de rien d’autre, ok ? Il pourrait t’arriver des trucs pas nets si tu continues comme ça. » Sa voix était basse, grave, menaçante. Il avait réussi à rester calme malgré toutes les emmerdes qu’il avait vécues la semaine précédente mais ce type franchissait comme d’habitude ses limites, avec sa stupidité qui ne connaissait aucune borne. « Retourne faire des pompes sur la queue de tes collègues et laisse les honnêtes gens tranquille. » Il n’attendit pas sa réponse, resserra la bandoulière de son sac sur son épaule et le contourna de loin. Il put sans peine l’entendre fulminer et cracher sur son dos auprès de leurs autres collègues mais il s’en badigeonnait le nombril avec le pinceau de l’indifférence.

Il passa par plusieurs bureaux et secrétariats pour préparer les diverses sorties et événements dont il s’occuperait, de près ou de loin, durant ce qu’il restait du semestre, et le soleil commençait tout juste à se coucher lorsqu’il sortit finalement sur le parking, ce qui conférait à la scène une atmosphère chaleureuse, un ballet de rosé et d’orangé du plus bel effet. La magie de Dame Nature était bien la seule en mesure de lui redonner le sourire en une époque plus qu’ombrageuse pour Haynes. Ce fut avec un fin sourire aux lèvres qu’il monta dans sa voiture, sans démarrer dans l’immédiat, il vérifia tout d’abord son téléphone portable, à raison puisqu’il avait plusieurs textos. Le premier lui indiquait que quelqu’un lui avait laissé un message vocal, le second provenait de Lyle, son amant régulier du moment. Son sourire s’élargit tandis qu’il lisait ce qu’il comptait le laisser faire plus tard dans la soirée et il commença à taper sa réponse lorsque des cris en provenance de l’extérieur attirèrent son attention. Craignant qu’il ne s’agisse d’une altercation entre plusieurs élèves, il sortit prestement et se dirigea vers le lieu de l’attaque, qui n’était pas si loin de l’endroit où il se trouvait déjà. Il grimaça dès qu’il réalisa que l’agression n’était pas entre deux adolescents mais bien deux adultes – même si ces derniers ne paraissaient pas bien grands, leurs tenues vestimentaires parlaient pour eux – tandis que le souvenir de son propre passage à tabac était encore bien frais dans son esprit. Ses longues jambes lui permirent d’effacer la distance jusque là en quelques secondes, sauf qu’il arriva trop vite et ne put faire marche arrière même lorsqu’il reconnut les deux silhouettes, ou plutôt leurs voix.
« Bordel de merde, » jura-t-il tandis qu’il étendait un bras pour s’emparer du haut du vêtement de l’agresseur pour le tirer vers lui et l’empêcher ainsi de ruiner le visage du pauvre être qui se trouvait au sol. Il lui fit ensuite une clé de bras pour le maîtriser et éviter ainsi de recevoir un coup mal placé.

« Lâche-moi, putain ! » se débattit malgré tout l’ex d’Analeigh, sa résistance se faisant de moins en moins forte lorsqu’il se rendit compte de la taille de la personne dans son dos. « Laisse-moi m’occuper de ce fils de pute. » Carson resserra sa prise à l’écoute de son insulte. Il pouvait présentement penser peu de bien de Baxter, il ne laisserait pas quelqu’un prononcer de tels propos à son égard. Personne ne méritait de se faire taper dessus ni de se faire traiter de tous les noms par quelqu’un qui ne les connaissait pas. « Je te lâche uniquement si tu m’assures que tu ne vas pas lever la main sur lui une fois de plus. » Ce disant, il se recula d’un pas, l’entraînant avec lui, pour l’éloigner de sa victime, que d’autres témoins qui jusque là étaient restés à l’écart aidaient à se relever. Il leur tourna le dos et força Daniel à faire de même pour réduire son envie de vengeance. Il le relâcha enfin et le petit brun lui fit brutalement face, prêt à l’envoyer paître pour retourner achever le britannique mais il s’interrompit en reconnaissant son visage. « Carson, bon sang... Je ne savais pas que c’était toi... Je suis désolé, mec, pour ce que j’ai fait... Tu n’as presque plus rien, wow ! » Haynes grimaça, se retenant de ne pas lui décocher un féroce coup de poing au moins pour équilibrer les choses entre eux. « J’ai emprunté du fond de teint à Ana, qu’est-ce que tu crois ? » Impossible de savoir s’il plaisantait ou non tant sa voix était sèche, implacable. Il ne prônait pas la violence, encore une fois, et se retrouver au milieu d’une bagarre le rendait malade. « Tu as trois minutes pour dégager d’ici et ne plus jamais revenir, sinon je fous ton cul devant un juge et ce sera toi le prochain à prendre des coups, en taule. » Décidément, c’était la journée des menaces pour Carson Haynes, cela lui changeait de toutes les fois où c’était lui qui les recevait. Daniel resta un instant interdit, avant de se pencher pour regarder derrière le grand échalas mais celui-ci demeura dans son champ de vision, le fixant avec intensité. Puis il haussa les épaules et tourna les talons en jurant dans sa barbe. Le professeur de sciences leva les yeux à la recherche d'Ana mais cette dernière devait déjà avoir terminé ou n'avoir rien entendu parce qu'il n'y avait aucune trace de sa chère tête blonde dans les parages.

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MessageSujet: Re: A friend is someone who knows all about you and still loves you.   Dim 5 Jan - 18:19

Encore un peu sonné par les coups reçus, Baxter resta sagement au sol comme s'il s'agissait de la place qui lui incombait depuis toujours. Il ferma même les yeux par réflexe au moment où son agresseur se releva, protégeant son visage au passage, craignant de recevoir un ultime coup de poing. Sauf que Daniel fut traîné plusieurs pas en arrière, signe que son sauveur l'éloignait de lui pour éviter une autre attaque de sa part. C'était ce qu'il pensait avant d'apercevoir les chaussures de Carson Haynes qu'il mit un temps certain à reconnaître à cause de sa vue devenue encore plus trouble que d'habitude sans ses lunettes. Alors qu'il s'autorisait finalement un rapide petit coup d’œil dans la direction de son ami -ou ex-ami-, chose qu'il s'interdisait ces derniers jours, un individu de sexe masculine l'agrippa sous le bras pour l'aider à se remettre sur ses deux pieds. De ce fait, il abandonna la lourde tache que représentait la vision du professeur de sciences pour poser ses yeux clairs sur un visage en temps normal sympathique mais de toute évidence paniqué présentement. « Baxter, est-ce que ça va ? » s'enquit le jeune homme qu'il fixait désormais en plissant les yeux pour mieux voir ses traits, même si la voix lui semblait familière. La question lui fut répétée une bonne dizaine de fois avant qu'il ne réalise qu'elle lui était effectivement adressée à lui. « Ça va, » répondit-il simplement dans un timide hochement de tête. Samuel se plaça devant lui, une main bienveillante et préventive sur l'épaule, avant de l'examiner attentivement pour s'assurer qu'il allait réellement bien. Le professeur de mathématiques était clairement dans les choux, sans doute le choc dû au côté inattendu des récents événements qu'il jugeait irréels. « Tu es sûr ? » Au lieu de lui répondre, le petit anglais lui adressa un large sourire puis soupira en détournant le regard vers son agresseur qui visiblement prenait la fuite. « Je vais t'emmener à l'hôpital, ce sera plus prudent. » fit remarquer Samuel en constatant le peu de réaction de la part de son collègue dont l'expression était étrangement neutre et dont le calme s'avérait presque déroutant. On ne saurait dire s'il était énervé, triste, en colère, joyeux ou indifférent, car il ne démontrait pas grand-chose. Néanmoins une belle entaille séparait en deux sa lèvre inférieure et toute sa joue gauche était d'un rouge vif, une ecchymose certaine promettait de se dessiner sur la moitié de son visage, jusqu'à sous l'oeil, dans les jours à venir. « Non, pas besoin. » réagit finalement Baxter en se retournant vers son ami. « Je vais appeler mon petit ami pour qu'il vienne me chercher. » L'enseignant approuva d'un signe de tête. « Ce serait plus sage, je pense. » Même s'il ne donnait pas l'impression d'avoir été frappé ailleurs qu'au visage, il fallait mieux rester prudent car la tête restait probablement l'endroit le plus fragile et personne n'avait assisté à l'accrochage depuis le début. Par conséquent, comment certifier qu'il n'avait pas reçu de mauvais coups autre part ?

Dix petites minutes plus tard, Troy arriva sur le lieu du crime et se gara précipitamment sur le parking avant de sortir en trombe de sa voiture.
« Tu vas bien ?! » demanda-t-il d'une voix inquiète en posant sa main sous le menton de Baxter pour constater lui-même des dégâts. « Où est ce connard ? » Le petit britannique secoua doucement sa main devant lui pour l'arrêter. « Ne fais pas d'histoire, s'il te plaît, pas ici. » lâcha-t-il dans un murmure fatigué. « Ce mec te frappe sur ton lieu de travail et c'est moi qui crée des histoires ? » L'irlandais étouffa un rire jaune en regardant autour de lui. Apparemment la plupart des curieux étaient partis mais quelques professeurs restaient dans les parages, sans doute voulaient-ils s'assurer que Baxter repartait bien avec quelqu'un. « Troy... » souffla Baxter en tirant sur un pan de la veste de celui-ci. « Pardon. Excuse-moi, je ne voulais pas m'emporter comme ça. Mais tu pourrais comprendre que ça me met hors de moi de recevoir un tel coup de fil de toi. » L'enseignant acquiesça en souriant puis lui frotta doucement l'épaule comme s'il était celui des deux qui devait être réconforté et rassuré. « Est-ce qu'on peut rentrer maintenant ? » demanda-t-il presque silencieusement, comme une requête osée. Troy se mordit le coin de la lèvre inférieure pour se calmer et souffla fortement avant de l'inciter à se mettre en marche vers la voiture, une main possessive placée dans son dos. Lorsque Baxter fut enfin installé du côté passager, en toute sécurité, il regarda par-dessus le toit du véhicule et ses yeux croisèrent ceux d'un grand spécimen qui ne pouvait être que Carson. Les doigts tendus et appuyés contre son front, il bougea sa main vers le haut en guise de salut, bien entendu hypocrite au possible, puis grimpa rapidement dans la voiture pour quitter le parking, direction la pharmacie la plus proche. Certains pouvaient bien s'amuser à critiquer ses choix de vie, à défaut d'en avoir une de leur côté, mais il ne regrettait en rien ce qui se passait actuellement entre lui et Troy, une sorte de réconciliation. Les deux hommes choisissaient d'y aller lentement pour réapprendre à se découvrir et même si les anciennes craintes de Baxter refaisaient surface par moment, il était tout du moins satisfait d'avoir eu quelqu'un à appeler aujourd'hui pour venir le chercher et s'occuper de lui. D'un point de vue extérieur, cela pouvait paraître triste voire même pitoyable mais n'ayant pas vraiment d'estime pour lui-même, du moins plus maintenant à cause d'un géant d'un mètre quatre-vingt-onze, toute compagnie était bonne à prendre à partir du moment où cette dernière était sincère. Bien sûr, se remettre en ménage avec l'homme qui vous avait trompé plus d'une fois ne constituait pas l'idée du siècle mais à défaut d'avoir mieux à disposition, le petit anglais se contentait de ce qui s'offrait à lui. Il n'était plus question de s'attarder sur les multiples refus dernièrement essuyés mais plutôt de se concentrer sur ce que l'avenir pouvait lui apporter avec celui qu'il avait imaginé comme étant l'homme de sa vie, le seul, l'unique et le bon.

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Carson Haynes
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MessageSujet: Re: A friend is someone who knows all about you and still loves you.   Dim 5 Jan - 22:56

Il commençait sérieusement à en avoir marre de cette situation, de ce changement d’atmosphère à Chicago qui amenait engueulades et bagarres dans un ouragan de violence malvenu. Il avait connu cinq années calmes, ordinaires, voire un tantinet pépères, et voilà qu’il se retrouvait embringué dans des histoires farfelues d’adultère et de fiertés déplacées. Il n’avait jamais signé pour cela, il aimait sa tranquillité, il détestait les emmerdes. « Je me casse parce qu’il y a du monde et que tu me le demandes, » reprit Daniel, en s’époussetant comme si c’était lui qui avait fini sur le macadam, un air toujours mauvais sur le visage. « Mais tu peux dire à cette tête-de-nœud que s’il s’approche à nouveau d’Ana, je finirais de lui refaire le portrait. » Carson posa une main menaçante sur le torse du petit brun pour l’inciter à reculer et de ne pas chercher à passer à moins de quatre mètres de Baxter et de son club de soutien récemment formé. Il ne lâcha pas le sale individu des yeux jusqu’à ce qu’il disparaisse de son champ de vision. Seulement à ce moment-là, il se permit de relâcher la pression dans un profond soupir de frustration mêlée à un agacement certain. Il était fatigué de ces conneries, ça lui pesait sur l’estomac. Il se retourna pour se rapprocher de la scène principale, dont le protagoniste recevait suffisamment d’attention ; il n’avait pas besoin de s’en mêler, il avait joué son rôle, il ne lui restait plus qu’à assister à la suite en tant que simple spectateur. Il demeura à l’écart, hors de la périphérie de Baxter même lorsque la foule commença à se disperser, faute de ragot croustillant à récolter, même lorsque ne resta que Samuel et deux autres collègues autour de lui. Le professeur de mathématiques n’avait de toute évidence pas la tête à le chercher, de toute manière. Après tout, pourquoi vouloir remercier l’homme qui vous avait sauvé la vie ? Carson ne recherchait aucune gloire, il avait agi en tant qu’être humain, mais un peu de reconnaissance n’aurait pas fait de mal. A croire que les récents événements lui avaient fait perdre même ce droit le plus basique. Très bien. Il tournait les talons afin de regagner son véhicule quand le bruit de moteur d’un autre se rapprocha, signe que le chauffeur de Baxter était arrivé. Sa curiosité malsaine le força à attendre et il fut pris à son propre piège en reconnaissant la courte silhouette de l’être le plus détestable de tout Chicago. Le choc fut encore plus grand au moment où ce dernier croisa son regard et lui adressa un geste de la main, qui semblait amical à tout témoin extérieur mais qui empestait la vengeance et l’orgueil à qui connaissait leurs antécédents. Il ne lui répondit pas et s’éloigna sans demander son reste.

*

Trois jours. Il avait laissé s’écouler trois jours avant de se décider à prendre son courage à deux mains et de conduire jusqu’à la résidence de Baxter Madden pour prendre de ses nouvelles. C’était la décision la plus mature qu’il avait prise depuis longtemps. Il avait pris son temps pour peser le pour et le contre avant d’arriver à la conclusion que la présence de Troy sur les lieux de l’incartade avec Daniel n’avait rien d’étonnant. Le Britannique n’avait pas une liste immense d’amis à Chicago, nul doute que ses numéros d’urgence se résumaient au sien et à celui de son ex. Il n’allait pas retourner seul chez lui ou reprendre le bus après un tel incident, il était parfaitement normal d’avoir fait appel à cet enfoiré de Troy. Carson était parvenu à se persuader de cela, et ce fut cette pensée qui le motiva à frapper trois coups à la porte de l’appartement de Baxter, prêt à s’enquérir de son état de santé et à lui demander pardon pour ce qui s’était passé la semaine précédente chez lui. Il voulait faire table rase de leur passé houleux et redémarré sur des bases saines ; parce que, mine de rien, le quotidien sans la présence de l’Anglais avec une saveur amère. Il lui manquait. Il toqua à nouveau plusieurs fois, n’ayant droit à aucune réponse, et se racla la gorge. « Bax, c’est moi, » commença-t-il et la porte s’ouvrit aussitôt à la volée. « Je voulais te voir pour… » La taille de l’individu qui lui faisait face était sensiblement la bonne – il devait baisser les yeux pour le regarder en face – mais la musculature apparente était la mauvaise. Il ne s’agissait pas du maître des lieux, pas celui avec qui il souhaitait s’entretenir en tout cas. Il essaya à nouveau de se convaincre qu’il n’y avait rien d’illogique à trouver Troy chez Baxter, ils se connaissaient depuis longtemps, ils étaient restés en contact, sauf qu’il ne parvenait pas à justifier la nudité de l’Irlandais – la serviette lâchement nouée autour de sa taille n’étant qu’un détail – malgré tous les efforts déployés. « Carson, qu’est-ce que je peux faire pour toi ? » demanda-t-il d’une voix enjouée, qui rendait son accent encore plus insupportable qu’à l’accoutumée. La mâchoire serrée, Haynes le détailla rapidement et fit un pas en arrière. « Je voulais prendre des nouvelles de Baxter, je ne l’ai pas revu depuis… depuis qu’il s’est fait attaquer. » Nul besoin d’en dire plus, Troy savait d’ores et déjà pourquoi il était là tout comme il avait conscience d’avoir remporté la bataille qu’était l’affection de Baxter. Il avait gagné son cœur depuis longtemps, contrairement à ce qu’ils avaient tous pu penser. « Il va mieux, beaucoup mieux. » Carson hocha la tête, une partie de lui heureuse de l’apprendre même si une autre ne le croyait pas ; il avait besoin de le voir de ses propres yeux mais cette option n’était pas envisageable. Il n’en demanda pas davantage et prit la poudre d’escampette, descendant rapidement les escaliers qui menaient vers la sortie de l’immeuble.

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MessageSujet: Re: A friend is someone who knows all about you and still loves you.   Lun 6 Jan - 22:34

Quoi qu'on puisse en dire, le hasard était tout de même drôlement bien fait. Peu de temps avant l'incident sur le parking du lycée, Troy réapparaissait dans sa vie de la plus étrange des manières. Certes continuaient-ils de se parler depuis leur rupture, mais les occasions de se voir restaient minimes. Quand ce dernier lui demanda un énorme service, le britannique fut le premier surpris par sa propre réponse positive. Héberger son ex-petit-ami n'était clairement pas dans ses plans cette année et même en ayant toutes les raisons du monde de lui refuser une telle chose, il avait accepté, faible comme il était. Non pas qu'il doutait des éventuels dégâts des eaux dans son magnifique duplex, mais Troy possédait une liste d'amis longue comme le bras alors pourquoi réclamer l'aide de son ancien compagnon ? Encore aujourd'hui cette histoire possédait plus d'une zone d'ombre mais le jeune anglais avait décidé d'arrêter de se méfier un peu, le temps de rebondir sur ses pattes, même si le fait de l'accueillir chez lui ne promettait pas de l'aider personnellement. Cela devait plus ou moins faire deux semaines que ces deux-là s'étaient rabibochés et pour le moment pas d'étincelle en vue, pas même un minuscule éclat. Comme s'ils marchaient sur des œufs, ils ne cherchaient pas à contrarier l'autre et c'était tant mieux. Bien entendu cela pouvait parfois sonner faux, sans doute en avaient-ils conscience mais personne n'osait le faire remarquer. Pas un seul mot au sujet de leur précédente relation n'avait été échangé, de toute évidence le 'jeune' couple fraîchement reconstruit s'accordait sur un point principal : le passé était le passé, autant le laisser loin derrière. Tous deux ignoraient combien de temps cette mascarade allait encore durer mais plus ce ménage fonctionnait, plus Baxter avait de chance de se reconstruire, en partie, un minimum, un tout petit peu ? Si tous, à l'unanimité, préféraient se retrouver seuls plutôt que partager une compagnie jugée désagréable, Madden, lui, s'était toujours placé du côté de ceux qui détestaient la solitude. Ceci expliquait brièvement pourquoi il était retourné auprès de son petit irlandais un an plus tard, même si techniquement ce n'était pas lui qui avait fait le premier pas dans sa direction. Cependant les choses semblaient bien marcher pour les deux tourtereaux. L'appartement de Troy avait finalement été remis à neuf mais il passait la plupart des nuits dans celui de Baxter. Se doutant que cela poserait probablement problème à son compagnon, il ne lui proposa pas une seule fois de venir dormir dans le duplex qui jadis fut aussi le sien. Sage décision. Comme quoi, il n'avait pas perdu toute forme d'intelligence.

On ne pouvait pas en dire autant de Baxter. Le pauvre petit être frêle avait vraisemblablement perdu plus d'une capacité cérébrale. Seule la motricité demeurait intacte parmi ce chaos intérieur incommensurable qu'il préférait ignorer jusqu'à présent, pensant que cela allait passer naturellement avec un peu de temps. Cette situation était pour le moins incompréhensible mais surtout irréelle. Le jeune homme était tombé bien bas pour retourner dans des bras qui n'estimaient pas les siens suffisants. Si sa mère venait à être au courant de cette réconciliation, nul doute qu'elle prendrait le premier avion en provenance de Londres pour lui trancher elle-même la tête après l'avoir poussé du toit d'un immeuble. Il en allait de sa fierté mais surtout de l'estime de sa propre personne, chose que Baxter avait tendance à oublier, volontairement de surcroît. Plus d'une fois il s'était accusé de tous les maux de la Terre, même quand son homme était allé voir ailleurs à plusieurs reprises, mais aujourd'hui il avait bien du mal à pardonner à son bourreau ; Carson Haynes. Jamais le professeur de sciences n'avait eu un seul mot gentil à l'égard du petit irlandais -et on le comprenait parfaitement- mais il ne valait guère mieux que lui. Depuis leur rencontre il ne cessait de le critiquer ouvertement et même s'il avait raison de lui jeter la pierre comme il le faisait, aujourd'hui il prenait consciemment sa place et endossait sans aucun remord le rôle du parfait petit enfoiré de service. Si l'enseignant vivait très bien avec cette idée, il n'en était pas de même pour le britannique qui lui en voulait plus que de raison de l'avoir traité comme le plus misérable et inintéressant de tous les insectes. Il s'agissait d'un coup bas. Oser lui cracher en plein visage qu'il méritait ni plus ni moins que l'infidélité de ses partenaires l'avait aussitôt confronté à tous ses vieux démons. Lui qui prétendait être son ami depuis le début et partageait jadis son dégoût pour Troy, il n'avait fait que le renvoyer tout droit dans les bras de son ex en agissant ainsi. S'il pensait que seule la trahison pouvait l'atteindre, il se fourvoyait totalement sur la question. Une phrase, une seule, avait suffit à l'anéantir comme on écraserait sous sa chaussure le plus risible de tous les spécimens terrestres. On ne pouvait lâcher de telles paroles délibérément et penser s'en sortir en un claquement doigt ou avec du temps. Ce serait beaucoup trop facile. Il avait partagé sa pensée et lui avait dit ce qu'il avait à dire, il l'avait même plutôt bien dit, les choses ne pouvaient être plus claires que présentement, de cela il en était persuadé.

Enfilant un boxer propre après s'être essuyé tout le corps, il chercha du regard Troy qui semblait avoir disparu. Ses pas le conduisirent instinctivement jusqu'à la porte d'entrée où se tenait actuellement Troy, une simple serviette autour de la taille.
« Qui c'était ? » demanda Baxter d'une toute petite voix en s’immisçant entre lui et la porte. « Personne, juste une erreur. » répondit Troy avec un large sourire enjôleur comme il adorait tant en lancer. « Ah... » poursuivit simplement le jeune anglais en regardant tout de même à droite et à gauche du couloir de toute évidence désert. Ses pieds nus ne supportant pas la matière désagréable du tapis dans le couloir, il sautilla rapidement dans l'appartement avant d'être accueilli par les bras de son compagnon qui le poussa gentiment contre la porte restée ouverte. « Hey... » gloussa le petit brun dans un petit rire amusé tandis que Troy, le bras tendu, s'appuyait d'une main contre la porte à côté de sa tête, détaillant son visage dans un silence presque religieux.

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Carson Haynes
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MessageSujet: Re: A friend is someone who knows all about you and still loves you.   Lun 6 Jan - 23:22

Carson Haynes était un homme à bêtes, son affection pour les animaux – ne s’arrêtant à aucune espèce, ouvert d’esprit qu’il était – faisait partie de ses caractéristiques principales et n’était un secret pour personne, contrairement à d’autres « détails » plus intimes. Certains mettaient cela sur le compte de son penchant scientifique, de son côté professeur de sciences naturelles, toutefois la vérité était tout autre. Si Carson appréciait autant la compagnie des animaux, c’était tout simplement parce que ces derniers étaient aisés à comprendre. Mère Nature évitait les faux semblant, ne se jouait pas des gens, ne se servaient pas de pauvres âmes pour ensuite les recracher plus loin dès qu’elle n’en avait plus l’utilité. Il avait tenté, durant des années, de comprendre ses semblables, cependant l’espèce humaine restait la seule qu’il ne parvenait pas à cerner. La fourberie des Hommes lui passaient loin au-dessus de la tête. Il ne se considérait pas comme un individu spécial, lui aussi possédait de – très – nombreuses failles, il ne s’en cachait pas, mais il estimait constamment jouer cartes sur table, faire preuve d’honnêteté, que cela plaise ou non. C’était cette partie de son caractère qui lui avait le plus fait défaut dernièrement ; il était persuadé que s’il s’était contenté de la boucler et de se laisser vivre comme il le faisait tout le temps, ses maux auraient été moindres. Il ne se serait jamais retrouvé chez Analeigh au même moment que ce dégénéré de Daniel et aurait passé une seconde nuit dans les bras de Baxter, voire plus, au vu de celle, aussi unique que magique, qu’ils avaient partagée. Ce souvenir, d’ailleurs, commençait à s’estomper dans l’esprit de Carson qui finissait par croire qu’il l’avait rêvé. S’était-il réellement accroché à un autre être humain suffisamment pour laisser tomber sa carapace de froideur et de distance ? Plus il y pensait, moins il y croyait. Même en se trouvant dans l’immeuble de son ancien amant – et ami – il arrivait à douter qu’ils eussent un jour partager quelque chose d’assez fort pour remettre en question tout ce en quoi il avait cru jusqu’alors. Baxter Madden n’avait été qu’un mirage, une oasis en plein désert qui l’avait laissé la bouche sèche et le corps encore plus déshydraté qu’auparavant. Il le détestait pour la façon dont il l’avait transformé. Il le haïssait de l’avoir modelé selon ses goûts pour ensuite s’en débarrasser comme il l’aurait fait avec une vulgaire poupée de chiffon démodée. Et tout ça pour quoi ? Pour retomber dans des bras qui l’avaient malmené et trompé ?

L’appartement de Madden était proche de la sortie de l’immeuble et il l’avait presque rejointe lorsqu’il reconnut une voix plus que familière au-dessus de lui. Il s’arrêta afin d’écouter la conversation, chose qui ne lui ressemblait guère, et ses doigts se crispèrent sur la rambarde de la cage d’escalier. Une erreur ? Avait-il bien entendu ? La distance entre lui et les deux acolytes n’était pas assez conséquente pour se méprendre. Le petit ange sur son épaule lui murmura de laisser couler, de prétendre n’avoir rien remarqué et de continuer sa route afin de retourner chez lui, de commander une pizza et d’oublier toute cette histoire, une bière à la main. Néanmoins, la partie la plus obscure de son tempérament lui ordonna de revenir sur ses pas et de décocher un puissant crochet du droit à ce sans-gêne qui se permettait de l’insulter sans attendre qu’il ne fût parti. Il écouta finalement un amalgame des deux, remontant jusque devant la porte encore ouverte et qui offrait un spectacle répugnant, sans pour autant faire preuve de violence. Ou peu, sa démarche agressive fit grand bruit contre les marches.
« Désolé de ruiner votre petit moment romantique. » Il avait envie de vomir. « Mais je ne suis ni ‘personne’, ni une erreur. » De quoi Troy pouvait-il avoir peur, en refusant d’avouer qui avait été le visiteur ? Il n’avait après tout plus rien à craindre de Carson maintenant qu’il avait récupéré Baxter. La mâchoire tendue, il fixait un point sur le bois de la porte, refusant tout contact visuel avec l’un ou l’autre des bruns qui le faisaient se sentir comme un géant. Foutus Britanniques et leurs foutus cousins catholiques. Si le gouffre des Enfers pouvait s’ouvrir sous leurs pieds et les engloutir d’un coup, il en aurait été plus que reconnaissant et disposé à fréquenter à nouveau les bancs de son église.

Il inspira bruyamment, sentant le temps s’étirer entre eux, alors que seules quelques secondes s’étaient écoulées depuis sa vive remontée dans les escaliers. Il se décida enfin à poser les yeux sur Baxter et une nouvelle crise de nausée s’empara de sa gorge. Il restait quelques bleus sur son visage, que seul son œil averti pouvait discerner car il les savait existants, même s’il ne lui avait pas été donné de le voir depuis son « accident ».
« Est-ce qu’on peut discuter ? » demanda-t-il d’une voix pressée, devançant la question à propos de sa venue ici qui n’aurait pas manqué d’être posée. « Sans parasite, si possible, » précisa-t-il en tournant le regard vers Troy qui conservait son expression de grand vainqueur, bien qu'il ne sembla guère prendre cette requête de manière positive. Bon sang, il mourait d’envie de lui faire avaler ses dents une par une. Et pas forcément par la bouche.

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MessageSujet: Re: A friend is someone who knows all about you and still loves you.   Mar 7 Jan - 14:45

Les bruits de pas, lourds, de Carson résonnèrent dans toute la cage d'escalier lorsque celui-ci entreprit de rebrousser chemin, remontant chacune des marches comme s'il possédait des sabots aux pieds. Ne se doutant pas un seul instant de la présence de son collègue dans son immeuble, Baxter n'interrompit pas le petit flirt mis en place entre lui et Troy, participant même favorablement au petit jeu instauré en glissant le bout de ses doigts sur le torse du jeune homme. Sa sexualité n'était un secret pour personne, être surpris par ses voisins ne l'effrayait pas le moins du monde, de ce fait il ne réagit pas immédiatement au moment où le grand échalas parvint à leur étage. Ce ne fut qu'en entendant le son particulier de sa voix qu'il se redressa brusquement, le dos droit comme un i, comme si son secret le plus grand venait être démasqué. Sauf qu'il n'avait strictement rien à cacher, non ? « Ce n'est pas ce qu'il a voulu dire, » souffla Baxter pour défendre son compagnon, tout en incitant ce dernier à respecter son espace vital en le repoussant discrètement. « C'est... » exactement ce que je voulais dire, manqua de rétorquer Troy avant d'être aussitôt interrompu par le maître des lieux qui posa une main sur son bras pour le faire taire. Acculé dans son petit coin contre la porte, presque pris en sandwich entre les deux hommes, le petit brun se mit nerveusement à cligner des yeux tout en prenant soin de fixer le sol du couloir comme s'il s'agissait de la chose la plus magnifique qui lui avait été donnée de voir durant toute sa vie. La situation dans laquelle Carson les mettait tous les trois n'était franchement pas agréable, pour personne. Ce n'était pas très gentil de sa part de le confronter à de tels sentiments conflictuels qui lui remuaient l'estomac à cette seconde précise. Il ignorait encore la raison de sa venue ici mais compte tenu des récent événements, il ne pouvait s'agir d'une simple visite de courtoisie. Forcément, la politesse et l'amabilité ne faisaient plus partie de leur lot quotidien.

Étonné par la requête du nouvel arrivant, Madden leva rapidement la tête avant de poser son regard à tour de rôle sur les deux protagonistes, attendant probablement un signe divin qui lui expliquerait ce qui était en train de se passer. Se massant fortement la tempe gauche, il ouvrit tout d'abord la bouche mais aucun son n'en sortit. La seconde tentative fut la bonne car il se plaça face à Troy et le contraignit à faire un pas en arrière dans l'appartement.
« Tu peux nous laisser, ça va aller. » souffla-t-il, la paume de sa main posée sur le centre de son torse. « Bien, fais-moi signe s'il t'emmerde. » conclut l'irlandais non sans jeter un regard des plus sombres au grand machin qui se tenait dans leur entrée. Il leur faussa compagnie la seconde suivante pour regagner la salle de bain et finir de se préparer, même s'il ne comptait pas les laisser seuls trop longtemps. Le compte à rebours était lancé, d'ici cinq minutes il reviendra lui demander en personne de débarrasser le plancher. « Je... » marmonna Baxter avant de soupirer fortement, se frottant l’œil droit. « Attends-moi ici, je vais enfiler quelque chose. » Et sans même daigner le regarder, il retourna à l'intérieur, poussant la porte sans pour autant la claquer. Il marcha d'un pas décidé jusqu'à sa chambre et attrapa le premier jean qu'il rencontra, le mettant à la vitesse grand V tandis qu'il se glissait dans une t-shirt blanc classique. Le cœur lourd et l'estomac au bord des lèvres, il revint dans l'entrée mais s'arrêta net devant la porte poussée. Sa respiration s'accéléra en un quart de seconde alors qu'il tendait une main dans le vide devant lui dans la direction où devait se trouver Carson. Un obstacle conséquent se dressait entre les deux hommes, tant physiquement qu'émotionnellement, et il n'était plus certain de vouloir avoir cette conversation avec lui. Suite à leur dernière entrevue, il estimait qu'ils n'avaient strictement plus rien à se dire, son collègue et désormais connaissance s'était livré à lui avec une franchise qu'il ne lui connaissait pas. Certes connaissait-il cette facette de sa personnalité, le côté branleur sans attache et parfois mauvais, mais chaque fois que ses attaques étaient dirigés contre lui il tombait de haut. Il pouvait accepter de le voir menaçant et insolent envers ses collègues ou de vulgaires inconnus, mais quand il s'agissait de lui la pilule avait bien du mal à passer, il mettait d'ailleurs souvent du temps à réaliser la portée de ses mots violents, comme si cela était impensable qu'il puisse lui dire de telles choses, à lui. Aujourd'hui plus que jamais il avait conscience de s'être placé seul sur un prétendu piédestal à l'équilibre précaire dans l'existence de Carson et il s'en voulait d'être le seul responsable de sa chute impressionnante. Il s'était lamentablement cassé la gueule, par sa propre faute, et c'était sans surprise qu'aucune aide ne lui avait été apportée, pas une main généreuse pour l'aider à se relever. Il mordait à nouveau la poussière comme il l'avait fait un an plus tôt mais hors de question de le montrer à son bourreau, même s'il n'était pas un aussi bon comédien que lui.

Prenant son courage à deux mains, il rouvrit la porte à la volée mais s’immisça aussitôt de l'autre côté du mur, les laissant tous les deux dans le couloir. Bien qu'étant toujours pieds nus, il se déplaça de quelques mètres pour s'éloigner du jeune homme qu'il avait malencontreusement un peu trop collé en sortant de chez lui, n'ayant de toute évidence pas estimé la distance entre l'enseignant et la porte d'entrée.
« Qu'est-ce que tu fais ici, Carson ? » s'enquit-il alors que la lumière du couloir s'éteignait. Il s'empressa d'aller appuyer sur le bouton du mur voisin et s'adossa contre ce dernier au passage, ne se sentant pas de rester planté debout les bras ballants. Lentement, presque timidement, il consentit à lever ses yeux clairs vers son ancien amant, la bouche mi-ouverte. Dès lors bloqué voire paralysé, il ne put détourner le regard du sien, ses jambes devenues étrangement flasques flanchaient presque dangereusement, le rendant plus petit qu'il ne l'était déjà. « Tu as été très clair la dernière fois, j'ai parfaitement compris le message cette fois. » Sa voix était faible et non agressive, même s'il aurait aimé pouvoir être en mesure de lui cracher à la figure. Incapable de respecter son désir de rester discret, son torse se soulevait et s'abaissait rapidement, signe qu'il était actuellement anxieux. Comment ne pas l'être dans pareille situation ? Adossé à son mur il n'avait qu'une seule envie, lui sauter à la gorge pour l'étrangler. Il avait à maintes reprises répété cette scène dans son esprit. Carson se tenait debout non loin de lui, il n'avait qu'à prendre de l'élan et lui bondir dessus pour ne serait-ce que le gifler. N'importe quoi, un geste qui démontrerait son mécontentement, au lieu d'employer ce ton presque mielleux pour s'adresser à lui. Pitoyable. A ce moment précis de la journée, Haynes arborait les traits de l'homme qu'il détestait le plus en ce monde, l'homme à abattre. D'autre part il réunissait tout ce qui le dégoûtait le plus, pire encore que toute la haine à l'égard de son propre père qu'il accumulait depuis de nombreuses années. Il le haïssait à un tel point qu'il ne pouvait mettre des mots sur ce qu'il ressentait ; et même si le voir représentait une vision d'horreur paradoxalement il ne pouvait se résoudre à éprouver un dégoût total en le regardant. Ses petits yeux fins en forme d'amande l'hypnotisaient et lorsqu'il en prit conscience, il se plongea instantanément dans la contemplation de ses pieds dénudés tout en essuyant sur ses cuisses ses mains désormais moites.

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Carson Haynes
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MessageSujet: Re: A friend is someone who knows all about you and still loves you.   Mar 7 Jan - 21:49

Que Baxter et Troy réagissent de manière aussi positive face à sa requête quelque peu déplacée étonna Carson, dont le visage jusque là fermé devint plus avenant à cause d’une expression mal à l’aise qui le faisait presque passer pour un être timide et inoffensif. Image qui correspondait davantage à la personne qu’il était par rapport au masque qu’il revêtait au quotidien, mais cela se devait de demeurer un secret. Son regard clair suivit l’action du petit couple et il retrouva aussitôt un air renfrogné, même si le départ de Troy aurait dû lui faire plaisir. Il en était à un stade où plus rien dans cette situation ne pouvait lui offrir une once de satisfaction. « Tu…, » commença-t-il dans la même seconde que Baxter, ce qui fit passer son début de phrase à la trappe. Il se racla la gorge et hocha la tête lorsqu’il lui indiqua son programme pour la minute à venir. Fichtre, il n’avait même pas porté à son corps aux trois-quarts nu l’attention qu’il méritait ; quelque chose s’était bel et bien rompu entre eux. Il regarda la porte se refermer à son nez, lui barrant la vue et l’empêchant de jeter un coup d’œil dans cet appartement qu’il avait fréquenté plus d’une fois. Il n’y était désormais plus le bienvenu et ce fait lui fit prendre conscience que la bonne époque de « Baxter et Carson prennent du bon temps » était révolue. Pour de bon. Il se passa une main nerveuse dans les cheveux, faisant les cent pas devant la porte tout en se persuadant qu’il devait profiter de ce laps de temps pour prendre la fuite. Rien de bon ne pouvait résulter d’une confrontation avec le jeune Britannique ; il était sur son terrain, avec un gorille décérébré et court sur pattes pour veiller sur lui. Carson était l’étranger, l’indésirable, celui qui aurait beau sortir son meilleur vocabulaire, finirait sur le carreau au bout du compte.

Il venait tout juste d’arrêter de trépigner devant l’entrée au moment où Baxter refit son apparition, vêtu de façon décontractée, qui tranchait avec les tenues qu’il portait au lycée. Il ne l’avait que trop peu vu habillé de la sorte, et il trouvait ce détail attristant, à cette seconde, sans qu’il ne put expliquer pourquoi. La réelle tristesse de l’instant, pourtant, fut la distance qu’instaura le jeune homme, comme si se trouver à moins d’un mètre de son collègue était un crime passible de trente ans d’emprisonnement. Il était difficile de les imaginer avoir été un jour proches au point de ne plus faire qu’un. A chaque fois qu’il ouvrait la bouche pour s’expliquer, l’Anglais trouvait de quoi l’interrompre, semblant adopter le moindre prétexte pour retarder l’échéance. Ou peut-être n’avait-il tout simplement pas envie de l’entendre. Il fit un pas dans sa direction, avalant sciemment l’espace de sécurité qu’il estimait inutile. Il n’allait pas lui sauter dessus, ni violemment, ni à des fins sexuelles, il était bien trop vide pour ressentir l’une ou l’autre pulsion.
« Je ne suis pas ici pour parler de ce qui s’est passé chez moi. » Il avait tiré un trait sur l’épisode Ana et ce qu’il avait engendré, même s’il devait avouer avoir songé plus d’une fois aux mots qu’il avait lancés ce soir-là et qu’il avait préparé un court speech dans lequel il confessait que ses paroles avaient dépassé sa pensée. Il avait été blessé, physiquement et dans son égo, il avait mal réagi. Cependant, le silence radio de Baxter l’avait refroidi et, désormais, il était hors de question qu’il s’abaisse à lui présenter des excuses alors qu’il avait trouvé refuge auprès de cet enfoiré de Troy. « Comme je l’ai dit, je venais prendre de tes nouvelles, étant donné que tu n’étais pas en bonne posture la dernière fois que je t’ai vu… » Il plissa les yeux pour scruter son visage bleui par endroit. Il avait envie de lever un bras pour effleurer chaque hématome, ainsi que la légère entaille sur ses lèvres qu’il avait toujours tenu en très haute estime, sauf qu’il n’en fit rien, ayant perdu ce droit et ne souhaitant pas voir Troy rappliquer sur son grand cheval blanc – ou plutôt un poney gris ferait l’affaire, pour lui. « Je constate que ça va, tant mieux. » Il esquissa un sourire pincé avant d’hocher la tête, dans ce qui se voulait être un salut définitif. Il tourna même les talons et fit quelques pas en direction de la cage d’escalier.

Il aurait dû arrêter le massacre à ce moment-là, sauf que c’était au-dessus de ses forces, il ne pouvait pas abandonner Baxter à son triste sort car, en dépit de tout ce qui s’était passé récemment, il éprouvait toujours la même affection à son égard, se considérait encore un tant soit peu responsable de son cas et de son bonheur.
« Troy…, » grimaça-t-il en revenant sur ses pas, se rapprochant à nouveau de son ancien ami. « Il y a deux millions et demi d’habitants à Chicago, tu n’as qu’à ouvrir un bras pour ramasser quelqu’un et tu choisis… Troy ?! » Il n’avait aucune raison de critiquer son choix, il n’était personne pour le faire, pour beaucoup il avait laissé passer sa chance et devait vivre avec. Il ne pouvait pour autant pas se taire. Qu’il le veuille ou non, Baxter avait besoin d’entendre qu’il était en train de faire une grossière erreur, tant pis si Carson était le seul suffisamment inconscient pour endosser ce rôle. Et tant pis si c’était là l’ultime conseil qu’il lui prodiguait avant de se faire jeter définitivement hors de sa vie. Il partirait avec bonne conscience. Ou en tout cas une moins mauvaise que celle qu’il se trimballait présentement.

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MessageSujet: Re: A friend is someone who knows all about you and still loves you.   Dim 12 Jan - 14:37

« Je ne suis pas ici pour parler de ce qui s’est passé chez moi. » Quelle magnifique entrée en matière, bravo Haynes. Comment gâcher toute une situation en quelques mots seulement. Une phrase suffisait à saboter toute une amitié et Carson semblait désormais être devenu un expert dans ce domaine, étant donné qu'il continuait aujourd'hui à choisir des formulations qui ne lui faisaient aucunement honneur. Pourquoi persistait-il à jouer à l'imbécile devant lui ? Était-ce tout ce qu'il méritait ? Non, il n'avait définitivement pas besoin qu'il vienne frapper à sa porte pour remuer davantage le couteau dans la plaie ; plaie qui demeurait à ce jour grande ouverte mais qu'il prenait soin de dissimuler. Sa présence ici ne le dégoûtait pas physiquement mais elle le dérangeait grandement sur un autre plan. Des choses, ou plutôt une chose horrible, avait récemment été dite et il lui semblait désormais impossible de se sortir les propos en question de la tête. Peut-être faisait-il toute une montagne de pas grand-chose, ce que son collègue pensait probablement, mais ces mots avaient fini d'exterminer le peu d'estime de lui-même qu'il lui restait jusqu'alors. Dans ce cas, pourquoi faire l'étonné face à lui ? N'était-ce pas ce qu'il désirait en lui balançant de telles paroles à la figure ? Il l'avait rabaissé plus bas que terre en insinuant qu'il comprenait parfaitement la tromperie de Troy et l'approuvait dans sa totalité. Que croyait-il en venant l'affronter à son domicile ? Carson ne comprenait-il pas que la bataille était déjà terminée et que la victoire lui revenait entièrement ? Baxter n'avait hélas plus la force de se battre avec lui. Visiblement il lui manquait même l'énergie suffisante pour avoir un peu de répondant face à cet affront.

Acculé contre son mur, il l'observa s'avancer jusqu'à lui, alors impuissant devant ce rapprochement qu'il ne souhaitait de toute évidence pas. Un énième coup porté par Daniel aurait été plus agréable que de sentir ce parfum masculin qu'il s'en voulait de connaître par cœur.
« Je vais bien, » confirma-t-il à sa suite sans l'once d'un sourire pour sa part. Sa mâchoire était comme bloquée, comme le reste de son corps en fait. Il ne bougea d'ailleurs pas d'un centimètre quand le jeune homme entreprit de s'en aller. Il aurait pu en profiter pour s'éclipser à son tour, mais non, il resta à son emplacement, figé, à fixer son dos d'un regard lointain. Sa torpeur fut de courte durée car déjà le grand échalas revenait à sa hauteur. Ses grands yeux clairs l'examinèrent du regard, de haut en bas, jusqu'à se poser sur son visage à ses dernières paroles. « Je te demande pardon ? » demanda-t-il d'une voix extrêmement posée, peut-être un peu trop même. « De quel droit oses-tu me dire ça ? » Il retrouva un semblant de sourire mais ce dernier était tout sauf amusé. Il avait l'impression de rêver la situation. Carson n'était pas réel. On ne pouvait être délibérément un connard de la sorte. Il avait parfaitement conscience d'être une sous-merde, et d'être considéré comme telle par beaucoup de monde, mais méritait-il véritablement ce manque flagrant de considération ? « Je n'ai pas à m'expliquer auprès d'un homme qui me manque autant de respect, d'accord ? » siffla-t-il dans une grimace dégoûtée. Sa raison lui dictait de rebrousser chemin jusqu'à la porte de son appartement mais une petite voix au fond de lui le contraignait à rester ici, face à son bourreau, et à le combattre yeux dans les yeux. « Qui es-tu pour me juger, hein ? » Il tendit l'oreille comme s'il attendait une réponse de sa part sauf qu'il ne lui laissa pas l'opportunité de s'exprimer. « Personne. Tu n'es personne. Ni pour moi ni pour quelqu'un d'autre. Et tu sais pourquoi ? Parce que tu n'es qu'un con. Le pire dans tout ça, c'est que tu sembles en être fier. De toute évidence, ça te plaît de me faire autant souffrir. » Lui qui jusqu'à présent s'était retenu de trop parler, voilà que la machine était désormais enclenchée. Et quand Baxter Madden avait quelque chose à dire, il ne laissait rien ni personne se mettre en travers de sa route avant d'avoir fini.

Persuadé que Carson avait fait le déplacement dans le seul but de se foutre un peu plus de lui, le petit anglais leva une main tremblante qu'il plaça devant sa propre bouche en sentant ses yeux se remplir de larmes de rage. Un affrontement. Une attaque. Il ne pouvait s'agir que de cela. Le professeur de sciences n'ignorait sans doute pas le mal qu'il lui avait récemment fait lors de leur dernière rencontre. Tout en connaissant la portée grave de ses mots, il n'avait jamais cherché à lui fournir des excuses, pas même un petit bout. Ni hier, ni aujourd'hui, clairement. S'il n'éprouvait actuellement plus aucun respect pour son propre corps c'était uniquement la faute à Carson ici présent. Et comme si toute cette scène était amusante à ses yeux, il osait venir parader devant chez lui pour lui rappeler à quel point il était misérable jusqu'à la racine de ses cheveux pourtant magnifiques. Que croyait-il au juste ? Il savait pertinemment que se remettre en ménage avec Troy ne le rendrait pas heureux, il n'avait pas attendu la venue de son ancien ami pour le découvrir. Il estimait avoir suffisamment perdu de temps dans sa vie amoureuse ces dernières années, il était temps de se poser ; et le bonheur n'avait rien à voir là-dedans. Un gâchis, voilà ce que représentait désormais leur 'relation' à ses yeux. Un putain de gâchis. A force de garder ses sentiments enfouis dans son for intérieur, Carson donnait l'impression d'être désinvolte, arrogant et pas le moins du monde sensible à la détresse de celui qu'il appelait jadis son ami. Jamais il n'avait laissé entendre être un minimum intéressé par lui. Un homme comme lui réclamait beaucoup de patience mais sans le formuler clairement, cela était plus que difficile -voire impossible- à deviner. Il aurait pu se montrer patient avec lui, c'était évident, s'il avait ne serait-ce que daigné lui montrer un intérêt autre que sexuel et amical par moment. Comment décrypter le plus complexe des codes humains ? Depuis le début il avançait aveuglément vers l'inconnu et dernièrement cela s'avérait plus pénible que d'habitude de se heurter autant de fois à un mur en pierre. Ou pire encore, à un cœur de pierre.
« Tu crois vraiment que ramasser quelqu'un est tout ce qui m'importe dans la vie ? » Le choix de mot était douloureux. Pour qui le prenait-il ? Une catin ? « Ne nous compare pas, Carson... Car si toi tu ne vois pas plus loin que ton prochain coup d'un soir, moi je pense à l'avenir. » Il ravala un sanglot malvenu en posant à plat une main sur son torse, le bras doucement tendu pour l'éloigner de lui tandis qu'il détournait le regard, déçu et blessé.

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You have your doubts the same way I do. When you're wrapped safe in my love, that's the truth.

We give, we take, we mend, we break and so the cycle goes. We're doing well, we've been through hell, and only heaven knows how far we get to. Thank God I met you though, and if you don't know, just put your hand on my heart. Put your hand on my heart, and I don't have to say it, and I don't have to think it. Just put your hand on my heart, you'd know.
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Carson Haynes
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MessageSujet: Re: A friend is someone who knows all about you and still loves you.   Dim 12 Jan - 16:49

Carson n’était pas fait pour les situations tendues, il était d’un naturel relaxé et se crispait dès qu’il sentait l’atmosphère s’alourdir, lui peser sur les épaules. Or cela semblait être désormais le pain quotidien de ses entrevues avec Baxter. Terminés les rendez-vous après les cours chez l’un ou chez l’autre pour partager un agréable moment autour d’une pizza – pepperoni, de préférence, c’était l’un de leurs bien trop rares goûts en commun – ou directement dans un lit. Peut-être était-ce là le grand tort de leur relation, si relation il y avait, ils avaient vécu de manière trop intense et consommé trop de fois le fruit doublement défendu. En dépit de l’arrière-goût amer qui allait avec ces transformations, cette fin inéluctable qui se rapprochait à grand pas, le professeur de sciences ne regrettait aucun de leurs moments passés ensemble. Il avait adoré Baxter dès l’instant où il avait posé les yeux sur lui, même s’il n’avait alors pas songé qu’une attirance physique fût également possible, et le considérait comme l’un de ses plus proches amis même s’il ne le connaissait pas depuis si longtemps que ça. Le petit Britannique était arrivé comme une tornade dans son existence, l’envoyant valser bien loin de son Illinois natal avec ses aprioris et ses habitudes d’homosexuel coincé dans son mensonge. Comme après toutes les catastrophes météorologiques, il fallait faire le compte et payer pour les nombreux dégâts engendrés ; la note de Haynes allait s’avérer salée car il n’avait jamais imaginé avoir un jour besoin d’une assurance cœur brisé. Pourquoi diantre en aurait-il eu l’utilité puisqu’il se vantait d’en posséder un de pierre, incassable, inatteignable ? Il n’était néanmoins pas entièrement stupide ou aveugle, Carson avait conscience que sa part de torts n’était pas dérisoire, lui aussi avait causé de la peine à Baxter, plus encore que ce qu’il avait pu recevoir de ce dernier ; toutefois cette différence était due à l’opposition de leurs caractères, qui étaient aux antipodes l’un de l’autre. L’un était un éternel romantique à la recherche de l’Amour véritable tandis que l’autre était rustre personnage tout juste capable d’avouer à ses parents qu’il tenait à eux. Un gouffre les séparait, et l’enseignant se rendait compte de cela depuis qu’il était fourré six pieds dedans. Plus il y réfléchissait, plus il comprenait qu’ils étaient voués à finir chacun de son côté, il ne s’attendait toutefois pas à ce que ce soit si soudain. Il était persuadé avoir encore beaucoup à apprendre de sa compagnie.

Il avait eu droit à son temps de parole, des jours plus tôt, à son domicile, et Baxter n’avait guère eu l’opportunité de rétorquer. Ce jour-là semblait être parfaitement indiqué pour rééquilibrer les choses et l’Anglais ne perdait pas une minute pour prendre sa revanche. La mâchoire serrée, il le fixait sans l’ombre d’une gêne, l’écoutant certes sans aimer ce qu’il entendait, mais tel était son lot actuellement.
« Je ne t’ai jamais... » manqué de respect, commença-t-il d’une voix plus faible que la sienne, qui fut par conséquent avalée par le reste de ses questions rhétoriques destinées à l’enterrer toujours plus. Il était plus doué que ce qu’il n’y paraissait, il devait lui reconnaître ce talent. Sans doute aurait-il du faire preuve de cette honnêteté plus tôt, pour leur éviter de s’impliquer autant dans la vie l’un de l’autre. Le visage du scientifique se décomposa à mesure que Baxter dressait un portrait peu élogieux de sa personne, même s’il se reconnaissait sans peine dans la description. « Tu as raison, » lâcha-t-il pour seule réponse, sans préciser sur quel point, bien qu’il fût évident que c’était sur la totalité. Il était vrai qu’il n’avait aucun droit de discuter de sa vie sentimentale, il était vrai qu’il était mal placé pour annoncer qui méritait ses bras et qui devait être exclu de son existence, il était encore plus vrai qu’il n’était qu’un con, il n’avait jamais cherché à nier ce fait. Il n’était néanmoins pas d’accord sur deux points énoncés : jamais il ne lui avait manqué consciemment de respect, au contraire, il éprouvait à son égard une considération que peu pouvait se vanter de recevoir en dehors de son cercle familial. Il l’avait tenu en haute estime dès le premier jour et refusait d’être vu comme un enfoiré qui avait consciemment ruiner sa vie. Il n’était pas assez fourbe pour une telle chose, juste inconscient. Il n’avait également pas un seul instant chercher à le faire souffrir, bien au contraire, il s’était fait comme devoir de lui faire oublier ses soucis sentimentaux et familiaux, en le faisant découvrir Chicago et ses environs, en passant du bon temps avec lui. La seule erreur qu’il avait faite avait été de mêler leur sexe à leur histoire d’amitié qui aurait, le cas échéant, pu être l’une des plus belles jamais vécues par lui.

Assommé par le franc-parler de Baxter – la présence de Troy non loin de là devait lui donner des ailes – il fut incapable de répliquer, lui qui était pourtant réputé pour sa grande gueule. Pour une fois, et pour ne pas réitérer l’incident de leur précédent entretien, il réfléchissait avec soin aux propos qu’il voulait partager. Toutefois, le temps de sa réflexion fut utilisé contre lui par son bourreau de la soirée, décidément motivé à lui en faire baver. Il hocha la tête en reculant, comme physiquement touché par les mots lancés contre lui mais surtout parce que tel était le souhait de son interlocuteur, puis ferma un instant les yeux, attendant une suite qui ne vint pas puisqu’un silence s’installa momentanément entre les deux.
« Je suis désolé, » parvint-il finalement à articuler, se déchirant le cœur lorsqu’il posa son regard sur le profil de Baxter, qui refusait tout contact visuel. « Je suis désolé d’être venu jusqu’ici. Je suis désolé de t’avoir fait perdre ton temps, aujourd’hui mais aussi depuis plusieurs mois. Je n’ai jamais eu l’intention de te faire souffrir et de cela également, je suis désolé. » Sa gorge était sèche, il avait besoin d’un verre. Alcoolisé, de préférence. Il inspira une grande bouffée d’oxygène qui sembla ne pas faire le trajet correct jusqu’à ses poumons tant il avait la sensation d’étouffer. Il leva les yeux au ciel, comme pour ravaler une émotion malvenue, avant de les reposer sur son ancien ami. « Mais ce dont je suis le plus désolé, Baxter, c’est de l’image que tu garderas de moi après ce soir alors que, pour ma part, je ne cesserai jamais de penser que tu es quelqu’un de bien qui mérite beaucoup plus que toutes ces merdes que tu accumules. » Troy étant numéro un sur cette liste. Il fit un pas en arrière pour se libérer de son contact. Un simple mouvement, qui n’engageait à rien, mais qui signifiait énormément au vu de leur situation.

[topic terminé]

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